mardi 10 septembre 2013

AU CHILI, « ON ASSISTE À UNE RENAISSANCE DE LA MÉMOIRE »

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COMMÉMORATION AU MUSÉE DE LA MÉMOIRE. LA CANDIDATE DE LA GAUCHE À LA PRÉSIDENCE, MICHELLE BACHELET, A PRÉSIDÉ UNE COMMÉMORATION AU MUSÉE DE LA MÉMOIRE, QUI RÉUNIT DES ARCHIVES ET DES TÉMOIGNAGES DES VICTIMES DES ANNÉES DE PLOMB. 

Pour la première fois, l'Association des magistrats a demandé pardon « pour avoir failli à protéger les victimes de la dictature militaire » et la Cour suprême a reconnu les violations des droits de l'homme, commises par le régime militaire.

COMMÉMORATION AU MUSÉE DE LA MÉMOIRE

Toutefois, l'appel du président Piñera à commémorer les 40 ans du coup d'Etat de façon « républicaine et dans l'unité » a échoué. Seuls les représentants des partis de droite ont assisté à la cérémonie organisée par le chef d'Etat, lundi 9 septembre 2013, au palais présidentiel de la Moneda.

Le même jour, et pratiquement à la même heure, la candidate de la gauche à la présidence, Michelle Bachelet, a présidé une commémoration au Musée de la mémoire, qui réunit des archives et des témoignages des victimes des années de plomb.

La sénatrice Lily Perez, porte-parole de la candidate de la droite, Evelyn Matthei, accuse Mme Bachelet "d'avoir monopolisé et abusé des droits de l'homme à l'occasion du 40e anniversaire du coup d'Etat, accaparant le sujet en vue de la présidentielle".

« Cela a nui à notre candidate », confie Mme Perez, affirmant "que la campagne de Mme Matthei ne va vraiment commencer qu'après le 11 septembre, afin de pouvoir parler des dossiers qui préoccupent réellement les Chiliens ».

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BENJAMÍN VICUÑA L'ANIMATEUR DE TÉLÉVISION CHILIEN DU PROGRAMME « IMAGES INTERDITES », QUI MONTRE DES DOCUMENTS BOULEVERSANTS, JAMAIS VUS, SUR LES CRIMES COMMIS PAR LA DICTATURE, BAT TOUS LES RECORDS D'AUDIENCE. PHOTO CESAR SILVA 

POUR LES NOUVELLES GÉNÉRATIONS, LA PEUR A DISPARU

Depuis plusieurs semaines, pratiquement toutes les chaînes de télévision consacrent des émissions au 11 septembre 1973. Le programme « Images interdites », qui montre des documents bouleversants, jamais vus, sur les crimes commis par la dictature, bat tous les records d'audience. Les témoignages et les hommages se sont multipliés à travers des livres, des expositions, des séminaires académiques et des colloques internationaux. « On assiste à une renaissance de la mémoire, note le politologue Carlos Peña. Une aspiration d'avenir a surgi au Chili. »

Pour les nouvelles générations, la peur a disparu. Les étudiants qui manifestent dans les rues condamnent le régime militaire, mais critiquent aussi les gouvernements élus qui se sont succédé depuis le retour de la démocratie.

« C'est un autre pays qui ose exprimer ses demandes avec la conviction qu'il faut changer tout l'héritage de Pinochet ", assure Lorena Pizarro, présidente de l'Association des familles de détenus-disparus. Au son de tambours, des dizaines de milliers de Chiliens ont défilé, dimanche 8 septembre à Santiago, portant des banderoles et scandant des slogans hostiles à la dictature militaire.

Augusto Pinochet est mort le 10 décembre 2006 au Chili sans avoir été condamné par la justice de son pays.