lundi 16 février 2015

PRÈS DE 39 % DE LA SUPERFICIE DU CHILI ET À PEINE UN HABITANT AU KILOMÈTRE CARRÉ

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PHOTO GERHARD HÜDEPOHL
Coincée entre la cordillère des Andes et le Pacifique, cette terre de démesure se tord en son extrémité, puis se casse, laissant le détroit de Magellan, ce bras de mer sinueux, séparer le continent de la Terre de Feu. Sa côte n’est qu’un dédale d’îles, de lagunes, de fjords. Plus au nord, sur le versant occidental, les glaciers dégoulinent de la montagne et déversent leurs icebergs dans les grands lacs. On s’en approche à bord de petites embarcations, en naviguant parmi ces sculptures flottantes finement ciselées de cristaux bleu indigo ou vert émeraude. Spectacle magique et silence imposant, régulièrement brisé par le bruit assourdissant de pans entiers de la muraille de glace qui s’effondrent et s’engouffrent dans les eaux froides.
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Tout est extrême sur cette terre australe battue par des vents d’une incroyable violence, ce vent qui parle du grand large, comme dans les livres de Francisco Coloane. Envoûtantes comme devaient l’être les terres vierges au lendemain du Big Bang, la Patagonie ne peut que séduire les amateurs d’espaces et de paysages grandioses. Grand froid, grande solitude et grand vent : sur ces terres les plus proches de l’Antarctique, le climat alterne entre bourrasques et accalmies, ondées et éclaircies, mais le mercure ne monte jamais bien haut. Les températures moyennes annuelles plafonnent à 5,9° C et il fait entre 12 et 14 °C en été. Les Chiliens ont coutume de dire qu’en Patagonie, on peut voir défiler les quatre saisons en une journée. Bref, tout y est possible, changeant, tout le temps. Et c’est assurément ce qui fait le charme de cette destination qui inspire des sentiments inoubliables.

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Un voyage en Patagonie commence à Punta Arenas, la ville la plus australe du monde sur le 53e parallèle sud. Située à 3.000 km de Santiago, cette cité fondée en 1848 est emblématique de la région, et il faut être d’une solide constitution pour y vivre toute l’année. Le tiers de ses 130.000 habitants sont d’origine slave. Ils descendent d’ancêtres croates, qu’une éphémère ruée vers l’or a fait affluer dans ce bout du monde à la fin du XIXe siècle.


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PHOTO GERHARD HÜDEPOHL
Plus au nord, la route qui mène à Puerto Natales traverse une immense steppe bordée de pics enneigés et peuplée de moutons. Jusqu’à la découverte du pétrole, dans les années 50, l’élevage ovin constituait d’ailleurs la principale richesse régionale. Située sur le golfe d’Ultima Esperanza (l’ultime espérance), Puerto Natales, qui ne peut que stimuler l’imagination, est un passage obligé pour se rendre au parc national Torres del Paine. Un sanctuaire qui offre aux visiteurs parmi les plus fantastiques randonnées du monde. Classé réserve de la biosphère par l’Unesco en 1978, ce théâtre de nature se découvre pas à pas. Le W, un sentier ainsi nommé à cause de sa forme, se parcourt en quatre jours, mais en y ajoutant des itinéraires périphériques, il est tout à fait possible d’y randonner 8 à 9 jours, d’autant que les infrastructures sont particulièrement développées. On dort dans des lits, les douches sont chaudes. Les repas aussi. Et, cerise sur le gâteau, on y trouve même quelques pépites du vignoble chilien, un des autres attraits de ce pays aussi magnifique qu’attachant.

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Un sanctuaire qui offre aux visiteurs parmi les plus fantastiques randonnées du monde

Jean-Marc TOUSSAINT