samedi 19 décembre 2015

LE CHILI CRÉE UN SECRÉTARIAT D’ÉTAT AUX DROITS DE L’HOMME

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PHOTO XIMENA NAVARRO
Il sera l’organe qui encouragera, coordonnera, les politiques publiques du gouvernement en la matière. L’idée étant de faire respecter les droits de l’homme et les traités internationaux de manière transversale, d’éduquer les fonctionnaires publiques, armée et police comprises, de coordonner des instances de participation et de dialogue avec la société civile.

Les Chiliens n'ont pas tourné la page Pinochet


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Quelque 20 % de la population soutient encore ce qu’ils appellent « l’œuvre » de leur général, le général Augusto Pinochet, et minimisent les crimes qu’il a commis. La dictature a fait plus de 3 200 morts et disparus. Elle a torturé plus de 38 000 personnes. C’est donc une avancée très positive, mais les associations de défense des droits de l’homme attendent des faits concrets. Aujourd’hui, après 25 ans de démocratie, près de 1 400 anciens agents de la dictature ont été condamnés par la justice. Les condamnations sont généralement symboliques ou inexistantes. Et quand les coupables terminent en prison, ils séjournent dans une prison de luxe appelée Punta Peuco. Ils conservent leur grade, leur retraite, leurs avantages sociaux. L’armée conserverait encore de nombreuses archives et des secrets qui permettraient à la justice d’avancer, mais elle ne dit mot. Et l’État est aussi complice de silence.

La Commission nationale sur l'emprisonnement et la torture


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La Commission Valech a reçu en 2004 les témoignages de près de 40 000 personnes sur les tortures qu’elles avaient subies. Ils renferment des noms de bourreaux, de victimes. Ils permettraient d’apporter énormément d’informations à la justice. Mais le gouvernement de l’époque a décidé de les mettre sous scellé pendant 50 ans. Le temps finalement que tous les témoins de l’époque meurent. Il y a également un problème au niveau de la justice, chaque juge mène son instruction dans son coin et sous réserve de secret, certains accaparent des documents qui serviraient à d’autres juges et à d’autres affaires. Ce nouveau secrétariat aura-t-il le pouvoir et le budget pour faire avancer tout ça ? La question reste en suspens.