jeudi 12 mai 2016

BRÉSIL : DILMA ROUSSEFF ÉCARTÉE DU POUVOIR


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DILMA ROUSSEFF LE 22 MARS 2016

Fin de partie pour Dilma Rousseff. Une majorité de 55 sénateurs ont voté, jeudi 12 mai, pour la suspension du mandat de la présidente et donc sa mise à l’écart du pouvoir pendant un maximum de cent quatre-vingts jours. Elle est accusée par les sénateurs d’avoir maquillé des comptes publics. 
BRASILIA (BRESIL), JEUDI 12 MAI 2016.
DILMA ROUSSEFF ET SON CHEF DE CABINET
JACK WAGNER À LA FENÊTRE DU PALAIS PLANALTO
QUE LA PRÉSIDENTE DEVRAIT BIENTÔT QUITTER.
PHOTO A.MACHADO 
Mme Rousseff sera remplacée dans la journée par son vice-président, Michel Temer, membre du Parti mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre droit).


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AU SÉNAT BRÉSILIEN LORS DU DÉBAT
PRÉCÉDANT LE VOTE, À BRASÍLIA,
 LE 11 MAI 2016.
PHOTO UESLEI MARCELINO  
« PAI! AFASTA DE MIM ESSE CALE-SE ». (PÈRE, ÉLOIGNE DE MOI CE CALICE !). PAROLES D'UNE CHANSON TRÈS CONNUE DE CHICO BUARQUE DE HOLLANDA, OÙ IL FAIT RÉFÉRENCE À L’ÉPISODE BIBLIQUE DE JÉSUS AU JARDIN DES OLIVIERS (SAINT LUC, 22:39-46). C’EST AUSSI UN JEU DE MOTS INTRADUISIBLE ENTRE LES MOTS CALICE ET CALE-SE, TAISEZ-VOUS, EN PORTUGAIS ; UNE CRITIQUE AU RÔLE NEFASTE DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE, QUI FUT COMPLICE DE LA DICTATURE MILITAIRE, ET À LA CENSURE QUE BUARQUE ET AUTRES CRÉATEURS ONT CONNU.

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DILMA ROUSSEFF LE 22 MARS 2016

Les 78 sénateurs présents, sur un total de 81, réunis depuis mercredi matin pour cette session marathon ont pris la parole à tour de rôle pendant quinze minutes pour défendre ou accabler la présidente.

L’issue du vote ne faisait guère de doute, l’opposition
de droite affirmant disposer largement de la majorité simple requise (41 votes) pour suspendre Mme Rousseff de la présidence pendant un délai maximal de cent quatre-vingts jours et la soumettre à un procès en destitution. Alors qu’une majorité simple était requise pour ouvrir le procès en destitution de la présidente, plus des deux tiers des sénateurs se sont prononcés dans ce sens.

« Une ambiance d’enterrement »


L’opposition accuse Mme Rousseff d’avoir commis un crime de responsabilité passible de destitution selon la Constitution, en maquillant sciemment les comptes publics pour dissimuler l’ampleur des déficits en 2014, année de sa réélection disputée, et en 2015. L’impopulaire dirigeante de gauche dénonce un «coup d’État » institutionnel.

Dès mercredi soir, Dilma Rousseff avait déjà emballé ses effets personnels, a confié à l’Agence France-Presse (AFP) une source à la présidence, où régnait, selon lui, «une ambiance d’enterrement».

La présidente devrait être remplacée d’ici à vendredi par son ancien allié devenu rival, le vice-président, Michel Temer, 75 ans, dirigeant du PMDB qui a claqué la porte de sa coalition à la fin de mars. En cas de destitution définitive de Mme Rousseff, M. Temer assumerait la présidence jusqu’aux prochaines élections générales (présidentielle et législatives), prévues pour 2018.


« J’espère que le vice-président Michel Temer pourra constituer son gouvernement et prendre les mesures pour l’orienter de la meilleure manière possible afin que, dès aujourd’hui, le Brésil perçoive qu’une nouvelle phase commence », a réagi le sénateur Aecio Neves, un des leaders de l’opposition à Mme Rousseff.