mardi 24 mai 2016

CHILI: L’AGRESSION D’UNE FEMME PAR SON MARI INDIGNE LES RÉSEAUX SOCIAUX

ARRESTATION DE MAURICIO ORLANDO ORTEGA RUIZ (41),
EX-CONJOINT, DE NABILA RIFO (28), L'AGRESSEUR PRÉSUMÉ 

L’extrême violence de cette affaire a d’abord bouleversé la ville où les faits ont eu lieu, Coyhaique, qui compte seulement 60 000 habitants et provoquant immédiatement des manifestations. L’histoire s’est ensuite propagée comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, soulevant l’indignation. La jeune femme, mère de quatre enfants, a survécu. Ses jours ne sont plus en danger et elle s’est même réveillée et peut répondre à des questions, selon les médecins de l’hôpital central de Santiago, où elle a été transférée.

Une inculpation a-t-elle eu lieu ?

Une personne a été condamnée par l’opinion publique étant donné les faisceaux d’indices qui le visent. Il s’agit de son ex-conjoint, Mauricio Ortega, mécanicien et père des deux plus jeunes enfants de la victime.

Les Chiliens ont d’ailleurs fortement réagi sur les réseaux sociaux, en critiquant la lenteur de son arrestation. Il a été arrêté trois jours après les faits, alors que la mère de Nabila Rifo avait expliqué aux enquêteurs qu’elle avait dû voler au secours de ses petits-enfants juste avant le drame du fait de la violence de Mauricio Ortega. Elle disait qu’elle avait pu sauver ses petits-enfants, mais pas sa fille.

En plus, l’homme était déjà connu de la justice pour des faits de violence conjugale. L’extrait d’une main courante déposée en 2015 contre le mécanicien, qui était entré avec une hache chez Nabila Rifo en menaçant de la tuer, a largement été diffusé sur les réseaux sociaux.

Mettre fin aux impunités

Conséquence : la faiblesse des sanctions de la loi contre les violences faites aux femmes et le manque de soutien apporté aux victimes ainsi que le machisme de la société chilienne est pointé du doigt sur les réseaux.

Il y a eu 45 fémicides en 2015 et deux fois plus de tentatives de fémicides. Dans la plupart des affaires, les meurtriers avaient été dénoncés auparavant par leurs victimes. Les internautes réclament donc que justice soit faite. La présidente socialiste Michelle Bachelet semble les avoir entendues, puisqu’elle a rendu visite à la jeune femme ce lundi matin. Et samedi, dans son discours annuel devant la Nation, elle a promis de renforcer la loi et de mettre fin à l’impunité.