samedi 30 juillet 2016

LES CHILIENS DANS LA RUE POUR PROTESTER CONTRE LE SYSTÈME DE RETRAITE


Ce sont des gens qui n’ont pas l’habitude de manifester qui sont sortis dans la rue, et des gens de tous les milieux. Ce qui est également rare au Chili car les classes sociales sont très cloisonnées. 

Tous les salariés chiliens concernés

Les réseaux sociaux ont joué un rôle majeur dans la diffusion de l’information. Mais ce qui a motivé les gens, c’est la colère, le ras-le-bol. Les fonds de pension concernent tous les salariés. Le Chili est le premier pays au monde à avoir adopté les fonds de pension. C’est sous la dictature d’Augusto Pinochet qu’ils ont été créés, en 1980. Avec une promesse : ils permettraient au travailleur de gagner plus qu’avec le système de répartition qui fonctionnait alors. Faux ! Aujourd’hui, la retraite moyenne d’un Chilien est inférieure à 280 euros, inférieur au salaire minimum, qui n’est lui-même pas bien élevé.


En général, le Chilien qui prend sa retraite va gagner moins du tiers de son salaire. Autrement dit, il tombe dans la pauvreté (60 ans pour les femmes, 65 ans pour les hommes). Et de l’autre côté du miroir, les six entreprises privées qui gèrent ces fonds font des bénéfices incroyables. Ce sont parmi les plus riches du Chili. En 2015, leur rentabilité a atteint 26 %. Quand une entreprise au niveau mondial va très bien, elle atteint 12%.

Le système de retraite mis en place sous Pinochet

C’est un système inventé par la dictature pour les proches d’Augusto Pinochet. Tous les ministres qui ont été nommé par Pinochet dans les années 70 et 80 sont ou ont été directeurs ou présidents d’une AFP. L’AFP étant le nom générique de ces six entreprises privées gestionnaires des fonds de retraite des Chiliens. Ce système permet en fait de fournir à l’économie chilienne, aux grandes entreprises chiliennes, des fonds d’investissement à très bas taux d’intérêts. Les fonds de retraite chiliens représentent 60% du PIB chilien.

Les solutions envisagées par la présidente chilienne

La présidente Michelle Bachelet a réduit ses ambitions. Elle voulait au début tout changer. Elle promet aujourd’hui de créer une AFP publique, c’est-à-dire insuffler un peu plus de compétition dans le système. Mais ce qu'exigent les manifestants, et pratiquement tous les Chiliens en fait, c’est que le système change complètement, que les AFP disparaissent.