dimanche 11 septembre 2016

CHILI, L'AUTRE 11 SEPTEMBRE


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LES MILITAIRES DEMANDENT AU PRÉSIDENT DE SE RENDRE ET
D'ABANDONNER LE PAYS, LUI OFFRANT UN AVION POUR PARTIR.
« REDDITION INCONDITIONNELLE, PAS DE DISCUSSIONS,
REDDITION INCONDITIONNELLE », SCANDE PINOCHET PAR RADIO.
11 septembre. 1973. Le palais présidentiel de la Moneda, à Santiago, est assiégé dès le matin par l'armée. Le président Allende, démocratiquement élu en 1970, refuse de se rendre. L'aviation bombarde le palais. Dans l'après-midi, l'armée investit la présidence. Salvator Allende est retrouvé mort. Suicide. Le coup d'État militaire installe au pouvoir le général Pinochet. Jusqu'en 1990. 
Le 11 septembre 1973, le rêve chilien devient cauchemar. L'Unité populaire, sorte de Front populaire à la chilienne, arrivée au pouvoir grâce à l'élection du socialiste Salvador Allende à la présidence de la République, est renversée dans le sang.

Dans les trois jours suivant le coup d'État, plus de deux cents personnes sont assassinées par les militaires. La majorité des dirigeants du gouvernement de l’Unité Populaire et autres dirigeants de la Gauche sont arrêtés. Des milliers d’opposants sont parqués au stade de Santiago, de très nombreux prisonniers sont torturés, d'autres «disparaissent» (ils sont assassinés et leurs corps sont dissimulés).  

À la suite du coup d'État, la junte militaire prononce la dissolution du Parlement, des conseils municipaux, des syndicats et des partis politiques. La liberté de la presse est abolie, le couvre-feu instauré. Les opposants au nouveau régime arrêtés, exilés, torturés ou exécutés. La dictature militaire dirige le pays jusqu'en 1990. Dans le cadre de l'opération Condor, la police chilienne unit ses forces à celles de l'Argentine, du Brésil et d'autres pays de l'Amérique latine pour traquer tout ce qui ressemble à un militant de gauche.

Allende à la tête d'un pouvoir fragile

Elu avec une faible majorité en 1970, Allende avait mis en place un gouvernement d’Unité populaire menant des réformes sociales (réforme agraire, hausse des salaires, nationalisations des mines…) dans un contexte tendu. Dans ce pays à l’économie morcelée, les réformes pesaient sur les classes supérieures et moyennes et sur les artisans. Notamment les transporteurs routiers, dont la grève avait déstabilisé le pays. C’est dans ce contexte tendu que les États-Unis ont mobilisé la CIA pour renverser le régime Allende.

Henry Kissinger, alors Conseiller à la sécurité nationale, fait partie de ceux qui ont mené une campagne contre le régime Allende. Les Etats-Unis voyaient en effet d’un mauvais œil l’installation d’un second régime à connotation marxiste, après Cuba, sur le sol du continent américain.

Le coup d’État fera quelque 3200 morts et disparus. Le régime Pinochet mettra fin aux réformes sociales d’Allende et livrera le pays au libéralisme économique avec l’aide des économistes américains. Le Chili était rentré dans l'ordre.