jeudi 26 janvier 2017

PATRICIO PALOMO - LE PIGEON VOYAGEUR QUI NICHE DANS LE SUD DE LA FRANCE


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PATRICIO PALOMO À SANTIAGO DU CHILI

Ça fait plus de 17 ans que cet artiste libre fait partie du panorama culturel de la petite ville de Pernes-les-Fontaines avec l’association Candela. « À travers cette association intégrée par des artistes et autres personnes sensibles à la diffusion culturelle sous toutes ses formes, nous organisons des installations, des expositions, lectures, ateliers et même défilés de costumes en plastique ou livres », précise ce chilien marié à une provençale. 
PATRICIO PALOMO
«Pour moi c’est essentiel d’être actif, à ma manière, dans la commune dans laquelle je vis. Participer à la vie sociale et culturelle, qui est mon domaine, a toujours été ma priorité ici. Dans mon pays, j’ai toujours été actif, même lorsque les droits civiques n’étaient pas respectés ».

De l’exil à la migration

PATRICIO PALOMO EXPOSE À L'UDP

Patricio Palomo né il y a plus de soixante dix ans à Santiago du Chili, a tout d’abord travaillé en art thérapie à l’hôpital psychiatrique de la capitale chilienne. Ensuite, c’est dans le graphisme et le milieu de la presse qu’il s’est professionnellement développé. Puis il y eut un 11 septembre douloureux pour beaucoup de chiliens : le coup d’État du général Pinochet en 1973. Un premier exil : Buenos Aires, un deuxième : México, ensuite un retour au pays (1984) pour lutter contre la dictature. «  Là j’ai travaillé en tant que graphiste et dessinateur humoristique dans des revues qui militaient pour le retour à la  démocratie ». C’est dans la revue Cauce qu’il a d’abord publié sous le pseudonyme de Bartolo des caricatures soulignant les aberrations de la dictature.

UN TRAVAIL DE MÉMOIRE
ÉTUDIANT FACE AU PASSÉ
Et c’est justement ces dessins humoristiques, ainsi que d’autres imprimés dans Humor de Hoy el le journal La Epoca, que l’Université Diego Portales de Santiago du Chili a exposés au mois de novembre dernier. En invitant Patricio Palomo, la journaliste et professeure Alejandra Matus de l’UDP, voulaient que ses étudiants réfléchissent au rôle joué par des médias d’opposition lors de cette période sombre de leur histoire. « Il fallait jongler pour détourner la censure. Il y eut des moments difficiles, d’état de siège et couvre feu, où les revues devaient circuler de façon clandestine en photocopie. D’autres moments, où les photos étaient interdites », se souvient Patricio Palomo  qui a légué tout ce matériel de Bartolo au Musée de la Mémoire. « C’est important pour moi de laisser des traces de cette période afin qu’il n’y ait pas d’oubli », assure ce dessinateur qui continue à réagir à l’actualité nationale et internationale en publiant, via les réseaux sociaux, des dessins grinçants non plus sous le pseudonyme de Bartolo mais sous celui de patopalomo.

Patopalomo, entre la France et le Chili



UNE EXPO TOURNÉ AUSSI SUR LE FUTUR 
Devenu avec le temps artiste libre, patopalomo a aussi travaillé en France avec des  handicapés, des petits et des grands. Aujourd’hui, son univers très coloré, plein de poésie et d’humour ne passe pas inaperçu. C’est à  La Casa del Sol du quartier Bellavista, que les chiliens ont pu apprécier une infime partie de sa peinture dont vous pouvez avoir un aperçu sur patopalomo.odexpo.com.

Par ailleurs, le muraliste, Mono (Alejandro) Gonzalez, l’a aussi invité à participer aux expositions collectives de sa galerie ouverte dans le quartier populaire du Persa Bio Bio. Une manière pour lui d’avoir un pied ici et là-bas, dans son pays natal !