vendredi 10 février 2017

CHILI: LES MURS BAVARDS DE VALPARAÍSO


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VALPARAÍSO CONSTITUE UN VÉRITABLE
TERRAIN DE JEU ARTISTIQUE.
PHOTO DENIS WONG
(VALPARAÍSO) Du haut de ses collines ondulantes, Valparaíso offre des vues imprenables sur le Pacifique, mais c'est l'art urbain qui saute aux yeux lorsqu'on visite la métropole culturelle du Chili. Portrait de l'importante scène de street art de la ville.
LA PRESSE
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Valparaíso détonne lorsqu'on le compare à la station balnéaire Viña del Mar ou encore à la capitale Santiago.


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Colorée et émancipée, la ville ressemble à la petite soeur bohème, celle qui a décidé de faire de la peinture pendant que les autres préféraient un chemin plus convenu.

La ville portuaire est recouverte de murales qui témoignent du dynamisme de ceux qui en font leur terrain de jeu artistique.

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Au détour d'une ruelle, sur les façades des édifices ou dans les pentes abruptes qui entourent ses funiculaires, on se laisse surprendre par des oeuvres bigarrées.

DE MULTIPLES EXPÉRIENCES VISUELLES

L'ART MURAL À VALPARAISO, AU CHILI.
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Valparaíso est divisé en plus de 40 cerros, des 
quartiers correspondant aux multiples collines qui caractérisent sa topographie. Les cerros Bellavista, Concepción et Alegre offrent les meilleures expériences visuelles et sont également des secteurs sécuritaires pour le tourisme.

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Depuis plusieurs années, la métropole a canalisé son énergie créative avec des investissements importants, légitimant ainsi l'existence de l'art urbain sur son territoire. On peut déambuler dans le Museo a cielo abierto, une galerie à ciel ouvert incluant une vingtaine de murales dont l'histoire remonte aux années 60, ou encore visiter le Parque Cultural de Valparaíso, une ancienne prison transformée en centre culturel multidisciplinaire.

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Utilisant toutes les surfaces à leur disposition, des muralistes de renommée internationale ont apposé leur griffe sur la ville. Plusieurs Chiliens ont également laissé leur trace à Valpo : INTI, UKD et Teo Doro sont quelques noms à retenir. Dans ce dédale de couleurs, on peut autant tomber sur du graffiti classique que sur du fauvisme à la Matisse.

UN HÉRITAGE POLITIQUE

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Il faut remonter à l'époque de Salvador Allende pour comprendre les origines de cette pratique. Au début des années 60, les partisans d'Allende utilisent les murales politiques à Valparaíso afin de soutenir le politicien de gauche. Celui-ci accède à la présidence en 1970 seulement, mais les brigades socialistes qui peinturent les villes chiliennes ont déjà un impact certain sur « Valpo ». Grâce à elles, le style nommé BRP se développe et se démarque par ses larges contours et ses couleurs élémentaires.

Quand Augusto Pinochet prend la tête du Chili en 1973, Valparaíso vit des heures sombres. L'armée recouvre alors les murs de la ville afin d'effacer toute trace de contestation. Il faut attendre jusqu'au départ du dictateur en 1990 pour que Valparaíso renaisse de ses cendres. Rapidement, les murales réapparaissent et aujourd'hui, les traces de l'héritage d'Allende et du courant BRP sont encore bien visibles sur les murs de la ville.

PAS JUSTE DES MURALES

Le dynamisme de Valparaíso ne se limite pas uniquement aux murales. Les galeries et les ateliers ont poussé comme des champignons depuis que la ville a repris sa place au soleil et une importante communauté d'artistes et d'intellectuels s'est établie ici depuis longtemps.

Valparaíso était d'ailleurs une inspiration pour le célèbre poète chilien Pablo Neruda, qui possédait une maison dans le cerro Florida. Dans l'une de ses oeuvres, le défunt écrivain s'adresse à la belle « Valpo » en lui disant : « Tu n'as jamais eu le temps de t'habiller et la vie t'a toujours prise par surprise. »

À l'instar de Neruda, vous pourriez fort bien être inspiré par le caractère singulier de Valparaíso.