vendredi 7 avril 2017

SYRIE. TRUMP JETTE DE L’HUILE SUR LE FEU


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UN MISSILE TOMAHAWK EST TIRÉ DEPUIS LE DESTROYEUR USS PORTER 
DE LA MARINE AMÉRICAINE, EN MER MÉDITERRANÉE, LE 7 AVRIL 2017. 
PHOTO FORD WILLIAMS /  MARINE DE GUERRE DES ÉTATS-UNIS 
L'armée américaine a lancé plusieurs dizaines de missiles de croisière dans la nuit du jeudi 6 avril au vendredi 7 avril 2017 contre une base aérienne du gouvernement syrien.
UN HÔPITAL DÉTRUIT APRÈS UNE ATTAQUE CHIMIQUE
À KHAN SHEIKHOUN EN SYRIE, LE 4 AVRIL 2017
PHOTO OMAR HAJ KADOUR / AFP.
Renouant avec les pratiques belliqueuses de Bush, Donald Trump a déclenché jeudi des frappes contre la Syrie en riposte à une attaque chimique, qu'il impute au « dictateur Bachar al-Assad », et qui a tué plus de 100 civils dans la ville de Khan Cheikhoun, aux mains des rebelles. 

Durant cette première opération militaire des États-Unis contre le régime syrien a été menée avec « 59 missiles » de croisière Tomahawk, qui ont visé en pleine nuit la base aérienne d'Al-Chaayrate, dans la province de Homs, au centre du pays, au moins quatre soldats syriens ont été tués, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

« L'aéroport a été presque totalement détruit: les avions, le tarmac, le dépôt de fuel et le bâtiment de la défense aérienne ont été pulvérisés », a précisé à l'AFP son directeur Rami Abdel Rahmane. « Il y a des blessés qui sont atteints de brûlures » et « des incendies que nous tentons de maîtriser », a pour sa part indiqué Talal Barazi, le gouverneur de Homs.

LE PRÉSIDENT AMÉRICAIN, QUI S’EST TOUJOURS OPPOSÉ À UNE INTERVENTION AMÉRICAINE EN SYRIE, A SUBITEMENT CHANGÉ D’AVIS. UN REVIREMENT INIMAGINABLE, QUI CONTREDIT TOUTES SES PROMESSES DE CAMPAGNE, ESTIME LE QUOTIDIEN DE WASHINGTON. (THE WASHINGTON POST )
Trump se pose en « justicier »

FRAPPES AMÉRICAINES EN SYRIE
Pour justifier cette action, Trump a affirmé que l'Amérique était « synonyme de justice », appelant les « nations civilisées » à mettre fin au bain de sang en Syrie, ravagée par une guerre qui a fait 320.000 morts depuis mars 2011, jeté des millions de personnes sur les routes et provoqué la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

En arrivant jeudi en Floride pour recevoir son homologue chinois Xi Jinping, qu'il a personnellement informé, M. Trump avait encore dénoncé une « honte pour l'humanité ». Il a accusé « le dictateur syrien Bachar al-Assad (d'avoir) lancé une horrible attaque avec des armes chimiques contre des civils innocents en utilisant un agent neurotoxique mortel ».

De son côté, la télévision syrienne a qualifié les frappes d'« agression » .

Moscou dénonce une « agression contre un État souverain »

Les frappes américaines en Syrie causent un « préjudice considérable » aux relations entre Moscou et Washington, a déclaré vendredi le Kremlin, qui estime qu'elles constituent une « agression contre un État souverain »« Cette action de Washington cause un préjudice considérable aux relations russo-américaines, qui sont déjà dans un état lamentable », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par les agences de presse russes.

Le Pentagone a précisé que Washington avait prévenu Moscou à l'avance. Avant les frappes, l'ambassadeur russe à l'ONU Vladimir Safronkov avait averti des "conséquences négatives » en cas d'intervention militaire.

Revirements

Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a accusé la Russie, alliée de la Syrie, d'avoir manqué à ses responsabilités. Il a en outre plaidé pour le départ du président Assad, alors que, il y a une semaine, il avait semblé s'accommoder de son maintien au pouvoir.  Les Américains n'ont pas précisé si de nouvelles frappes étaient envisagées mais ont indiqué que leur réponse était «proportionnée ».

À l'été 2013, Barack Obama, avait renoncé à frapper le régime syrien après une attaque aux armes chimiques près de Damas qui avait fait plus de 1.400 morts. A l'époque, le magnat de l'immobilier Donald Trump avait exhorté sur Twitter M. Obama à ne pas intervenir en Syrie.

Les Américains n'ont pas précisé si de nouvelles frappes étaient envisagées mais ont indiqué que leur réponse était « proportionnée ».


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