mercredi 28 juin 2017

AU VENEZUELA, LA COUR SUPRÊME ET LE MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ATTAQUÉS


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UN HÉLICOPTÈRE VOLÉ DE LA POLICE
CAPTURE D'ÉCRAN
L’opération menée par un hélicoptère volé de la police n’a pas fait de victime. Mais elle accentue la violente crise qui ébranle le pays depuis le mois d’avril. 
Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters

LE PILOTE  PUTSCHISTE OSCAR PEREZ
DANS UN VIDÉO SUR INSTAGRAM
Un hélicoptère de la police vénézuélienne a mitraillé mardi 27 juin le siège du tribunal suprême de justice et le ministère de l’intérieur. L’attaque, qui n’a pas fait de victime, témoigne de l’accentuation de la violente crise qui ébranle le pays depuis des mois. D’après des responsables gouvernementaux, l’appareil a tiré à quinze reprises contre le ministère, où plusieurs dizaines de personnes participaient à une cérémonie ; quatre grenades ont été lancées depuis les airs sur la Cour suprême.


    NICOLAS MADURO LORS D’UN MEETING EN VUE DES 
    ÉLECTIONS CONSTITUANTES, LE 27 JUIN À CARACAS. 
    PHOTO HANDOUT / REUTERS

    Le président Nicolas Maduro a dénoncé un acte «terroriste » et a mis en demeure les dirigeants de la Table de l’unité démocratique (MUD) – la coalition de l’opposition – de « condamner cette attaque éminemment destinée à provoquer un putsch ». « Ils auraient pu provoquer des dizaines de morts », a-t-il ajouté.

    Dans un communiqué, le gouvernement précise que l’hélicoptère a été dérobé par un pilote de la police identifié sous le nom d’Oscar Perez. Une vidéo mise en ligne sur son compte Instagram le montre devant plusieurs hommes en armes, affirmant qu’une opération est engagée pour restaurer la démocratie. M. Perez ajoute qu’il représente un collectif de militaires, de policiers et de fonctionnaires hostiles à l’exécutif « criminel » et appelle M. Maduro à démissionner.
    « Arrêtez la folie de la droite vénézuélienne! »
    (Belga) Le président du Venezuela Nicolas Maduro a demandé mardi à son homologue américain Donald Trump d'"arrêter la folie" de l'opposition qui multiplie les manifestations depuis début avril et qu'il soupçonne de s'être alliée avec Washington pour fomenter un coup d'Etat.
    "Ecoutez, président Donald Trump, c'est à vous de décider", a déclaré le chef de l'Etat au cours d'une cérémonie d'investiture des candidats à l'Assemblée constituante. "Si ces forces violentes, haineuses et mortifères arrivaient à détruire le Venezuela, la mer Méditerranée ne serait rien à côté de la mer des Caraïbes, avec des milliers et même des millions de (Vénézuéliens) qui iraient en direction des Etats-Unis. Rien ni personne ne pourrait les arrêter (...), vous auriez à construire 20 murs dans la mer !", a-t-il affirmé. "Arrêtez la folie de la droite vénézuélienne !", a ajouté le président socialiste, confronté depuis début avril à une vague de manifestations hostiles ayant fait 76 morts. Le week-end dernier, M. Maduro avait accusé les dirigeants de l'opposition d'encourager à la violence pour permettre une intervention américaine dans son pays. "Si le Venezuela se retrouvait plongé dans le chaos et la violence et si la révolution bolivarienne était détruite, nous irions au combat (...) et ce qui n'a pas été possible avec les votes, nous le ferions avec les armes", a mis en garde le président Maduro mardi. Il s'est toutefois dit disposé à avoir "des relations respectueuses" avec M. Trump, assurant être ouvert au dialogue. (Belga)

    Appel à Donald Trump

    Le Venezuela connaît depuis le début d’avril une nouvelle crise politique violente qui a fait au moins 75 morts. Des chefs de file de l’opposition exhortent de longue date les membres des forces de sécurité à la désobéissance. Mais pour certains, cette attaque par hélicoptère pourrait avoir été orchestrée par le pouvoir pour justifier la répression.

    Nicolas Maduro avait prévenu plus tôt dans la journée que ses partisans prendraient les armes si son gouvernement était renversé par la violence.
    « Je dis au monde, et j’espère que le monde l’entendra après quatre-vingt-dix jours de manifestation, de destruction et de mort : si le Venezuela était plongé dans le chaos et la violence et la révolution bolivarienne détruite, nous irions au combat. »
    Il avait ainsi lancé lors d’un rassemblement politique : « Nous n’abandonnerons jamais, et ce qui ne pourra être fait par les votes, nous le ferons avec des armes, nous libérerons notre patrie avec des armes.»

    Nicolas Maduro lors d’un meeting en vue des élections constituantes, le 27 juin à Caracas.

    Le successeur de Hugo Chavez s’exprimait lors d’un meeting en vue des élections constituantes qu’il entend organiser le 30 juillet. L’opposition, majoritaire à l’Assemblée nationale depuis décembre 2015, refuse ce projet et réclame la tenue d’une présidentielle anticipée. En l’état du calendrier électoral, le prochain scrutin présidentiel n’est pas prévu avant la fin fr 2018.

    M. Maduro, qui accuse Washington de soutenir ses opposants dans l’objectif de contrôler les richesses pétrolières du pays, a par ailleurs mis en garde : la « destruction » du Venezuela provoquerait une crise migratoire plus forte qu’en mer Méditerranée.

    « Ecoutez-moi, président Donald Trump, il vous faudrait construire 20 murs en mer, un mur du Mississippi jusqu’à la Floride, et de la Floride jusqu’à New York, ce serait de la folie. La responsabilité vous en incombe : stoppez la folie de la droite vénézuélienne violente. »