lundi 10 juillet 2017

QUI EST LA PHOTOGRAPHE PAZ ERRAZURIZ ?


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PAZ ERRAZURIZ
PHOTO CARLA MACKAY
 
QUI EST LA PHOTOGRAPHE PAZ ERRAZURIZ, LAURÉATE DU PRIX « MADAME FIGARO » - RENCONTRES D’ARLES 2017 ?
La photographe chilienne, Paz Errazuriz, a remporté le 2e Prix Madame Figaro - Rencontres d’Arles avec son travail intitulé Une Poétique de l’Humain. Portrait.
Le travail de Paz Errazuriz, née en 1944 à Santiago du Chili, s’intéresse à ceux que la société ne regarde pas : les malades mentaux, les marginaux, les prostituées, les travestis, entre autres. « Ce qui m’intéresse, c’est l’identité. Mon travail, c’est d’observer la société et toujours au Chili. » 
PAZ ERRÁZURIZ : EVELYN , LA PALMERA,
SANTIAGO, SÉRIE LA POMME D'ADAM, 1983.
Par Jean-Sébastien Stehli
L'autodidacte
Si elle est dorénavant reconnue dans son pays — elle a représenté le Chili à la Biennale de Venise 2015 — elle a dû surmonter beaucoup d’obstacles, notamment celui du machisme, pour devenir photographe. « Il n’y avait aucun endroit où je pouvais apprendre », se souvient-elle. « Et les hommes photographes me décourageaient, "Une femme au foyer ne peut pas devenir photographe", me disaient-ils... Et mon père m’a interdit d’acheter un appareil photo. »

PHOTOESPAÑA 2012. VIDÉO DES RÉSULTATS  


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    Paz Errazuriz commence donc par être institutrice. C’est au moment du coup d’État d’Augusto Pinochet qu’elle achète un Nikkormat d’occasion et commence à photographier. « J’ai appris toute seule. Après le coup d’État militaire, j’ai commencé à photographier dans la rue », raconte-t-elle. « Je résistais par la photographie. Lorsque vous vivez sous une dictature, vous apprenez à travailler sans vous faire remarquer.» C’est ce qui va aussi guider son travail en noir et blanc. « Personne ne voulait acheter mes images en noir et blanc. Les gens préféraient de la couleur, mais pour éviter la censure et la destruction de mon travail, je devais développer mes photos moi-même. Mais j’ai aimé ce travail dans le labo. »

    Des liens humains

    Paz est particulièrement attachée au travail qu’elle a réalisé dans un hôpital psychiatrique montrant les relations entre malades. « Les premiers à voir ces images ont été les pensionnaires de cet hôpital. Cela les a rendus heureux : ils montraient qu’ils existaient» Ensuite, ce travail a été très utile pour les médecins soignant les malades. « Grâce aux photos, les médecins ont compris que des relations stables existaient entre ces personnes et qu’elles les aidaient à vivre. Les images les ont humanisées. »

    En 1986, la Fondation Guggenheim a attribué une de ses bourses à Paz Errazuriz, la première fois qu’une femme recevait cette bourse prestigieuse en Amérique latine. Cette reconnaissance l’a aidé à acheter son premier appareil neuf. « J’ai longtemps rêvé d’avoir un appareil tout neuf » confie-t-elle.

    Un jury glamour

    Le Prix de la Photographie Madame Figaro - Rencontres d’Arles a été fondé en 2016, avec le soutien de la Fondation Women in Motion Kering pour aider une femme photographe exposée lors des Rencontres, la récompense est de 10 000 euros. La lauréate réalise ensuite un projet pour Madame Figaro. Cette année, huit femmes parmi les 23 qui exposaient à Arles avaient été sélectionnées. Le jury était composé de Mélanie Laurent, présidente, et d’Emmanuelle Bercot, Vincent Devienne, Marina Foïs, Thierry Frémaux, Sarah Lavoine, Jean de Loisy, Caroline de Maigret, Simon Porte Jacquemus, Jérémie Renier, Ellen Von Unwerth.

    En 2016, la lauréate du prix Madame Figaro - Rencontres d'Arles avait été décerné à la photographe espagnole Laia Abril, pour son travail autour de l’avortement.