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vendredi 19 décembre 2014

COMMENT JE SUIS DEVENU RICHE GRÂCE À INSTAGRAM

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Pour certains utilisateurs, toutefois, Instagram est devenu plus qu'un moyen de collectionner les commentaires et les "j'aime", au fur et à mesure qu'ils immortalisent leur vie, leurs voyages ou leurs habitudes alimentaires à l'aide de leur smartphone. De Nike à l'office de tourisme de Namibie, les entreprises et les organisations courtisent en effet de plus en plus les poids lourds d'Instagram et leurs nombreux abonnés, afin de toucher un public à la fois plus large et plus jeune. Et certaines sont prêtes à verser de généreuses compensations en échange de leurs services.

1 dollar par "j'aime"

Ainsi sont apparus les professionnels d'Instagram. Ces utilisateurs, qui ont d'abord utilisé l'application pour s'amuser, touchent à présent des salaires à six chiffres et sillonnent le monde pour prendre des photos et les partager avec leurs milliers, voire leurs centaines de milliers, d'abonnés.

Liz Eswein compte parmi les professionnels les plus recherchés. Cette New-Yorkaise de 25 ans s'est lancée sur Instagram dès l'arrivée du réseau en 2010 et a commencé à poster des photos de sa ville natale sur le compte @teNewYorkCity pendant son temps libre. Elle compte aujourd'hui plus de 1,2 million d'abonnés. A chaque collaboration avec une marque, Liz Eswein réclame 1 dollar [0,80 euro] par "j'aime" sur chaque photo sponsorisée, ainsi qu'un revenu séparé en fonction du nombre de photos prises. Certains de ses derniers clichés sponsorisés ont reçu plus de 23 000 mentions "j'aime". Deux photos de paysage, prises dans les Andes lors d'un voyage tous frais payés, en ont chacune généré 19 600 et 20 462.

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"Grâce à Instagram, j'ai voyagé dans le monde entier, reconnaît la jeune femme. Je reviens juste du Chili pour un projet. J'ai travaillé avec l'office de tourisme de Namibie. Je suis récemment allée à Shanghai, et avant cela à Dubaï et en Turquie, à chaque fois pour des clients. Il n'y a pas de mot pour décrire à quel point c'est extraordinaire de pouvoir voyager et d'être payée pour photographier tous ces endroits, j'adore ça."

Plus efficace que le marketing traditionnel

La New-Yorkaise s'est également associée à Laundry Service, une agence spécialisée dans les réseaux sociaux, afin de faire le lien entre son réseau de près d'un millier d'utilisateurs influents et certaines des plus grandes marques mondiales. Jason Stein, fondateur de l'agence, explique que ce type de photographe est de plus en plus recherché depuis un an. C'est "de la folie, cela échappe à tout contrôle, relève-t-il. Les contenus Instagram interpellent les utilisateurs mieux que n'importe quelle autre plateforme sur Internet, et c'est gratuit. Les entreprises ont compris qu'une photo sur le compte Instagram d'un membre ayant plus de 100 000 abonnés leur permettait de toucher directement plus de gens que n'importe quel autre outil marketing traditionnel."

Des chiffres qui expliquent sans doute le récent engouement d'Amazon, du créateur de mode Michael Kors et d'autres entreprises pour ces "photographes Instagram". Quatre-vingt-dix pour cent des utilisateurs de cette application ont moins de 35 ans, plus de la moitié en font un usage quotidien, un millier de commentaires sont postés chaque seconde et 1,6 milliard de mentions "j'aime" sont générées chaque jour.

Un complément de salaire pour les pros

Les photographes professionnels ont bien compris l'intérêt financier du réseau social. A Saint-Sébastien, en Espagne, Aiala Hernando considère son activité commerciale sur Instagram comme un "complément amusant" à son travail principal. Elle lui rapporte pas moins de 3 000 dollars supplémentaires par mois [2 400 euros]. "Il n'y a pas longtemps, je suis allée à Rome pour travailler sur un hôtel et immortaliser leur quotidien, raconte-t-elle. J'y ai passé vingt-quatre heures, trois semaines de suite, ce qui était très sympa. Pour un boulot en déplacement comme celui-là, je touche entre 2 000 et 5 000 dollars la journée [entre 1 600 et 4 000 euros]. Ce que je redoutais le plus en signant avec une agence, c'était de rendre mon fil Instagram trop commercial. Du coup, j'essaie de n'accepter que les boulots qui correspondent à mes contenus et j'évite de poster des choses trop difficiles pour mon public. Je reste toujours fidèle à mon style spécifique."

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Autre star du réseau social, Brian DiFeo réfute l'idée selon laquelle Instagram et ses photographes professionnels ne seraient que des modes passagères. "Au cours de l'année passée, Instagram a vraiment envahi notre quotidien. On en parle à la télé, dans les journaux, le phénomène n'est pas près de disparaître, assure-t-il. Et je ne suis même pas sûr qu'il ait tout donné en termes d'exploitation marketing."


Publié le 27 novembre 2014