mercredi 23 mai 2018

LA PARABOLE DITE DU « PREMIER DE CORDÉE »


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LA PARABOLE DITE DU « PREMIER DE CORDÉE »
 « A PARABOLE DITE DU "PREMIER DE CORDÉE" »

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Mai 2018... Premier de cordée... Frédéric Lordon répond à Emmanuel Macron depuis Chamonix Mont-Blanc... Le lien de la corde est une solidarité de destin...

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mardi 22 mai 2018

AU CHILI, UN NOUVEAU SCANDALE SEXUEL SECOUE L’ÉGLISE



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L’ÉVÊQUE JUAN BARROS FUT NOMMÉ PAR LE PAPE EN JANVIER
2015 À LA TÊTE DU DIOCÈSE MÉRIDIONAL D’OSORNO,
BIEN QU’ÉTANT ACCUSÉ D’AVOIR COUVERT LES AGRESSIONS
SEXUELLES COMMISES PAR UN PRÊTRE.
PHOTO ALESSANDRA TARANTINO  
Une enquête journalistique a révélé qu’une vingtaine de prêtres ont eu des conduites sexuelles inappropriées, notamment avec des garçons mineurs, sans être inquiétés.  
Par Angeline Montoya
Le jour où l’ensemble des évêques chiliens, accusés d’avoir couvert des actes pédophiles, remettaient leur démission au pape, vendredi 18 mai, l’Eglise chilienne était secouée par un nouveau scandale sexuel, révélé par « Teletrece », l’émission d’information de la chaîne de télévision Canal 13. Quatre jours plus tard, mardi 22 mai, l’évêché de Rancagua, à 80 kilomètres au sud de Santiago, a annoncé la suspension de quatorze prêtres qui ont « commis des actes qui peuvent constituer des crimes dans les domaines civil et canonique ».

Tout est parti d’une paroissienne de la ville de Rancagua qui a confié à une équipe de journalistes l’existence d’un groupe de dix-sept prêtres qui se faisaient appeler « la famille » et avaient des relations sexuelles avec des personnes majeures, mais également avec des mineurs. « Je ne sais pas s’il faut les appeler confrérie, secte ou groupe de prêtres, mais ils avaient des pratiques contraires à leur condition de curé avec des jeunes de 15 à 29 ans, en tout cas à mon époque », témoigne Elisa Fernandez, ex-coordinatrice de la pastorale de jeunes.

Selon l’enquête, le groupe avait une structure pyramidale et était dirigé par un prêtre qui se faisait appeler « la grand-mère », suivi par les « tantes », les « filles » et les « petites-filles », tous prêtres de cet évêché. Selon un curé cité dans l’enquête, qui a demandé l’anonymat, cette « confrérie » existe depuis huit à dix ans. Majeurs, mineurs, « tout était bon, sans distinction », soutient le jeune homme, accusant les membres de ce groupe de se rendre régulièrement à Santiago pour avoir des relations sexuelles tarifées avec de jeunes prostitués adolescents.


Trente-quatre démissions

Elisa Fernandez dit avoir alerté à au moins quatre reprises Alejandro Goic, l’évêque du diocèse de Rancagua. Elle lui a remis la liste des dix-sept prêtres, parmi lesquels, affirme-t-elle, certains se vantaient de leurs préférences pour des mineurs. L’évêque Goic, qui fait partie des trente-quatre personnes ayant remis leur démission au pape François vendredi, a alors exigé des preuves. Quelques jours avant la visite du pape, en janvier, Mme Fernandez a également envoyé une lettre à l’épiscopat chilien, qui n’a pas non plus donné suite.

La jeune femme, explique « Teletrece », a alors piégé l’un des prêtres incriminés, le père Luis Rubio, de la ville de Paredones, se faisant passer sur Facebook pour un garçon de 16 ans. Le prêtre lui a alors répondu avec des messages érotiques et même envoyé des photographies de lui totalement nu. « Je ne demande pas que ce soient des saints, explique Elisa Fernandez à la chaîne de télévision. Je demande juste qu’une personne qui vient de me confesser n’envoie pas une photographie de son appareil génital à un jeune de 16 ans. »

Quelques jours avant la diffusion du reportage, le prêtre Rubio, qui a reconnu les faits qu’il qualifie de « honteux », avait alerté ses supérieurs de son « comportement inapproprié » et avait été suspendu temporairement de ses fonctions. À son retour du Vatican, Mgr Goic – qui est aussi président du conseil pour la prévention des abus contre les mineurs de l’épiscopat de Rancagua – a expliqué aux journalistes qu’il n’avait pris aucune mesure contre Luis Rubio, malgré les alertes, car il n’est pas « détective » : « Je me suis formé pour être pasteur et pour servir les gens », a-t-il justifié.

Des regrets tardifs

Le lendemain de la diffusion du reportage, l’archevêché de Rancagua a finalement déposé une plainte contre Luis Rubio devant le procureur de Santa Cruz. « L’évêque a fait comme le pape, souligne Mme Fernandez. Il a exigé des preuves. Et aujourd’hui, le pape demande pardon pour ce qu’il a fait. L’évêque devrait faire la même chose. »


La paroissienne faisait référence à la défense, par François, de l’évêque Juan Barros. Nommé par le pape en janvier 2015 à la tête du diocèse méridional d’Osorno. Il était pourtant accusé d’avoir couvert les agressions sexuelles commises pendant des années par un prêtre de Santiago, Fernando Karadima, condamné par l’Eglise pour pédophilie en 2011. Lors de sa visite en janvier, François s’était dit convaincu de l’innocence de Mgr Barros. Il avait accusé les victimes d’avoir proféré des « calomnies » et leur avait reproché de n’apporter aucune preuve à l’appui de leurs accusations avant de reconnaître, trois mois plus tard, « avoir commis de graves erreurs d’appréciation et de perception ».

C’est l’affaire de l’évêque Barros qui est à l’origine du scandale pour lequel François a convoqué l’ensemble des évêques chiliens, qui s’étaient vu remettre, le 15 mai, par le pontife argentin, un texte de dix pages dans lequel celui-ci leur avait reproché d’avoir abrité « de nombreuses situations d’abus de pouvoir, d’autorité et d’abus sexuels » et même d’avoir détruit « des documents compromettants ». A la suite de quoi les évêques avaient remis leur démission.

lundi 21 mai 2018

L'AÉROPORT DE SANTIAGO DU CHILI OUVRE UNE BIBLIOTHÈQUE NUMÉRIQUE


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L'AÉROPORT DE SANTIAGO DU CHILI OUVRE UNE BIBLIOTHÈQUE NUMÉRIQUE
Depuis ce 18 mai 2018, l’aéroport de Santiago du Chili propose un espace de lecture gratuite. À l’initiative de la Biblioteca Pública Digital (BPDigital), le modèle déjà implanté dans certaines stations de métro se généralise.
Actua Litté
L'AÉROPORT DE SANTIAGO DU CHILI
OUVRE UNE BIBLIOTHÈQUE NUMÉRIQUE
Inauguré en grande pompe par le ministère de la Culture, des Arts du Patrimoine, ce projet s’inscrit dans le plan national pour la lecture. L’aéroport qui compte 21 millions de passagers annuels – incluant les vols internes – montre ici sa volonté d’expansion culturelle.

L’espace de lecture représente 25 min 2 s où l’on peut télécharger des livres numériques, depuis son smartphone – la liseuse ne sera cependant d’aucun recours. Il faut en effet passer par un QR Code pour arriver à lire.

La bibliothèque numérique compte 25.000 titres disponibles, avec un large éventail depuis la littérature, en passant par les classiques, la poésie chilienne ou la littérature jeunesse et la bande dessinée.

Pour en profiter pleinement, une application sera à télécharger depuis cette adresse : une fois son mot de passe reçu, les utilisateurs pourront également faire des emprunts de livres, avec quatre titres simultanés durant 14 jours.

CAPTURE D'ÉCRAN TWITTER 
La ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Alejandra Pérez Lecaros, souligne que cet espace représente « notre défi pour améliorer l’accès à la lecture afin que de plus en plus de Chiliens puissent voyager à travers les mondes qu’ouvrent les livres. Dans le cadre du plan national de lecture, cette association opérée avec l’aéroport cherche à faire de la lecture une habitude, une pratique accessible et quotidienne ».

Joli discours, mais encore faut-il avoir les moyens de prendre l’avion... 


QUATRE QUESTIONS SUR LES FAILLES DE L’ÉGLISE CHILIENNE



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L’ARCHEVÊQUE DE SANTIAGO, RICARDO EZZATI,
CÉLÈBRE LA MESSE À SANTIAGO, DE RETOUR
DE LA VISITE AU VATICAN, LE 18 MAI 2018.
PHOTO LUIS HIDALGO
Les évêques chiliens ont annoncé vendredi 18 mai leur démission collective suite aux affaires d’abus sexuels qui ont secoué l’Église du pays. 

Loin de mettre un point final à la crise, cette décision marque au contraire le point de départ d’un long processus de reconstruction, qui donne au pape a le champ libre pour choisir ses hommes.

1 / Pourquoi les évêques chiliens ont-ils démissionné ?

Vendredi 18 mai, au lendemain des trois jours de prière et de réflexion auxquels le pape François les avait convoqués à Rome, les 32 évêques diocésains et auxiliaires du Chili ont annoncé « remettre (leurs) charges pastorales entre les mains du pape » afin que celui-ci « puisse, librement, disposer » d’eux. Une démission collective à l’initiative de tout un épiscopat, inédite dans l’histoire de l’Église, à laquelle les évêques chiliens étaient en fait acculés.

Mardi matin, au cours de la première de leurs quatre rencontres avec le pape, celui-ci leur a lu un texte où il tirait ses propres conclusions de la « mission spéciale » au Chili qu’il avait confiée à Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte et spécialiste des abus sexuels.

Ce texte, sans appel, soulignait « l’existence de négligences gravissimes dans la protection des enfants vulnérables de la part d’évêques » et le fait que des prêtres expulsés pour « comportements immoraux » avaient été accueillis dans d’autres diocèses, qui leur ont confié des charges impliquant « un contact quotidien et direct avec des mineurs ». François relevait aussi que de « graves problèmes » concernant « beaucoup d’abuseurs » avaient été détectés dès le séminaire et que des évêques auraient en outre confié la direction de séminaires à « des prêtres soupçonnés d’homosexualité active ».

Concernant les plaintes des victimes, le pape a pointé du doigt la légèreté et le retard avec laquelle elles ont été traitées, certaines étant jugées « invraisemblables » malgré « de graves indices d’un délit effectif », tandis que d’autres étaient classées sans enquête. Le pape évoque des pressions exercées sur les juges ecclésiastiques chargés d’enquêter et la destruction de « documents compromettants » dans les archives de l’Église.

2/ L’Église du Chili se retrouve-t-elle sans évêques ?

Après une semaine à Rome, les évêques chiliens sont maintenant de retour dans leurs diocèses. Car, même démissionnaires, ils restent en poste jusqu’à ce que le pape accepte leur départ. Dans certains cas, la décision romaine ne devrait pas tarder. Dans d’autres, François pourrait prendre le temps de la réflexion, et peut-être réexaminer les dossiers.

D’autant que, à cause sans doute du choc provoqué vendredi, de nouvelles affaires se font jour. Ainsi, à Rancagua, au sud de Santiago, des prêtres sont accusés depuis ce week-end d’avoir formé un vaste réseau sectaire d’abus sexuels. L’évêque, Mgr Alejandro Goic, aurait reçu des dénonciations il y a un an et demi mais n’aurait pas bougé, faute de preuves, alors même qu’il préside la commission de lutte contre les abus sexuels. Finalement, ce week-end, il a annoncé avoir suspendu de leur ministère 15 prêtres, près du quart de son clergé !

Toutefois, la démission collective des évêques chiliens doit permettre au pape d’avoir les mains libres, et non noyer les responsabilités. Il a prévenu dès mardi que les problèmes « ne trouveront pas de solutions seulement en abordant les cas concrets et en les réduisant au renvoi de personnes ». « Cela – je le dis clairement –, il faut que nous le fassions mais ce n’est pas suffisant, il faut aller plus loin, a-t-il affirmé. Il serait irresponsable de notre part de ne pas approfondir en cherchant les racines et les structures qui ont permis à ces événements concrets de se produire et de se perpétuer. »

Il a ainsi mis en évidence une « psychologie élitiste (qui) a fini par générer des dynamiques de division, de séparation, des “cercles fermés” conduisant à des spiritualités narcissiques et autoritaires ». Au point que les évêques chiliens n’ont pas hésité, selon ce qu’ont expliqué les victimes elles-mêmes, à « duper » le pape sur la réalité des faits, l’entraînant à prendre fait et cause pour eux, au mépris des victimes. Il faudra beaucoup de temps à l’Église chilienne pour se rebâtir sur des bases saines, mais François veut que tous soient impliqués et que, cette fois, les laïcs ne soient pas mis à l’écart.

3/ Comment réagit-on au Vatican ?

Les rencontres entre le pape et les évêques chiliens ont été de réels face-à-face. Seul le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, a assisté aux réunions, le reste de la Curie restant en marge dans une affaire où le pape avait été personnellement exposé. Pendant toute la semaine, le Vatican a d’ailleurs fonctionné comme à son habitude.

Samedi, pourtant, la concomitance entre l’annonce de la canonisation de Mgr Oscar Romero et les obsèques du cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos, figure de la reprise en main romaine de l’Église latino-américaine sous Jean-Paul II, poussait certains à s’interroger sur l’opportunité de revisiter ce passé.

Or, il se trouve qu’une autre figure de cette reprise en main romaine est particulièrement concernée par le Chili : le cardinal Angelo Sodano, ancien secrétaire d’État de Jean-Paul II. Nonce au Chili sous la dictature, il a en grande partie façonné l’Église chilienne actuelle, bien loin de ce qu’en avait connu le jeune jésuite Bergoglio dans ses années de formation. À bien des égards, la « psychologie élitiste » de l’épiscopat chilien est due à celui qui est longtemps resté très impliqué dans les affaires du Chili. L’actuel nonce, expressément prié de ne pas venir à Rome la semaine dernière, est d’ailleurs un des protégés de celui qui, malgré ses 90 ans, reste, comme doyen du Sacré Collège, un personnage très influent à la Curie.

4 / Est-ce un message pour le reste de l’Église ?

S’il ne faut pas extrapoler outre mesure le cas chilien, la manière dont le pape a géré cette crise est un message clair à tous les épiscopats qui seraient tentés de minimiser auprès de Rome les affaires d’abus sexuels, voire d’essayer d’y impliquer le pape. Le cas chilien est toutefois très particulier, enraciné dans un terreau spécifique que François a analysé avec beaucoup de finesse.

Le parallèle avec les affaires Pell, en Australie, ou Barbarin, en France, est difficile à établir : il s’agit de cas sur lesquels les justices nationales ne se sont pas encore prononcées ; François lui-même a eu l’occasion d’expliquer qu’il ne se prononcerait qu’après leurs jugements. De même en ce qui concerne l’application du motu proprio Comme une mère aimante de 2016 sur les négligences des évêques : celui-ci n’étant pas rétroactif, il ne s’appliquait pas à la plupart des affaires chiliennes.

Toute cette affaire souligne toutefois la réaffirmation de la politique de « tolérance zéro » que François entend mener à la suite de Benoît XVI. Mais elle met aussi en évidence les limites de la politique vaticane en la matière, encore trop exposée aux velléités cachottières de certains épiscopats. Plus que jamais, l’idée lancée par les conseillers du pape de créer sur les différents continents des tribunaux dépendant directement du Vatican, et non des diocèses semble d’actualité.

Nicolas Senèze, à Rome




dimanche 20 mai 2018

CHILI: L'EGLISE DE NOUVEAU SECOUÉE PAR UN SCANDALE SEXUEL


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 CATHÉDRALE DE SANTIAGO, AU CHILI.
PHOTO D'ILLUSTRATION CLAUDIO REYES  
Après la démission de 34 évêques chiliens vendredi pour la gestion d'une affaire de pédophilie, le pays sud-américain est une nouvelle fois touché par un scandale sexuel en cette fin de semaine.
LE PRÊTRE LUIS RUBIO
 CAPTURE D'ÉCRAN 
L'archevêché de Rancagua (centre) a déposé plainte samedi contre un prêtre accusé de conduite sexuelle inappropriée envers une paroissienne, nouveau scandale pour l'Église chilienne après la démission en bloc de ses évêques vendredi pour leur gestion d'une affaire de pédophilie.

Elisa Fernández, de la ville de Paredones (centre), a accusé le prêtre Luis Rubio, 54 ans, de lui avoir envoyé des photos où il apparaissait nu en septembre 2017, comme l'a révélé un reportage diffusé vendredi sur la chaîne Canal 13. 

"Nous avons déposé une plainte devant le procureur de Santa Cruz, avec les informations fournies par Canal 13 concernant Luis Rubio", a déclaré l'archevêque de Rancagua, Alejandro Goic, dans un communiqué.

Aucune enquête lancée au moment des faits

Elisa Fernández a reçu ces photos sur un compte Facebook créé en se présentant comme une mineur de 16 ans, afin d'obtenir des preuves du comportement sexuel inapproprié de Luis Rubio et d'autres prêtres depuis au moins deux ans. 

Selon Elisa Fernández, qui a été membre active de la paroisse pendant 14 ans, Luis Rubio et 17 autres prêtres faisaient partie d'un groupe au comportement sexuel inapproprié et dans lequel ils évoquaient leurs préférences sexuelles.

"Oui, c'est sûr, mais moi aussi j'ai arrêté tout cela... C'était une erreur de ma part, je le reconnais", a admis Luis Rubio dans le reportage.

Elisa Fernández affirme avoir rapporté ces méfaits à l'archevêque Goic en 2017, mais aucune enquête n'avait été lancée. 

"Je tiens à demander pardon pour mon comportement dans cette affaire. Je reconnais avoir reçu cette jeune femme qui apparaît dans le reportage et avoir ensuite agi sans la souplesse adéquate", a reconnu l'archevêque Goic.

Suspension temporaire

Quelques jours avant la diffusion du reportage, le prêtre Rubio avait alerté ses supérieurs de son "comportement inapproprié". Il a été suspendu temporairement de ses fonctions.

Vendredi, après une réunion avec le pape, les 34 évêques de l'Eglise catholique chilienne ont présenté leur démission collective pour ne pas avoir géré de manière appropriée les dénonciations d'abus sexuels. Depuis 2000, quelque 80 prêtres ont été accusés d'abus sexuels au Chili. 

En 2011, le Vatican avait condamné le prêtre pédophile Fernando Karadima à une "vie de prière et de pénitence", les faits en question étant prescrits selon la justice chilienne. 

C'est l'omerta présumée de Juan Barros, évêque chilien soupçonné d'avoir caché les actes pédophiles du père Karadima, qui est à l'origine de l'énorme scandale pour lequel le pape a convoqué les évêques chiliens.

C. P. avec AFP

samedi 19 mai 2018

AU CHILI, SATISFACTION PRUDENTE DES VICTIMES DE PÉDOPHILIE ET SILENCE DE LA CLASSE POLITIQUE

« Les évêques ont annoncé une démission qui n’est pas encore effective », a nuancé Juan Carlos Claret, porte-parole de l’Association des laïcs d’Osorno, d’où est parti le scandale. C’est dans cette ville du sud du Chili qu’officiait Mgr Juan Barros, accusé d’avoir couvert le prêtre pédophile Fernando Karadima, et c’est lui que le pape François a longtemps défendu, notamment lors de sa visite au Chili en janvier, dénonçant des « calomnies » à son encontre. « Je ne crois pas que cette démission soit le résultat d’une volonté héroïque des évêques, a continué M. Claret, ils y ont été poussés. »

Classe politique assommée

Les affirmations du pape selon lesquelles des plaintes de victimes ont été hâtivement jugées « invraisemblables » alors qu’elles représentaient « de graves indices d’un délit effectif » ouvrira-t-elle la voie à des procédures judiciaires ? Du côté des personnalités politiques, personne, vendredi soir, ne s’était encore exprimé en ce sens. Personne ne s’était d’ailleurs exprimé tout court, comme si la nouvelle, inédite, de la démission de l’ensemble des évêques du pays avait assommé la classe politique, plus préoccupée par les manifestations féministes contre la violence de genre qui avaient eu lieu la veille dans les rues de Santiago.

Juan Pablo Hermosilla, l’avocat de trois victimes du père Karadima (M. Cruz, José Andrés Murillo et James Hamilton), a, lui, affirmé au quotidien La Tercera qu’il « réévaluerait sans doute les actions légales avec les nouveaux éléments connus ». Les trois hommes ont porté plainte contre l’archevêché de Santiago et demandé une indemnisation de 450 millions de pesos (600 000 euros) pour avoir couvert les abus sexuels commis par Fernando Karadima. Le juge qui avait rejeté la plainte en première instance en mars 2017 avait alors signalé qu’il n’existait pas de preuves suffisantes.

Le document du pape rendu public vendredi dit non seulement le contraire, mais va beaucoup plus loin en reconnaissant « l’existence de gravissimes négligences » et même la destruction, par les autorités ecclésiastiques, de « documents compromettants ».

vendredi 18 mai 2018

ACCIDENT D'AVION À LA HAVANE


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PHOTO GRANMA
Un avion de la compagnie cubaine Cubana de aviacion, avec 104 passagers à son bord, s’est écrasé vendredi 18 mai peu après son décollage de l’aéroport Jose-Marti de La Havane, ont rapporté des sources officielles. Aucun bilan n’a pour l’heure était communiqué. La télévision d’État n’a pour l’instant mentionné que trois survivants, déjà hospitalisés « dans un état critique » à la clinique Calixto Garcia de La Havane. De son côté, le quotidien officiel Juventud Rebelde évoquait cinq survivants.
UN BOEING S'ÉCRASE AU DÉCOLLAGE À CUBA
« Un regrettable accident aérien est survenu. Les nouvelles ne sont pas encourageantes, il semble qu’il y ait un nombre élevé de victimes », a déclaré le président cubain, Miguel Diaz-Canel. Il a mentionné la présence à bord de neuf membres d’équipage « étrangers », mais il n’était pas certain qu’ils fassent ou non partie des 104 passagers mentionnés par les autorités.

Les hôpitaux en état d’alerte

Selon des sources aéroportuaires et des témoins, le Boeing 737, qui prenait la direction de Holguin, dans l’est de l’île, s’est écrasé, au moment de prendre son premier virage, dans un champ à proximité de l’aéroport entre les quartiers de Boyeros et Santiago de Las Vegas, dans le sud de la capitale cubaine.

La télévision d’État montrait des images de secouristes évacuant des passagers[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]


UN AVION DE LIGNE S'ÉCRASE AU DÉCOLLAGE 
DE LA HAVANE AVEC 104 PASSAGERS À BORD
 aux habits déchirés et ensanglantés sur des brancards. Un cordon de policiers a été mis en place à une centaine de mètres des décombres, que les pompiers continuaient d’arroser plus de deux heures après l’accident survenu à 12 h 8 locales (18 h 8, heure de Paris).

La directrice du transport aérien, Mercedes Vazquez, a précisé aux médias d’État que l’appareil était loué par Cubana de aviacion à la compagnie mexicaine Global aerolineas Damojh. Un numéro d’urgence a été ouvert à destination des proches des passagers et de l’équipage, et plusieurs hôpitaux ont été mis en état d’alerte immédiatement après l’accident.