samedi 30 septembre 2017

« BANDE-ANNONCE DU FILM LE JEUNE KARL MARX DE RAOUL PECK »

 « BANDE-ANNONCE DU FILM LE JEUNE KARL MARX DE RAOUL PECK » 

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ARAUCARIA SOUTIENT TRÈS HAUT LE FILM «LE JEUNE KARL MARX », DE RAOUL PECK


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«LE JEUNE KARL MARX » ( AUGUST DIEHL )
PHOTO  KRIS DEWITTE

Un biopic matérialiste Après Patrice Lumumba et James Baldwin, Raoul Peck met sa caméra au service d’une autre grande figure de l’histoire des luttes d’émancipation : Karl Marx, dont il retrace le parcours de Cologne à Bruxelles en passant par Paris, Londres et Manchester entre 1843 et 1847. C’est donc sur les années de formation de l’auteur du « Capital » que se concentre le réalisateur haïtien. Un choix qui témoigne non seulement de la volonté de rendre à la pensée de Marx la vivacité de la jeunesse, mais aussi du poids que l’histoire du XXe siècle continue de faire peser sur cette pensée.
AFFICHE DU FILM
Comme l’explique Peck dans un entretien (1), un film d’un peu moins de deux heures n’aurait sans doute pas suffi à déconstruire les stéréotypes attachés au portrait du vieux barbu, à plus forte raison lorsque ce film s’inscrit dans un genre qui oscille perpétuellement entre la rigidité des codes hollywoodiens et la platitude de l’esthétique télévisuelle : le biopic. On pouvait dès lors craindre qu’une forme aussi convenue ne trahisse le contenu révolutionnaire qu’elle est censée exprimer. Comment un genre cinématographique qui réduit a priori l’histoire au biographique et la politique aux décisions individuelles pourrait-il faire justice à une théorie qui nous apprend au contraire que la trajectoire historique de l’humanité est déterminée par de grandes tendances économiques et que la politique est affaire de luttes de classes ? Par sa forme même, le film de Peck semblait donc condamné à rater son objet. Et pourtant, c’est l’inverse qui se produit.



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« THE YOUNG KARL MARX »
MUSIQUALEXEI AIGUI
SOUNDCLOUD
DURÉE : 00:03:53



LE JEUNE KARL MARX » 
( AUGUST DIEHL, MICHAEL BRANDNER,
OLIVIER GOURMET, STEFAN KONARSKE, VICKY KRIEPS ) 

PHOTO  KRIS DEWITTE
Comme l’explique Peck dans un entretien (1), un film d’un peu moins de deux heures n’aurait sans doute pas suffi à déconstruire les stéréotypes attachés au portrait du vieux barbu, à plus forte raison lorsque ce film s’inscrit dans un genre qui oscille perpétuellement entre la rigidité des codes hollywoodiens et la platitude de l’esthétique télévisuelle : le biopic. On pouvait dès lors craindre qu’une forme aussi convenue ne trahisse le contenu révolutionnaire qu’elle est censée exprimer. Comment un genre cinématographique qui réduit a priori l’histoire au biographique et la politique aux décisions individuelles pourrait-il faire justice à une théorie qui nous apprend au contraire que la trajectoire historique de l’humanité est déterminée par de grandes tendances économiques et que la politique est affaire de luttes de classes ? Par sa forme même, le film de Peck semblait donc condamné à rater son objet. Et pourtant, c’est l’inverse qui se produit.

Un « nouveau matérialisme » 

«LE JEUNE KARL MARX »
( AUGUST DIEHL, STEFAN KONARSKE ) 

PHOTO  KRIS DEWITTE
Commençons par le plus évident. Le jeune Karl Marx se présente tout d’abord comme une reconstitution historique de l’atmosphère intellectuelle et politique des années 1840. Exilés à Paris pour fuir la censure prussienne, les époux Marx se rendent ainsi à un « banquet républicain », véritable espace de formation politique des artisans et, ajoute un travailleur noir dans l’assemblée, des ouvriers français. Fanfare populaire et cigares bon marché, rien ne manque au tableau de ce banquet où l’on trinque à la « lutte pour la dignité dans le travail ». Sur l’estrade, Proudhon gratifie même le spectateur du slogan qui l’a rendu célèbre : « la propriété, c’est le vol ! ». Face à lui, un Bakounine exalté renchérit : « vive l’anarchie ! » L’enthousiasme serait général si Marx n’intervenait alors : « La propriété, quelle propriété ? La propriété privée, bourgeoise ? » Les explications embrouillées de Proudhon n’appellent qu’un commentaire hautain de la part de son jeune homologue allemand : « ce sont des abstractions… »

AFFICHE DU FILM
Dès ses premières scènes, le film campe ainsi un Marx polémiste, multipliant, comme en témoignent les titres de la plupart de ses textes publiés, les « critiques de… » (la philosophie, la politique, l’économie) et toujours prêt à débusquer chez ses adversaires les généralités sous lesquelles ils cachent leur impuissance pratique ou leur méconnaissance du fonctionnement effectif de la société. Critique des abstractions d’un côté, analyse positive des pratiques sociales réelles de l’autre. C’est tout le programme du « nouveau matérialisme » (2) annoncé dans les Thèses sur Feuerbach que Peck s’emploie, justement, à matérialiser sous nos yeux. Des feuilles noircies d’une écriture illisible qui jonchent le sol de l’appartement du couple Marx aux machines sur lesquelles s’échinent les ouvrières de Manchester, on est en effet frappé par l’attention que porte le réalisateur à la culture matérielle dans laquelle évoluent ses personnages. Il serait réducteur de ne voir dans ce souci du détail historique que le signe du sens documentaire qui caractérise par ailleurs le travail de Peck. Bien plutôt faut-il y saluer la réflexivité avec laquelle il a su appliquer à la mise en scène elle-même le matérialisme revendiqué dans les textes marxiens. Plus que comme un compte-rendu informé de ce matérialisme, Le jeune Karl Marx doit donc être regardé comme un biopic matérialiste, qui s’attache à exposer les conditions matérielles de production des doctrines qu’il transpose à l’écran.

La scène de rédaction du Manifeste du parti communiste est à cet égard emblématique. Éclairés à la bougie, cigares et verres de vin à la main, Marx, sa femme Jenny von Westphalen et leur gouvernante Hélène « Lenchen » Demuth, mais aussi Engels et sa compagne Mary Burns reprennent le manuscrit de ce qui deviendra le texte politique le plus important de l’histoire du XXe siècle. « Un croquemitaine… » Rature. « Un spectre hante l’Europe, le spectre du communisme ». Derrière le produit littéraire mythifié, on retrouve ainsi la trivialité d’un processus de production. Derrière la figure ossifiée du « grand auteur », le travail anonyme d’un groupe de jeunes révolutionnaires. La révolution de 1848 donnera bientôt corps à ce croquemitaine devenu spectre par la grâce d’une biffure inspirée. Mais n’anticipons pas.

« L’individu est l’être social » 

«LE JEUNE KARL MARX » 
( OLIVIER GOURMET ) 

PHOTO  KRIS DEWITTE
1844. Dans une bibliothèque parisienne, Marx, à l’incitation d’Engels, prend des notes critiques sur Smith et Ricardo qui entreront dans l’histoire sous le nom de Manuscrits économico-philosophiques de 1844, un ensemble de réflexions disparates et souvent obscures où l’on peut notamment lire que l’« individu est l’être social (3) ». On tient là une autre clé de lecture du Jeune Karl Marx.


Contrairement à ce que suggère son titre, le film porte en effet moins sur Marx que sur les rapports qui l’unissent à Jenny Von Westphalen, Friedrich Engels et Mary Burns, lesquels jouent tous un rôle de premier plan dans le déroulement de l’intrigue. Rompant avec les présupposés individualistes du genre biopic, Peck montre ainsi comment chaque personnage se constitue dans et par les relations qui l’unissent à tous les autres et au contexte socio-historique de leurs interactions. L’amour que se portent les époux Marx est à la mesure de la répression à laquelle les expose leur engagement politique. Celui que se portent le gentleman Engels et l’ouvrière irlandaise Mary Burns est médiatisé par leur opposition commune à Engels père, parent autoritaire et propriétaire de la manufacture dans laquelle travaille Mary avant de s’en faire licencier pour insubordination. L’amitié qui unit Karl à Friedrich est toute entière animée par le front uni qu’ils forment contre les jeunes-hégéliens ou les représentants des tendances humanitaires du mouvement ouvrier. Quoique plus distendue, la relation de Jenny Marx à Mary Burns se cristallise finalement dans une discussion sur le statut du mariage et de la maternité qui témoigne des différences de classe séparant les deux femmes et annonce certains thèmes du féminisme marxiste. Ce que filme Peck, c’est donc moins le destin d’une individualité que le devenir d’un collectif dont il revient à Jenny d’énoncer la ligne de conduite : « il n’y a pas de bonheur sans révolte contre l’ordre existant ».



On peut cependant regretter que le réalisateur n’ait pas assumé jusqu’au bout ce parti-pris consistant à objectiver l’intériorité des personnages dans l’extériorité de leurs interactions. Le dialogue durant lequel Marx fait part de sa lassitude à Engels sur une plage battue par les vents ou les différentes scènes de vie domestique qui émaillent le film apparaissent en effet comme autant de concessions à une dramaturgie convenue. À l’inverse, la seule scène dans laquelle Peck se risque à véritablement représenter l’imaginaire d’un de ses personnages mérite d’être soulignée. On y voit Marx se réveiller en nage d’un cauchemar où il incarne un paysan passé au fil de l’épée par l’armée prussienne. Ce cauchemar fait écho au prologue du film, qui illustre le premier article publié par Marx dans la Gazette Rhénane, « Débats relatifs au vol de bois », dans lequel il critique la criminalisation du ramassage de bois mort dont dépend la survie des paysans. Là où d’autres auraient imposé au spectateur une genèse psychologisante d’idées marxiennes reconduites à une expérience traumatique originaire, Peck en propose donc une genèse politique. C’est la guerre faite à la misère et non quelque trauma premier qui revient hanter Marx dans son sommeil. C’est la préhistoire d’une humanité opprimée plus que l’enfance d’un adulte déprimé qui lui cause des cauchemars. Cette immanence de l’histoire à la psychè des personnages s’exprime jusque dans le langage à travers lequel ils pensent et se communiquent leurs pensées. On passe perpétuellement de l’allemand au français et à l’anglais, la matière des dialogues incarnant la forme internationaliste imprimée par Marx et Engels aux luttes du prolétariat naissant.

« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » 

«LE JEUNE KARL MARX »
( AUGUST DIEHL, STEFAN KONARSKE
PHOTO  KRIS DEWITTE 
On aurait pu s’attendre à ce qu’en concentrant l’intrigue sur les années 1843-1847, Peck cherche à innocenter le jeune Marx des expériences historiques qui se sont nourries de ses doctrines de maturité. Mais, de parties d’échec en réunions politiques, c’est bien plutôt un Marx stratège de la lutte des classes qui apparaît à l’écran. Un Marx qui n’hésite pas à briser son alliance avec Proudhon, pourtant dirigeant incontesté du mouvement ouvrier français, lorsque celui-ci refuse de participer au comité de correspondance communiste qu’il s’efforce de monter ; qui n’hésite pas à provoquer violemment la scission avec Weitling, porte-parole charismatique de la Ligue des justes, dont les doctrines teintées de mysticisme lui apparaissent comme un asile de l’ignorance où le prolétariat se trouve désarmé ; un Marx donc, pour qui la lutte des classes est à la fois une donnée structurelle des rapports sociaux et un programme d’action pour la prise du pouvoir.


Deux scènes en particulier illustrent ce double caractère, structurel et programmatique, du conflit de classe. La première oppose Marx, Engels et Mary Burns à un capitaliste anglais. Interrogé sur l’exploitation des enfants dans son usine, celui-ci l’attribue au fonctionnement de « la société », à quoi Marx lui répond que « les rapports de production actuels sont ainsi, pas la société ». « Je ne sais pas ce que vous entendez par ‘‘rapports de production’’ » conclut le capitaliste, « pour moi, c’est de l’hébreu… » Regard dédaigneux de Marx, fils de juif converti. La seconde scène, sans doute l’une des plus saisissante du film, est celle de la fondation de la Ligue des communistes. Nous sommes en 1847 et les membres de ce qui s’appelle alors encore la Ligue des justes se réunissent en congrès pour décider de l’orientation stratégique de l’organisation. Face à un parterre d’artisans et d’ouvriers typiques, casquettes vissées sur le crâne et visages burinés par le travail, Engels, bien mis comme à son habitude, réussit à prendre la parole malgré les manœuvres de ses adversaires et procède à la déconstruction de la devise de la Ligue : « tous les hommes sont frères ». « Tous les hommes sont frères ? », demande-t-il, « les bourgeois et les ouvriers sont-ils frères ? » La tension qui entoure la progression de son réquisitoire vers sa conclusion attendue est palpable. « La révolution industrielle a produit l’esclave moderne, le prolétaire. En se libérant, il libèrera l’humanité entière et cette libération a un nom » — silence, gros plan sur le visage d’Engels, trémolo dans la voix — « le communisme ». Une musique dramatique s’élève alors, peu à peu recouverte par les cris d’enthousiasme ou d’indignation qui accompagnent la montée sur l’estrade de Mary et Lizzie Burns. Elles décrochent la bannière de la Ligue des justes et la remplacent par celle de la Ligue des communistes, sur laquelle est écrit : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » L’histoire est en marche et le spectateur vient de la voir défiler.


Tous les ingrédients étaient donc réunis pour que cette scène censée représenter l’apogée du travail politique mené par les personnages ne s’abîme finalement en remake prolétarien du Cercle des poètes disparus. Et pourtant c’est plutôt au Lincoln de Spielberg qu’elle doit être comparée. Peck y parvient en effet à filmer la politique sans sombrer dans le folklore, l’anecdote ou l’imitation forcée. Cette réussite, il la doit en grande partie à ce qui constitue l’une des décisions les mieux inspirées de son scénariste Pascal Bonitzer : ne pas chercher à adapter les prises de position des personnages, à en traduire les convictions dans des dialogues censément vivants parce que spontanés, mais leur faire dire au contraire les textes effectivement écrits par Marx et Engels. Le vraisemblable est ainsi sacrifié au bénéfice du vrai. À les entendre, on se dit en effet que la véritable fonction de ces textes était d’être cités. Pouvoir être cité, utilisé pour les besoins d’un argument ou d’une polémique, transposé d’une situation d’énonciation théorique, politique ou historique à l’autre ; telle est la vertu que Walter Benjamin reconnaissait au théâtre brechtien. Telle est la force que le film restitue aux textes marxiens. Car « la citation, appelle le mot par son nom, l’arrache à son contexte en le détruisant, mais par là même le rappelle aussi à son origine (4) ». C’est bien là ce que font Peck et Bonitzer. En appelant les mots de Marx par leur nom, ils les réinscrivent tout autant dans leur contexte originel d’intervention qu’ils ne les livrent à la réitération contemporaine. Ils rendent Marx citable en le montrant cité et court-circuitent ainsi la temporalité linéaire qui structure par ailleurs le déroulement du film.

Le jeune Karl Marx se présente à première vue comme un biopic grand public, aussi prudent dans sa forme que pédagogique dans son contenu. Mais son esthétique ordinaire, proche de la série télévisée, se révèle constituer à la réflexion une ruse de la raison cinématographique. La simple reconstitution historique se retourne en effet dans le film en compte-rendu matérialiste de la production intellectuelle marxienne. La littéralité des personnages se dépasse en objectivation sensible des relations qui les font être ce qu’ils sont. Le respect scrupuleux des textes leur confère une efficace sur le présent. Il y a sans doute de nombreuses manières, et de plus ambitieuses, de filmer l’intervention théorico-politique de Marx et de ses camarades. Mais s’approprier un médium de masse, en épuiser les codes pour leur faire dire plus ou autre chose qu’ils ne semblent le permettre n’est assurément pas la plus mauvaise d’entre elles.

Docteur et enseignant en philosophie.

(1) « Je suis venu au cinéma par la politique », entretien avec Raoul Peck publié dans le dossier de presse du Jeune Karl Marx (sortie en salles le 27 septembre 2017).
(2) Voir Karl Marx, Thèses sur Feuerbach in Karl Marx et Friedrich Engels, L’idéologie allemande, trad. G. Badia et alii, Paris, Éditions sociales, 1976, p. 4.
(3) Karl Marx, Manuscrits économico-philosophiques de 1844, trad. F. Fischbach, Paris, Vrin, 2007, p. 148.
(4) Walter Benjamin, « Karl Kraus », trad. R. Rochlitz, in Œuvres, II, Paris, Folio-Gallimard, 2000, p. 267. Voir aussi ses Essais sur Brecht, trad. P. Ivernel, Paris, La Fabrique, 2003, p. 43.

jeudi 28 septembre 2017

BOLIVIE: L'ARMÉE REND HOMMAGE AU CHE, APRÈS L'AVOIR ABATTU EN 1967

ERNESTO RAFAEL GUEVARA DE LA SERNA 

L'armée bolivienne participera pour la première fois à une cérémonie officielle en hommage à Ernesto « Che » Guevara, qu'elle avait abattu le 9 octobre 1967 dans le sud de la Bolivie, à l'occasion des 50 ans de sa mort, a annoncé jeudi le gouvernement.
Courrier international  
«Nos forces armées vont participer à cet hommage aux côtés des familles des anciens combattants », a annoncé le vice-ministre de la Coordination Alfredo Rada, cité par l'agence officielle de presse ABI. L'armée et les anciens combattants étaient auparavant cantonnés aux hommages dans les casernes.

« Nous voulons que ce soit un moment d'expression de l'unité du peuple bolivien », le contexte étant désormais "différent", a-t-il ajouté, une allusion à l'époque où le guérilléro avait été capturé et exécuté par les soldats de ce pays andin avec le feu vert du président René Barrientos (1964-1969), un farouche anticommuniste.

Le 8 octobre 1967, l'armée bolivienne, accompagnée de deux agents de la CIA cubano-américains, capturait le « Che » à la tête d'une poignée de guérilleros ayant survécu aux combats, à la faim et aux maladies.

Blessé au combat, Ernesto Guevara fut conduit dans une école abandonnée du bourg de La Higuera où il passa sa dernière nuit. Le lendemain après-midi, le révolutionnaire fut sommairement exécuté par Mario Teran, un sergent bolivien.


À 39 ans, le « Che » au visage christique, dont la dépouille décharnée était exhibée comme un trophée dans la localité voisine de Vallegrande, entrait dans la légende.

CLAUDE GAY UN SAVANT PROVENÇAL AU BOUT DU MONDE

TIMBRES-POSTE DU CHILI. UNE FLORE ET 
FAUNE NATIVE LIVRE DE CLAUDE GAY. 

 «CLAUDE GAY UN SAVANT PROVENÇAL AU BOUT DU MONDE » 

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Claude (Claudio) Gay, né à Draguignan le 18 mars 1800 et mort au Deffens, près de Flayosc (Var) le 29 novembre 1873, est un botaniste et naturaliste français. Il effectua les premières études approfondies de la flore, de la faune, de la géologie et de la géographie chiliennes.

LA GRENOUILLE DE DARWIN MENACÉE D'EXTINCTION


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LA GRENOUILLE DE DARWIN, AVEC SON NEZ POINTU 
CARACTÉRISTIQUE, POURRAIT DISPARAÎTRE D'ICI QUINZE ANS. 
PHOTO ANDRÉS VALENZUELA-SANCHEZ
Un champignon menace d'extinction la singulière grenouille de Darwin (Rhinoderma). Grande comme un ongle de pouce, l'espèce découverte par le scientifique vit dans les forêts du sud de l'Argentine et du Chili.
 PHOTO ANDRÉS VALENZUELA SÁNCHEZ
Presque aucune de ces grenouilles n'est encore morte du champignon Batrachochytrium, toutefois la population diminue petit à petit, selon une équipe internationale de chercheurs de l'Université de Zurich, du Chili et de Grande-Bretagne. Ils craignent une extinction dans les quinze années à venir et demandent des mesures de protection urgentes, écrit mercredi l'Université de Zurich.

Epidémie mondiale

Le champignon provoque la chytridiomycose, une maladie infectieuse fatale affectant les amphibiens au niveau mondial. De nombreuses espèces ont déjà disparu à cause de ce parasite.

La population des grenouilles de Darwin était jusqu'à présent considérée comme stable et une mortalité massive n'avait pas été constatée. Mais la diminution progressive de leur nombre indique que les Rhinoderma sont victimes du champignon. L'espèce a été infectée il y a une décennie, mais les effets ne sont visibles qu'aujourd'hui, relèvent les chercheurs.

Effet retardé

"Ce que nous avons constaté avec l'exemple des grenouilles de Darwin pourrait avoir des conséquences tout aussi graves pour d'autres espèces", souligne Benedikt Schmidt de l'Université de Zurich, cité dans le communiqué. "Nous savons depuis longtemps que le champignon touche les amphibiens. Nous pensions toutefois que les effets de la maladie étaient visibles rapidement", continue-t-il.
Une extinction lente pourrait également toucher d'autres espèces dans d'autres régions, redoutent les chercheurs. Leur article a été publié dans la revue spécialisée "Proceedings off the Royal Society B".





mercredi 27 septembre 2017

LA VIOLETA Y LA PARRA - JAIME ATRIA RAMÍREZ VILLADIEGO

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« LA VIOLETA Y LA PARRA »,  
PAROLES ET MUSIQUE JAIME ATRIA RAMÍREZ
INTERPRÈTVILLADIEGO
DURÉE : 00:02:49

VIOLETA PARRA - CANCIÓN PARA UNA SEMILLA - PISTA 2

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« CHANT POUR UNE SEMENCE », THÈME « L’ENFANCE »
 PAROLES VIOLETA PARRA - MUSIQUE LUIS ADVIS   
INTERPRÈTES (INTI-ILLIMANI, ISABEL PARRA ET CARMEN BUNSTER)

DURÉE : 00:04:56








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« CHANT POUR UNE SEMENCE », THÈME « L’ENFANCE »
PAROLES VIOLETA PARRA - MUSIQUE LUIS ADVIS  
INTERPRÈTES (INTI-ILLIMANI, ISABEL PARRA ET CARMEN BUNSTER)
DURÉE : 00:04:56

mardi 26 septembre 2017

FORMATION DE PLANÈTES DANS UN DISQUE PROTOPLANÉTAIRE

 «FORMATION DE PLANÈTES DANS UN DISQUE PROTOPLANÉTAIRE» 
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ZOOM SUR UN DISQUE UN DISQUE PROTOPLANÉTAIRE

 «ZOOM SUR UN DISQUE UN DISQUE PROTOPLANÉTAIRE» 
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MATISSE, UN NOUVEL OUTIL POUR COMPRENDRE LA FORMATION DES PLANÈTES


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PHOTO  Y. BRESSON
La France s'apprête à expédier au Chili un instrument, baptisé MATISSE, qui sera installé sur l'observatoire astronomique VLT (Very Large Telescope) et permettra de mieux comprendre la formation de la Terre et des planètes.
Rtl.be avec l'AFP 

PHOTO  Y. BRESSON
Cet instrument, dont la France a la responsabilité auprès de l'Observatoire européen austral (ESO), est l'aboutissement de quinze années d'étude et de développement, a souligné lundi le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) dans un communiqué. Il vient de subir une année de tests à l'Observatoire de la Côte d'Azur à Nice.

MATISSE LES TESTS INITIAUX
PHOTO  Y. BRESSON
La mission de MATISSE sera d'observer les disques"protoplanétaires", faits de gaz et de poussières, qui entourent les étoiles jeunes et qui sont "les briques élémentaires" à l'origine de la formation des planètes, indique le CNRS.

MATISSE (Multi AperTure mid-Infrared SpectroScopic Experiment) sera acheminé début octobre 2017 vers le désert de l'Atacama au Chili, pour être installé sur le VLT de l'ESO.

Huit à dix mois de validation des performances dans les conditions réelles seront ensuite nécessaires pour que l'instrument soit mis à disposition des chercheurs.

 «ZOOM SUR UN DISQUE UN DISQUE PROTOPLANÉTAIRE» 
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L'instrument leur permettra d'observer le ciel avec un niveau de détails inégalé dans le domaine de l'infrarouge moyen (3 à 13 microns de longueur d'onde) et de recombiner la lumière de quatre des huit télescopes du VLT.

"L'environnement des étoiles plus jeunes que notre Soleil, difficilement observé jusqu'à maintenant, va nous révéler les conditions dans lesquelles se forment les planètes de différents types: géantes et gazeuses comme Jupiter, ou rocheuses et de taille plus modeste comme la Terre", note le CNRS.



 «FORMATION DE PLANÈTES DANS UN DISQUE PROTOPLANÉTAIRE» 
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"MATISSE va opérer dans la même gamme de longueur d'onde que le télescope spatial James Webb, qui sera lancé en 2018 par la NASA, et dont il sera très complémentaire", souligne Bruno Lopez, responsable du projet Matisse.

"Le projet est d'envergure internationale, avec quatre instituts partenaires européens" (trois allemands, un néerlandais), relève-t-il.


lundi 25 septembre 2017

QUAND LES ENFANTS VOLÉS DE LA DICTATURE ARGENTINE RETROUVENT LEURS RACINES

 «QUAND LES ENFANTS VOLÉS DE LA DICTATURE ARGENTINE RETROUVENT LEURS RACINES» 
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DANS LA FAMILLE PARRA, «LA VIOLETA» IMPÉRIALE


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LÉGENDE DE LA MUSIQUE CHILIENNE, VIOLETA PARRA
S’EST SUICIDÉE EN FÉVRIER 1967.
PHOTO DALLE APRF

Les petits-enfants de la grande auteure-compositrice chilienne, morte en 1967, tous deux musiciens de rock, lui rendent hommage pour le centenaire de sa naissance.
Par François-Xavier Gomez
VIOLETA PARRA
 - HEBDOMADAIRE « ECRAN » N° 1196 -
22 DÉCEMBRE 1953
Le 11 mars, près de Paris, un cancer emportait le chilien Angel Parra, à 73 ans. Malgré la maladie, il a consacré les dernières années de sa vie à faire vivre l’héritage de sa mère, Violeta Parra, considérée comme l’auteure-compositrice la plus importante de langue espagnole au XXème siècle. 

Il a publié un livre de souvenirs qui a servi de base au biopic Violeta, a œuvré à l’ouverture de la Fondation Violeta-Parra à Santiago, longtemps repoussée par manque de volonté politique, et travaillé au programme d’activités pour le centenaire de la naissance de celle que les Chiliens appellent «la Violeta». 


VIOLETA PARRA DANS LE
CLUB L'ESCALE À PARIS 1953
En particulier un concert qu’il a conçu comme un hommage familial avec ses deux enfants, Angel et Javiera. Tous deux musiciens de rock réputés au Chili, elle avec le groupe Javiera y los imposibles, lui au sein de Los Tres, puis du Angel Parra Trio. A 49 ans, Javiera Parra est proche de sa grand-mère par la voix et par le physique. Le concert qu’elle va présenter dans une brève tournée européenne s’intitule «Invocation».

« Au départ, explique-t-elle, nous avons voulu reprendre le dernier disque de la Violeta, paru quelques mois avant sa mort, en 1967. Intitulé les Dernières Compositions, c’est son album le plus célèbre, au point qu’on croit souvent qu’il s’agit d’un best of. Réenregistrer ce disque est une nécessité, car il n’est plus disponible pour des raisons juridiques. 

À la fin du régime de Pinochet [1973-1990, ndlr], la compagnie RCA-Victor a cédé à un de ses anciens employés plus de 3 000 bandes master, dont celle du disque en question. Cet homme a toujours refusé qu’il soit réédité, sous le prétexte qu’il déteste la chanson engagée. Nous avons saisi la justice, mais la situation reste bloquée. » Angel Parra père interprète deux chansons dans le nouvel album, ce sont ses derniers enregistrements. Ses enfants ont terminé le disque sans lui. 

 VIOLETA PARRA  INTERVIEWÉ 
PAR LA TÉLÉVISION EN ARGENTINE
« Nous nous sommes retrouvés dans un état émotionnel proche de celui de la Violeta, cinquante ans auparavant», souligne Javiera Parra. On trouve sur ce disque Gracias a la Vida, la chanson la plus célèbre de son auteur, un adieu à la vie qui précède de quelques mois la disparition de la chanteuse. 

Abandonnée par son compagnon, ruinée par un théâtre-chapiteau où elle joue tous les soirs devant des gradins vides, elle se tire une balle dans la tête le 5 février 1967. C’est à titre posthume qu’elle gagnera son statut de femme de gauche et d’icône féministe. 

Violeta Parra a séjourné plusieurs fois à Paris, où elle a chanté mais aussi présenté son travail de plasticienne et d’ethnomusicologue. Pour les enfants de Violeta, c’est aussi la ville où leur père a vécu plus de quarante ans, après avoir connu les camps de prisonniers de Pinochet. 


Invocation à Violeta Parra par Javiera et Angel Parra. Le 27 septembre à Bruxelles (Bozar), le 29 à Biarritz, le 2 octobre à Paris (Espace Pierre-Cardin), le 4 à Cenon (33). CD : Angel Parra chante Violeta Parra (EPM).

samedi 23 septembre 2017

«MORGAN FREEMAN A ÉTÉ PIÉGÉ DE LA MÊME MANIÈRE QUE COLIN POWELL»

«MORGAN FREEMAN A ÉTÉ PIÉGÉ DE LA MÊME MANIÈRE QUE COLIN POWELL»
La vidéo antirusse dans laquelle a tourné l’acteur américain Morgan Freeman a rappelé à la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, l’histoire avec le tube à essai de Colin Powell, ancien secrétaire d'État américain. Elle a ainsi déclaré que tous les deux avaient été piégés de la même manière.(*)
Courrier international

Un nouveau rôle pour Morgan Freeman : ennemi de la Russie

 COLIN POWELL : COMMENT LA CIA M'A TROMPÉ
L’acteur américain Morgan Freeman exhorte Donald Trump à mettre clairement en garde les citoyens américains contre « la menace russe ». « Nous sommes en guerre », assène-t-il.

 «MORGAN FREEMAN A ÉTÉ PIÉGÉ DE LA MÊME MANIÈRE QUE COLIN POWELL» 
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PROPAGANDE DU COMMITTEE TO INVESTIGATE RUSSIA: WAR  « La Russie fait la guerre sur les États-Unis - Morgan Freeman explique pourquoi nous devons prêter attention avant que ce ne soit trop tard. » 
Dans une vidéo publiée le 20 septembre sur YouTube, le célèbre acteur, de sa voix posée, s’adresse aux spectateurs et les enjoint d’imaginer le scénario suivant : un ancien agent du KGB, rendu furieux par l’effondrement de son pays (l’URSS), fomente des années durant un plan de revanche. Il devient président, instaure un régime autoritaire, puis dirige son regard vers son ennemi juré – les États-Unis d’Amérique :
« En bon espion qu’il est, il utilise secrètement les technologies de la cyberguerre pour attaquer les pays démocratiques à travers le monde. À l’aide des médias de masse, il diffuse de la propagande et des fausses informations, pour convaincre les citoyens des sociétés démocratiques de ne plus faire confiance à leurs propres médias, institutions politiques et même à leurs voisins. Et il y parvient.»
Morgan Freeman s’exprime ici au nom du « Comité pour une enquête sur la Russie » – Comitee to investigate Russia –, qui se définit lui-même comme une «plateforme non commerciale et non partisane ayant pour vocation d’aider les Américains à prendre conscience de la gravité des attaques incessantes de la Russie contre notre démocratie». Il a été créé par le metteur en scène et comédien hollywoodien Rob Reiner.

Pourquoi avoir choisi Freeman ? Pour “l’autorité de sa voix, pleine de dignité. Les gens plaisantent souvent en disant que c’est la voix de Dieu”, a précisé Reiner au journal américain The Daily Beast.

Morgan Freeman «piégé comme Colin Powell»

Comme le rapporte le quotidien en ligne Gazeta.ru, ce “comité” compte notamment dans son “conseil consultatif” l’ancien directeur du renseignement national (sous Obama) James Clapper, l’ancienne plume de George W. Bush, David Frum, ainsi que deux experts (d’obédience conservatrice) : l’historien Max Boot, du Council on Foreign Relations, et le politologue Norman Orstein de l’American Enterprise Institute.

La vidéo a rapidement fait le tour du net russe et les réactions ne se sont pas fait attendre. Ainsi, le journal en ligne conservateur Vzgliad ne mâche pas ses mots :
« Les propos [de Freeman] sur le fait que les États-Unis sont en guerre contre la Russie, parce que Vladimir Poutine rêve de se venger de l’effondrement de l’URSS, sont dignes d’activistes politiques détraqués, d’adeptes de la théorie du complot et autres faucons notoires du Pentagone.»
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a commenté la vidéo sur sa page Facebook, disant que Morgan Freeman avait été “piégé, comme en son temps le secrétaire d’État Colin Powell”. Elle fait ici allusion aux fausses informations sur l’existence de laboratoires secrets d’armes biologiques en Irak qui avaient servi à justifier la guerre américaine en 2003.

Côté Kremlin, on fait savoir qu’on “n’accorde aucune importance au film avec la participation de l’acteur américain Morgan Freeman”.



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mercredi 20 septembre 2017

CORAZON MEXIQUE


À MEXICO, MOBILISATION ET SOLIDARITÉ APRÈS LE SÉISME QUI A FAIT PLUSIEURS CENTAINES DE VICTIMES


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À l’aide de pioches, de pelles et de cordes, des centaines d’habitants se sont joints aux sauveteurs pour tenter de déblayer les décombres dans le centre et le sud de la capitale.  
Par Frédéric Saliba

LES SECOURISTES À LA RECHERCHE
DE SURVIVANTS, À MEXICO.
PHOTO PABLO RAMOS
Ambiance de chaos dans les rues de Mexico, violemment touchée, mardi 19 septembre, par un séisme de magnitude 7,1 sur l’échelle de Richter. Selon un bilan provisoire donné par Luis Felipe Puente, le coordonnateur national de la protection civile du ministère de l’intérieur, le séisme a fait au moins 216 morts : 86 dans l’agglomération de Mexico (CDMX), 71 dans l’État de Morelos, 43 dans l’État de Puebla, 12 dans l’État de Mexico (Edoméx), 3 dans l’Etat de Guerrero 1 dans l’État d’Oaxaca). La solidarité règne chez les Mexicains qui se mobilisent pour aider les secours. 

À l’aide de pioches, de pelles et de cordes, des centaines d’habitants de Mexico se sont spontanément joints aux sauveteurs pour tenter de déblayer les décombres des immeubles ravagés dans le centre et le sud de la capitale. « Silence ! », crie un des « Topos », surnom donné aux secouristes, pour parvenir à écouter la voix d’un possible survivant sous les débris d’un bâtiment de cinq étages écroulé au cœur de Mexico.

Le bilan s’alourdit d’heure en heure

Mardi à 13 h 14 (20 h 14 en France), les alertes sismiques ont retenti quelques secondes avant la première secousse. Dans la foulée, la panique a gagné les 20 millions d’habitants de Mexico, sortis de chez eux, de leurs bureaux ou de leurs voitures. L’épicentre du séisme a été localisé à 51 kilomètres de profondeur près des villes d’Axochiapan dans l’Etat de Morelos (centre) et de Chiautla dans celui voisin de Puebla, situées à 120 kilomètres de la capitale. «J’ai juste eu le temps de prendre un pantalon », soupire un sinistré couvert de poussière dans une rue de Mexico. De nombreux autres n’ont pas eu sa chance.

Selon les estimations du gouvernement, des centaines de municipalités seraient affectées dans le centre du pays. 3,8 millions de Mexicains étaient toujours victimes, mardi soir, de coupures d’électricité. « Nous avons besoin de lampes de poche ! », s’exclame un sauveteur alors que la nuit plonge les rues de Mexico dans la pénombre.

« Des enfants sont toujours bloqués sous les décombres », s’alarme une femme quinquagénaire aux abords d’une école primaire et secondaire qui compte 400 élèves au sud de la mégalopole. L’effondrement de son bâtiment a fait 22 morts, dont 20 élèves. 38 sont toujours portés disparus. La foule, qui observe avec anxiété les 500 militaires et 200 agents de la protection civile qui s’agitent sans relâche dans les gravats de l’établissement scolaire, applaudit quand des soldats sortent des ruines une civière transportant un enfant vivant.

« Le cauchemar recommence »

À quelques mètres de là, un militaire tente de réguler la circulation. « Les embouteillages monstres, provoqués par des pannes de feux rouges et des routes barrées par les débris, ralentissent les secours », déplore-t-il. 3 000 soldats ont été déployés dans la capitale pour porter main-forte aux 25 000 pompiers, policiers et membres de la protection civile, mobilisés.

Au centre de Mexico, dans le quartier de la Condesa, Rosita Ramos, 63 ans, soupire devant une voiture écrasée par une chute de pierres : « Le cauchemar recommence trente-deux ans plus tard ! » La catastrophe est survenue le jour de la commémoration du tremblement de terre de 1985 qui a fait plus de 10 000 morts. Deux heures avant la première secousse, une simulation de séisme avait été organisée par la mairie alors que douze jours plus tôt, un autre tremblement de terre d´une magnitude de 8,2 a fait 98 morts dans le sud du pays, se faisant ressentir jusqu’à la capitale.

Le séisme du 7 septembre, le plus fort depuis un siècle, était plus puissant que celui de mardi. Pourtant, le bilan à Mexico est bien plus lourd aujourd’hui. « La proximité de l’épicentre, situé à 120 kilomètres de la capitale, comparée aux 700 kilomètres de celui du tremblement de terre survenu douze jours plus tôt, explique l’ampleur des ravages », a souligné dans les médias Xyoli Pérez, à la tête du Système sismologique national (SSN). Mardi, le maire de Mexico, Miguel Angel Mancera, a déclaré l’état d’urgence. Les écoles et les universités ont immédiatement été fermées dans neuf Etats et la capitale. L’aéroport de Mexico a aussi suspendu ses activités pour vérifier l’état des pistes.

« N’allumez pas de cigarette ! »

« N’allumez pas de cigarette ! », crient les sauveteurs aux passants, amassés devant un bâtiment ravagé, par crainte des fuites de gaz dans le quartier aussi très affecté de la Roma au centre de Mexico. Deux incendies ont provoqué d’immenses colonnes de fumée avant d’être contrôlés par les pompiers. Dans la nuit de mardi à mercredi, de nombreux d’habitants restaient prostrés dans les rues par peur de retourner dans leurs immeubles fissurés. D’autres continuaient de former des chaînes humaines pour évacuer les gravats avec des seaux aux côtés des sauveteurs.

Le président, Enrique Peña Nieto, en déplacement dans l’Etat de Oaxaca (sud-ouest), violemment touché par le séisme du 7 septembre, est immédiatement rentré à Mexico à l’annonce du séisme. A bord d’un hélicoptère, il a survolé la ville pour évaluer les dégâts et coordonner les secours. « C’est une nouvelle épreuve pour notre pays », a déclaré dans la soirée le président qui a félicité « la solidarité » dont font preuve ses concitoyens, appelant les sinistrés à se rendre dans les refuges ouverts dans les régions affectées.

Quelques heures plus tôt, la mairie de Mexico annonçait l’ouverture d’une vingtaine de centres de collecte de l’aide humanitaire. « Nous avons besoin d’eau et de médicaments pour les victimes mais aussi de masques et de gants pour les volontaires », explique un sauveteur, dont la voix est vite couverte par les sirènes de deux ambulances.

Comme lui, de nombreux Mexicains craignent les répliques du séisme. Une quinzaine se sont déjà fait sentir, dont une de magnitude 4, risquant de faire d’autres victimes dans les prochaines heures, par des chutes d’immeubles déjà endommagés.