mercredi 9 novembre 2011

CHILI : DES ÉTUDIANTS MANIFESTENT ET SONT REÇUS AU PARLEMENT À VALPARAISO

PLUSIEURS MILLIERS DE LYCÉENS ET ÉTUDIANTS CHILIENS ONT MANIFESTÉ MERCREDI PRÈS DU PARLEMENT À VALPARAISO. PHOTO UPI
Les manifestants, 30.000 selon leur estimation, 6.000 selon la police, ont paralysé la ville côtière de Valparaiso (120 km à l'ouest de Santiago), siège du Congrès bicaméral, au moment où s'y débattait le budget 2012 de l'Education.

Les principaux dirigeants du mouvement étudiant mobilisé depuis mai, Camila Vallejo et Giorgio Jackson, ont été reçus en commissions à la Chambre des députés et au Sénat, où ils ont souligné le fossé existant entre leurs attentes et les propositions budgétaires.
UN MANIFESTANT CAGOULÉ QUI TENTAIENT DE RETOURNER LES GRENADES LACRYMOGÈNES À L'ENVOYEUR À VALPARAISO. PHOTO AFP

"Nous avons clairement dit que l'Etat doit assumer un rôle nouveau dans l'enseignement public, doit se charger de réguler le système privé, or rien de ce qui se prépare dans le budget ne va dans cette direction", a déclaré Camila Vallejo.

Au dehors, la manifestation dans l'ensemble pacifique s'est conclue par des affrontements, lorsqu'un groupe de manifestants a tenté de forcer l'accès au Parlement, protégé par un important dispositif de police.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes et canons à eau pour disperser de jeunes émeutiers masqués par des cagoules ou des capuches. Elle a procédé à au moins une dizaine d'arrestations, selon des sources policières citées par des médias locaux.

PHOTO AFP
Etudiants, lycéens et enseignants réclament depuis six mois la réforme profonde d'un système éducatif à deux vitesses public-privé: ils demandent notamment des moyens accrus dans le public, dont l'Etat s'est désengagé dans les années 1980, dans le cadre des politiques libérales de la dictature (1973-1990).

Ils demandent, dans l'immédiat, une hausse significative du budget de l'éducation, aujourd'hui inférieur à 5% du PIB, et jugent insuffisante l'augmentation (+7,2%) proposée par le gouvernement.

Un dialogue entamé en octobre entre l'exécutif et les étudiants est au point mort, et les mobilisations massives se poursuivent, rassemblant à plusieurs reprises plusieurs centaines de milliers de personnes: la prochaine est prévue les 17-18 novembre à Santiago.
« LA NOUVELLE FAÇON DE BRAIRE » PHOTO AFP

Néanmoins, la présence des leaders étudiants au Congrès, une instance qu'ils ne considéraient pas comme interlocuteur jusqu'à présent, a été saluée comme une "étape significative" par Patricio Melero, le président (droite) de la Chambre des députés.

"Les changements commencent en changeant les lois, et ce sont les parlementaires qui changent les lois à la majorité. C'est ce qu'on a expliqué à la Confédération des étudiants du Chili", a-t-il ajouté.

LE CHILI AIME ET FÊTE LA PHOTO

 DU DERNIER LIVRE DE MAX PAM, L' « ATLAS MONOGRAPHS ». 
Par ailleurs, 15 photographes chiliens sélectionnés par le CNCA (Conseil National de la Culture et des Arts) ont la chance de voir leurs meilleurs clichés exposés.

Les organisateurs du Festival, qui dure jusqu’au 13 novembre, attendent plus de 15 000 visiteurs.


ANDRÉ KERTÉSZ À SANTIAGO DU CHILI 


AFFICHE DE L'EXPOSITION  « ANDRÉ KERTÉSZ : LE DOUBLE D'UNE VIE » À SANTIAGO DU CHILI .
Et si vous avez la chance d’être au Chili cet automne et cet hiver, le musée des Beaux-Arts de Santiago réserve une retrospective majestueuse au photographe hongrois, André Kertész, grand amoureux de la France. Plus de 60 ans de travail interrompu dans le monde entier, jusqu’au 31 décembre 2012. Plus d’infos :  « ANDRÉ KERTÉSZ: EL DOBLE DE UNA VIDA »

mardi 8 novembre 2011

CHILI : LE COME-BACK DES PINGOUINS

L'AUTRE TYPE DE PINGOUIN AU CHILI N'EST PAS UN OISEAU, MAIS C'EST EST UN ÉTUDIANT TYPIQUE DU PAYS. PHOTO  ÁLVARO RIVAS
Celle-ci fut l'une des dernières lois votées sous la dictature et prévoit le transfère de la gestion des écoles de l'Etat aux municipalités. Cette loi leur octroie l'autorisation de la création d'établissements privés, largement financés par les familles aisées. Quant aux établissements publics, ils sont gérés par un membre de la municipalité n'ayant pas accès à deux choses : a) le financement de la famille. b) le droit de refuser un élève n'étant pas de religion catholique. De plus, il n'existe pas de contrôle quant à l'enseignement qui y est prodigué. Résultat, la différence de qualité d'enseignement se fait ressentir et l'avenir d'un élève dépend des moyens financiers de sa famille. Chaque formation, chaque titre a une valeur marchande. L'hebdomadaire anglais, The Economist, a reconnu en 2006 que le Chili était une "démocratie imparfaite".


 POCHOIR À SANTIAGO DU CHILI 2006
« NOUS CROYONS EN UNE AUTRE FAÇON D'ÉDUQUER!  À BAS LA LOCE »
La révolution des pingouins, qui s'étendra d'avril à septembre 2006, aura plusieurs caractéristiques. La plus grande étant l'utilisation de la non-violence. Cette jeunesse, née à la fin de la dictature de Pinochet, utilise des moyens démocratiques pour protester : il y a des assemblées, des débats, des forums sur l'éducation. Les marches pacifistes sont convoquées par la ACES (Assemblée de Coordination des Etudiants du Secondaire- crée en 2001) via msn et sms. Les lycéens manient le rôle des médias pour faire pression sur le gouvernement chilien. Ce dernier, bien que de gauche, est dépassé par les événements et tarde à réagir. Les lycéens sont rejoints par les étudiants car "le conflit lycéen a dérivé sur des sujets structuraux de l'éducation". Avec l'aide de la FECH (Fédération des Etudiants Chiliens), ils aboutissent à l'organisation de deux grèves nationales. L'organisation des pingouins se définit dans six zones géographiques du Chili : le Nord, le Sud, l'Est , l'Ouest, la région métropolitaine de la capitale, Santiago. Le gouvernement Bachelet prend comme première mesure la perquisition des lycées afin d'y déloger, par la force, les lycéens en grève. Ils auront la tête de trois ministres : ceux de l'éducation, de l'interieur et de l'économie.

«À BAS LA LOCE »

La révolution dite des pingouins est la principale référence pour expliquer le mouvement étudiant chilien 2011. Outre l'utilisation de la non-violence, sa particularité fut l'émergence de revendications intergénérationnelles sur l'éducation au Chili. Le mouvement lycéen s'est essoufflé plus vite que celui de 2011, qui dure toujours après six mois. On peut y voir trois causes : D'abord, le lien trop étroit entre l'ancien président de la FECH, Nicolas Grau et la présidence, car sa mère était la propre secrétaire de Bachelet. Ensuite, l'infiltration des membres leaders du mouvement qui conduisit à une rupture entre les étudiants du secondaire, modérés et les radicaux. Enfin, les lycéens n'ont pas pu faire partie de la Commission Présidentielle sur l'Education , convoquée par Michèle Bachelet. Ce qui a permis l'explosion de la révolte des lycéens fut aussi la difficulté des candidats à la présidentielle du Chili (NDLR : Michèle Bachelet et Sebastian Pinera) ) de se positionner sur le sujet de l'éducation. Ainsi que l'indifférence du ministre de l'éducation de l'époque vis-à-vis des revendications des lycéens. Les ados qui avaient 15-17 ans en 2006 ont maintenant plus de 20 ans et sont à l'Université. Ce sont eux qui chantent : "Elle va tomber l'éducation de Pinochet !".

Articles sur la Réforme Educative au Chili
http://biblioteca.universia.net/html_bura/ficha/params/title/genesis-revolucion-pinguinos-incidencia-reforma-educativa-chile/id/49571718.html
http://www.cairn.info/revue-carrefours-de-l-education-2001-1-page-104.htm
Articles à propos de la "Révoltes des Pingouins" (2006)
http://quebec.indymedia.org/es/node/24594
http://www.solidarites.ch/journal/index.php3?action=2&id=2511&num=89&db_version=2



lundi 7 novembre 2011

CHILI : ATACAMA, LE DÉSERT EN FLEURS COMME JAMAIS DEPUIS 20 ANS

CALANDRINIA SPECIOSA, PATA DE GUANACO.
PHOTO DE JULIO CARRASCO CHEZ FLICKR
La route menant au Parc Llanos de Challe, aux portes du désert d'Atacama à 600 km de Santiago, déroule ses coloris sans fin. Partout, des fleurs émergent du sable, envahissent les cactus, s'accrochent à la roche.

Les mécanismes du désert fleuri restent mal connus. On sait qu'El Nino, le phénomène climatique balayant les côtes Pacifique de l'Amérique du Sud tous les 6-7 ans, apporte les pluies nécessaires à la germination des bulbes et rhizomes, qui peuvent rester des décennies en latence.

ARISTOLOCHIA CHILENSIS, OREJA DE ZORRO.
PHOTO DE JULIO CARRASCO CHEZ FLICKR.
C'est une année exceptionnelle, il a plu plus de 50 millimètres. Les fleurs commencent à pousser à partir de 15 mm par an, mais cette année toutes les espèces sont sorties, explique à l'AFP Carla Louit, directrice du parc.

Le volume de pluies est la clef, mais ne fait pas tout. Encore faut-il qu'elles surviennent à intervalles réguliers, ni trop fortes ni trop éparses, et que des gelées ne viennent pas couper la germination pendant l'hiver austral. 

FLORES DEL JOTE, CORONILLAS Y ECHINOPSIS COQUIMBANA, CACTUS Y GARRAS DE LEÓN (ROJO)..
PHOTO DE JULIO CARRASCO CHEZ FLICKR
Si ces conditions sont réunies, le désert fleuri peut durer de septembre à décembre.

La dernière fois qu'il y a eu autant de fleurs, c'était en 1989. Depuis il y a eu des déserts fleuris, mais jamais comme celui-là, s'émerveille le père Lucio, curé d'un village voisin et botaniste amateur.

Le parc national a été créé en 1994 pour protéger cet écosystème de l'intense activité minière dans la région.
 LEONTOCHIR OVALLEI, GARRA DE LEÓN.
PHOTO DE JULIO CARRASCO CHEZ FLICKR
Nous avons plus de 200 espèces de fleurs endémiques, qui ne poussent nulle part ailleurs au monde, dont 14 en danger d'extinction, précise Yohan, un garde du parc, qui déplore les pratiques de certains visiteurs.

Des gens les arrachent pour les emmener chez eux pensant qu'elles vont pousser, évidemment elles ne poussent jamais. Et quand on arrache un bulbe, il est perdu pour le désert.

L'arrachage menace les plus rares, comme l'emblématique Griffe du Lion (Leontochir Ovallei), une grosse fleur rouge évoquant le rhododendron, et qui marque l'apogée du désert fleuri.


FLOR GARRA DE LEÓN Y CRUCKSHANKSIA PUMILA, ROSITA.
 PHOTO DE JULIO CARRASCO CHEZ FLICKR

Elle est la dernière à fleurir car ses bulbes sont enterrés très profond, et il faut qu'il tombe beaucoup d'eau avant qu'elle commence à sortir, explique le père Lucio.

Elle est +monotypique+, c'est la seule représentante de son espèce sur terre. Vous vous rendez compte ? dit-il visiblement ému.

Les moyens manquent pour surveiller le parc, avec cinq gardes en tournées de deux pour plus de 45.000 hectares, signale Louit. L'accent est donc mis sur le sensibilisation des visiteurs à l'entrée du parc, et des sessions d'éducation environnementale de groupes d'écoliers.

Mais l'ennemi N.1 du désert fleuri est sa méconnaissance et... son incertitude.

Il existe peu d'études intégrales sur le désert fleuri, juste des études ponctuelles sur certains de ses éléments, explique Carla Louit. Il n'y a pas de fonds pour étudier un phénomène aussi sporadique.

Or sans données scientifiques, un plan de conservation est difficile. On ignore tout par exemple du rôle des transferts entre les eaux de brume côtière et le désert, des phénomènes de ruissellement qui en découlent, au moins aussi importants que les précipitations directes.
ARGILIA RADIATA, FLOR DEL JOTE. PHOTO DE JULIO CARRASCO CHEZ FLICKR
Et puis, comment sensibiliser un public qu'on ne peut garantir ? A peine 1.200 touristes chiliens et 64 étrangers se sont enregistrés cette année. Comme on ne peut anticiper la floraison que quelques mois à l'avance, difficile de cibler les touristes étrangers, se désole Louit.

MEETING MULTITUDINAIRE À SANTIAGO


Plusieurs milliers d’élèves, des enfants, des parents et grands-parents ont marché dans les rues de santiago, pancartes à la main, jusqu’au concert organisé dans un parc du centre ville, où les manifestants ont assisté à une grande fête musicale avec la participation de groupes populaires tels que Illapu, Chico Trujillo et des chanteurs comme manuel garcía.

vendredi 4 novembre 2011

MIKIS THEODORAKIS : « LES BANQUES RAMÉNERONT LE FASCISME EN EUROPE ! »

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MIKIS THEODORAKIS PAR JEF AÉROSOL (HOMMAGE À MIKHÁLIS KAKOYÁNNIS, RÉALISATEUR DE ZORBA GREC, DÉCÉDÉ 25 JUILLET DERNIER) DANS LA  RUE POLYGNOTOU, PLAKA, ATHÈNES (GRÈCE) : JEAN-FRANÇOIS PERROY, PLUS CONNU SOUS LE PSEUDONYME JEF AÉROSOL, NÉ À NANTES LE 15 JANVIER 1957, EST UN ARTISTE POCHOIRISTE FRANÇAIS ISSU DE LA PREMIÈRE VAGUE DE "STREET ART" (ART URBAIN) DES ANNÉES 80.
Interviewé lors d’une émission politique très populaire en Grèce, Mikis Theodorakis, figure emblématique de la résistance à la junte des colonels, a averti que si la Grèce se soumet aux exigences de ses soi-disant "partenaires européens", c’en sera "fini de nous en tant que peuple et que nation". Il a accusé le gouvernement de n’être qu’une "fourmi" face à ses "partenaires", alors que le peuple le voit comme "brutal et offensif". Si cette politique continue, "nous ne pourrons survivre (…) la seule solution est de se lever et de combattre".
Résistant de la première heure contre l’occupation nazie et fasciste, combattant républicain lors de la guerre civile et torturé sous le régime des colonels, Mikis Théodorakis a également adressé une lettre ouverte aux peuples d’Europe, publié dans de nombreux journaux grecs. Extraits :

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DE GAUCHE À DROITE MIKIS THEODORAKIS, MATILDE URRUTIA, PETROS PANDIS ,  PABLO NERUDA,   EN 1972 À PARIS
« Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…) Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle. Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elles-mêmes générées sous forme de dettes.
Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté  et d’Europe. (…)

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. (...) 
Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »

ANTARCTIQUE : FORMATION D'UN ICEBERG DE LA TAILLE DE NEW YORK




Cette fissure dans le glacier de Pine Island dans la partie occidentale de l’Antarctique est longue d’au moins 30 kilomètres et profonde de 50 mètres, a indiqué jeudi l’agence spatiale américaine. L’iceberg devrait être complètement formé d’ici début 2012. 

La fracture, qui s’élargit de deux mètres par jour, produira un iceberg d’environ 880 km2, ont calculé les glaciologues, qui soulignent que ce phénomène ne résulte pas du réchauffement climatique, mais d’un cycle naturel. 
De tels icebergs se forment périodiquement dans l’Antarctique. Le dernier en date s’était détaché du glacier de Pine Island en 2001 et les scientifiques s’attendaient à ce que ce phénomène se reproduise rapidement. 

La dernière fissure a été détectée pour la première fois fin septembre par les chercheurs de la Nasa, qui surveillent les changements dans les glaces antarctiques via des observations régulières par avion. 

Ces observations aériennes visent à combler le fossé entre la fin du fonctionnement du satellite ICESAT (Ice, Cloud and land Elevation Satellite) en 2009 et le lancement de son successeur ICESAT 2 en 2016.