mardi 6 novembre 2012

SILVIO RODRÍGUEZ AU CHILI

 BANNIERE DU BLOG SEGUNDA CITA DE SILVIO RODRÍGUEZ DOMÍNGUEZ

Claudio de Negri, membre de la Commission Politique du Parti chargé de la culture à niveau national a fait savoir que Silvio a répondu par l’affirmatif à l’invitation.

Claudio De Negri a fait savoir que le 8 décembre 2012, le stade national accueillera la grande fête du Centenaire de ce parti, fondé le 4 juin 1912 par Luis Emilio Recabarren un ouvrier typographe.

Il a expliqué que la présence de Silvio à Santiago du Chili contribuera a donner un caractère international à cette célébration politique et artistique qui s’étendra jusqu’en juin 2013. (RHC).

L'EX-TORTIONNAIRE PAUL SCHAEFER VIENT DE MOURIR


Ancien brancardier de la Wehrmacht, Schäfer est décédé des suites d'une insuffisance cardiaque à l'âge, selon des médias chiliens, de 88 ans. Toutefois, le certificat de décès délivré par le médecin-légiste lui donne un an de plus.

Au début des années 2000, Schäfer avait été condamné par la justice chilienne pour avoir violenté des enfants.

Les juges avaient commencé à enquêter sur cette affaire d'abus sexuels en 1997. L'homme s'était alors enfui en Argentine où il s'était caché jusqu'à ce que les autorités le retrouvent en 2005. Extradé au Chili, il y avait été condamné à une peine de 20 ans de réclusion criminelle pour avoir abusé sexuellement 25 enfants.

La justice chilienne s'était également intéressée à Schäfer dans une affaire de cache illégale d'armes. Elle lui avait aussi reproché d'avoir aidé la police politique du régime du général Pinochet à enlever et à torturer des détenus politiques.

Lors de son exil au Chili, Schäfer avait obtenu des autorités une concession de 3.000 hectares à 350 km au sud de Santiago baptisée "Colonia Dignidad", puis "Villa Baviera", où ce nostalgique du IIIe Reich régnera en maître absolu.

Dans cette véritable enclave coupée du reste du pays et transformée en zone de non-droit, il soumettra les résidents à tous ses caprices.

Sous sa férule, les hommes et les femmes vivent de manière séparée, les contacts entre les deux sexes sont strictement contrôlés et les enfants sont séparés de leurs parents.

En 2006, d'anciens membres de cette "colonie" transformée en secte allemande ont présenté des excuses publiques et demandé pardon pour les abus commis pendant 40 ans dans cette communauté, affirmant avoir été victimes d'un "lavage du cerveau" par leur gourou considéré par beaucoup comme un dieu.

Erik Lopez et Fabian Cambero; Jean-Loup Fiévet pour le service français

LOGO MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES


PIÑERA, LE PRÉSIDENT MILLIARDAIRE



MÓNICA MADARIAGA GUTIÉRREZ (SANTIAGO, 25 JANVIER 1942 - 8 OCTOBRE 2009) FUT UNE AVOCATE, ET UNE POLITIQUE CHILIENNE, DEUX FOIS MINISTRE (MINISTRE DE LA JUSTICE PUIS MINISTRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE 1977 – 1983) DE LA DICTATURE MILITAIRE DE DE SON COUSIN AUGUSTO PINOCHET, QUI A GOUVERNÉ LE PAYS ENTRE 1973 ET 1990.

On l'appelle « la Locomotive ». A 61 ans, sa fortune est évaluée à 1,2 milliard de dollars par la revue Forbes. Sa chance a été de se lancer dans les affaires pendant la dictature militaire du général Augusto Pinochet (1973-1990). A l'époque, en 1976, il rentre des Etats-Unis, où il a fait des études d'économie à Harvard.

Son frère aîné, José Piñera, est ministre du travail et fait partie des « Chicago Boys », ces économistes ultralibéraux qui ont façonné le modèle économique du pays. « Le miracle chilien », selon les termes de leur chef de file, l'Américain Milton Friedman. A la fin de la dictature, beaucoup de Chicago Boys se sont reconvertis à la tête d'entreprises qu'ils avaient eux-mêmes privatisées.

« SYMBOLE DE LA RÉUSSITE »

« M. Piñera est le symbole de la réussite pour beaucoup de Chiliens, qui pensent qu'il insufflera ses succès à la société », note le sociologue Eugenio Tironi. « Le Chili n'a pas besoin d'un manageur mais d'un président », a vainement plaidé pendant la campagne électorale son rival malchanceux, l'ex-président démocrate-chrétien Eduardo Frei (1994-2000).

Les cheveux d'un blanc éclatant, toujours bronzé, toujours souriant, Sebastian Piñera collectionne les chemises en soie, les costumes et les souliers italiens, faits sur mesure. Il a toutefois laissé de côté ses goûts de luxe pendant la campagne, se montrant en jean et chemise blanche mais gardant à son poignet droit une montre Cartier d'un rouge éclatant. Il a été baptisé « le Berlusconi chilien ».

Ancien fonctionnaire de la Banque mondiale et de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL), Sebastian Piñera a été sénateur de 1990 à 1998. Il est marié à Cécilia Morel, une blonde et exubérante quinquagénaire, adepte de la chirurgie esthétique, qui a défrayé la chronique en racontant que, pour faire des économies, la famille Piñera ne buvait plus de Coca-Cola. Elle a confié, également, qu'elle devait demander son argent de poche à son mari et qu'elle aime aller à Paris « de temps en temps, pour être un peu seule et ne plus vivre la vie de Sebastian ».

Le couple a quatre enfants, trois petits- enfants, tous blonds et souriants. Seule ombre au tableau familial : le frère cadet du président élu, Miguel Piñera, est un musicien aux allures de rocker, marié à une pulpeuse Argentine. Les scandales dans les boîtes de nuit dont il est propriétaire alimentent les revues people. Il n'est pas apparu pendant la campagne.

Le premier succès de M. Piñera a été l'introduction, en 1979, des cartes de crédit au Chili, un marché dont il détient 86 % des actions. Il a investi dans l'immobilier, les pharmacies et les systèmes privés de santé. Il contrôle la compagnie aérienne Lan Chile, privatisée par la dictature militaire. Il est également le propriétaire du populaire club de football Colo Colo et de la chaîne de télévision Chile Vision.


Il a vaguement promis de se défaire de quelques-unes de ses entreprises s'il devenait président. La possible collusion entre ses activités d'homme d'affaires et ses responsabilités de chef d'Etat a été dénoncée par Eduardo Frei, qui a évoqué les scandales financiers qui ont éclaboussé M. Piñera. Il a été condamné, en 2007, à payer une amende de 670 000 dollars après avoir acheté des actions de Lan, la veille de la publication par la compagnie d'aviation d'une hausse de 31 % de ses bénéfices qui avait fait grimper la valeur de ses actions.

En juillet 2009, une ancienne ministre de la justice de la dictature, Monica Madariaga, a confessé avoir fait pression sur des juges pour que Sebastian Piñera ne soit pas poursuivi pour des irrégularités financières commises dans les années 1980 par une banque, Banco de Talca, dont il était le gérant. Cette fraude d'un montant de 240 millions de dollars serait à l'origine de la fortune de M. Piñera, selon ses détracteurs. Le nouveau président, qui prendra ses fonctions le 1er mars, dénonce « une persécution politique ».

SOIF DE CHANGEMENT

Les politologues expliquent l'élection de M. Piñera par le désir d'alternance des Chiliens, déçus par la Concertation de centre gauche, au pouvoir depuis vingt ans, depuis le retour de la démocratie. Une soif de changement qui s'est exprimée par les 20% de voix obtenues au premier tour par le jeune candidat indépendant Marco Enriquez-Ominami, dissident socialiste qui a durement critiqué la Concertation. « Sebastian Piñera est parvenu à incarner une droite qui ne fait plus peur », estime la sociologue Marta Lagos.

Son principal atout est de s'être démarqué de la droite traditionnelle qui a soutenu la dictature. Il a voté « non » au plébiscite de 1988 par lequel le général Pinochet avait tenté de se maintenir au pouvoir. Il avait déjà bouleversé la donne à droite, en 2005, en devançant son rival de la très conservatrice Union démocrate indépendante (UDI), Joaquin Lavin, au premier tour de la présidentielle. Il avait perdu au second tour face à la socialiste Michelle Bachelet. Cela étant, M. Piñera arrive au pouvoir grâce à son alliance avec l'UDI qui a soutenu le régime militaire.


Pilotant lui-même son hélicoptère, Sebastian Piñera est un grand sportif, qui organise des matchs de foot avec son équipe de campagne. « Nous représentons le futur, le progrès, l'espérance et la joie », a-t-il scandé. Affirmant être le tenant d'une droite « moderne et modérée », il dit partager des valeurs proches de celles de la démocratie chrétienne, une famille politique dont il est issu.

Son père a été ambassadeur en Belgique et aux Nations unies sous la présidence du démocrate-chrétien Eduardo Frei Montalva (1964-1970), le père de son rival. Il cite comme modèles de gouvernants latino-américains le conservateur mexicain Felipe Calderon, mais également le Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et la présidente socialiste sortante, Michelle Bachelet.

Aucun des deux candidats à la présidence n'a remis en cause le modèle économique qui est donné en exemple en Amérique latine. Sebastian Piñera a séduit une classe moyenne frappée par la crise économique et les laissés-pour-compte du « miracle chilien »  Il a sillonné le pays, haranguant les foules, comme un prédicateur. Il a transmis un message optimiste : « Je suis le moteur du changement populaire. »

« Dans la vie, il faut avoir les pieds sur terre, regarder le présent mais avec les yeux tournés vers le ciel, qui est le futur », a-t-il lancé au cours d'une visite à Quilicura, un quartier populaire de Santiago, où la drogue et l'alcool font des ravages parmi les jeunes. Il a fait de nombreuses promesses : création d'un million d'emplois, construction de dix nouveaux hôpitaux et de 600 000 logements, connexion à Internet de toutes les écoles du pays.

Il a promis d'obtenir un taux de croissance annuelle de 6 % par le biais d'avantages fiscaux et d'une réforme du droit du travail. Il s'est engagé à lutter contre l'insécurité, une préoccupation croissante des Chiliens. Sebastian Piñera a quatre ans pour démontrer qu'il peut faire mieux que ce qu'a construit la Concertation en vingt ans.

Christine Legrand

LE PRÉSIDENT CHILIEN LANCE LA COURSE À SA SUCCESSION


Le ministre de l'Intérieur, Rodrigo Hinzpeter, devient ministre de la Défense, tandis que le secrétaire du gouvernement, Andrés Chadwick, assumera désormais les fonctions de ministre de l'Intérieur. M. Chadwick sera quant à lui remplacé par l'ancienne gouverneure de Santiago, Cecilia Perez.

L'ancienne présidente socialiste Michelle Bachelet reste le meilleur espoir de la gauche pour reprendre la présidence, mais elle n'a pas encore annoncé ses intentions. Si Mme Bachelet décidait de se porter candidate, elle devrait démissionner de son poste de directrice d'ONU Femmes, l'agence des Nations unies qui défend l'égalité des sexes.

cf/AP/mr

dimanche 4 novembre 2012

PANORAMA DE LA LITTÉRATURE CHILIENNE ACTUELLE

Participants

Rafael Gumucio, Bernardo Toro, Alejandro Zambra

Cette activité vous est proposée par: Embajada de Chile en Francia et l'Instituto Cervantes (París)

RAFAEL GUMUCIO
Rafael Gumucio (Santiago du Chili, 1970). Auteur de Invierno en la Torre, Monstruos Cardinales, Memorias Prematuras, Páginas Coloniales, Comedia Nupcial, Los Platos Rotos y Contra la Belleza. Il a écrit dans les quotidiens La Nación, El Mercurio, La Tercera, El Metropolitano, Las Últimas Noticias et dans les journaux espagnols El País, ABC, eet le New York Times. Actuelment il est présentateur dans l'émission de radio “Desde Zero” (Radio Zero).

BERNARDO TORO
Bernardo Toro (Santiago du Chili, 1964) habite en France, ou il a eu le Doctorat en Littérature. Entre 1988 et 1993, il dirige la revue d'art Lieux extrêmes. Depuis 1999, il dirige la revue Rue Saint Ambroise, publication consacrée à la nouvelle contemporaine. Il est l'auteur de deux romans : Contretemps (Les petits matins, 2006) et De fils à fils (Stock, 2010)

ALEJANDRO ZAMBRA 
Alejandro Zambra (Santiago du Chili, 1975) a publié les recuils de poésie Bahía inútil (1998) et Mudanza (2003), la collection d'essais No leer (2010) et les romans Bonsái (2006) et La vida privada de los árboles (2007). Bonsái a été lauréat avec le Prix de la Critique au meilleur roman chilien en 2006. Alejandro Zambra a été sélectionné par la revue littéraire Granta entre los mejores narradores jóvenes en lengua española. 

vendredi 2 novembre 2012

AU CHILI, LE TRIOMPHE DES FEMMES

CAROLINA TOHÁ, A FÊTÉ SA MAJORITÉ ABSOLUE UN DRAPEAU CHILIEN À LA MAIN. ELLE DÉDIE LE TRIOMPHE À SON PÈRE JOSÉ TOHÁ, QUI FUT ASSASSINÉ SOUS LA DICTATURE DE PINOCHET. PHOTO CRISTIÁN SOTO Q.

Nombre de ces femmes ont en commun une nouvelle vision de la politique et beaucoup d’entre elles se sont imposées face aux volontés de leurs partis : elles se sont battues avec quasiment aucun soutien, elles ont mené des campagnes épiques, elles ont été ignorées par leurs adversaires ainsi que par leur propre camp.
Il est toujours bon de se remettre l’histoire en mémoire. Josefa Errázuriz [sociologue et militante locale] s'est imposée lors des élections primaires organisées à Providencia face à deux poids lourds de l'opposition de gauche: le libéral Cristóbal Bellolio et le socialiste Javier Insulza. Contre toute attente, celle qu'on surnomme la “maîtresse de maison”, indépendante, a gagné. Et elle a ensuite largement battu Cristian Labbé, le colonel pro-Pinochet [en place depuis 1996], avec plus de 12 % d’avance.

L'une d'entre elles a fêté sa majorité absolue un drapeau chilien à la main

Carolina Tohá, de son côté, s’est embarquée dans une mission titanesque. Il lui fallait sortir victorieuse à Santiago, la capitale, où Pablo Zalaquett , le maire en exercice [de l'Union Démocrate Indépendante, UDI, droite] était considéré comme une machine électorale, capable d’être à six heures du matin dans le métro pour distribuer des tracts et faire la cour aux électrices. Comme lors de n’importe quelle élection municipale, Santiago est le fief le plus convoité et aucun gouvernement ne reste impassible face à cette campagne. Laurence Golborne, le ministre le plus populaire du gouvernement, avait publiquement et totalement appuyé la candidature de Zalaquett. [L'ancienne porte-parole de l'ex-présidente socialiste Michelle Bachelet] Carolina Tohá n’a pas vraiment été soutenue par son parti [le Parti Populaire pour la Démocratie, PPD, centre-gauche], peut-être parce qu’il n’y croyait pas, peut-être parce qu’il voulait la punir de ses divergences internes avec certains secteurs du PPD. En fin de journée, sur la place d’Armes de Santiago, face au balcon de la mairie, elle a fêté sa majorité absolue un drapeau chilien à la main.

C’est à une inconnue, finalement, qu'on doit la plus grande surprise : Maya Fernández. Même dans ses rêves, l’opposition n'imaginait pas pouvoir à battre le maire de Ñuñoa, Pedro Sabat, à son poste depuis 1996 grâce à d'excellents résultats dans les urnes. Les heures passant, le décompte est devenu de plus en plus spectaculaire, jusqu’à ce que la nouvelle mairesse l’emporte avec 92 votes d’avance. Cette commune était sans aucun doute favorable au gouvernement en place et c’est justement pour cette raison que Maya Fernández a pu gagner. S’il y avait eu le moindre espoir de remporter cette ville, il est peu probable que le PS aurait investi une telle inconnue. S’il s’agit de la petite-fille de l’ancien président Salvador Allende, conseillère municipale de Ñuñoa, Maya Fernández  n’était jusqu’au matin du dimanche 28 octobre qu’une militante de plus à qui personne ne prêtait attention au sein de l’opposition. Désormais, avec 32 400 votes dans une commune historique, son avenir politique a changé du tout au tout.

Pas des mairies faciles à conquérir

Aucune de ces trois femmes ne s'est vue parachuter dans des municipalités faciles, pratique courante au cours des dernières années entre les candidats de premier plan. Elles ont triomphé grâce au travail sur le terrain et avec une campagne prônant la participation active des citoyens.
Après les mobilisations sociales et le résultat du scrutin de dimanche, il semble évident que la participation des citoyens est désormais un facteur essentiel. Toutefois, rappelons-nous que lorsque l’ancienne présidente Michelle Bachelet avait proposé un gouvernement citoyen, l’élite politique l’a laissée jouer avec cette idée pendant la campagne présidentielle pour finalement l’abandonner dès qu’elle est entrée en fonction. Le “gouvernement citoyen” est l’une des diverses raisons qui ont entraîné les moqueries et plaisanteries que la présidente a dû affronter. 
Carolina Tohá, Josefa Errázuriz, Maya Fernández et plusieurs autres femmes devenues maires ont suffisamment de charisme, d’indépendance et de pouvoir pour hausser le ton lorsqu’elles veulent se battre sur tel ou tel sujet. Il faut s’attendre à ce que cette fois-ci, l’élite politique ne se moque pas et les prenne au sérieux. Ce n’est pas en vain qu’elles ont remporté les postes les plus prestigieux qui étaient détenus par la droite.