mardi 13 septembre 2016

ISABEL ALLENDE, FILLE DE L’EX-PRÉSIDENT RENVERSÉ, CANDIDATE À LA PRÉSIDENTIELLE AU CHILI

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 ISABEL ALLENDE BUSSI


Quarante-trois ans après la mort de Salvador Allende, Isabel Allende Bussi, la fille de l’ancien président socialiste chilien renversé par le coup d’État du général Augusto Pinochet, a annoncé samedi 10 septembre sa candidature à l’élection présidentielle de novembre 2017
Sénatrice et présidente du Parti socialiste, Mme
POCHOIR 

ISABEL ALLENDE BUSSI
Allende, 74 ans, a choisi la veille du 11 septembre, jour anniversaire du putsch de 1973, qui déboucha sur dix-sept ans de dictature militaire (1973-1990), pour lancer sa candidature. Elle souhaite la convocation d’élections primaires au sein de la coalition de centre gauche de la Nouvelle Majorité (au pouvoir) à laquelle elle appartient, et qui regroupe la démocratie chrétienne, le Parti socialiste, des radicaux et le Parti communiste.


La course à la présidence est donc lancée au Chili, et les candidatures se multiplient à gauche. Le duel devrait se jouer entre un ou une candidate de la Nouvelle Majorité et, à droite, Sebastian Piñera, qui a gouverné le Chili entre 2010 et 2014. L’homme d’affaires millionnaire n’a pas annoncé officiellement sa candidature, mais les premiers sondages le donnent d’ores et déjà comme favori, face au centre gauche.

L’ex-président socialiste Ricardo Lagos a annoncé le 2 septembre qu’il briguerait un nouveau mandat. Agé de 78 ans, M. Lagos a gouverné le Chili entre 2000 et 2006. Il a précisé qu’il souhaitait poursuivre les réformes déjà mises en œuvre par la Nouvelle Majorité avec la présidente socialiste Michelle Bachelet, au pouvoir depuis mars 2010 après un premier mandat présidentiel entre 2004 et 2006. Egalement sur les rangs : l’ancien secrétaire général de l’Organisation des États américains José Miguel Insulza et le sénateur indépendant proche du Parti radical Alejandro Guillier.

Scandales...

Mme Bachelet a lancé des réformes polémiques dans de nombreux domaines, comme celui de l’éducation, des impôts ou du système électoral. Mais elles ont été freinées, notamment, par la baisse des recettes fiscales liées au ralentissement de l’économie.

Plusieurs scandales touchant au financement des campagnes électorales et des allégations de malversations visant sa belle-fille ont entamé sa popularité, qui est tombée à 15 %, soit la qualification la plus basse pour un président depuis le retour de la démocratie en 1990, selon un sondage du Centre d’études publiques (CEP), publié en août.

La coalition de la Nouvelle Majorité dans son ensemble ne recueille que 8 % d’opinions favorables. L’opposition de droite n’est guère mieux placée, avec seulement 10 % en sa faveur.

...et corruption

Les citoyens chiliens perçoivent l’ensemble de la classe politique comme corrompue. Un climat de pessimisme et de mécontentement généralisé règne à Santiago, avec de fréquentes manifestations massives contre le gouvernement.

La récession qui frappe le pays a conduit la Banque centrale du Chili à rabaisser, en août, les prévisions annuelles de croissance de 1,2 % à 0,5 %. Le chômage est grimpé à 7,1 %, soit le taux le plus élevé depuis cinq ans.

Ricardo Lagos a récemment secoué la scène politique en déclarant que son pays « vivait la pire crise institutionnelle et politique » depuis le coup d’État militaire de Pinochet. Les prochaines élections municipales de novembre seront le premier test pour les différents partis.

Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante régionale)