jeudi 19 octobre 2017

DIX JOURS QUI ÉBRANLÈRENT LE MONDE DE JOHN REED (9/10) RÉVOLUTION, CONTRE-RÉVOLUTION.

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« FRANCECULTURE», FICTIONS / LE FEUILLETON
EMISSION DU JEUDI 26/10/2017 
DIX JOURS QUI ÉBRANLÈRENT LE MONDE DE JOHN REED (9/10) :   RÉVOLUTION, CONTRE-RÉVOLUTION.
DURÉE : 00:25:00 


LES GARDES ROUGES DANS LES RUES DE MOSCOU EN 1917

Lénine, enfin sorti de sa cachette, prend la parole: la première tâche du nouveau gouvernement provisoire sera l'arrêt de la guerre et l'adresse à tous les peuples des pays belligérants.

Adapté et réalisé par Michel Sidoroff
Conseillère littéraire : Katell Guillou

Note sur "Dix jours qui ébranlèrent le monde".

Récit d'histoire des débuts de la Révolution d'Octobre, le livre de John Reed est aussi l'œuvre d'un journaliste engagé, présent à Pétrograd dès la fin de l'été 1917. La dimension du reportage offre un cadre favorable à l'adaptateur, qui cherche à transposer dans la fiction les événements et les situations décrits. Mais il ne s'agit pas de n'importe quel reportage : la force particulière de John Reed est de nous entraîner au cœur d'événements qui ont compté comme les plus importants du siècle, qui ont été la référence et l'horizon des peuples en lutte pour leur libération. Ce n'est pas son seul statut d'acteur-témoin qui rend son livre inoubliable: John Reed écrit en poète. La plus lapidaire de ses phrases possède un tel pouvoir d'évocation que l'imagination de l'adaptateur se projette immédiatement dans l'espace radiophonique. Le plaisir, la complicité entrent en jeu, résonnant avec l'humour et l'ironie de John Reed, rejoignant sa compréhension des événements, loin des mensonges qui ont été déversés sur la Révolution d'Octobre et les bolchéviks. Plus encore que dans ses propres poèmes, dont l'adaptation a tenu à donner un aperçu, John Reed fait œuvre de poète en restant à l'écoute des aspirations humaines fondamentales, comme ses camarades russes surent l'être pour les revendications des ouvriers et des paysans russes: "la paix, la terre, le contrôle ouvrier, la liberté". Cette écoute, il l'a manifestée dès le plus jeune âge, en suivant et défendant l'action des grévistes de Paterson, des paysans mexicains, des syndicalistes de l'IWW. La construction du scénario de l'adaptation permet de rendre compte de cette dimension et de cette histoire personnelle: rentré de Russie au printemps 1918, John Reed voit ses documents confisqués par la police de New-York. Réussira-t-il à écrire son livre ? Sa compagne Louise Bryant, qui écrit elle-même un ouvrage sur la Révolution, "Six mois rouges en Russie", lui fournira les documents nécessaires, jusqu'au moment où il pourra récupérer sa malle et ses affiches. Au cours des dix épisodes, le récit de Reed s'articule sur cette inquiétude, ainsi que sur les engagements du couple et de leurs amis américains Bill Chatov et Albert Rhys Williams. Entre Pétrograd et New-york, en compagnie des Américains impliqués dans la révolution russe, des syndicalistes comme Eugene Debs, engagés contre l'entrée en guerre des États-Unis, c'est ainsi la dimension internationale de la Révolution qui est donnée à entendre. À cela s'ajoutent les rencontres avec de célèbres femmes militantes, comme la bolchévique Alexandra Kolontaï et la Socialiste-Révolutionnaire de Gauche Maria Spiridonova, dont Louise Bryant a dressé d'émouvants portraits dans "Six red mounths in Russia". La jeunesse des protagonistes impliquait la présence d'un grand nombre de jeunes comédiens. Pierre Marie Baudouin est John Reed et Flora Brunier Louise Bryant. Pour donner leur chair aux événements, à leur historicité, l'adaptation et la réalisation ont fait le choix d'ancrer l'action dans la langue russe, d'où l'appel à de nombreux russophones. L'enregistrement des comédiens dans des acoustiques naturelles marquées, comme la Bourse du Travail de Paris pour l'Institut Smolny et la mairie du Kremlin-Bicêtre pour le Palais d'Hiver et le Palais Marie, répond à une exigence de construction d'espaces. Dans le même esprit, le réalisateur a enregistré en vol le son d'un biplan d'époque. Il a pu opérer de même avec un tramway de 1911.
John Reed a su faire battre pour ses lecteurs le cœur de tout un peuple. La notion de rythme revêtait alors la plus grande importance. La musique composée par Sylvain Kassap entre en complète résonance avec ce cœur innombrable.
Michel Sidoroff

Avec :
Pierre-Marie Baudoin : John Reed
Flora Brunier : Louise Bryant
Julien Barret : Albert Rhys Williams
Bruno Allain : Lev Kaménev
Sergueï Vladimirov : Lénine
Jérôme Quintard : Trotsky
Guillaume Durieux : Krylenko
Franck Kronovsek : Alexeï
Georges Claisse : Schreiber
Igor de Savitch : Skobélev
Et
Frédéric Darie, François Kergourlay, Mohamed Guellati, Olivier Bonnaud, Philippe Barrier, Dali Benssalah, Dimitri Rafalsky, Olivier Peigné, Yves Collignon, Thibault Mullot, Anton Yakovlev, Pauline Panassenko
Musique originale composée par Sylvain Kassap et interprétée par Jason Meyer, Séverine Morfin, Anaïs Moreau, Aymeric Avice, Fidel Fourneyron, Nils Kassap, Arnault Cuisinier et César Carcopino

Bruitages : Bertrand Amiel, Céline Bernard
Prise de son, montage et mixage : Dali Yaha, Matthieu Le Roux, Olivier Dupré et Benjamin Vignal
Assistant à la réalisation : Pablo Valero