dimanche 12 septembre 2010

Chili : L’impossible domestication du peuple mapuche

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]Photographie de l'exposition "Mapuche: Semences du Chili"
L’occupation militaire de l’Araucania, territoire situé au sud de la rivière Bio Bio, a mis un terme à 260 années d’autonomie mapuche qu’avait dû accepter la Couronne espagnole par décision du Parlement de Quilín, le 6 janvier 1641, par laquelle avait été reconnus la frontière et l’indépendance de fait du peuple mapuche.
Après l’occupation de l’Araucania, les Mapuches ont été confinés dans des “réductions” [réserves], ont perdu les 10 millions d’hectares qu’ils contrôlaient et ont été transformés en agriculteurs pauvres, forcés de changer leurs coutumes, leurs manières de produire et leurs normes juridiques. La dictature du général Pinochet a accentuer la dépossession. Si, en 1960 chaque famille mapuche possédait en moyenne 9,2 hectares, à la fin de la dictature, il ne leur restait à peine plus de 5 hectares. Le bouquet final, c’est la démocratie qui l’a fourni grâce à la mainmise progressive des grandes entreprises forestières et la construction de complexes hydro-électriques : aujourd’hui, chaque famille mapuche ne dispose plus que de 3 hectares en moyenne.
En effet, l’ensemble des terres mapuches n’atteint pas les 500 mille hectares, où vivent quelques 250 mille membres de communautés rurales dans quelque 2 000 réserves qui sont autant d’îlots dans une mer de pins et d’eucalyptus. Les familles indigènes disposent de la moitié des revenus moyens des non indigènes ; seulement 41% des logements mapuches ont des égouts et 65% l’électricité. Dans certaines communautés indigènes, la mortalité infantile dépasse de 50% la moyenne nationale. Quand ils prétendent récupérer leurs terres, c’est-à-dire leur dignité, on leur applique la loi antiterroriste (Loi 18.314, de 1984) promulguée par Pinochet.
La grève de la faim de 32 prisonniers mapuches entamée il y a 60 jours s’inscrit dans cette longue guerre de l’État contre un peuple. Ils exigent qu’on ne leur applique pas la loi antiterroriste, la fin du double traitement juridique (car beaucoup de prisonniers sont soumis à la justice militaire et à la justice civile), que ne soient pas utilisés contre eux des témoins encapuchonnés qui restreignent les droits de la défense et que soit mis fin à la militarisation du territoire mapuche.
Le Comité des Droits Humains des Nations Unies a publié un rapport, le 18 mai 2007, dans lequel il note que la définition du terrorisme dans la loi chilienne « pourrait s’avérer trop vaste et qu’elle a permis que des membres de la communauté soient accusés de terrorisme pour des actes protestation ou de revendication sociale ». Il ajoute que l’application de cette loi se prête à des arbitraires et à des discriminations, car au Chili «elle a été majoritairement appliquée pour la persécution pénale des Mapuches ».
D’autre part, la loi antiterroriste est seulement appliquée au peuple mapuche. Si les organisations mapuches brûlent un camion d’une entreprise forestière, ils sont accusés de terrorisme. Mais, quand des travailleurs en grève brûlent un autobus, comme c’est arrivé à de multiples occasions, on leur applique la législation civile. Pour l’avocat de droits humains Hernán Montealegre, ceci est du au fait que les propriétaires terriens « ont beaucoup d’influence sur les gouvernements » (El Mostrador, 3 septembre 2010).
C’est « la justice du colon », comme l’indique le politologue mapuche José Marimán. Le Chili poursuit les Mapuches avec des lois qui ne s’appliquent pas aux autres citoyens, en les traitant comme des êtres de seconde catégorie ou colonisés. Les Mapuches sont soumis à la torture, y compris envers des enfants et des personnes âgées, dans une impunité totale ; on les accuse sur la base de montages et de faux, « sans que personne ne les dédommage quand est prouvée la fausseté des accusations », et « certains sont jugés à la fois par des tribunaux militaires et civils (double jugement), pour des infractions semblables à celles que commettent des Chiliens protestant pour d’autres raisons, comme le fait de jeter des pierres ou des crachats sur les policiers et leurs véhicules de combat » (El Quinto Poder, 7 septembre 2010).
La manœuvre la plus récente est la tentative d’appliquer la Convention 169 de l’OIT, qui établit les droits collectifs, mais sans procéder à une consultation préalable et vidée de tout contenu, de sorte que sont reconnus formellement l’existence de peuples indigènes mais sans que soient inclus les droits et les pouvoirs qui leur correspondent. Le gouvernement de Sebastián Piñera, aidé par la Concertation [1], ne veut pas que la résistance mapuche ternisse les fêtes du bicentenaire et cherche à se dégager de cette grève de la faim qui, après des semaines d’isolement médiatique, commence à briser le mur du silence.
Malgré la répression et la cooptation, il ne sera pas possible de faire plier le peuple mapuche. Trois raisons de fond s’y opposent. La première est la propre histoire et la cosmovision mapuche. « Dans le Wallmapu il ne s’est pas développé une société indigène de type étatique, comme cela s’est produit dans les Andes et en Méso-amérique », a écrit l’historien Pablo Marimán Quemendo. Les colons, « en incorporant par la force une société indigène de type horizontale, matriarcale et segmentaire comme celle des Mapuche, ont ouvert une situation complexe et difficile à résoudre jusqu’à aujourd’hui ». Des mondes tellement différents ne peuvent coexister qu’en se reconnaissant mutuellement.
À ce fossé culturel, économique et politique profond, s’ajoute une seconde scission de caractère colonial : « On nous parle d’égalité, de fraternité et de liberté, mais on nous on traite comme des Indiens vaincus, des citoyens de seconde catégorie dont on fait les victimes de politiques racistes », indique Marimán. En troisième lieu, le modèle néo-libéral a poussé de vastes secteurs non mapuches à éprouver des modes de vie et d’exclusion semblables à celles dont souffre ce peuple. Il les a transformé en ses alliés potentiels, en particulier les jeunes des villes qui subissent le triple encerclement de la pauvreté, de la répression et des politiques sociales discriminatoires.
Le peuple mapuche n’a été vaincu ni par la guerre d’extermination, ni par la dictature, ni par la démocratie progressiste qui a combiné la répression avec la corruption. Traqués par l’État, méprisés par les gauches électoralistes, ils mettent de nouveau leurs corps en jeu, pour sensibiliser ceux d’en bas, mapuches et blancs, pour continuer à vivre, pour continuer à être un peuple.
Traduction : XYZ… pour le site OCLibertaire, reproduction vivement recommandée

L’écrivain Bernardo Toro en résidence au lycée Jean Rostand de Mantes-la-Jolie


Inscrite dans le cadre de la réunion de rentrée du lycée, cette rencontre avait pour but la présentation du projet de résidence autour du thème «Construire une œuvre, se construire soi : construire une voix». Un projet soutenu par la Délégation académique à l’action culturelle, en liaison avec l'inspection pédagogique régionale de lettres, et mis en œuvre grâce à la Région-Ile-de-France. La C.N.H.I. est l'un des principaux partenaires culturels de ce projet.
« Merci à ceux qui ont pensé à moi, a indiqué Bernardo Toro. J’ai été touché par l’accueil et la motivation de l’équipe du lycée, tout particulièrement de sa proviseure. Je voudrais montrer aux élèves que la littérature est faite de matière vivante. J’aimerais partager avec eux la dimension d’enquête qui est au cœur de mon projet littéraire. J’aimerais aussi leur faire partager mon activité d’éditeur en les faisant participer au comité de lecture et à la réalisation d’un numéro de la revue (de nouvelles) "Rue Saint Ambroise", que je dirige ».
Après avoir entendu Martine Poulain lire des extraits de romans de l’auteur, les enseignants ont visité la Cité et l’exposition "Repères" présentée par Christiane Audran-Delhez, professeur relais.
De nombreuses actions révélatrices de la diversité des champs disciplinaires concernés par cette résidence d’écrivain verront le jour au lycée. Ainsi, sur une idée de Bernardo Toro, les élèves écriront le scénario d’un court métrage autour du thème : "l’adolescent entre recherche et rupture de soi". Autres actions prévues : l’écriture de fictions (nouvelles, courts récits, chansons), la transposition d’un extrait du roman de Bernardo Toro "De fils à fils" en courtes scènes, la réalisation d’une sculpture en métal par les élèves de RCI (Réalisations en Chaudronnerie Industrielle) à la suite de la lecture des œuvres de Bernardo Toro. L’écrivain leur proposera également des recherches historiques et documentaires sur les dictatures du Chili, de l’Argentine, de l’Uruguay.
Une journée de restitution des travaux conduit dans le cadre de cette résidence sera organisée fin mai à la Cité qui exposera dans sa médiathèque les productions écrites des lycéens et les mettra en ligne sur son site internet.
Une affaire à suivre…

vendredi 10 septembre 2010

Un troisième puits de secours sera bientôt creusé

«L'ingénieur André Sougarret (chef des opérations de forage) a dit que les camions commenceraient à arriver à partir de trois heures de l'après-midi (19h00 GMT) sur le chemin qui monte à la mine», a déclaré une source au sein de l'équipe de secours.
Cette route en terre étroite et sinueuse s'étend sur 40 kilomètres jusqu'à la mine de San José, où les 33 mineurs sont bloqués depuis plus d'un mois. Leur sauvetage n'est pas attendu avant début novembre, voire début décembre.
Ce troisième engin, spécialisé dans le forage pétrolier, percera un troisième puits de secours jusqu'à 700 m de profondeur, à un angle légèrement différent des deux premiers, une fois sa plate-forme installée, vers le 18 septembre. Il a une capacité de progression de 20 à 40 m par jour, selon la roche à perforer.
Les équipes de secours continuaient en revanche leurs «réglages» mécaniques sur l'une des deux autres machines déjà à l'oeuvre, la T-130, arrêtée mercredi après-midi, après avoir atteint 268 mètres de profondeur en trois jours.
Elle doit continuer à creuser jusqu'à 630 mètres pour élargir à 30 cm un étroit conduit de 12 cm déjà foré, par lequel les mineurs étaient ravitaillés. Ensuite viendra une deuxième étape d'élargissement au diamètre final voulu pour évacuer les mineurs à bord d'une nacelle (70 cm).
La T-130 a dépassé la «Strata 950», en action depuis dix jours et qui avait progressé mercredi jusqu'à 141 mètres sous terre, selon l'ingénieur Sougarret.
Mais cet engin là fore un puits totalement nouveau dans la roche et est donc plus lent dans sa progression.

JE N’ÉCRIRAI PAS SUR LES MINEURS CHILIENS

ne transformez pas cette longue saison en enfer de nos compatriotes en une vulgaire émission de télé-réalité
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L'auteur chilien Hernán Rivera Letelier, à bord d'un train français à grande vitesse (TGV). Photo Daniel Mordzinski, 23-03-2010
On m’a même offert d’écrire un scénario pour un film. “Vous qui avez été mineur, votre opinion nous intéresse, nous voulons savoir ce qui se passe dans la tête de ces 33 hommes.” J’ai refusé systématiquement toutes ces propositions. Je n’ai accepté que les interviews. Et si aujourd’hui j’écris sur le sujet, c’est pour expliquer mon refus. J’ai refusé parce que justement moi aussi, j’ai été mineur. Ecrire sur ces compagnons enterrés vivants, faire de la littérature avec leur tragédie, reviendrait à écrire un conte ou un poème sur le lit de mort de mon père, de mon fils ou de mon frère. Je ne suis pas là pour ça. Mon éthique me l’interdit. J’ai beau être un salaud parfois, il y a tout de même des limites.
Comme tout le monde, cette tragédie m’a profondément attristé, comme tout le monde, j’ai pleuré et comme tout le monde j’ai hurlé de joie quand j’ai appris qu’ils étaient encore en vie. Et je dois avouer que, même si je n’ai jamais été un fervent patriote, mon cœur a manqué lâcher dans ma poitrine quand j’ai entendu les premières strophes de l’hymne national sortir des entrailles de la terre portées par les voix rauques de ces 33 humbles Chiliens. J’étais en Amérique centrale quand j’ai appris la nouvelle. Au premier journaliste qui m’a appelé depuis le Chili j’ai répondu que si ces hommes n’étaient pas morts écrasés, ils allaient survivre jusqu’à ce qu’on les retrouve. Je lui ai dit que je les imaginais en train de s’organiser, de se réconforter les uns les autres, de se raconter des histoires et des blagues, de s’inventer des mensonges. Que les mineurs, comme les pêcheurs, étaient des hommes habitués à lutter contre l’adversité, contre les forces de la nature. Qu’ils ne se laisseraient pas mourir facilement et qu’ils étaient très croyants. Maintenant qu’ils savent que nous savons qu’ils sont en vie, maintenant qu’ils savent que leurs familles les attendent et qu’ils ont compris qu’ils devraient endurer une longue attente, leur courage ne faiblira pas. J’en suis persuadé. Ils sont 33, c’est un nombre sacré. Quand j’étais petit et que je vendais des journaux dans la rue – une expérience que j’ai racontée dans un de mes livres –, je ne vendais que 33 journaux, cela me suffisait pour manger et il ne m’est jamais resté un seul journal sur les bras. Trente-trois ans, c’était l’âge du Christ, et cela me portait chance. Je suis superstitieux, comme tous les mineurs. 33, c’est le chiffre de la mort et de la résurrection.
Et ces hommes sont morts et ressuscités. Laissez-moi demander deux choses pour ces mineurs. Seulement deux. La première s’adresse au gouvernement : ne manquez pas cette opportunité en or de passer à la postérité en réformant profondément la législation du travail pour que des malheurs de ce genre ne se produisent plus jamais – et profitez-en au passage pour suspendre par les couilles les propriétaires de la mine. La seconde s’adresse aux médias : ne transformez pas cette longue saison en enfer de nos compatriotes en une vulgaire émission de télé-réalité. Une fois qu’ils seront tirés d’affaire, vous ferez ce que vous voudrez – avec leur consentement ou non –, mais, en attendant, ayez la décence de respecter les tourments, l’angoisse et le supplice que cela représente d’avoir des millions de tonnes de roche au-dessus de la tête.

Un séisme de magnitude 6,1 enregistré au large du Chili


Aucune alerte au tsunami n'a été émise par le Centre d'alerte du Pacifique. Le séisme s'est produit à 3 h 28 (9h28 à Paris) à environ 35 kilomètres au sud-ouest de la ville côtière de Concepcion, à une profondeur de 17 kilomètres. Ce tremblement de terre a été enregistré à proximité de l'épicentre du séisme de magnitude 8,8 qui avait frappé le Chili le 27 février, déclenchant un tsunami qui avait fait 521 morts et balayé des villages entie

Soutien au peuple Mapuche à Paris

Représentants d’associations françaises, franco-chiliennes, de la culture, des étudiants et chercheurs ainsi que des journalistes, ont plaidé pour un Chili respectueux avec les peuples originaires. Par l’intermédiaire des discours, les participants ont rappelé les injustices subies par les mapuches depuis les débuts de la conquête du Sud par la jeune nation chilienne. Injustices qui se sont installées structurellement dans l’âme du pays par l’intermédiaire de la domination, de l’expropriation, de la non considération de leurs droits les plus élémentaires, du paternalisme et de l’infantilisation qui les condamnent à l’espace hybride de la folklorisassions.
Pour transformer ce processus infernal, nos frères et sœurs mapuches luttent depuis la nuit des temps et ne s’arrêteront pas d’aussitôt car leur lutte est juste ; ainsi témoigne le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies qui a recommandé à l’Etat chilien, entre autres, de « réviser l’application de la loi antiterroriste aux peuples autochtones » (recommandation du groupe de travail de l’Examen Périodique Universel du Chili, septembre 2009).
Dans l’urgence de la grève de la faim, leurs revendications se résument aujourd’hui à:
- La fin de l’utilisation de la loi 18.134, connue sous le nom de loi antiterroriste, appliquée tout spécialement contre le peuple Mapuche ;
- La révision de tous les jugements antérieurs concernant les membres de communautés mapuches condamnés au titre de la loi antiterroriste ;
- La fin du double jugement – civil et militaire – imposé aux inculpés mapuche pour des affaires à caractère civil ;
- La fin de la militarisation de leur territoire ;
- La reconnaissance de leurs droits environnementaux, sociaux, culturels et politiques, en accord avec la convention 169 de l’OIT approuvée par le congrès chilien et en vigueur depuis septembre 2009.
Les organismes signataires* font un appel aux autorités chiliennes à passer à l’acte et à arrêter de prendre les projets de loi pour des réalisations concrètes, à arrêter de planifier le futur des peuples autochtones à l’heure où ils ont le droit de participer aux décisions qui les concernent. Ces peuples ne doivent plus être seuls bénéficiaires des politiques publiques, ils sont des acteurs de leur avenir.
*Les signataires de ce communiqué sont : la Fondation France Libertés, l’AFAENAC, le Collectif pour les Droits de l’Homme au Chili, Mouvement contre le Racisme et l’Amitié entre les Peuples, Terre et Liberté pour Arauco, le Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques - CSIA Nitassinan, Nuevo Concepto Latino, Relmü Paris, Association Ex-Réfugiés Politiques de Fontenay sous Bois, Association La BiziKleta.

lundi 6 septembre 2010

Trois jours dédiés à Salvador Allende

par MARIG DOUCY > marig.doucy@nordeclair.fr
Lui est un enfant de la dictature. Né en 1973 au Chili, Rodrigo Hernandez a grandi au sein d'une société malmenée par le régime du général Pinochet. « Mais tout me paraissait normal, je ne connaissais que ce monde, explique le Chilien installé à Lille depuis cinq ans.
Cette société sous emprise a eu une grande influence sur l'imaginaire collectif. » De formation artistique - il a travaillé la photo, la peinture et la vidéo durant sept ans dans une école des Beaux-Arts au Chili -, il propose une expo-installation dès le 11 septembre à la Maison des droits de l'Homme Nelson Mandela.
« Je présente des oeuvres récentes pour l'occasion à partir d'images de Salvador Allende, j'évoque son héritage. » Neuf tableaux et une projection vidéo composeront l'accrochage intitulé « De grandes avenues ». Un hommage au dernier discours du président renversé. « Le 11 septembre 1973, une radio a retransmis son manifeste chargé d'espoir et d'humanité. Salvador Allende prédisait, à l'heure du coup d'État, que "plus tard, les grandes avenues s'ouvriront de nouveau..." » Pour cette exposition-installation, l'artiste visuel a fait appel à des amis chiliens « pour échanger les souvenirs qui (les) ont marqués. Cette expérience a été pour moi une véritable occasion de m'exprimer, je prends d'ailleurs la parole de façon autobiographique. »
Défense et droits de l'Homme et promotion de la culture
Et Rodrigo Hernandez d'évoquer toute une génération d'artistes, brimés durant leur enfance, qui à présent s'épanouissent dans différents domaines artistiques. « La population est aussi très politisée en raison de notre histoire récente. » L'artiste a été invité par l'association villeneuvoise Cordillera qui organise depuis plusieurs années un hommage à Salvador Allende. Fondée en 1990, l'association a en fait pris le relais du Front des Chiliens en exil. « Notre vocation est la défense des Droits de l'Homme en Amérique latine et en France, souligne Douglas Galleguillos, président de Cordillera. Nous oeuvrons aussi pour promouvoir la culture d'Amérique latine. » Un groupe de musique, du même nom, a d'ailleurs été créé, il est la vitrine de l'association.
Derrière cette vitrine fédératrice, les combats sont multiples. En tête : le soutien à la communauté indienne Mapuche qui veut récupérer 5 000 hectares de terres au Chili et la dénonciation de « l'impunité accordée aux sanguinaires ». Douglas Galleguillos parle avec force et conviction de ces causes. On sent toute l'importance que revêt l'hommage rendu à Salvador Allende. Et il reste pourtant encore tellement de choses à dire...w Vernissage samedi 11 septembre à 12 h 30 de l'expo-installation « De grandes avenues », Maison des droits de l'Homme Nelson Mandela, 89 chaussée de l'Hôtel-de-Ville. Entrée libre.
DU 10 AU 13 SEPTEMBRE : « ALLENDE TOUJOURS PRÉSENT »
L'hommage à Salvador Allende, renouvelé depuis plusieurs années à Villeneuve d'Ascq, est constitué de multiples manifestations : de l'initiation à la cuisine traditionnelle chilienne au rassemblement commémoratif. Vendredi 10. De 14 h à 17 h, ateliers d'initiation à la cuisine traditionnelle chilienne. À la Ferme d'en Haut, 268 rue Jules-Guesde. Samedi 11. À 12 h, rassemblement commémoratif : dépôt de gerbes, minute de silence, parole des associations, discours. Place Salvador-Allende. À 12 h 30, vernissage expo-installation « De grandes avenues » de Rodrigo Hernandez, artiste visuel chilien. Pot de la solidarité. MDH Nelson-Mandela, 89 chaussée de l'Hôtel-de-Ville. À partir de 17 h, conférence « Prisonniers politiques mapuches et nouveau contexte politique au Chili ». Rencontres artistiques et militantes, dégustation de cuisine traditionnelle. Ferme d'en Haut, 268 rue Jules-Guesde. Lundi 13. À 19 h puis à 21 h, projections des films La Ciudad de los fotografos (La ville des photographes ) et El diario de Don Augustin (Le journal de M. Augustin). Ou la vie des Chiliens durant la dictature de Pinochet vue par des photographes et le rôle ambigu du quotidien El Mercurio.w Maison des droits de l'Homme Nelson Mandela. Tél. : 03.20.43.50.11. Cordillera, tél. : 03.20.05.21.35. cordillera@orange.fr.