vendredi 1 octobre 2010

Le Real Madrid envoie des maillots dédicacés aux mineurs chiliens

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Les maillots portent le message "Courage, mineurs" et ont été remis, avec un album de photos de l'ensemble de l'équipe, au ministre chilien des Mines Laurence Golborne, qui se chargera de les transmettre aux mineurs.
Le Real a publié sur son site des photos de l'entraîneur portugais José Mourinho et des stars de l'équipe, Cristiano Ronaldo, Iker Casillas ou encore Sergio Ramos, en train de signer les maillots, qui ont le numéro 33 au dos.

LUIS SEPULVEDA: « LE PRÉSIDENT CHILIEN, SON MODÈLE, C'EST BERLUSCONI »

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Luis Sepulveda par DANIEL MORDZINSKI 26-04-2010


Venu au Festival de Biarritz présenter son dernier roman « L'ombre de ce que nous avons été », l'écrivain chilien nous a confié ses sentiments amers sur son pays, ou sur le sort réservé aux Mapuche.

La très grande salle du Casino Municipal se révéla trop petite ce jeudi matin pour accueillir les très nombreux spectateurs du Festival d'Amérique Latine de Biarritz venus à la rencontre de l'écrivain chilien Luis Sepulveda, qui y présentait son nouvel ouvrage, "L'ombre de ce que nous avons été".

Situé dans un quartier populaire de Santiago de Chili, le récit s'attache au désir de revanche sur l'Histoire de trois anciens militants de gauche, condamnés à l'exil par le coup d'Etat de Pinochet, qui, trente-cinq ans après, se retrouvent pour participer à une ultime action révolutionnaire.

C'est avec autant d'ironie que de tendresse que l'auteur du "Vieux qui lisait des romans d'amour", des "Roses d'Atacama" ou de "La folie Pinochet" s'est retrouvé en prise avec cet ouvrage qui, contrairement à bien de ses oeuvres, se déroule entièrement au Chili, "mon pays de la mémoire, définitivement différent du pays réel, ce qui interdit tout autant la mélancolie qu'une fin d'exil", a-t-il expliqué.

Aujourd'hui vivant en Espagne, dans les Asturies, Sepulveda a livré quelques clés autant esthétiques que citoyennes qui le poussent à écrire, "le plus beau métier du monde", et le confrontent aux images obsédantes du passé, avec la certitude que "l'humour est l'une des principales armes d'une littérature courageuse".

Repoussant avec énergie la notion d'écrivain engagé ("une invention française qui ne veut rien dire, quand le seul vrai courage est celui d'être un citoyen engagé"), il évoque sa génération, qui vécut "le plus long et le plus merveilleux mai 1968", qui commencença dès 1967 au Chili, et "s'interrompit brutalement en 1973, un 11 septembre, avec le coup d'Etat de Pinochet et la mort du Président Salvador Allende".

"Nous avions mis en marche la capacité d'imaginer un futur différent, dans un moment intense de révolution des idées, et même si nous avons découvert que, sous les pavés, il n'y avait pas de plage, cette période s'est remplie d'utopies à même de reconstruire un monde dévasté par la seconde guerre mondiale, mais qui reproduisait les mêmes conditions d'échec des civilisations", estima-t-il.

Parmi les nombreux spectateurs conquis et ravis, Luis Sepulveda s'adressa plus particulièrement aux nombreux jeunes présents dans la salle.

"Notre dernière utopie aujourd'hui est que nous pensons que vous allez contruire de nouvelles utopies, et poursuivre ces combats que nous n'avons pas pu mener à leurs termes, comme la lutte pour l'égalité de la femme ou l'écologie", leur déclara-t-il.

Une longue, très longue séance de signatures mit fin à cette rencontre, laissant le souvenir précieux d'un nouveau moment d'exception offert par cette 19ème édition du Festival de Biarritz.

Entretien eitb.com avec Luis Sepulveda

La mélancolie, "ce bonheur d'être triste, comme l'a décrit l'écrivain italien Guiseppe Lampedusa", est loin d'être le moteur de la création ou de l'action de Luis Sepulveda, exilé après le coup d'Etat de Pinochet, après avoir été emprisonné et torturé comme nombres de ses compatriotes.

Observateur opiniâtre des bouleversements sociaux et politiques du Chili, il a officié dans le champ créatif du roman, de la nouvelle, du théâtre et du journalisme, "qui devrait être considéré comme un genre littéraire en soi".

Son exil l'a contraint à une existence de "citoyen de 2ème classe, qui a échappé au sort des citoyens de 3ème classe quand, comme en France, on vient vous chercher pour vous renvoyer dans un pays où vous pouvez être tué dès que vous arrivez".

L'élection du nouveau président chilien, Sebastian Piñera, en mars 2010, "une épreuve morale très douloureuse", lui semble l'aboutissement d'un processus démocratique qui n'a jamais eu "le courage de modifier la Constitution chilienne mise en place par Pinochet".

Le maintien notamment de cet "article étrange sur le caractère constitutionnel et inaliénable du développement économique du Chili" est un champ fertile pour que "ceux qui ont su faire fructifier ce mythe de la réussite financière, tel que mis en place par la dictature".

"Le président chilien actuel ne représente absolument rien de la démocratie, si on refuse de la considérer comme un produit économique comme le fait cet homme d'affaires qui est à la tête des principaux médias du pays", estime-t-il, "ce qui fait que Sebastian Piñera, son modèle, c'est Berlusconi, le résultat d'un pacte affairiste qui a usurpé la démocratie au profit d'une sorte de contrat signé par un impresario du succès pour le pays".

La situation vécue par les indigènes Mapuche, au centre sud du pays, est également vécue comme une profonde et odieuse blessure.

"Les demandes légitimes des premiers habitants historiques, en termes d'accès aux terres qui leur appartiennent ou en termes de défense de sa culture millénaire, n'ont pour seule réponse que l'application de lois anti-terroristes, qui les privent de défense, les envoient en prison une cagoule sur la tête, et perpétuent une attitude insupportable et inacceptable vis à vis de ce peuple qui a tant de choses à apprendre à l'humanité entière, notamment en termes de respect de l'environnement", grondera-t-il.
Aujourd'hui, une trentaine d'entre eux sont en grève de la faim depuis près de 80 jours, entrainant un chemin sans retour vers la vie, et ce dans l'indifférence de la société chilienne, "dont la majorité doit accepter qu'on lui rappelle qu'elle est profondément raciste".

Dans un ciel toujours aussi encombré des nuages de colère et d'incompréhension, l'absence d'une presse écrite réellement indépendante et le contrôle des médias audiovisuels participent à son sens d'un même projet politique d'abrutissement des masses, tout comme "le prix des livres, extrêmement élevé, qui ne permet pas aux Chiliens d'avoir accès à d'autres voix que celles autorisées par les gouvernants".

Au Chili, l'amour existe, pourtant, qui a vu plus de 7.000 Chiliens prendre d'assaut le quartier du Salon Pablo Bolivar où, quatre ans auparavant, Luis Sepulveda fut accueilli officiellement pour une rencontre littéraire à Santiago.

Comme beaucoup d'autres avant lui, la marge représentée par la création littéraire, dans laquelle son travail est inscrit, ne pourrait représenter qu'un caillou, guère plus, dans un désert d'indifférence ou de déni, ou dans la chaussure d'un puissant.

L'Histoire du Chili l'a montré, depuis longtemps : ces cailloux mis côte à côte ont parfois constitué une barrière contre laquelle l'ignominie et la vulgarité se sont cassés les dents.

jeudi 30 septembre 2010

Le sort des Mapuches au Chili

Depuis des années, ces derniers dénoncent des lois d’exceptions qui valident des détentions préventives à rallonge, le recours à des témoins «sans visages », anonymes, payés par la police pour dénoncer les militants les plus actifs, et qui condamnent à de lourdes peines des Mapuches accusés de banals incendies de véhicules. A la veille de trois procès les concernant, ils ont lancé le plus important mouvement collectif de grève de la faim que ce pays ait connu. Ils dénoncent aussi l’acharnement des autorités à qualifier de « terroristes » des pratiques communes au reste du continent — occupations de propriétés d’entreprises ou de grands propriétaires par des groupes ethniques paupérisés . Enfin ils demandent la récupération de leurs terres et leur autonomie administrative.
Pour réprimer leurs actions revendicatives, les pouvoirs publics appliquent depuis longtemps une loi antiterroriste, qui impose des peines bien plus lourdes que celles de la législation civile ordinaire. De plus, certains des accusés sont soumis à une double condamnation, par les tribunaux civils et par les tribunaux militaires. L'ironie de cette histoire c'est que la loi antiterroriste fut créée par la dictature de Pinochet. Et par la suite, cette loi a été maintenue et appliquée par les gouvernements élus démocratiquement, présidés par Ricardo Lagos et par Michelle Bachelet, non pas contre les coupables de crimes sous la dictature, mais contre les indigènes qui revendiquent la récupération de terres qu'ils considèrent leur appartenir.
Pour enrayer cette menace, l’oligarchie chilienne sort souvent casques, boucliers et matraques pour bâillonner les populations indigènes, au grand dam des défenseurs des droits humains. Ces protestations ont été relayées par l’Organisation des Nations unies . En 2007, le Comité des droits de l’homme, puis, en 2009, le rapporteur spécial sur la situation des droits et des libertés des autochtones ont dénoncé les politiques de discrimination raciale en vigueur. En réalité , le Chili renâcle à reconnaître sa composition multiculturelle et laisse peu d’espace d’expression à ses huit peuples autochtones. La convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT), seul accord international relatif aux peuples indigènes, n’est entrée en vigueur qu’en septembre 2009. Mais l’impasse est encore solide sur le plan politique. Les Mapuches se heurtent au blocage des élites de Santiago qui verrouillent tous les chemins débouchant sur une autonomie des peuples indigènes . L’arrivée au pouvoir d’une droite sans complexe, alliée aux barons de « l’ère Pinochet », ne facilite pas la situation. L'actuel président de la république ne se préoccupe pas plus du sort du peuple Mapuche que ses prédécesseurs. En témoignent les suites du violent tremblement de terre de février 2010, dont l’épicentre se situe à la limite nord du pays mapuche. Alors que de nombreuses villes où habitent des mapuches ont été ravagées par les tsunamis postérieurs à la secousse tellurique, l’Observatoire citoyen, une organisation non gouvernementale, observe qu’elles figurent au nombre des grands oubliés de la reconstruction. Parallèlement, le gouvernement Piñera intensifie la répression. Les descentes musclées de bataillons de carabineros se multiplient dans les communautés.
Cependant, devant la détermination des grévistes et les protestations internationales, le gouvernement semble aujourd'hui un peu plus sensible à leur demande . Il appelle désormais à la « réouverture » d’un dialogue qui n’a jamais été engagé. Il promet une réforme imprécise des vestiges de la dictature. En attendant la conrétisation de ces belles paroles les grèvistes continuent leur résistance.

Soutien aux grévistes mapuche

Photos Collectif pour les Droits de l’Homme au Chili
Deux cents personnes se sont réunies à la manifestation qui a au lieu à la Place Salvador Allende dans le septième arrondissement de Paris, en face de l'Ambassade du Chili en France.
Les revendications de leurs communautés et de leur peuple sont :
• La fin de l’utilisation de la loi 18.134, connue sous le nom d’antiterroriste, appliquée tout spécialement contre le peuple Mapuche ;
• La fin de la double procédure – civile et militaire – imposée aux seuls inculpés Mapuche pour des délits relevant du droit pénal civil ;
• La révision de tous les jugements antérieurs concernant les membres de communautés Mapuche condamnés au titre de la loi antiterroriste.
• La reconnaissance de leurs droits environnementaux, sociaux, culturels et politiques, en accord avec la Convention 169 de l’OIT approuvée par le Congrès chilien et en vigueur depuis septembre 2009.

mercredi 29 septembre 2010

Montréal : Soutien aux Mapuche du Chili

Dans l’espace-temps d’une soirée , une partition improvisée mêlant musique, poésie ,installation vidéo et concert, propose de partager l’émotion de notre rencontre avec le peuple Mapuche et l’expression de notre solidarité avec sa lutte. Cette soirée est l’occasion pour nous de rendre sensible une actualité politique héritière d’une longue histoire de résistance, encore peu médiatisée et peu connue par la société. Cette soirée est aussi l’occasion pour les artistes et le publique d' apporter une aide concrète aux communautés Mapuches victimes de la répression militaire et juridique.
Tous les fonds récoltés seront envoyé directement au Comité des Familles des Prisonniers Politiques Mapuches (FPPM), avec lesquels nous sommes en contact direct par le biais de Maria Tralcal, werkén (porte-parole) et représentante des familles des prisonniers politiques à Temuco et du Comité des Organisations Autonomes Mapuches (COOAMS).
Venez en grand nombre soutenir cet acte de conscience, d'amour et de solidarité!!
Avec la participation de:
Conseil Traditionnel Mohawk de Kanawake
Kebeko (Pérou-Haiti)
Sergiu Popa (Moldavie)
Surkalén (Chili-Russie)
Werkén (Chili-Guatemala-France)
Marcela Pizarro (Chili)
Aspasia Worlitzky (Chili)
José D'Amodio (Argentine)
Date: Samedi, 2 Octobre, 2010 - 19:30 - 21:30
Emplacement

Al Sur Tango
370 Jean Talon Est, deuxieme étage coin St Denis
Montréal, QC
Canada
Voir Ici
Billets: 10$ à l'avance
15$ à l'entrée

mardi 28 septembre 2010

30 000 pèlerins au Chili, dont le président

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Le milliardaire conservateur Sebastián Piñera, Président de la République, a participé à dimanche 26 septembre 2010 à procession de la Vierge "Notre Dame du Mont-Carmel" (Virgen del Carmen) dans les rues de Santiago du Chili.. Photo Alex Ibañez.
C'était sans doute la dernière liturgie du cardinal Francisco Javier Errázuriz, qui doit laisser sa charge d'archevêque de Santiago. Le Président Sebastián Piñera, accompagné d'un groupe d'enfants, a participé à la cérémonie. Il a hissé l'étendard du pays, lequel avait été offert à la Vierge le 19 décembre 1926, quand elle a été proclamée par le Pape Pie XI comme Reine et Patronne du Chili.
En outre, une délégation de 33 mineurs a marché avec l'image de la Vierge pour la remercier d'avoir maintenu en vie les 33 collègues mineurs bloqués. Cette procession est une des manifestations religieuses les plus anciennes de l'Église de Santiago. Ses origines remontent au XVIIe.

Chili: risques oculaires, d'infection, de stress pour les 33 une fois sauvés

"Ils pourraient avoir des problèmes comme l'exposition à la lumière intense du soleil", a déclaré le ministre de la Santé Jaime Manalich samedi à la presse près de la mine San Jose (nord). "Il devront protéger leur vue", car ils risquent une affection "qui abîmerait gravement la rétine".
Les hommes pourraient aussi présenter "des problèmes d'infections par des germes" présents dans l'environnement, malgré les vaccinations qui leur ont été administrées dans les jours suivant leur découverte en vie à 700 m sous terre, le 22 août.
Le passage à l'air libre pourrait aussi entraîner pour certains d'entre eux des problèmes respiratoires ou des problèmes de tension, a ajouté M. Manalich.
Enfin il y a le stress post-traumatique, "qui peut durer plusieurs semaines ou plusieurs mois", et qui nécessitera une réadaptation à la "vie normale" après cette situation de confinement sur plusieurs mois.
Les 33 mineurs pris au piège dans une vaste galerie depuis un éboulement le 5 août devraient être remontés à la surface via une nacelle treuillée le long de puits de secours, "aux premiers jours de novembre", a réaffirmé samedi le ministre des Mines Laurence Golborne.
Cette échéance pourrait être avancée "si tout va très bien", mais aussi retardée, en cas de difficultés, a-t-il ajouté.
"On ne peut pas faire de conjecture sur une date de la fin des secours", a-t-il souligné.