mercredi 5 septembre 2018

AU CHILI, LES HABITANTS DE L'ÎLE DE PÂQUES RÉCLAMENT AU BRITISH MUSEUM LA RESTITUTION D'UNE DE LEURS STATUES





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ÉMISSION DU MERCREDI 5 SEPTEMBRE 2018 

L'île de Pâques veut récupérer l'une de ses plus célèbres statues. Les autorités de Rapa Nui, le nom polynésien de ce territoire chilien du Pacifique, ont obtenu pour la première fois l'appui du gouvernement chilien pour demander officiellement au British Museum de Londres de rendre un moai, une grande sculpture en pierre volcanique offerte à la reine d’Angleterre par un explorateur britannique, au milieu du XIXe siècle.

Du troc remis en question

Cette statue, datant plus de huit siècles, haute de 2,40 mètres, est unique. Au dos de ce moai se trouvent des inscriptions liée au culte de l'homme-oiseau, une divinité adorée par le peuple de l’île, les Rapanui. Et on ne les retrouve sur aucune des autres statues, près de 900, présentes sur l'île de Pâques. Quand l'officier de a marine britannique qui a rapporté ce moai est arrivé sur place, en 1868, cette statue était placée à l'entrée d'un site religieux, et il l'a achetée en la troquant contre d’autres objets. Un échange remis en question aujourd'hui par les autorités de l’île de Pâques, qui n'étaient à l’époque pas en mesure de négocier.

L'île de Pâques a déjà formulé cette demande de restitution au British Museum. Ces dernières années, de nombreux pays dans le monde ont demandé à de grands musées internationaux de rendre des pièces importantes qu'ils détenaient. Des demandes faites au nom de la récupération du patrimoine national et parce que, dans beaucoup de cas, les pièces avaient été usurpées lors d'expéditions coloniales.

Pour le retour du moai, le site a été amélioré

Quand les autorités de l'île de Pâques ont fait leur première demande au British Museum en 2016, la direction avait alors répondu que les conditions n'étaient pas réunies sur l'île pour assurer la bonne conservation de cette pièce unique. Mais aujourd'hui, le site où se trouvent la plupart des moais est beaucoup mieux entretenu. Et les autorités de l'île proposent de mettre à disposition leurs meilleurs artisans pour confectionner une nouvelle statue qu'ils offriraient au British Museum pour compenser leur perte.

On estime qu'il existe une dizaine de moais répartis dans différents musées internationaux, dont le musée du quai Branly - Jacques Chirac à Paris. Et d'ailleurs les autorités de l'île de Pâques, qui dépend du Chili mais se trouve à 3 500 kilomètres du continent, demandent à plusieurs musées chiliens de rendre les moais qu'ils exposent, notamment à Viña del Mar, à 100 km de la capitale Santiago. Les habitants de l'île soulignent que la statue, exposée devant un musée de cette ville balnéaire représente leurs ancêtres. Mais selon la direction du Museo Fonck, elle a été offerte par les Rapanui, et elle risquerait d'être endommagée si elle était déplacée.

    mardi 4 septembre 2018

    CHILI: DES SCIENTIFIQUES DÉCOUVRENT LE MOMENT CRITIQUE AVANT LA MORT DES ÉTOILES


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    UN FLASH, PUIS UNE EXPLOSION MORTELLE. 
    VUE D'ARTISTE CREDIT  NAOJ 
    Des scientifiques ont découvert grâce à un télescope au Chili que les supernovas, des étoiles en fin de vie, émettent un flash avant l'explosion qui signifie leur mort.
    FRANCISCO FÖRSTER
    Cette lueur s'explique par le choc entre le gaz en expansion de la supernova et un matériau d'origine inconnue qui entoure l'étoile, selon Francisco Förster, responsable d'un programme de recherches mené au sein de l'Université du Chili et l'Institut d'astrophysique du millénaire (MAS).

    "Cela nous permet de comprendre un peu mieux la fin d'une famille d'étoiles, très massives, qui à l'intérieur brûlent des éléments comme de l'hydrogène et de l'hélium", explique le scientifique à l'AFP. Les plus massives brûlent jusqu'au fer de sorte qu'elles "perdent leur source de pression et la gravité finit par gagner, provoquant l'effondrement", détaille-t-il.

    C'est précisément avant ce phénomène qu'elles émettent cette lueur, selon les observations du télescope Blanco de Cerro Tololo, positionné dans le désert de l'Atacama (nord du Chili), le plus sec du monde.

    Pour le scientifique, ces résultats modifient la compréhension des explosions de supernovas et la mort des étoiles. Ils ouvrent des pistes pour appréhender "le comportement mystérieux des étoiles massives sur le point d'exploser", souligne Takashi Moriya, astronome à l'Observatoire astronomique national du Japon, cité dans un communiqué de l'Université du Chili.

    "Quand l'étoile est à cours de combustible, un mécanisme à l'intérieur provoquerait la perte de matériau dans ses zones les plus périphériques, juste avant l'explosion, mais nous n'avons pas une idée claire du mécanisme qui provoquerait cela", ajoute-t-il.

    Förster espère que ces résultats ouvriront des perspectives pour de nouvelles recherches rendues possibles grâce aux télescopes géants en construction dans le nord du Chili, comme le Large Synoptic Survey Telescope, qui chaque nuit balaiera le ciel pour rapporter "10.000 événements toutes les 30 secondes".

    Les résultats de ces recherches menées par les scientifiques chiliens pendant quatre ans ont été récemment publiées dans la revue Nature Astronomy.

    vendredi 31 août 2018

    AU CHILI, LE SCANDALE DE LA PÉDOPHILIE AU SEIN DE L’ÉGLISE PREND DE L’AMPLEUR

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    LE PAPE FRANÇOIS-SISYPHE / SUR LE ROCHER : “ABUS SEXUELS COMMIS PAR LE CLERGÉ”. DANS LA BULLE EN BAS À DROITE : “SI L’ÉGLISE ÉTAIT UNE ENTREPRISE, TOUS LES DIRECTEURS DEVRAIENT ÊTRE LICENCIÉS AFIN DE REPARTIR À ZÉRO…” TURNER PARU DANS THE IRISH TIMES, DUBLIN
    Les enquêtes ouvertes sur des agressions sexuelles commises par des membres du clergé catholique sont passées de 38 à 119 à la fin d’août.  Le scandale lié à la pédophilie au sein de l’Église catholique chilienne prend de l’ampleur. Le parquet a annoncé vendredi 31 août par un communiqué que « le nombre actualisé des enquêtes ouvertes pour des agressions sexuelles commises par des membres de l’Eglise catholique au 31 août est de cent dix-neuf », visant notamment sept évêques. Il était précédemment de trente-huit.
    Le Monde avec l'AFP
    Les autorités chiliennes ont procédé ces dernières semaines à des perquisitions dans des institutions de l’Église, dont les sièges de la Conférence épiscopale et de la Congrégation des frères maristes, toutes deux à Santiago. Ce sont les preuves réunies qui ont permis d’ouvrir ces nouvelles enquêtes, d’après des sources judiciaires.

    Selon les derniers chiffres, ces enquêtes visent cent soixante-sept personnes, dont sept évêques et quatre-vingt-seize prêtres. Figurent aussi sur les registres du ministère public quatre diacres, trente religieux qui ne « sont pas des prêtres », dix laïcs et vingt personnes dont on ne précise pas le statut. Au total, le nombre de victimes de ces affaires en cours s’élève à cent soixante-dix-huit, dont soixante-dix-neuf mineurs.

    Lire aussi :   Agressions sexuelles : la pression s’accentue sur le Saint-Siège

    Parmi les personnes mises en cause par la justice, on trouve l’archevêque de Santiago, Ricardo Ezzati. Son audition par la justice, initialement prévue en août, avait été reportée sine die à la demande de ses avocats. Né en Italie, Ricardo Ezzati avait été convoqué le 21 août par le procureur régional de Rancagua (Centre), Emiliano Arias, afin de répondre aux accusations de dissimulation de sévices sexuels, en plein scandale de pédophilie et d’omerta qui ébranle le clergé chilien.

    La plupart des preuves qui ont permis d’accuser Mgr Ezzati ont été saisies au cours d’une perquisition à l’archidiocèse de Santiago, l’Eglise catholique ayant refusé jusqu’alors de remettre à la justice des documents demandés, invoquant le respect des victimes. Par ailleurs, le Parlement chilien envisage de retirer sa nationalité au cardinal Ezzati, italien, naturalisé en 2006.

    Tourmente et excuses

    Au début d’août, les évêques chiliens se sont excusés d’avoir « manqué à leurs devoirs de pasteurs » et de ne pas avoir « écouté, cru, reçu ou accompagné les victimes des graves péchés et des injustices commises par les prêtres et par les membres de l’Église », au terme d’une assemblée extraordinaire de la Conférence épiscopale.

    L’Église catholique chilienne est en pleine tourmente depuis la visite du pape en début d’année et la multiplication d’enquêtes par la justice dans les mois qui ont suivi sur des agressions sexuelles présumées de mineurs et d’adultes depuis les années 1960.

    Lire aussi :   L’Église chilienne et la loi du silence

    Au cours d’un voyage au Chili, en janvier, le pape François avait défendu avec force l’évêque chilien Juan Barros, soupçonné d’avoir tu les crimes d’un vieux prêtre pédophile, se disant persuadé de son innocence et demandant aux victimes présumées des preuves de culpabilité. Il avait ensuite présenté des excuses, puis avait dépêché au Chili Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte, chargé d’enquêter sur les cas de pédophilie parmi les prêtres, afin de s’entretenir avec les victimes. En mai, il avait invité à Rome certaines des victimes et avait convoqué l’ensemble des évêques chiliens. Ces derniers avaient présenté leur démission en bloc à l’issue de la rencontre, une première.

    Pour l’heure, la démission de cinq évêques a été acceptée par le souverain pontife dans le cadre de ce scandale. Le prêtre Oscar Muñoz, ancien bras droit de l’archevêque Ezzati, est en détention préventive pour agression sexuelle d’au moins sept mineurs. Les autorités de l’Eglise catholique chilienne « auraient pu et auraient dû » éviter de nombreuses agressions sexuelles d’enfants, a déploré le président chilien, Sebastian Piñera. Selon un sondage de la société Cadem, 96 % des Chiliens considèrent que l’institution protège les prêtres accusés de sévices sexuels et 83 % d’entre eux estiment que le clergé n’est ni honnête ni transparent.

    Lire aussi :   Un cardinal chilien accusé d’avoir dissimulé un scandale de pédophilie


    jeudi 23 août 2018

    RAPA NUI - POURQUOI L’ÎLE DE PÂQUES CHANGE DE NOM ?


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    LE "RANO KAU" UN VOLCAN DU CHILI SITUÉ À 
    LA POINTE SUD-OUEST DE L'ÎLE DE PÂQUES.
    Célèbre pour ses statues de pierre colossales, l’Ile de Pâques est sur le point de changer officiellement de dénomination. La Chambre des députés chilienne vient en effet d’approuver une loi visant à préserver la culture autochtone de ce territoire aux traditions singulières. 
     RAPA NUI - POURQUOI L’ÎLE DE PÂQUES CHANGE DE NOM ? 
    Son nouveau nom ? Rapa Nui, en référence à celui donné par Hotu Matu’a, premier chef de cette tribu insulaire. “La dénomination “île de Pâques” est complètement étrangère à leur histoire” a souligné Osvaldo Andrade, l’un des députés à l’origine de ce projet de loi présenté initialement au Congrès en 2016.

    Découverte par les navires néerlandais en avril 1722 puis rattachée au Chili en septembre 1888, l'Île de Pâques tient son appellation actuelle de la fête religieuse éponyme, l’explorateur Jakob Roggeveen ayant foulé son sol… le jour de Pâques. Un mépris de la culture Rapa Nui, auquel s’ajoute un passé esclavagiste douloureux : “Au XIXe siècle, les navires péruviens venaient chercher des insulaires et les ramenaient au pays pour en faire des esclaves” explique au site Emol Martín Lara, professeur d'histoire à l’université catholique Silva Henríquez. Selon un rapport du conseil des anciens Rapa Nui, cette déportation aurait concerné 35% des indigènes alors présents sur l’île et entrainé un affaiblissement notoire de leur culture. “Restaurer le nom “Rapa Nui” permettrait en quelques sortes de restaurer cette mémoire”, précise l’expert. 


    PHOTO GAVIN HELLIER
    Une démarche soutenue par le gouvernement, qui s’est engagé à traiter rapidement cette problématique. “Nous voulons faire un acte de revendication historique et reconnaître l'origine millénaire de l'île”, a déclaré début août le Président Piñera. "Il ne s'agit pas de changer le nom, mais simplement de reconnaître le nom que les personnes qui vivent sur cette île lui donne” a renchéri Felipe Ward, Ministre des biens nationaux, au micro de Radio Cooperativa.

    S’il salue le projet de loi, le maire de l’actuelle Ile de Pâques, Pedro Edmunds Paoa, rappelle que l’administration chilienne pourrait faire plus encore. “Le Chili n'a pas voulu faire une reconnaissance fondamentale des peuples d'origine, ce qu'ils font avec nous est une chose très mineure du point de vue du législateur” a t-il déploré. Selon Marcelo Diaz, député PS, “si cette résolution rend justice au peuple Rapa Nui, elle n'est que le point de départ d’un long processus en reconnaissance, de respect, d’identité et de dignité”.

    Ce projet de loi, qui prévoit également de nouvelles conditions de séjour sur l’île, est actuellement examiné par les Sénateurs.

    jeudi 16 août 2018

    AGRESSIONS SEXUELLES : LA PRESSION S’ACCENTUE SUR LE SAINT-SIÈGE


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    UNE ÉGLISE CATHOLIQUE, À PITTSBURGH
    (PENNSYLVANIE), LE 14 AOÛT 2018
    PHOTO JASON COHN / REUTERS
    Le rapport de la justice américaine sur la Pennsylvanie mettant en cause 300 prêtres s’ajoute à une série d’affaires concernant des hiérarques catholiques pendant l’été.
    PHOTO JEFF SWENSEN 
    Quelque trente ans après les premiers grands scandales publics, l’Église catholique est loin d’en avoir fini avec les affaires de pédophilie et, plus largement, d’agressions sexuelles.

    L’atterrant rapport de la justice américaine sur soixante ans d’agressions et de viols commis dans les diocèses de Pennsylvanie par 300 prêtres sur au moins 1 000 enfants et adolescents, publié mardi 14 août, l’a encore montré.

    Les auteurs admettent que « beaucoup de choses ont changé depuis quinze ans » dans cette institution, en particulier parce qu’elle est plus encline à saisir la justice. Mais ils constatent que des exactions continuent d’être commises et doutent manifestement que la protection accordée pendant des décennies à leurs auteurs par leur hiérarchie ait totalement disparu : « Jusqu’à ce que cela change, nous pensons qu’il est trop tôt pour refermer le livre des scandales sexuels de l’Église catholique. »

    « Culture de l’abus »

    Le pape François ne peut être en désaccord avec ce constat, lui qui a récemment évoqué la « culture de l’abus » et de la protection des agresseurs par leur hiérarchie. Depuis sa désastreuse visite au Chili, en janvier, et l’accusation de « calomnie » lancée aux victimes d’un prêtre prédateur, cette question domine totalement son pontificat et la pression grandit pour que des décisions soient prises.

    LE 4 AOÛT, LE CARDINAL A ANNONCÉ QU’IL RENONÇAIT 

    À PRÉSIDER, LE 18 SEPTEMBRE, LE TRADITIONNEL 
    TE DEUM POUR LA PATRIE, ÉVÉNEMENT AUQUEL PARTICIPE 
    Une bonne partie de son emploi du temps est consacrée à trouver comment sauver du naufrage l’Église chilienne, dont tous les évêques lui ont remis leur démission en mai. Il a reçu des victimes de prêtres abuseurs et accepté la démission de cinq prélats. Mais plusieurs hiérarques encore en fonction sont accusés d’avoir couvert les agissements des dizaines de clercs soupçonnés ou convaincus d’agressions.

    Les critiques visent en particulier le cardinal Francisco Javier Errazuriz, membre du C9, le conseil de neuf cardinaux dont s’est entouré François, et le cardinal Ricardo Ezzati, archevêque de Santiago. Ce dernier est convoqué le 21 août par le procureur qui enquête sur plusieurs affaires d’agressions sexuelles. Le 4 août, le cardinal a annoncé qu’il renonçait à présider, le 18 septembre, le traditionnel Te Deum pour la patrie, événement auquel participe largement le personnel politique.

    S’en tenir à une « vie de prière et de pénitence»

    Selon la presse chilienne, le président de la République, Sebastian Piñera, aurait menacé de ne pas s’y rendre en cas de présence du cardinal Ezzati. Pendant ce temps, la justice du pays continue d’enquêter. Mardi, elle a ainsi perquisitionné le siège de la conférence épiscopale. Le 1er août, le procureur national a officiellement demandé à l’État du Vatican d’avoir accès aux dossiers canoniques de neuf clercs soupçonnés d’agressions sexuelles.

    Le Chili n’est pas le seul cas dont le pape a eu à traiter cet été. Le 30 juillet, François a obtenu la démission d’un archevêque australien, Philip Edward Wilson, condamné le 3 juillet à un an de prison pour avoir couvert des actes de pédophilie, et qui jusqu’à présent avait refusé de démissionner. Les autorités politiques australiennes avaient aussi exercé une pression sur le Saint-Siège pour que des décisions soient prises. « Le temps est venu pour le pape de le limoger », avait déclaré le premier ministre australien, Malcolm Turnbull, le 19 juillet.

    Un autre prélat australien, et non des moindres, attend son procès pour des accusations d’agressions sexuelles. Il s’agit du cardinal George Pell, membre lui aussi du C9 du pape et responsable des affaires économiques du Vatican.

    Le 28 juillet, le pape François a accepté la démission du collège des cardinaux de Theodore McCarrick, 88 ans, ancien archevêque de Washington, accusé d’abus sur mineurs et sur de jeunes majeurs. Fait sans précédent, avant même que le procès ait lieu, il lui a demandé de s’en tenir à une « vie de prière et de pénitence ».

    « Grave faute morale »

    La mise en cause de cette éminente figure de l’Eglise américaine n’a pas fini de soulever des questions gênantes dans la mesure où il semble que sa conduite sexuelle n’était pas précisément un secret pour tout le monde. Le président de la conférence épiscopale américaine, le cardinal Daniel DiNardo, a lui-même reconnu que le fait que des plaintes contre Theodore McCarrick aient été tenues secrètes « pendant des décennies » était une « grave faute morale ».

    LE CARDINAL THEODORE MCCARRICK, ARCHEVÊQUE ÉMÉRITE
    DE WASHINGTON, ET LE PAPE FRANÇOIS,
    À WASHINGTON, LE 23 SEPTEMBRE 2015.
    PHOTO JONATHAN NEWTON  
    Aux États-Unis, les regards se sont déjà tournés vers le plus haut responsable américain au sein de la curie romaine, le cardinal Kevin Farrell, chef du dicastère (ministère) pour la famille et les laïcs. Ordonné par Theodore McCarrick, il a été son vicaire général à Washington jusqu’en 2006. Interrogé par l’agence Associated Press sur ce qu’il savait de la conduite de son mentor, il a affirmé qu’il n’avait jamais eu ne serait-ce qu’un soupçon et n’avait jamais eu connaissance d’aucune plainte.

    Le 20 juillet, enfin, sans explications, le pape a accepté la démission d’un évêque auxiliaire de Tegucigalpa (capitale du Honduras), Juan José Pineda, 57 ans. Le prélat était l’adjoint du cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, lui aussi membre du C9 de François. En 2017, le Vatican avait conduit une enquête sur Juan José Pinera à la suite, semble-t-il, d’accusations concernant sa vie sexuelle.



    Les 25 et 26 août, François se rendra en Irlande pour une visite à l’occasion des Rencontres mondiales sur la famille. Dans ce pays où tant de violences sexuelles contre des mineurs ont eu lieu, notamment dans le cadre d’institutions dirigées par l’Église, la parole du chef de file des catholiques sur ces questions sera attendue.

    ETIENNE BALIBAR : « POUR UN DROIT INTERNATIONAL DE L’HOSPITALITÉ »