dimanche 3 novembre 2019

CHILI : APRÈS DEUX SEMAINES DE CONTESTATION LA MOBILISATION SE POURSUIT


   « CHILI : APRÈS DEUX SEMAINES DE 
CONTESTATION LA MOBILISATION SE POURSUIT  »
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    samedi 2 novembre 2019

    CHILI: DEUX SEMAINES APRÈS, LA MOBILISATION SOCIALE RESTE INTACTE

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    CHILI. DES FEMMES DÉNONCENT DES
    SÉVICES SEXUELS ET DES MENACES DE VIOL
    Deux semaines après le déclenchement d'une crise sociale sans précédent au Chili, les manifestants sont une nouvelle fois descendus dans la rue vendredi pour réclamer des réformes au gouvernement du président Sebastian Piñera.
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    MANIFESTANTS À SANTIAGO DU
    CHILI LE 1ER NOVEMBRE 2019

    PHOTO MARTIN BERNETTI
    Le week-end prolongé dans le pays, où le 1er novembre est un jour férié, n'a pas fait faiblir la mobilisation. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont une nouvelle fois afflué au centre de Santiago, sur la plaza Italia, lieu de rassemblement emblématique de la contestation, a constaté l'AFP.

    SANTIAGO DU CHILI. 29 OCTOBRE. DES MEMBRES DES
    FORCES DE L’ORDRE MAÎTRISENT UN MANIFESTANT QUI
    PARTICIPE AU RASSEMBLEMENT CONTRE SEBASTIÁN PIÑERA.
    LES PROTESTATAIRES ACCUSENT LE PRÉSIDENT
    CONSERVATEUR D’IMPUISSANCE FACE AUX
     INÉGALITÉS SOCIO-ÉCONOMIQUES DU PAYS. 
    PHOTO EDGARD GARRIDO
    La manifestation, majoritairement pacifique, a rassemblé 20.000 personnes, selon les autorités locales. Des incidents isolés entre manifestants et forces de l'ordre, déployées en nombre, ont éclaté lorsque ces dernières ont tenté de disperser les protestataires à coup de lacrymogènes et de lances à eau.

    Brandissant des drapeaux chiliens et des bannières de la nation mapuche, principale ethnie amérindienne du pays, de très nombreux jeunes, ainsi que des familles, ont participé au rassemblement.

    UN MANIFESTANT AGITANT LE DRAPEAU MAPUCHE,
    PEUPLE AUTOCHTONE DU CHILI.
    PHOTO PABLO VERA / AFP
    La mobilisation restait également forte dans le reste du pays. Ainsi des protestataires ont-ils marché entre Viña del Mar et la ville voisine de Valparaiso (centre), distante d'environ 8 km. Un cortège de voitures pavoisées de drapeaux chiliens a défilé à Punta Arenas, dans l'extrême sud. 

    Les manifestants réclament notamment une réforme du système de retraites et une révision de la Constitution, tous deux hérités de la période de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), ainsi que de profondes réformes du modèle économique ultra-libéral chilien. 

    Certains exigent également la démission du président conservateur Sebastian Piñera, impuissant jusqu'à présent à juguler la crise malgré l'annonce d'une batterie de mesures sociales et un important remaniement gouvernemental. 

    "Nous n'allons pas baisser les bras jusqu'à ce que le gouvernement réponde pour les morts. Nous nous sentons trahi par ce gouvernement", a confié à l'AFP Marco, un étudiant de 22 ans, se dirigeant vers la plaza Italia. 

    Le bilan de cette crise sociale inédite dans ce pays de 18 millions d'habitants considéré comme un des plus stables d'Amérique latine est de 20 morts, dont cinq après l'intervention des forces de sécurité, selon des chiffres officiels. 

    - "Justice, vérité !" -


    DES FEMMES VÊTUES DE NOIR EN SIGNE DE DEUIL POUR 

    LES VINGT MORTS SURVENUES EN DEUX SEMAINES DE 

    CONFLIT SOCIAL PORTENT LA BANDEROLE "FEMMES EN DEUIL" 

    EN MANIFESTANT À SANTIAGO, LE 1ER NOVEMBRE 2019 

    PHOTO CLAUDIO REYES
    À la mi-journée, plus d'un millier de Chiliennes, vêtues de noir, avaient donné le coup d'envoi de la mobilisation en défilant en silence en hommage aux personnes décédées dans la vague de contestation. Elles ont rompu leur silence devant le palais présidentiel de La Moneda pour scander "Justice, vérité, non à l'impunité".

    La fronde sociale a été déclenchée le 18 octobre par une hausse du prix du ticket de métro à Santiago.

    Malgré la suspension de la mesure, le colère n'est pas retombée, nourrie par un ressentiment face aux inégalités sociales et à une élite politique jugée totalement déconnectée du quotidien de la grande majorité des Chiliens. 

    La Russie a réfuté vendredi les accusations des États-Unis qui ont affirmé avoir relevé des "activités russes" visant à "exacerber les divisions" au Chili. 

    "L'administration américaine se sert de la situation difficile au Chili pour poursuivre ses tentatives de ternir la politique étrangère de notre pays", a déclaré un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov. 

    Le président américain Donald Trump, qui s'est entretenu mercredi par téléphone avec son homologue chilien, avait "dénoncé les efforts étrangers pour saper les institutions" chiliennes. 

    Outre les 20 morts confirmés par le gouvernement, 1.305 personnes ont été blessées, selon l'Institut national des droits humains (INDH), un organisme public indépendant. 

    L'INDH a annoncé plusieurs plaintes pour actes de torture et violences sexuelles de la part des forces de l'ordre pendant l'état d'urgence décrété par le président Piñera. 

    Face à ces allégations, plusieurs enquêteurs de l'ONU ont commencé une mission décidée par la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, présidente du Chili à deux reprises.

    La pire crise sociale vécue par le Chili depuis le retour de la démocratie en 1990 a contraint le gouvernement à renoncer à organiser la conférence sur le climat COP25 prévue en décembre et le sommet du Forum économique de coopération Asie-Pacifique (Apec) les 16 et 17 novembre. 

    La COP25 aura finalement lieu à Madrid début décembre.


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    «ASSEMBLÉE CONSTITUANTE»

     B Chacon 


    jeudi 31 octobre 2019

    COP25 ET APEC.SOMMETS ANNULÉS : AU CHILI, L'URGENCE EST AILLEURS


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    PHOTO EL DÍNAMO
    Le président chilien Sebastián Piñera a annulé deux sommets de première importance, celui de l’Apec et la COP25, qui devaient se tenir respectivement en novembre et en décembre au Chili. Une décision lourde de conséquences, mais aussi l’aveu que le pays a d’autres urgences à traiter.
    À SANTIAGO AU CHILI 
    LE 30 OCTOBRE 2019.
     PHOTO / REUTERS / JORGE SILVA
    Le gouvernement a décidé, avec une profonde douleur, car c’en est une pour le Chili, de ne pas accueillir le sommet de l’Apec programmé en novembre, ni la COP25 en décembre prochain”, a annoncé le président Sebastián Piñera le 30 octobre, dans une allocution devant les médias. Le chef de l’État a expliqué qu’il devait se concentrer sur la crise sociale qui agite le pays.

    Ce ne fut pas une décision facile, écrit El Mercurio. Tous les objectifs du gouvernement pour cette année étaient focalisés sur ces deux événements.” Et, aux yeux du monde, “ce pays n’est plus la nation sûre qui avançait à bon pas”.

    L’Apec, un forum de coopération intergouvernemental des régions du Pacifique – réunissant des pays d’Asie, d’Amérique et de l’Océanie – devait se tenir à Santiago les 16 et 17 novembre. La prochaine rencontre internationale sur le changement climatique, la COP25, devait quant à elle être accueillie par le Chili du 2 au 12 décembre.

    Depuis deux semaines, le Chili traverse une profonde crise sociale qui a conduit à l’instauration de l’état d’urgence et à l’intervention de l’armée pour réprimer les manifestations, avant que le gouvernement ne fasse un pas en annonçant des mesures sociales et un remaniement ministériel. Les émeutes ont fait une vingtaine de victimes et des centaines de blessés.

    Une image plus vraie du Chili


    Le 29 octobre, le président russe Vladimir Poutine annonçait au gouvernement chilien qu’il n’assisterait pas au sommet de l’Apec – sans donner de raisons – mais enverrait son premier ministre, Dmitri Medvedev, rapportait le site Biobiochile.

    La Russie n’était pas la seule à soupeser les risques de ce sommet, ajoute El Mercurio dans un éditorial :
    « Dix-neuf chancelleries des pays membres [de l’Apec] ou observateurs examinent depuis une semaine la situation au Chili pour savoir si la rencontre pourrait avoir lieu en toute quiétude. »
    L’annulation des ces rencontres internationales ternit l’image du Chili et aura des répercussions négatives sur le plan économique, estiment des experts interrogés par le site 24horas : “Le commerce, le tourisme, l’hôtellerie et un grand nombre de PME vont perdre le profit qu’ils espéraient tirer de ces rencontres.”

    Mais au fond, assène Osvaldo Rosales, un ancien responsable des relations internationales sous le gouvernement de gauche de Ricardo Lagos (2000-2006), “il vaut mieux que le monde ait une image plus réelle et plus claire de ce qu’est le Chili”.

    Un coup dur et malvenu


    Le sommet de la COP25 sur les changements climatiques, auquel devait assister la jeune militante suédoise Greta Thunberg, avait été “récupéré” en décembre 2018 par le Chili après que le Brésil de Jair Bolsonaro, en novembre 2018, eut refusé de l’accueillir.

    Outre les chefs des États membres, 25 000 personnes devaient y assister à Santiago. Le coût de l’événement était de 62 millions de dollars, dont 35 financés par le budget du pays hôte, précise 24horas.

    Quant au sommet de l’Apec, l’ensemble de ses vingt-et-un pays membres représente 64 % des échanges commerciaux mondiaux du Chili. Selon un ancien ministre et membre de l’opposition qui s’exprime dans El Dínamo, “c’est un coup dur pour la politique extérieure” du pays.

    Sans compter, ajoute un député vert du pays, dépité, que “ce sont les compagnies pétrolières qui s’en réjouissent”, arguant qu’il est urgent que le gouvernement se charge de réformer la politique énergétique du Chili.

    L’urgence est ailleurs


    L’annulation des sommets est à la fois l’aveu par le pouvoir d’une “incapacité à garantir l’ordre public” et la volonté de “montrer aux citoyens que personne, y compris le président, n’est sorti indemne de cette crise”, épilogue El Mercurio.

    Le 30 octobre, le président a cherché à composer avec le mouvement de protestation en déclarant que des “réformes structurelles” ne sont pas exclues, indique La Tercera, citant le président, mais que pour l’heure l’important était d’entendre les Chiliens, “qui demandent de meilleurs salaires, de meilleurs revenus, de meilleures retraites, de la sécurité, et que le prix des services publics n’augmente pas”.

    La réforme structurelle qui est sur le tapis est celle, désormais appuyée par le magistrat porte-parole de la Cour suprême, de l’élaboration d’une nouvelle Constitution pour mettre fin à celle qui prévaut au Chili depuis la dictature de Pinochet.

    mercredi 30 octobre 2019

    NOUVELLES VIOLENCES À SANTIAGO DU CHILI


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     PHOTO PABLO SANHUEZA 

       « NOUVELLES VIOLENCES À SANTIAGO DU CHILI »
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    Au lendemain de la levée de l'état d'urgence, 10 jours après le début de la contestation au Chili, les rues de Santiago se sont de nouveau embrasées à la faveur de groupes radicaux : barricades en flammes, incendie d'un centre commercial, violences, interventions des forces de l'ordre à coup de gaz lacrymogènes et de canons à eau...
    Euro News

    Le rassemblement de plusieurs milliers de personnes pour dénoncer les inégalités socio-économiques avait pourtant commencé de manière pacifique sur la Plaza Italia. D'autres manifestations ont eu lieu à Concepcion, Valparaiso.

    SUR LE MÊME SUJET :

    CHILI: SOUPÇONS DE VIOLATION DES DROITS DE L'HOMME


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    MANIFESTATION ANTI-GOUVERNEMENTALE 
    À SANTIAGO (CHILI), LE 28 OCTOBRE 2019.
    © PHOTO EDGARD GARRIDO
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    JOURNAL D'HAÏTI ET DES AMÉRIQUES RFI

    RADIO FRANCE INTERNATIONALE - RFI, EXTRAIT DE
    L'ÉMISSION « JOURNAL D'HAÏTI ET DES AMÉRIQUES », 
    CHILI: SOUPÇONS DE VIOLATION DES DROITS DE L'HOMME
    PAR ADRIEN DELGRANGE DIFFUSION : PMARDI 29 OCTOBRE 2019

      CRISE SOCIALE: LE CHILI RENONCE À ORGANISER LA COP25 ET LE SOMMET DE L'APEC ANNONCE PIÑERA

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      LE RENONCEMENT DU CHILI À ORGANISER LA COP25 EN
      DÉCEMBRE 2019 RISQUE DE FREINER LA DYNAMIQUE DES
       EFFORTS DANS LA LUTTE CONTRE LE DÉRÈGLEMENT DU CLIMAT.
       (PHOTO D'ILLUSTRATION) AFP.COM/LUCAS BARIOULET 
      Crise sociale: le Chili renonce à organiser la COP25 et le sommet de l'APEC annonce PiñeraCrise sociale: le Chili renonce à organiser la COP25 et le sommet de l'APEC annonce Piñera.  
      DESSIN OSVAL
      Le Chili renonce à organiser la conférence mondiale sur le climat COP25 qui devait s'y tenir en décembre, ainsi que le sommet du forum de Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) en raison du mouvement de contestation qui agite le pays, a annoncé le président Sebastian Piñera mercredi.

      « C'est avec un profond sentiment de douleur, parce que c'est douloureux pour le Chili, que notre gouvernement a décidé de ne pas organiser le sommet de l'Apec (...), ni celui de la COP25 », a déclaré le chef de l'Etat conservateur.

      Le sommet de l'Apec devait avoir lieu à Santiago les 16 et 17 novembre et la COP25 du 2 au 13 décembre.

      Le Chili est depuis 12 jours secoué par un mouvement de contestation inédit contre les inégalités socio-économiques avec des manifestations qui ont parfois été émaillées de violences à Santiago et dans d'autres villes.

      « Cela a été une décision très difficile à prendre. Une décision qui nous cause énormément de peine parce que nous comprenons parfaitement l'importance de l'APEC et de la COP pour le Chili et pour le monde entier », a poursuivi M. Piñera, en fonction depuis mars 2018.

      Environ 25.000 délégués étaient attendus à la COP25 à Santiago, dont la jeune militante suédoise pour le climat Greta Thunberg.

      Le président américain Donald Trump avait quant à lui laissé entendre lundi que la signature d'un accord commercial avec Pékin aurait pu intervenir avant le sommet de l'APEC, un forum économique qui réunit une vingtaine de pays riverains du Pacifique.

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      PHOTO MATIAS DELACROIX/AP/SIPA

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      mardi 29 octobre 2019

      CHILI : LES ACCUSATIONS DE VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME SE MULTIPLIENT

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      CET HOMME A ÉTÉ ARRÊTÉ PAR LA POLICE LORS D'UNE
      MANIFESTATION CONTRE LE GOUVERNEMENT, SAMEDI À SANTIAGO.
      PHOTO RODRIGO ABD
      (Santiago du Chili) Les accusations de violations des droits de l'homme de la part des forces de l’ordre se sont multipliées ces derniers jours au Chili secoué par une violente crise sociale, alors que des enquêteurs de l’ONU sont attendus lundi dans le pays. 
      PHOTO RODRIGO ABD  
      Torture, violences sexuelles, tabassages ou sévères blessures provoquées par des tirs de plombs : les organisations de défense des droits de l’homme ont fait état ces derniers jours de nombreux abus perpétrés par les forces de sécurité pendant l’état d’urgence, finalement levé dimanche à minuit.

      Face à la multiplication des dénonciations, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Michelle Bachelet, qui a été à deux reprises présidente du Chili, a annoncé jeudi l’envoi d’enquêteurs. Amnistie internationale a également annoncé une mission dans le pays.  

      « On m’a retiré le lobe oculaire pour enlever le plomb» qui s’était logé derrière, a raconté Emerson Yarcan, 30 ans, un bandage sur son œil gauche, rencontré par l’AFP à la sortie des urgences d’un hôpital du centre de Santiago.  

      EMERSON YACAN
      PHOTO PEDRO UGARTE
      Le trentenaire, qui devra désormais vivre avec un œil artificiel, a été blessé par des tirs de la police anti-émeutes alors qu’il se trouvait à proximité de la plaza Italia, où près d’un million de personnes s’étaient rassemblées vendredi soir pour dénoncer les inégalités sociales dans le pays.

      Alors qu’il faisait déjà nuit et que les manifestants commençaient à se disperser, la police a commencé à lancer des gaz lacrymogènes. « Ils attendent qu’il y ait de la fumée et commencent à tirer pour que vous ne puissiez pas les reconnaître. Mais celui qui m’a tiré dessus […], j’ai vu qu’il m’a tiré directement dans la figure » raconte le jeune homme.  

      Les plaintes visent en particulier la police anti-émeutes (Carabineros de Chile) chargée de disperser les manifestations, alors que les militaires déployés dans le cadre de l’état d’urgence étaient plutôt positionnés en appui, en particulier dans la capitale.

      « Pour l’heure, la grande majorité des cas de violations des droits de la personne impliquent les Carabineros de Chile », a indiqué à l’AFP Rodrigo Bustos, responsable juridique de l’Institut national des droits humains (INDH), un organisme public indépendant qui tient un décompte des blessés à partir d’observations directes dans les hôpitaux et les commissariats.  

      Humiliations sexuelles


      Sur les 20 personnes tuées depuis le début des troubles le 18 octobre, cinq sont mortes à la suite d’une intervention des forces de sécurité, selon les chiffres concordants diffusés par le ministère de l’Intérieur, le parquet et l’INDH.  

      L’armée est ainsi impliquée dans quatre décès, tandis qu’une autre personne est morte après avoir été tabassée par la police. Deux autres victimes ont été tuées percutées par un conducteur ivre. Les autres victimes ont péri dans des incendies lors de pillages ou ont succombé à leurs blessures.

      Selon le rapport le plus récent de l’INDH, 3193 personnes ont été interpellées et 1092 blessées. Parmi celles-ci, 596 l’ont été par des tirs (balles, plombs ou balles de lanceurs de défense).  

      L’organisme a précisé que 88 plaintes ont été déposées, dont cinq pour homicides et 17 pour actes de torture et violences sexuelles.  

      Parallèlement, le mouvement d’intégration et libération homosexuelle (MOVILH) a dénoncé deux cas d’« abus et actes de torture homophobes » dans deux commissariats de la banlieue de Santiago.  

      Un cas, fortement médiatisé au Chili, concerne un étudiant en médecine.  

      Selon l’avocat de l’INDH, Pablo Rivera, le jeune homme a « été soumis à de graves humiliations constituées d’actes de torture, les plus graves étant d’ordre sexuel. Il a été forcé de se déshabiller totalement, a été menotté et battu. Il apparaît qu’il a été abusé sexuellement par les Carabineros avec leur matraque ».

      L’autre cas concerne un autre jeune homme de 21 ans « détenu cinq jours à Santiago », selon le MOVILH.  

      Le site d’information The Clinic a également publié plusieurs récits de femmes qui ont raconté avoir subi des violences sexuelles alors qu’elles avaient été arrêtées et enfermées dans des cellules.  

      La mission d’Amnistie internationale aura pour but de « recueillir les témoignages et d’obtenir des documents pour corroborer les accusations de violations des droits de l'homme et possibles crimes de droit international afin d’accompagner les victimes», a indiqué dans un communiqué Erika Guevara Rosas, la directrice Amériques de l’organisation.