mardi 2 novembre 2010

France Amérique latine fête ses quarante ans

Logotype de France Amérique latine

Mais tout bascula très vite quand, trois ans plus tard, le coup d’État de Pinochet chassa le gouvernement démocratique d’Allende ; quand les dictatures militaires commencèrent à s’étendre à l’ensemble de l’Amérique du sud et que les opposants se firent massacrer. FAL fut là pour jouer le rôle qu’on lui connaît aujourd’hui : dénoncer, comme association de solidarité internationale, les atteintes aux droits humains partout où elles se produisent en Amérique latine et dans la Caraïbe.
Comment peut-on y participer ?
FAL est une association loi 1901, dont le siège est à Paris, ouverte à tous ceux et toutes celles qui s’intéressent à l’Amérique latine et notamment à ses mouvements sociaux. FAL est une association démocratique et plurielle au sein de laquelle les orientations sont prises chaque année en assemblée générale. Mais c’est aussi un réseau d’une trentaine de comités locaux répartis sur tout le territoire français. Pour adhérer à l’association, il suffit de consulter notre site1 et de prendre contact avec le comité le plus proche.
FAL était présente au contre-sommet de Madrid au mois de mai. Que représente pour vous ce type de rencontres ?
FAL était effectivement présente lors du ive Sommet des peuples qui s’est tenu en marge du sommet, très officiel, des chefs d’États d’Europe et d’Amérique latine. Ce sommet des peuples fut une initiative du réseau Enlazando Alternativas (« Nouons des alternatives ») à la création duquel FAL a contribué, en 2003, à la suite des premiers Forums sociaux mondiaux. FAL s’inscrit pleinement dans la construction de cet espace de résistance afin de mutualiser les luttes et de réfléchir, ici et là-bas, à la création d’alternatives. Au cours du sommet s’est également tenu le Tribunal permanent des peuples, destiné à interpeller la communauté internationale sur les abus commis par les multinationales avec la complicité des institutions européennes. Plus de 40 entreprises européennes (dont Veolia, GDF, Repsol, Nestlé, Continental, Perenco) ont ainsi été accusées de violations de droits sociaux environnementaux en Amérique latine.
Quelles sont les perspectives dans les mois qui viennent ?
Du 8 au 18 décembre 2010, aura lieu, à Paris un événement majeur dans la lutte contre l’impunité qui vient récompenser plusieurs dizaines d’années de combats de part et d’autre de l’Atlantique : « le procès Pinochet ». Ce procès, dont FAL est partie civile, est en fait le procès des bourreaux de quatre franco-chiliens. Mais au-delà, c’est l’ensemble de la dictature chilienne qui sera mise, pour la première fois, véritablement en accusation.
En Amérique latine, les résistances au néolibéralisme se développent et, depuis une décennie, les mouvements sociaux ont gagné du terrain. Quelques gouvernements latino-américains, notamment ceux d’Evo Morales en Bolivie, de Correa en Équateur ou encore de Chavez au Venezuela, essaient de mener à bien, non sans difficulté et contradictions, de nouveaux projets politiques porteurs de changement social. Mais de nouveaux coups d’État sont aussi toujours possibles, comme l’a rappelé celui du Honduras en 2009 ainsi que la tentative de renversement du président Correa, il y a quelques semaines en Équateur. Les avancées démocratiques restent ainsi fragiles mais nous espérons que la région va continuer dans une voie progressiste et que les mouvements sociaux européens pourront aussi se nourrir de ces luttes.
Propos recueillis par Franck Gaudichaud
1. Espace Robespierre d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), avec, à partir de 14 heures, un forum débat sur le thème : « Le mouvement social et syndical face à la crise : quelles solidarités internationales ? » avec de nombreux intervenants de Solidaires, Attac, Crid, etc. Le soir aura lieu une grande fiesta latino et la projection de documentaires.
Programme sur www.franceameriquelatine.org