samedi 25 octobre 2014

ARISTOPHANE : LE RIRE A-T-IL CHANGÉ ?

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« ARISTOPHANE : LE RIRE A-T-IL CHANGÉ ? » PAR JEAN-NOËL JEANNENEY
CHEZ FRANCE CULTURE, DANS  L'ÉMISSION « CONCORDANCE DES TEMPS »
  DU SAMENDI 25 OCTOBRE 2014
DURÉE: 00:58:00
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Les mots pour le rire
Clemenceau adorait la Grèce antique et ses écrivains. Sauf un seul,
ARISTOPHANE 
Aristophane, dont il disait un jour à un confident : « Celui là, non ! Il dépare la collection. Il n’a rien compris à rien, il a pris le grand pour le petit, le petit pour le grand, il a jeté son fiel et jeté sa bave au hasard. Tout cassé, tout sali. Ce sont ces gens-là qui pourrissent un pays. » Voilà une bien rude philippique, et qui donne le goût d’aller y regarder de plus près. Quitte à démentir la sévérité du Tigre. Et en s’interrogeant sur les formes du rire que pratique, que provoque le théâtre d’Aristophane et qu’il laisse courir derrière lui. Telle sera notre contribution au week-end que France Culture consacre au beau sujet du rire, du rire à travers les âges. Dans notre temps on constate aisément la grande variété des ressorts de l’humour et de l’ironie d’un pays à l’autre, d’une civilisation à l’autre. Alors que doit-ce être dans la longue durée de l’Histoire ? Le rire d’Aristophane a paru si efficace à ses contemporains qu’on a conservé un bon nombre de ses pièces, alors que celles de ses rivaux ont disparu. Voilà qui donne le goût d’aller y regarder de plus près. Et pour tâcher de déceler par rapport à aujourd’hui ruptures et continuités.
C’est Silvia Milanezi, professeur d’histoire grecque à l’Université de Paris Est, qui connaît son Aristophane sur le bout du doigt, que j’ai priée de nous le faire mieux connaître et comprendre. Jean-Noël Jeanneney. 
Programmation sonore : - Extrait d’une conférence de Marcel ARLAND, dans Heure de culture française, le 17 février 1949.

- « Chanson du général », interprétée en 1962 par Marc et André, musique de Georges AURIC, chanson composée pour la mise en scène des Oiseaux d’ARISTOPHANE par Charles DULLIN en 1928 au Théâtre de l’Atelier.

- Extrait de La Paix d’ARISTOPHANE, avec Jean VILAR et Michel BOUQUET au TNP, diffusée dans les Actualités françaises le19 décembre 1961.

- Extrait de Lysistrata d’ARISTOPHANE, avec Lise DELAMARE (de la Comédie française), diffusé sur la RTF, le 22 avril 1954.

- Extrait de L’Assemblée des femmes, réalisé par Bronislaw HOROWICZ et diffusé sur la RTF le 20 octobre 1954.

Bibliographie :
- Aristophane, Nuées, texte établi par Victor COULON et traduit par Hilaire VAN DAELE, introduction et notes de Silvia MILANEZI, Les Belles Lettres, coll. Classiques en Poche, 2009.
- Aristophane, Ploutos, texte établi par Victor COULON et traduit par Hilaire VAN DAELE, introduction et notes de Silvia MILANEZI, Les Belles Lettres, coll. Classiques en Poche, 2008.
- Aristophane, Lysistrata, texte établi par Victor COULON et traduit par Hilaire VAN DAELE, introduction et notes de Silvia MILANEZI, Les Belles Lettres, coll. Classiques en Poche, 1996.
- Christophe HUGONIOT, Frédéric HURLET et Silvia MILANEZI (éd.), Le Statut de l’acteur dans l’Antiquité grecque et romaine, Presses Universitaires François Rabelais, 2004.
- Silvia MILANEZI et Brigitte LEGUEN, L'appareil scénique dans les spectacles de l'Antiquité, Presses universitaires de Vincennes, 2013.
- Marie-Laurence DESCLOS, Le rire des Grecs. Anthropologie du rire en Grèce ancienne, éditions Jérôme Million, 2000.
- Dominique ARNOULD, Le rire et les larmes dans la littérature grecque d’Homère à Platon, Les Belles Lettres, 2009.
- Pascal THIERCY, Aristophane et l’ancienne comédie, PUF QSJ, 1999.
Invité(s) :
Silvia Milanezi, professeur d’histoire grecque à l’Université de Nantes.

mercredi 22 octobre 2014

UNE ÉQUIPE INTERNATIONALE ÉTUDIE L'ALÉA SISMIQUE DE SANTIAGO DU CHILI

Les plus grands tremblements de terre se
produisent à la limite entre deux plaques tectoniques, le plus souvent dans les zones de subduction. Ces séismes, dont la magnitude peut atteindre et même dépasser Mw 9, génèrent souvent d'importants tsunamis et peuvent être très destructeurs. Le désastre japonais de mars 2011 en est un triste exemple. La subduction de la plaque Nazca sous l'Amérique du Sud au Chili est connue pour avoir elle aussi généré de très grands séismes (Mw 9.5 en 1960, Mw8.8 en 2010, par exemple). Mais ce ne sont pas les seules structures tectoniques dangereuses. Certaines failles associées à la déformation interne des plaques peuvent aussi provoquer de grands séismes très destructeurs, notamment quand ces failles sont proches de grandes villes. C'est en particulier le cas des failles chevauchantes au front des chaînes de montagnes. Evaluer le risque sismique associé à ces failles est donc crucial, mais plusieurs exemples tragiques, comme la catastrophe de Bam en 2003 au sud-est de l'Iran ou celle du Sichuan en Chine en 2008, montrent que cet aléa est la plupart du temps bien identifié seulement après la catastrophe.

RELEVÉ DÉTAILLÉ DU MUR DE LA TRANCHÉE PALÉOSISMOLOGIQUE À TRAVERS L'ESCARPEMENT DE FAILLE. LES DIFFÉRENTES UNITÉS SÉDIMENTAIRES SONT IDENTIFIÉES PAR DES CHIFFRES ROMAINS. LES ÉCHANTILLONS DATÉS (OSL, C14) SONT LOCALISÉS. © VARGAS ET AL. 2014

L'identification du chevauchement ouest andin comme la structure majeure responsable de la surrection de la chaîne Andine a conduit cette équipe internationale à en étudier le potentiel sismique.

LA TRANCHÉE VUE DEPUIS LE HAUT DE L'ESCARPEMENT. LE CENTRE DE SANTIAGO EST VISIBLE EN ARRIÈRE PLAN. © R. LACASSIN IPGP
À la latitude de Santiago du Chili 33°5 S, la chaîne des Andes est étroite (< 100 km) et représente la structure Andine à un stade primaire de son évolution. Elle est caractérisée, sur son bord ouest, par un système composé de plis de propagation et de failles chevauchantes, dont la faille active de San Ramón qui émerge en surface, à la base des reliefs andins juste au-dessus de la ville de Santiago. 

LA TRANCHÉE VUE VERS L'AMONT. EN ARRIÈRE, LES RELIEFS DU CERRO SAN RAMÓN. © R. LACASSIN IPGP



Ce système sʼenracine par le biais d'une grande faille peu inclinée, le chevauchement ouest andin (WAT) avec une structure dite de type rampe et décollement, à la base d'une  série sédimentaire épaisse de 12 km. Plus à l'Est, ce chevauchement ouest andin plonge sous un vaste anticlinal de socle à l'échelle de toute la croûte. Le raccourcissement absorbé par le chevauchement de San Ramón et les plis associés serait de l'ordre de 10 km, depuis 25 millions d'années, ce qui implique une vitesse de glissement moyenne d'environ 0,4 mm par an. Cette vitesse, très lente par rapport à celle, pluri-centimétrique, de la subduction Nazca-Amérique du sud, suggère à priori que les séismes destructeurs s'y produisent après de longs intervalles de quiescence. La récurrence - c'est-à-dire le temps moyen entre deux séismes équivalents -  serait de plusieurs milliers d'années au moins. 

GROS PLAN SUR LE MUR DE LA TRANCHÉE ET SUR LA ZONE DE FAILLE. L'UNITÉ NOTÉE VII A ÉTÉ DÉCALÉE PAR LES DEUX SÉISMES POUR UN TOTAL DE PRESQUE 10M. © R. LACASSIN IPGP

L'étude publiée en 2010, concluait que la faille de San Ramón était susceptible de produire des séismes de magnitude importante (Mw 6.9 à Mw 7.4) avec un foyer à faible profondeur (moins de 15km). Elle avait identifié sur le terrain la trace probable de tels séismes passés sous la forme d'un escarpement de quelques mètres de haut. La nouvelle étude qui vient d'être publiée s'est focalisée sur cet escarpement.

Les études de la paléosismicité

Les chercheurs ont ainsi réalisé des tranchées à travers l'escarpement et sont parvenus à mettre à jour et à documenter avec précision deux ruptures sismiques ayant rompu la surface, qui affectent des sédiments déposés au pied du Cerro San Ramón, dans les hauts de la ville de Santiago. En reconstituant la géométrie des unités sédimentaires décalées, ils ont estimé le déplacement co-sismique (glissement quasi-instantané lors du séisme) à environ 5m pour chacune de ces ruptures. Ce qui leur permet d'évaluer à Mw7.5 environ la magnitude pour chacun des  deux séismes. 

De nombreux échantillons ont été prélevés pour caractériser et dater précisément les unités sédimentaires décalées. Les chercheurs ont utilisé les techniques de datation au Carbone 14 et par luminescence stimulée optiquement (optically stimulated luminescence - OSL). Ces datations révèlent que les deux tremblements de terre de magnitude 7.5 se sont produits au cours des derniers 17000 à 19000 ans, donc avec une récurrence de l'ordre de 9000 ans. L'étude fine du développement des structures sédimentaires, en particulier celle du sol après le dernier séisme, montre que celui-ci date probablement de 8000 ans environ. La faille de San Ramón n'aurait donc pas rompu depuis cet évènement préhistorique et serait prête à casser à nouveau, soumettant ainsi la ville de Santiago à un aléa important. La proximité de la faille implique que cet aléa, évalué en modélisant l'accélération du sol, est en fait potentiellement plus important que celui lié aux séismes de subduction.


Les conclusions sur l'aléa relié au chevauchement ouest andin, et sur la magnitude des tremblements de terre que cette structure tectonique est susceptible de produire, peuvent être raisonnablement étendues à l’ensemble du front ouest des Andes, depuis le centre-sud Chili, jusqu'au nord Pérou au moins. Plus généralement, ces nouveaux résultats soulignent les dangers potentiels dus aux failles bordant tous les reliefs actifs de par le globe, même si les vitesses tectoniques lentes peuvent y donner une fausse impression de sécurité.

Pour en savoir plus: 
Tectonique : un nouveau modèle orogénique pour les Andes

Source(s): 
Probing large intra-plate earthquakes at the west flank of the Andes, G. Vargas 1, Y. Klinger 2, T.K. Rockwell 3, S.L. Forman 4, S. Rebolledo 1, S. Baize 5, R. Lacassin 2, and R. Armijo 2 .  Geology, publié en ligne le 17 octobre, 2014.doi: 10.1130/G35741.1
1- Departamento de Geología, Universidad de Chile, Santiago, Chile.
2- Institut de Physique du Globe de Paris, Sorbonne Paris Cité, Université Paris Diderot, CNRS
3- Department of Geological Sciences, San Diego State University, USA 
4- Department of Geology, Baylor University, Waco, Texas, USA.
5- Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), France

Lire aussi :  
The West Andean Thrust, the San Ramón Fault and the seismic hazard for Santiago, Chile. Armijo, R., Rauld, R., Thiele, R., Vargas, G., Campos, J., Lacassin, R., and Kausel, E., 2010,  Tectonics, v. 29, p. TC2007, doi:10.1029/2008TC002427.


Ce travail a été soutenu par l'Agence Nationale de la Recherche (projet MegaChile) le LABEX UnivEathS, et au Chili par le Ministerio de Vivienda y Urbanismo, Gobierno de Chile. Les recherches franco-chiliennes sont coordonnées par le LIA Montessus de Ballore (CNRS-INSU, Université du Chili).

Contact(s):
Robin Lacassin, IPGP (CNRS-INSU, Paris Diderot)
lacassin@ipgp.jussieu.fr, 01 83 95 76 24
Yann Klinger, IPGP (CNRS-INSU, Paris Diderot)
klinger@ipgp.fr, 01 83 95 76 23

LE CHILI ACCUEILLE LA COUPE DU MONDE DES SANS-ABRI

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54: 54 équipes, dont 12 équipes féminines, participent à cette compétition de football de rue. 

2.600: Le défenseur de Brondby Daniel Agger a payé un peu plus de 2.600 euros afin de permettre à l'équipe danoise des sans-abri de financer son voyage pour le Chili. 

100.000: la douzième édition de la compétition se déroule sur la Plaza de Constitucion à Santiago, au Chili, où 100.000 spectateurs sont attendus pour l'occasion entre le 19 et le 26 octobre 2014.   

mardi 21 octobre 2014

MORT DU PHOTOGRAPHE RENÉ BURRI, PORTRAITISTE DU CHE ET DE PICASSO

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Mort du photographe René Burri

Le photographe suisse René Burri est mort, lundi 20 octobre 2014, à l'âge de 81 ans, a annoncé l'agence Magnum.
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PLANCHE-CONTACT D'ERNESTO «CHE» GUEVARA
Né à Zurich en 1933, il était connu pour ses reportages d'actualité, couvrant notamment les guerres de Six Jours, du Kippour, du Vietnam ou encore la crise de Cuba, ainsi que pour ses portraits, dont les plus connus sont ceux de « Che » Guevara et de Pablo Picasso.

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SERGIO LARRAIN PAR RENÉ BURRI  
René Burri a étudié à l'école des arts appliqués de Zurich avant de collaborer avec la fameuse agence Magnum en 1955, qu'il intégrera définitivement en 1959. C'est en 1963, lors d'un séjour à Cuba, qu'il réalisa le cliché mondialement célèbre d'Ernesto Guevara. Mais sa première grande publication, qui l'a rendu célèbre, est sa série sur la rétrospective de Picasso, au Palazzo Reale de Milan. Parmi ses oeuvres figurent également une centaine de portraits de Le Corbusier, Giacometti, Tinguely, Klein et Picasso.

Une rétrospective de son œuvre s'est tenue en 2004-2005 à la Maison européenne de la photographie à Paris. L'année dernière, il avait légué toutes ses archives au Musée de l'Elysée à Lausanne, soit environ 30 000 photos. 


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AUTOPORTRAIT DE RENÉ BURRI, 1973.  PHOTO RENE BURRI/MAGNUM PHOTOS

Autoportrait de René Burri, 1973. 

lundi 20 octobre 2014

CHILI : UN ANCIEN MAIRE DE SANTIAGO ARRÊTÉ POUR CRIMES DURANT LA DICTATURE

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Les crimes ont été commis après le coup d'Etat du 11 septembre 1973 dans une caserne de San Antonio, à quelque 120 km à l'ouest de Santiago, selon l'enquête judiciaire. Trois des victimes sont encore portées disparues, et selon des témoignage, toutes ont été torturées et exécutées, certaines mortes par balle, d'autres noyées dans une rivière.

3 200 MORTS ET 38 000 DÉTENUS TORTURÉS

La caserne Tejas Verdes de San Antonio était un centre de détention et de torture redouté, où étaient formés les agents de la Dina, la police secrète de la dictature, et où selon les témoignages recueillis par une commission officielle, les détenus étaient frappés, torturés à l'électricité, brûlés ou soumis à des simulacres d'exécution.

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CRISTIAN LABBÉ GALILEA
Après avoir pris sa retraite de colonel et été ministre sous la dictature, Cristian Labbé, membre de l'aile droite de l'Union démocratique indépendante (UDI), a été maire pendant seize ans du quartier de Providencia dans la capitale, jusqu'en 2012. Il est connu comme un ardent partisan du dictateur Augusto Pinochet (1973-1990) dont il a été un temps garde du corps.

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CRISTIAN LABBÉ GALILEA BARBOUZE
AU SERVICE DE PINOCHET
La répression exercée par la dictature de Pinochet a fait plus de 3 200 morts et plus de 38 000 détenus ont été torturés, selon des chiffres officiels. Le général Pinochet est décédé en 2006, sans jamais avoir été jugé. Début septembre, au moins 3 000 personnes avaient manifesté pour demander au gouvernement la fin de l'impunité pour les responsables de la répression durant la dictature militaire.

jeudi 16 octobre 2014

CHILI: UN PRÊTRE COUPABLE D'ABUS SEXUELS

Les faits se sont produits au sein de l'établissement scolaire Colegio Cumbres, fréquenté par les enfants de l'élite chilienne.

Le prêtre irlandais, arrivé dans le pays en 1984, a été le représentant de la puissante Congrégation des Légionnaires du Christ, fondée en 1941 au Mexique par le père Marcial Maciel, qui l'a dirigée avec poigne jusqu'à sa mort et qui a été accusé de nombreux abus et maltraitance de mineurs durant des décennies. Le prêtre 0'Reilly avait été également accusé d'avoir molesté la sœur aînée de la victime mais, dans cette affaire, le tribunal l'avait acquitté, considérant qu'il n'existait aucune preuve.

Le verdict sera annoncé par une Cour pénale de Santiago le 11 novembre prochain. Le procureur a demandé une peine de 10 ans de prison pour le prêtre pédophile. Pendant les deux mois qu'a duré le procès, le prêtre a refusé de faire toute déclaration. Mercredi il s'est limité à dire à la presse: « Dieu dira ».

mardi 14 octobre 2014

ANDRÉS AVELINO CÁCERES : LE « SORCIER DES ANDES»

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ANDRÉS AVELINO CÁCERES DORREGARAY
Andrés Avelino Cáceres est né à Ayacucho le 4 février 1833. Fils de Domingo Cáceres Oré et de Justa Dorregaray Cueva, il a écrit, l’air de rien, l’une des plus belles pages de l’histoire péruvienne. 

C’est à 21 ans, en 1854, qu’il est touché pour la première fois par une balle pendant la bataille de La Palma [lors d’une révolte, dont il fait partie, contre le gouvernement, entre autres pour obtenir l’abolition de l’esclavage] : alors qu’il se bat aux côtés du général Ramón Castilla, le jeune sous-lieutenant est blessé au pied. 

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CROQUIS DE LA BATAILLE DE TARAPACÁ

C’est le baptême du feu pour ce soldat qui, au cours des trente années suivantes, va devenir l’un des grands combattants républicains du Pérou. Il s’est engagé dans l’armée à une époque où le pouvoir se défend ou se conquiert sur le champ de bataille. Il participe ainsi, dans le camp des forces désormais gouvernementales de Ramón Castilla, à la guerre civile [1857-1859] déclenchée par Manuel Ignacio de Vivanco. Il est alors de nouveau blessé, cette fois au visage. En 1859, quand l’Equateur tente de s’approprier des terres qui ont toujours appartenu au Pérou, il est dépêché à la frontière. Le 2 mai 1866, il fait partie des courageux défenseurs du port de Callao pendant le conflit contre l’Espagne. Et, en 1874, il risque sa vie pour écraser un soulèvement de sous-officiers. 
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BATAILLE DE TARAPACÁ

Cinq ans plus tard, il est envoyé à Cuzco pour être préfet et chef militaire de cette région. C’est dans ce contexte qu’éclate la guerre du Pacifique [1879-1883, opposant le Chili au Pérou et à la Bolivie]. Andrés Avelino Cáceres est déployé dans le Sud, à la tête du bataillon Zepita. Il se bat à Pisagua, San Francisco et Tarapacá, où il lance l’attaque contre les forces chiliennes. Grâce à son offensive et à celle d’autres courageux militaires péruviens, il remporte cette bataille, qui sera la seule victoire du pays au cours du conflit. 

Toutefois, face à la puissance de l’envahisseur, les troupes péruviennes sont contraintes d’abandonner la province historique de Tarapacá, la mort dans l’âme. Elles traversent le sable brûlant du désert pour se retirer et reprendre des forces en vue de contenir les avancées de l’ennemi. Andrés Avelino Cáceres s’illustre une fois de plus lors de la bataille de l’Alto de la Alianza, au cours de laquelle il assiste, impuissant, à la mort de 2 000 soldats péruviens et boliviens face à la violence des assauts chiliens [en 1880. 
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À l’issue de cette défaite, la Bolivie interrompt ses opérations militaires]. La guerre devait pourtant continuer. Il fallait arrêter l’ennemi coûte que coûte. Pour défendre Lima, il se bat courageusement à San Juan de Miraflores. Il est encore blessé, cette fois à la jambe, mais rien ne l’arrête. [Les Chiliens occupant la capitale péruvienne], il s’enfuit en pleine nuit pour aller se faire soigner dans un hôpital de la ville. Il n’a qu’une obsession : retourner sur le champ de bataille. 

Avec l’aide de quelques compatriotes, il se cache dans un couvent de jésuites, puis dans une demeure du centre historique et enfin dans sa maison de la rue San Ildefonso, où l’ennemi vient plusieurs fois le chercher. Quelques jours plus tard, il reprend les armes. Quittant Lima, il monte dans un train à La Oroya, dont il descend à Chilca pour ne pas être capturé. De là, il part à cheval pour Jauja, où se trouve le président péruvien Nicolás de Piérola, lequel le nomme chef politique et militaire de la région centrale du pays. 

C’est alors que commence une nouvelle aventure, la plus fascinante et la plus héroïque de l’histoire du Pérou. Avec quelques officiers et gendarmes, il entreprend, depuis l’hôpital de Jauja, la planification de la campagne de La Breña, dite des Andes – celle qu’il appellera dans ses Mémoires la “bataille de la résistance”. Pendant près de trois ans, il fait preuve d’une belle endurance dans les Andes péruviennes, inflige de graves revers aux troupes des envahisseurs et sauve l’honneur de sa patrie. 


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A près de 50 ans, toujours en excellente santé, il surmonte tous les obstacles d’une lutte difficile et inégale. Il parcourt des chemins accidentés, traverse des déserts et des ravins, se lance dans des marches durant plusieurs jours, à la tête d’un grand groupe de gradés et de soldats, parmi lesquels le général Pedro Silva, les colonels Tafur (père et fils) et Leoncio Prado Gutiérrez. 

Tous incapables de se résigner à la défaite, armés de fusils, de mitrailleuses et même d’un canon, ils livrent aux Chiliens une guerre terrible et semée d’embûches. “Il n’a manqué qu’une chose à Andrés Avelino Cáceres – selon l’historien Jorge Basadre – pour que sa consécration soit triomphale : mourir à Huamachuco [la dernière bataille, et défaite péruvienne, de la guerre, le 10 juillet 1883]. La vie sauve, le guerrier s’est transformé en dirigeant. Il n’a pas choisi sa reconversion politique, c’est elle qui est venue le chercher sous sa tente.” 

Il est ensuite élu deux fois président de la République. Après un premier mandat modéré de 1886 à 1890, il tient absolument à revenir au pouvoir en 1894, mais montre alors qu’il a malheureusement perdu le sens des réalités. [Il démissionne en 1895, chassé par une révolte populaire, et s’éteint en 1923, à 90 ans.] 

—Domingo Tamariz Lucar 
Publié le 31 août 2014 dans El Peruano Lima

CONFLIT
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LIMA,OCCUPÉE PAR LES TROUPES CHILIENNES,1881

— Un continent en guerre

L’Amérique du Sud a été le théâtre de conflits territoriaux sanglants. Après les guerres d’indépendance contre l’Espagne de 1810 à 1825, les pays nés de l’empire espagnol s’entre-déchirent. Une première guerre oppose le Pérou à la Grande Colombie (qui regroupait le Panamá, la Colombie, l’Equateur et le Venezuela) dès 1828. En 1841, un conflit éclate entre le Pérou et la Bolivie, puis, de 1858 à 1861, entre le Pérou et l’Equateur. Lors de la guerre de la Triple Alliance (1864-1870), le Paraguay résiste au Brésil, à l’Argentine et à l’Uruguay. Et de 1879 à 1883, le Pérou et la Bolivie se heurtent au Chili dans le cadre de la guerre du Pacifique. Au XXe siècle aussi, les pays d’Amérique du Sud continuent de régler leurs différends par la violence, comme la Bolivie et le Paraguay pendant la guerre du Chaco (1932-1935), ou le Pérou et l’Equateur, en 1941, 1981 et 1995.

EL PERUANO | DOMINGO TAMARIZ