mardi 16 mai 2017

CHILI: CANCERS EN SÉRIE À ANTOFAGASTA, LA CAPITALE MONDIALE DU CUIVRE


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JAQUELINE JIMÉNEZ, REGARDE PAR UNE FENÊTRE DE L'IMMEUBLE
OÙ ELLE VIVAIT EN FACE DU PORT D'ANTOFAGASTA OÙ LES
CHARGEMENTS ET DÉCHARGEMENTS DE CUIVRE DÉGAGENT
DANS L'AIR UNE POUSSIÈRE NOIRE, LE 9 MARS 2017 AU CHILI
PHOTO MARTIN BERNETTI


À Antofagasta, prospère ville minière du nord du Chili, des habitants se battent pour obtenir la relocalisation du port industriel, responsable selon eux d’une grave pollution. 
Le Parisien  


JAQUELINE JIMÉNEZ MONTRE SUR SES MAINS UNE
POUSSIÈRE NOIRE DANS L'IMMEUBLE OÙ ELLE
VIVAIT EN FACE DU PORT D'ANTOFAGASTA,
LE 9 MARS 2017 AU CHILI
PHOTO MARTIN BERNETTI
Il s'agit d'un nouveau sujet de préoccupation sanitaire dans une ville déjà secouée par plusieurs scandales d’intoxications aux métaux lourds au cours des dernières décennies.

De nombreux métaux lourds se retrouvent aujourd'hui dans l'organisme des habitants. Mais la pression économique de cette ville riche du Chili empêche les actions de la classe politique.

"Ce n'est pas normal que tout le monde meure de cancer", se lamente Jaqueline Jiménez. Cette mère de famille se bat pour dénoncer la pollution aux métaux lourds dans la ville chilienne d'Antofagasta, capitale mondiale du cuivre.

Moderne cité côtière de 580.000 habitants dans le nord du pays, Antofagasta abrite l'essentiel de l'activité minière du Chili, premier producteur mondial de métal rouge, dont il couvre un tiers de l'offre.

Jaqueline, 38 ans, a vécu cinq ans face au gigantesque port international d'Antofagasta, créé au XIXe siècle pour exporter le phosphate et maintenant dédié au cuivre, dont les chargements dégagent dans l'air une poudre noire.

Sur le toit de son petit immeuble, ses deux enfants ont joué des heures et des heures, exposés à cette poussière. Aujourd'hui, ils montrent tous deux des traces de métaux lourds dans leur organisme, selon le résultat d'examens médicaux pratiqués à l'étranger.

"C'est une condamnation à mort pour ma famille", assure, angoissée, leur mère alors que la région d'Antofagasta affiche le taux de cancer le plus élevé du pays.

La pollution a toujours rôdé dans la ville: dans les années 1960, l'alerte avait été donnée en raison des hauts niveaux d'arsenic dans ses eaux. Puis en 1998, les médecins avaient découvert avec effroi des indices de plomb supérieurs à la normale chez les enfants vivant près de la ligne de chemin de fer reliant le pays à la Bolivie.

Aujourd'hui, c'est cette poussière noire et dense qui inquiète. Elle salit les mains, on peine à l'enlever des balcons et des murs. Le vent de la côte la porte dans toute la commune.

Selon une étude de l'Institut de santé publique, cette poudre contient au moins 16 métaux différents. Le Collège médical d'Antofagasta y a décelé "des quantités d'arsenic, cadmium, zinc, chrome, plomb et manganèse dépassant largement les normes chiliennes".

- Cadeau empoisonné -

L'activité minière est le trésor le plus précieux de la commune qui, grâce à elle, affiche un revenu par habitant presque deux fois supérieur à la moyenne nationale (36.000 dollars par an, contre 20.000).

Mais c'est un cadeau empoisonné: ses habitants ont trois ans d'espérance de vie en moins par rapport au reste des Chiliens. La mortalité par cancer du poumon y est deux fois plus forte (34,7 cas pour 100.000 habitants, contre 16,1), les cancers de la vessie et de la peau sont aussi plus nombreux.

"Les scientifiques considèrent que dans la région d'Antofagasta, c'est une expérience biologique qui est menée, en exposant la population à ces niveaux de pollution", s'alarme le président du Collège médical d'Antofagasta, Aliro Bolados.

Jusqu'à présent, un facteur a été clairement identifié comme expliquant la hausse des cas de cancers et maladies cardiovasculaires: la grave exposition à l'arsenic entre 1958 et 1971. À cette époque, l'eau potable de la ville en contenait des niveaux en moyenne 86 fois supérieurs à la norme.

Les médecins s'inquiètent particulièrement pour les 16.000 habitants nés avant 1970, exposés très jeunes à cette substance toxique.

Ils ont aujourd'hui entre 40 et 50 ans, sont en majorité de grands fumeurs et ont un risque élevé de développer un cancer, selon les recherches de Catterina Ferreccio, sous-directrice du Centre d'études avancées sur les maladies chroniques, les épidémies et le cancer.

"C'est une génération entière qui a toutes ces choses (des maladies, ndlr), ce qui fait que, même s'ils ont le revenu par habitant le plus élevé, ils ont l'espérance de vie la plus faible du Chili", explique-t-elle à l'AFP.

Maintenant que les niveaux d'arsenic dans l'eau ont été ramenés à la normale, l'attention se reporte sur la pollution émanant du port d'Antofogasta, géré par l'un des plus importants groupes chiliens, Luksic. Il occupe une dizaine d'hectares dans le centre de la ville.

- 'Cette poussière te tue' -

L'entreprise concessionnaire du port s'est engagée à améliorer ses pratiques, en signant en septembre 2016 un "Accord de production propre", qui implique également six grandes compagnies du secteur minier, portuaire, logistique? Il fixe des nouveaux standards en terme de transport et débarquement de marchandises, notamment le lavage des camions.

Pourtant, la justice a encore condamné le port en octobre pour pollution, lui infligeant une amende d'1,3 million de dollars. Et le port continue à fonctionner comme avant.

"Ils préfèrent sacrifier Antofagasta plutôt que le Chili arrête de gagner de l'argent", soupire Ricardo Diaz, du mouvement "Cette poussière te tue", qui exige de transférer le port à l'extérieur de la ville.

Alors que la présence de métaux lourds dans cette poussière a été prouvée, les autorités appellent au calme, affirmant que même les habitants les plus exposés resteraient à des niveaux de pollution inférieurs à la norme chilienne sur l'arsenic.

Mais des analyses officielles menées fin 2015 auprès de 243 enfants de crèches et écoles proches du port ont montré que 99,2% d'entre eux ont des niveaux de plomb dans le sang sous le seuil réglementaire.

Le Collège médical d'Antofagasta conteste toutefois ces résultats et exige des analyses de cheveux portant sur les taux de tous les métaux confondus.

Jaqueline Jiménez non plus n'avait pas confiance dans les analyses officielles, qui sont sanguines comme le veut la pratique internationale en matière d'analyses de métaux.

Alors elle a fait examiner les cheveux de ses enfants à l'étranger, même si la fiabilité de cette méthode est contestée: ils ont révélé une concentration élevée de métaux.

La maire de la commune, Karen Rojo, affiche sa bonne volonté, assurant à l'AFP vouloir "rendre obligatoires des analyses sur les enfants de un à six ans pour déterminer, chaque année, les dommages qui peuvent exister dans la population".

Dans l'incertitude des effets à long terme, les experts recommandent pour leur part de réduire à zéro l'exposition des enfants à ces substances dangereuses.

vendredi 12 mai 2017

LES ARTISANS D’ART S’EXPOSENT AU GRAND PALAIS


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CONSOLE SCULPTURALE MÖBIUS PALISSANDRE
PALISSANDRE DE SANTOS RECOUVRANT
ENTIÈREMENT LA STRUCTURE
EN FIBRE DE CARBONE
 PIERRE RENART 


Jusqu’au 8 mai 2017, des créateurs du monde entier ont rendez-vous à Paris au salon « Révélations », où 45 000 visiteurs sont attendus. Occasion de montrer que savoir-faire rime aussi avec création. Par Véronique Lorelle




À chaque biennale, c’est une remise en jeu. Luthiers, ébénistes, plumassiers, plisseurs… sont en compétition pour faire plus beau, plus fou, plus désirable. La troisième édition de Révélations, consacrée aux métiers d’art et de création, qui se déroule sous la nef du Grand Palais, à Paris, du 3 au 8 mai 2017, n’échappe pas à la règle. Quatre cents créateurs ont été retenus pour la qualité et l’originalité de leur (bel) ouvrage, sur plus de six cents candidatures reçues cette année par le comité de sélection.

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CENTRE DE TABLE DE LA COLLECTION SHITAKE, EN
MARQUETERIE DE PAILLE PAR FORT ROYAL ET
JEAN-MARC GADY. STUDIO JEAN-MARC GADY 

C’est que le renouveau des arts décoratifs français – après des décennies d’une décoration minimaliste dans nos intérieurs – fait figure d’embellie pour ces métiers qui tombaient en désuétude. Le grand public montre aussi un intérêt renouvelé pour ces savoir-faire parfois millénaires. « L’engouement, aujourd’hui, tient au fait que l’artisanat d’art porte des valeurs dont notre société a besoin, explique Henri Jobbé-Duval, le commissaire général de Révélations. Le critère humain est important dans ces métiers où il y a la double nécessité d’une transmission des gestes d’une génération à l’autre et d’une adaptation à la modernité, pour ne pas disparaître », précise celui qui avait été surpris dès la première édition de 2013, qu’il a contribué à créer, « par les gens faisant la queue avant l’ouverture des portes et la traînée de poudre sur les réseaux sociaux».


La tradition n’empêche pas la création, ce que donne par exemple à voir le maître dans l’art du pli, Pietro Seminelli, dont les tapisseries, luminaires, paravents – produits dans son atelier du Calvados – connaissent un succès tel qu’il a ouvert un bureau showroom à New York et s’apprête à inaugurer une galerie à Paris. Ou encore la manufacture Pinton (fondée dans la Creuse en 1967), qui perpétue le savoir-faire de la tapisserie d’Aubusson, mais édite également, pour sa galerie de la rue du Cherche-Midi, à Paris, des tapis d’art contemporains.

Les nouvelles générations d’artisans prônent l’hybridation des matières et des techniques, et la collaboration avec d’autres artistes ou d’autres métiers, aux compétences différentes des leurs. Révélations donne à voir le fruit d’alliances pérennes entre artisans et designers, comme celle du groupe Fort Royal, créé en 2006, avec le studio Jean-Marc Gady. De ce mariage sont nés, cette saison, une commode, deux centres de table et un bout de canapé, en laque noire et marqueterie de paille multicolore.

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BUFFET D’OUSMANE MBAYE, SÉNÉGAL (2016). OUSMANE MBAYE 
Huit autres artisans d’art, travaillant avec huit designers (dont l’Atelier Bettenfeld-Rosenblum, gainier doreur, avec Christian Ghion, ou la Maison Fey avec Pierre Charrié), sont exposés sur le stand de Péri’Fabrique, une structure née à l’initiative du Festival du design D’Days (jusqu’au 14 mai à Paris) qui encourage la cocréation.

« Avec Révélations, on peut donner une autre vision de l’objet usuel qui, en France, n’était pas considéré comme une œuvre d’art, alors qu’il recèle une dimension spirituelle liée au geste de l’artisan », souligne Henri Jobbé-Duval. Cette approche contemporaine et « non folklorique » de l’artisanat a séduit plusieurs pays étrangers, qui participent au salon, de la Chine au Sénégal, du Luxembourg à la Russie. C’est le cas aussi du Chili, le pays à l’honneur pour cette année. Objets à base d’algues tissées, de crins de cheval ou de corne de bœuf : « Une cinquantaine de pièces uniques explorent la richesse des savoir-faire chiliens et leur appropriation par les créateurs contemporains », résume Nury Gonzalez, la directrice du Musée des arts populaires américains Tomas Lago, qui a orchestré l’événement parisien.

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CHAISE D’ADRIEN ANCEL, ATELIERS AMEA ESTAMPILLE 52 ;
VASES D’HAE-CHO CHUNG, CORÉE DU SUD ;
FAUTEUIL DU STUDIO POOL, GALLERY S. BENSIMON
ET VIDE-POCHE D’EGON MUNOZ, CHILI
(DE GAUCHE À DROITE ET DE BAS EN HAUT).
« Longtemps nous avons été invisibles auprès du grand public parce que nous travaillons dans l’ombre du luxe, notamment pour des architectes-décorateurs internationaux », souligne Aude Tahon, la nouvelle présidente du syndicat professionnel Ateliers d’art de France, l’organisateur de Révélations. « Ce salon au Grand Palais, un lieu emblématique de la Ville Lumière, montre que nous, artisans d’art, avons des propositions créatives, que nous ne sommes pas seulement des “petites mains” », martèle cette créatrice qui expose ses sculptures textiles faites selon une technique coréenne de nœuds. 45 000 visiteurs sont attendus au Grand Palais, pour cette exceptionnelle exposition-vente d’objets uniques.

Révélations, Biennale internationale métiers d’art & création, au Grand Palais, à Paris, jusqu’au 8 mai. 10 heures-20 heures tous les jours sauf lundi 8 mai (10 -19 heures). Plein tarif : 18 euros. Pré-vente en ligne : 15 euros.


jeudi 11 mai 2017

INVITATION À LA VENTE PRIVÉE
D'HERNAN L. TORO





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INVITATION À LA VENTE PRIVÉE D'HERNAN L TORO

Une vente privée de dessins, cartons et toiles d'Hernan L. Toro aura lieu le samedi 10 juin 2017 à la galerie l'«Artpartement», 11 rue Thérèse, dans le 1er arrondissement de Paris. 



Voir plan ici 

mardi 2 mai 2017

ARAUCARIA ARAUCANA - L'ARBRE EMBLÉMATIQUE DU CHILI SUR LES ÉCRANS FRANÇAIS

PHOTO ANDY URBINA
La chaîne thématique Ushuaia TV diffuse, à partir du 21 mars, un documentaire franco-chilien sur l’Araucaria, un arbre millénaire, emblème du Chili, dont la survie est menacée par les incendies et l’exploitation forestière. Lepetitjournal.com s’est entretenu avec Danièle Ball, une écrivaine française installée au Chili depuis 2002 et passionnée de botanique. Son livre, « Pehuen, l’arbre d’un peuple », a largement inspiré le documentaire.

Lepetitjournal.com/Santiago : La gestation du documentaire « Araucaria Araucana » est particulièrement originale. Produit par une société de production française, il a été tourné par deux cinéastes, l’un français, l’autre chilien, et s’inspire du livre d’une française vivant au Chili. Comment en est-on arrivé là ?

PEHUEN (ARAUCARIA ARAUCANA),
L’ARBRE D’UN PEUPLE
Danièle Ball : Ce documentaire a été produit par le français Rémi Rappe et le chilien Santiago Serrano, deux jeunes réalisateurs qui se sont connus dans une école de cinéma spécialisée en nature à Poitiers. Ils avaient tous les deux envie de réaliser un documentaire sur l’Araucaria. En cherchant de l’information, qui est rare, sur cet arbre millénaire, ils sont tombés sur mon livre. Leur but étant de faire un film artistique et trouvant mon livre très poétique, ils m’ont contactée et demandée l’autorisation d’utiliser mon texte pour la voix-off de leur documentaire.

Le documentaire, comme votre livre, parle du lien sacré qui existe entre l’Araucaria et les Pehuenches, une communauté mapuche avec laquelle vous avez vous-même vécu. Détaillez-nous un peu plus ce lien.

Les Pehuenches ont survécu pendant des siècles dans l’inhospitalière cordillère des Andes grâce aux fruits de l’Araucaria, les pignons. Adoubé comme cadeau du ciel par leur chef spirituel, le « lonco », cet arbre est pour eux un lien entre l’homme et Dieu, entre la terre et le ciel. Pour fêter cette union spirituelle, ils célèbrent chaque année le « nguillatun », une cérémonie religieuse mapuche dans laquelle un Araucaria est planté au centre de chaque culte.

Quelles réponses à nos problématiques environnementales pouvons-nous trouver dans cette relation particulière ?

Nous pouvons trouver le respect total de la nature. Ce qu’ont compris les Pehuenches depuis longtemps, c’est que les arbres sont des êtres vivants et que, comme l’homme, ils ont le droit de vivre. Et l’être humain a besoin des arbres parce qu’ils perçoivent et émettent des informations. Ils communiquent par des particules volatiles, par leurs racines. Ils parlent, réagissent, dorment, et s’alimentent entre eux via leurs racines. Ils participent à l’équilibre des écosystèmes. C’est un paramètre que l’on ignorait il y a encore trente ans et dont les Pehuenches ont toujours eu conscience.

La défense de cette harmonie entre l’homme et la nature semble être le parti pris des auteurs du documentaire. Quel message veulent-ils faire passer?

Au moyen de prises d’images époustouflantes et de grande qualité, les deux cinéastes veulent faire passer ce message : « regardons cette beauté à couper le souffle et protégeons-la ». Le documentaire montre les conséquences dramatiques des incendies, de la pollution et de l’exploitation forestière sur la survie de plus en plus menacée de l’Araucaria. Il invite les téléspectateurs à se rendre compte de la lenteur de la reproduction de cet arbre qui ne pousse qu’un centimètre par an.

Pour connaître les jours et les horaires de diffusion du documentaire sur Ushuaia TV, cliquez sur ce lien. Nous vous invitons également à découvrir sa bande annonce ci-dessous :
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Si vous êtes intéressés de lire le livre de Danièle Ball, « Pehuen, l’arbre d’un peuple », publié aux Editions Les Deux Océans, il est disponible à la vente à la librairie française Le Comptoir (Avenida Vitacura 6780, Santiago).

Propos recueillis par Alexandre Hamon (lepetitjournal.com/santiago) - Jeudi 16 mars 2017
Photo de @AndyUrbina

jeudi 27 avril 2017

AGUSTÍN EDWARDS, PROPRIÉTAIRE DU PUISSANT GROUPE DE PRESSE EL MERCURIO, EST MORT


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AGUSTÍN EDWARDS
PHOTO AGENCIA UNO
Agustín Ivan Edmundo Edwards Eastman, né à Paris, le 24 novembre 1927 est décédé le lundi 24 Avril 2017 à Santiago du Chili. Fils d'Agustín Edwards Budge et de Mary Elizabeth Eastman Beeche, et petit-fils d'Agustín Edwards Mac-Clure, il est l’héritier du puissant groupe de presse conservateur El Mercurio. 
« CHILIEN : EL MERCURIO  MENT ».
En 1970, Agustín Edwards, propriétaire et directeur d’« El Mercurio », entreprend des démarches auprès de la Maison Blanche pour que le gouvernement des États-Unis empêche l’arrivée au pouvoir du président élu, Salvador Allende. Si cette action échouait, le plan était de le renverser. El Mercurio reçut plus d’un million et demi de dollars de la Central Intelligence Agency (CIA) pour mettre le complot en marche.

Les preuves de ces faits, ainsi que d’autres, sont décrites dans des documents publics tels que le rapport Church du Sénat des États-Unis, les mémoires de l’ex-secrétaire d’État nord-américain Henry Kissinger, des documents déclassés de la CIA, des témoignages d’anciens hauts fonctionnaires du gouvernement de Richard Nixon ou différents travaux d’enquête journalistique.


UNE DU QUOTIDIEN EL MERCURIO
DU MARDI 25 AVRIL 2017.
« Le Mercurio ment » fut une phrase utilisée par les critiques du journal chilien El Mercurio. Elle a été diffusée le 11 août 1967, lors de la réforme dans l’Université pontificale catholique du Chili : un groupe d'étudiants a suspendu une pancarte au siège central de l’Université, à Santiago du Chili, avec cette phrase « Chilien : El Mercurio  ment ».

Le décès d’Edwards, personnage haï par toute une génération de victimes, provoque de vives réactions comme celle de Carmen Hertz sur Twitter, avocate de Droits de l’Homme et dont le mari fut exécuté sous le régime militaire et est encore porté disparu : «Sinistre Agustín Edwards, conspirateur, lâche séditieux, financé par des fonds de la CIA, a permis et soutenu l’extermination à travers ses journaux »


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mercredi 26 avril 2017

IL Y A 80 ANS, PICASSO PEIGNAIT FIÉVREUSEMENT « GUERNICA » SOUS LES TOITS DE PARIS


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RÉVOLTÉ PAR LE BOMBARDEMENT DES TROUPES NAZIES DE LA VILLE BASQUE, 
LE 26 AVRIL 1937, LE MAÎTRE CATALAN PEINT SON CHEF-D’ŒUVRE, SYMBOLE 
UNIVERSEL DE LA CRUAUTÉ DE LA GUERRE, POUR LE PRÉSENTER DANS LE 
PAVILLON ESPAGNOL DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS, LA MÊME ANNÉE. 
Le 26 avril 1937, la petite ville basque espagnole brûlait sous les bombes larguées par des avions allemands et italiens.
L'HUMANITÉ, LE 28 AVRIL 1937, DEUX JOURS
APRÈS LES BOMBARDEMENTS SUR GUERNICA,
L’HUMANITÉ DÉNONCE « LE MASSACRE »
Il va bien falloir le remplir, ce grand mur blanc. Celui que la République espagnole a réservé à Pablo Picasso pour accueillir la pièce maîtresse de son pavillon à l’Exposition universelle de Paris, qui débute en mai 1937. À un mois de l’ouverture, le peintre andalou, installé en France depuis trente ans, n’a toujours pas trouvé de thème pour sa toile. C’est l’actualité internationale qui, en pleine guerre civile espagnole et à la veille du second conflit mondial, va lui en jeter un à la figure.


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En ouvrant le journal L’Humanité du 28 avril 1937, Picasso découvre, horrifié, les photos de la ville basque de Guernica réduite en cendres par le bombardement d’avions allemands et italiens deux jours plus tôt. Il passe commande d’une toile de près de 8 mètres de long par 3,5 de haut à un artisan catalan qu’il a connu en Espagne : Antonio Castelucho. Celui-ci tient boutique au 16 de la rue de la Grande-Chaumière, dans le 6e arrondissement de Paris, près du quartier Montparnasse. Son échoppe, tout en contrastes clair-obscur, est chérie des peintres espagnols exilés à Paris. C’est là que commence l’histoire de Guernica, dont on célébrera en mai le 80ème anniversaire.

PABLO PICASSO,  PHOTOGRAPHIÉ PAR DORA MAAR,
DEBOUT SUR UN ESCABEAU PEIGNANT « GUERNICA »,
 DANS L’ATELIER DE L’HÔTEL DE SAVOIE,
À PARIS, EN MAI-JUIN 1937. 
Les Castelucho sont les premiers marchands d’art à s’être établis dans cette rue qui, au milieu du XXe siècle, en comptera jusqu’à cinq. « À cette époque, le tout-Paris des artistes était descendu de Montmartre vers la rive gauche et Montparnasse. La rue de la Grande-Chaumière était la plus concentrée d’Europe en boutique de beaux-arts. Il y avait Castelucho, Gattegno, Morin et Janet, Chautard et la maison Sennelier », la seule encore ouverte aujourd’hui, se souvient Dominique Sennelier, petit-fils du fondateur. De nombreux artistes, comme Paul Gauguin ou Amedeo Modigliani, ont habité là, installant leurs ateliers dans les arrière-cours discrètes des appartements de l’avenue.

Le grenier de l’hôtel de Savoie

« La plupart des artistes ont été chassés par la spéculation immobilière à partir des années 1960 », regrette M. Sennelier. La boutique d’Antonio Castelucho a résisté un peu plus longtemps. Jusqu’à ce que sa fille, sans héritier, se résolve à la céder, au début des années 1980, à un ami catalan qui fit rapidement péricliter l’affaire. Différents entrepreneurs ont ensuite racheté le magasin, devenu restaurant, cultivant plus ou moins l’histoire du lieu. Si « très peu d’archives ont été conservées » de cette période de foisonnement artistique, « les légendes sont encore vivaces dans la rue », jure-t-on à l’académie de la Grande Chaumière, campée au numéro 14, où des peintres iconiques sont venus pratiquer leur art.

« À peine ai-je le temps de fixer une première partie de la toile que Picasso grimpe sur un escabeau et commence à dessiner. » Jaime Vidal, apprenti chargé de livrer la toile chez le peintre

Parmi ces légendes, celle que Jaime Vidal, l’apprenti de Castelucho, raconta à L’Humanité bien des années après Guernica. C’est lui qui, en 1937, est chargé de la livraison du matériel commandé par Picasso. L’artiste espagnol vient alors d’investir les deux derniers étages du mythique hôtel de Savoie, au 7 de la rue des Grands-Augustins, où Jacques Prévert et Jean-Louis Barrault réunirent leurs compagnies de théâtre au début des années 1930. Picasso a installé son atelier au grenier.

Son fourbi sous le bras, Vidal débarque un matin de la mi-mai, à 10 heures : « J’étais persuadé d’être trop matinal. Picasso, déjà levé et surexcité, me demande pourquoi j’arrive si tard et me passe une engueulade. Nous déroulons la toile, la tendons puis la clouons à un châssis. À peine ai-je le temps de fixer une première partie de la toile qu’il grimpe sur un escabeau et commence à dessiner ». Sous les toits parisiens, Picasso boucle en trois semaines le monumental Guernica.

LE  « GRENIER PICASSO » (ICI EN JUIN 2013), OÙ L’ARTISTE
A PEINT  « GUERNICA » EN 1937, OCCUPE LES DEUX
DERNIERS ÉTAGES DE L’HÔTEL DE SAVOIE,
RUE DES GRANDS-AUGUSTINS, À PARIS.

PHOTO VINCENT WARTNER
Ce grenier, d’où est sortie en 1937 la plus célèbre des 120 000 œuvres de Picasso, est aujourd’hui menacé. La chambre des huissiers de justice de Paris (CHJP) souhaite faire de l’hôtel de Savoie, dont elle est propriétaire, une résidence hôtelière de luxe gérée par la société Helzear. Le grenier deviendrait une chambre et, en contrepartie, un espace consacré à la vie et à l’œuvre de Picasso serait installé au rez-de-chaussée. Opposé à ce projet, le Comité national pour l’éducation artistique (CNEA) se bat pour que l’endroit reste accessible à un large public et propose de conserver l’espace culturel ouvert dans le grenier en 2002, qui proposait ateliers pour enfants, expositions et concerts afin de faire vivre le lieu.

Que reste-t-il du berceau de « Guernica » ?

Expulsé en 2010, le CNEA dénonce, par la voix de son avocat Marc Bellanger, « l’entourloupe d’Anne Hidalgo », qui a délivré à l’été 2015, « après s’être engagée à protéger le lieu », le permis de construire engageant la transformation du grenier de Picasso. La mairie de Paris, qui n’a pas répondu à nos sollicitations, expliquait alors à Libération « avoir fait dialoguer tout le monde pour arriver à ce compromis ». L’ultime recours qui tient encore est un appel déposé devant la cour administrative de Paris contestant la validité du permis. Le verdict n’est attendu qu’en septembre, mais Marc Bellanger est déjà résigné : « Nous avons tout fait pour sauver ce grenier, mais, aujourd’hui, je n’y crois plus. C’est un combat désespéré. »

De la fabrication de son châssis au dernier coup de pinceau du maestro, Paris aura tout vu de Guernica, jusqu’à sa présentation au public, le 12 juillet 1937. Mais alors que le dernier lieu parisien entretenant sa mémoire pourrait disparaître, d’aucuns pointent l’ingratitude de la France à l’égard de Pablo Picasso, qui a vécu, travaillé à Paris, et y est enterré. Car les célébrations du 80e anniversaire de l’œuvre resteront confidentielles dans la capitale. Le musée Reina Sofia de Madrid propose, lui, jusqu’au 4 septembre, une grande exposition autour de l’œuvre qu’il abrite depuis vingt-cinq ans : « Le Chemin vers Guernica ».


Par Albert Marie

vendredi 14 avril 2017