dimanche 5 septembre 2010

LES SURVIVANTS DES ANDES VIENNENT SOUTENIR LES MINEURS BLOQUÉS AU CHILI

"Nous venons pour rendre au peuple chilien tout ce qu'il nous a donné", a déclaré José Luis Inciarte, accompagné de Gustavo Zerbino (bien Zerbino), Pedro Algorta et Ramon Sabella.

Ces Uruguayens avaient survécu 72 jours dans les montagnes du Chili après le crash de leur avion qui les emmenait à Santiago pour jouer un match de rugby.

Douze des 45 personnes à bord avaient péri dans l'accident et 17 autres avaient succombé à leurs blessures ou trouvé la mort dans des avalanches.

Après l'abandon des recherches, les survivants avaient dû se nourrir de la chair de leurs camarades décédés pour rester en vie jusqu'à ce que deux d'entre eux parviennent à alerter les secours après dix jours de marche à travers la montagne enneigée.
Selon José Luis Inciarte, cette expérience est "totalement différente" de celles que vivent les 33 mineurs pris au piège à 700 mètres de profondeur par un éboulement survenu le 5 août, mais il juge qu'il y a des points communs.

"Ils sont en train de découvrir le bonheur d'être en vie et l'envie de survivre (...) Qu'ils ne s'inquiètent pas! Ils vont sortir, car les secouristes sont très compétents et leurs familles les attendent", a-t-il déclaré avant d'embrasser l'épouse d'un mineur.

Gustavo Zerbino a pour sa part rapporté que le président chilien Sebastian Pinera, qui les a reçus vendredi à Santiago, leur avait demandé de transmettre le message suivant aux mineurs: "le 18 septembre (jour du bicentenaire de l'indépendance du Chili), nous aurons une pensée pour eux, mais nous fêterons Noël ensemble".

Après un entretien avec le psychologue pour "faire un point de la situation", les quatre membres de la fondation "Viven" ("Ils sont en vie"), créée par les survivants des Andes, devaient "apporter leur soutien" aux mineurs et à leurs proches" et "leur raconter leur expérience", selon un membre de l'équipe de secours à San José, à 800 kilomètres au nord de Santiago.

Par ailleurs, un système de visioconférences permettant d'améliorer les communications entre les mineurs et leurs proches devait être mis en route samedi, a-t-il ajouté. Ils pourront non seulement se parler, mais en outre, les familles pourront désormais observer les 33 miraculés.

Les opérations pour remonter les mineurs à la surface devraient durer trois à quatre mois, selon les autorités.
(©AFP / 04 septembre 2010 19h14)

vendredi 3 septembre 2010

Chili : Isabel Allende, candidate dénigrée au Prix de littérature

La candidature de l'écrivaine chilienne ne passe pas inaperçue, tout d'abord parce qu'elle a reçu une cinquantaine de prix internationaux et figure parmi les auteurs les plus lus du continent sud-américain.
Ses livres ont été traduits dans plus de 24 langues et ont été vendus à près de 51 millions d'exemplaires. Sans compter les centaines de versions pirates qui se vendent peu cher sur les étals des marchés et touchent, de fait, un lectorat sans le sou, qui a difficilement accès aux livres -chers au Chili. Ses textes sont aussi systématiquement étudiés à l'école chilienne, et dans le monde entier.
En faisant acte de candidature, la cousine issue de germain du Président Salvador Allende -le père d'Isabel, diplomate, en était le cousin- s'est attirée les foudres de ses détracteurs, qui depuis se déchaînent par médias interposés et via Facebook contre ses (plus) nombreux admirateurs.
Ceux qui ne veulent pas qu'elle reçoive le Prix national de littérature -qui s'accompagne du versement d'une pension à vie- usent d'un langage extrêmement méprisant à son égard ; les mots étant spécifiquement choisis pour la blesser. Pourquoi ?
L'œuvre d'Allende « trop divertissante pour être littéraire »
Elle ne « mérite pas le Prix », décrète la Société des écrivains chiliens (Sech, créée en 1932) parce qu'elle est un « un écrivain mineur » -sympa pour ceux qui, dans le monde entier, avalent goulûment ses livres et sont du même coup traités d'« incultes »-, et que « ses livres sont des best-sellers » -sous-entendu : « Elle s'est vendue au marché, ce n'est pas bien ! »
Ses livres sont classés « trop divertissants pour être littéraires », ils « poussent le lecteur à s'évader et ne l'amènent pas à apprendre des valeurs qui fondent une société en devenir [comme la société chilienne, ndlr] ».
Le critique littéraire Andres Aguirre a résumé :
« Si on veut donner le Prix à la vente massive et à la culture populaire… Allende. Mais si on veut primer l'apport littéraire et la création, le Prix devrait aller ailleurs… »
Plus vulgaire, Alvaro Matus, qui travaille dans les pages culture du journal La Tercera, écrit que « remettre le Prix national à Allende, reviendrait à primer les hamburger de Mc Donald lors d'un salon de gastronomie. »
L'agressivité gratuite a même traversé les frontières, puisque le Péruvien Gustavo Faveron soutient :
« Donner le Prix à Allende pour son succès commercial sans prendre en considération le contenu de ses livres -la poubelle de Garcia Marquez lue avec les lunettes de Corin Tellado [l'auteure la plus célèbre de la littérature espagnole avec 4 000 titres et 400 millions d'exemplaires vendus, ndlr]-, c'est transformer le Prix […] en une récompense à l'exportation.
C'est déclarer […] que la littérature est une pure marchandise et que sa valeur est simplement monétaire. »
« Au nom des femmes simples de ce Chili qui est le nôtre »
« La haine vient des envieux, d'un complexe d'infériorité qui les rend amers », répondent les défenseurs d'Isabel Allende, tranchant avec l'agressivité de ses détracteurs. De la jalousie, face au succès national et international d'Isabel Allende. La journaliste Ximena Torres, écrit dans Terra :
« On aimerait que nos footballeurs gagnent la Coupe et on ne supporte pas qu'Isabel Allende soit si connue dans le monde littéraire, comme l'est Ronaldo dans le foot. »
Delia Vergara, qui fut sa rédactrice en chef à Paula (revue féminine) dans les années 70, appuie Isabel Allende d'un ton complice :
« Je suis une grande lectrice et je ne supporte pas la mauvaise littérature. Et lorsque je commence ses livres, je ne peux plus m'arrêter de lire et chaque fois, je suis admirative, émue […].
Ses livres autobiographiques me semblent remarquables, en raison de son honnêteté, et parce que de tout cœur, avec courage, elle transmet la douleur qui l'a souvent déchirée.
Pourtant, dans chacun de ses livres, on trouve aussi son humour qui me fait rire aux éclats… »
Et puis, il y a cette lectrice. « Je suis de ces femmes qui lisent beaucoup moins qu'elles ne voudraient », écrit Iris Aceitón dans El Observatodo…
« Je suis l'héroïne courageuse, battante et imparfaite de chacun de tes romans. Je suis cette femme chilienne qui te remercie parce que tu as su raconter au monde ce qui déchire ta patrie…
Isabel Allende, au nom des femmes simples de ce Chili qui est le nôtre, je te remets le Prix national de littérature. »

Chili: le forage progresse par à-coups, mais les mineurs sont plus proches

Mais les autorités ont demandé aux familles de ne pas envoyer de messages d'espoir infondés qui pourraient "troubler" les mineurs, dans leurs échanges croissants avec les 33 hommes piégés à 700 m sous terre.
"Par exemple, une famille a écrit +nous sommes sûrs qu'ils vont te sortir avant la Fête nationale du 18 septembre+, et nous leur demandons de ne pas faire cela", a déclaré jeudi le ministre de la Santé Jaime Manalich, rappelant que les opérations de secours dureront trois à quatre mois.
Bloqués depuis 28 jours, les mineurs se sont déjà inscrits dans l'histoire de la survie sous terre: le précédent record connu était de 25 jours pour trois mineurs chinois d'une mine inondée de la province du Guizhou (sud-est) en juillet 2009.
Des chapelets bénis par le pape Benoît XVI ont été transmis jeudi aux mineurs, a indiqué le cardinal chilien Francisco Javier Errazuriz, archevêque de Santiago, qui a célébré une messe aux abords de la mine.
Dans la journée, le percement du puits de 702 m a été suspendu dans l'après-midi et, comme la veille, les techniciens cimentaient les parois pour "éviter que de l'eau filtre par les fissures", a indiqué le Bureau national des Urgences (Onemi).
"Nous avons dépassé les 41 mètres (...) le puits est en train d'être cimenté, cela va prendre 12 heures, et l'opération (de forage) reprendra à 01H00 vendredi" (05H00 GMT), a précisé Andres Sougarret, ingénieur coordonnant les travaux dans la mine de San José (nord).
Mercredi, le forage commencé deux jours auparavant avait déjà été interrompu pendant quelques heures après la détection d'une faille géologique, pour poser un revêtement de ciment.
M. Sougarret a expliqué que ces interruptions périodiques, pour traiter des failles, étaient "prévisibles", surtout sur les 100 premiers mètres, la couche géologique sous la surface étant la plus altérée.
Le puits de 702 m de long et 66 cm de large doit servir à extraire les mineurs, un à un.
La capacité de l'excavateur est d'environ 15 m par jour.
M. Sougarret a confirmé qu'un nouveau forage commencerait dimanche, pour élargir à 30 cm un des étroits conduits de ravitaillement et faire passer des objets plus larges". Ultérieurement, les ingénieurs examineront s'il peut être encore élargi pour constituer un Plan B de sauvetage, a-t-il ajouté.
Après les lettres, les messages vidéo, le dialogue par téléphone, les mineurs vont pouvoir communiquer en images et en direct, avec une caméra et un câble en fibre optique, a révélé jeudi M. Manalich.
A partir de vendredi, ils pourront "avoir des conversations privées avec leurs familles via un écran de télévision", a-t-il expliqué.
Après le premier repas chaud pris mercredi, les mineurs recevront dorénavant "une alimentation normale avec un supplément de protéines une ou deux fois par jour", a annoncé l'Onemi.
"Plusieurs d'entre eux ont commencé à se plaindre de problèmes dentaires qui recevront un traitement adéquat", a signalé l'organisme.
En outre, "trois mineurs présentent des lésions mineures de la peau qui, selon les médecins, pourraient être dues à une réaction aux vaccins administrés cette semaine. Des photos seront prises en vue d'une analyse plus détaillée".
M. Manalich a affirmé jeudi que les 33 étaient "solides comme des rocs, sains de corps et d'esprit".

jeudi 2 septembre 2010

Michelle Bachelet chez les Basques

Michelle Bachelet reçoit le Doctorat Honoris Causa de l'UIMP

L'ex-mandataire se trouve en Espagne pour recevoir aujourd'hui au Santander le prix Honoris Causa de l'Université Internationale Menéndez Pelayo (UIMP), visite qu'elle a profité pour se réunir avec López.

mardi 31 août 2010

Chili : des prisonniers mapuches en grève de la faim depuis 45 jours

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« Esprit indomptable », pochoir sur un mur de Santiago du Chili.
Avec notre correspondante à Santiago, Claire Martin
L’état de santé des 31 mapuches en grève de la faim est très préoccupant. Le corps de gendarmes chargé au Chili du gardiennage des prisons a demandé à la justice de pouvoir nourrir de force les grévistes. Leur demande a été rejetée mais en revanche, ils auront le droit de les obliger à une hospitalisation.
Eric Millan est le porte-parole des détenus de la prison située à Temuco. Son frère fait partie des grévistes. Il affirme que : « Leur état de santé est très détérioré. Ils souffrent de crampes, d’évanouissements, de pertes d’équilibre, et le plus préocuppant sont ces évanouissements qui se produisent quotidiennement à n’importe quel moment. Nos familles sont très préocuppées. Ils ont perdu énormément de poids, entre 9 et 12 kg. Pourvu qu’il ne se passe rien de regrettable. »
Les mapuches sont un peuple indigène du sud du Chili. Une minorité d’entre-eux a choisi de récupérer ses terres ancestrales par la force. Les 31 mapuches en grève de la faim ont un point commun : tous sont en détention provisoire. Tous sont jugés selon la loi antiterroriste.
Pour Jorge Huenchullan, porte-parole des détenus de la prison de la ville d’Angol, « Cette mobilisation cherche à ce que l’Etat retire la loi antiterroriste et que les grévistes ne soient pas mis en examen selon cette législation. Nous considérons que c’est disproportionné d’appliquer une telle loi au peuple mapuche qui mène une protestation sociale et une protestation politique. Nous, les mapuches, n’avons commis aucun attentat contre l’homme, il n’y a pas eu d’assassinat de personnes. »
Les manuches victimes de la double peine
La loi antiterroriste empêche la défense de connaître les détails de l’instruction et l’identité des témoins de l’accusation. La détention provisoire dure au maximum six mois au Chili. Avec cette loi, elle dure deux ans. Née sous la dictature d’Augusto Pinochet, elle est régulièrement dénoncée par l’ONU. Les mapuches réclament aussi que cesse la double peine.
Fernando Lira est président de l’association chilienne de défense des droits de l’homme Liberar : « En plus de la loi antiterroriste, il y a une autre législation arbitraire, insolite, dans la justice chilienne qui est la double peine. La plupart de ces mapuches sont jugés deux fois : par la justice militaire et par la justice civile. Ainsi, si un mapuche est déclaré coupable par la justice militaire, il peut aussi faire l'objet d'une seconde peine, prononcée cette fois par la justice civile».
La grève de la faim dure depuis 45 jours. Le gouvernement n’a toujours fait aucune déclaration.

Dans les petites mines du Chili, la précarité et l'insécurité

Des mineurs allument des mèches reliées à des explosifs, dans la mine de San Javier, le 27 août 2010 près de Copiapo, au Chili. Photo AFP
Juan Carlos et ses compagnons travaillent dans une petite mine chilienne à Tierra Amarilla, à 700 kilomètres au nord de Santiago.
Ce sont des « pirquineros », des mineurs au statut précaire employés dans de petites unités indépendantes, louées par leurs propriétaires à des exploitants qui à leur tour recrutent les employés. Certains travaillent dans la légalité, comme ici dans la mine San Javier, dûment enregistrée. D'autres sont employés illégalement. Leur production est faible et leur sécurité dépend surtout d'eux-mêmes.
Aussi, la charge que vient de faire exploser Juan Carlos ne sert pas seulement à débusquer le cuivre. Car à San Javier, le drame vécu par les 33 mineurs de San Jose, bloqués depuis le 5 août à 700 mètres sous terre, fait réfléchir.
"A la lumière de ce qui s'est passé à San Jose, on est aussi en train de percer un troisième conduit de sortie", explique Juan Carlos, mineur depuis 1980. "On ne produit pas beaucoup ici. On travaille davantage pour survivre".
Après l'explosion, les mineurs s'engouffrent dans la galerie, dégagent les pierres qui encombrent les parois pour la sécuriser, avant d'extraire le minerai avec des perceuses ou seulement à mains nues.
Légaux ou pas, tous ont en commun de travailler la mine à la force du poignet, à la seule lueur des lanternes fixées sur leurs casques, sans les machines dans lesquelles peuvent investir les grands groupes miniers. Et sans la batterie de normes de sécurité.
"C'est une petite mine, notre chef est locataire. Elle produit du bon cuivre, mais en petite quantité. Nous on le sélectionne, on l'apprête, et il est prêt pour la fonderie", raconte Sergio Cisternas, chargé de la sélection des roches.
"Avec 35 explosions, on sort en moyenne 60 tonnes de matériau par jour", explique Cristian, un autre mineur. Pour un tel volume, ils perçoivent 1.200 dollars (939 euros), 3,5 fois le salaire mensuel minimum, qui ferait d'eux des hommes riches si le revenu était régulier.
Le minerai est ensuite vendu par l'exploitant de la mine à une fonderie, propriété de la compagnie d'Etat Enami.
Réputés endurants, capables de se faufiler avec aisance dans les galeries, des "pirquineros" ont proposé leur aide aux secouristes de San Jose, demandant à essayer de parvenir jusqu'aux 33 mineurs bloqués sous terre.
"Une fois là-bas, on saurait quoi faire. Il faudrait avancer le plus légèrement possible, s'il le faut en rampant", a expliqué un de leurs représentants, Juan Ramirez.
"Je comprends la proposition. Les « pirquineros » sont des gens très aguerris", a répondu Miguel Fort, un ingénieur coordonnant les travaux qui prendront trois à quatre mois avec le percement d'un tunnel. Mais il a jugé l'entreprise trop risquée. "L'objectif est de secourir 33 mineurs, pas de devoir en secourir deux ou trois de plus", leur a-t-il dit.
A l'extérieur de San Javier, une grappe d'hommes plus âgés, d'anciens mineurs, s'affairent autour des débris. Ce sont les recycleurs, qui traquent dans les roches délaissées un peu de minerai à récupérer et à revendre.
"C'est comme ça que je gagne ma croûte. On ne me donne plus de travail", raconte David Leon, 65 ans, en triant les pierres, dont il arrive dans le meilleur des cas à tirer 300 dollars par mois.
"J'ai travaillé autrefois à San Jose, mais je suis parti à cause du danger", dit-il. "J'avais conseillé à des collègues de ne pas y aller. Mon cousin Jorge Galleguillos est bloqué là-bas".

dimanche 29 août 2010

MONTAGES CONTRE INDIENS MAPUCHES

Ce qui précède est le premier point du Communiqué émis le 26/8 par l’association qui coordonne les familiers des prisonniers politiques mapuche en grève de la faim depuis le 12 Juillet. Le Communiqué est adressé au "Peuple-Nation Mapuche, au peuple du Chili et à la Communauté Internationale."
Les familles informent avoir été reçues par Luis Manferrer, Directeur de la Gendarmerie Nationale, chargé des différents locaux où se trouvent les indiens en grève dans le but de les maintenir séparés. Ceci concerne les Prisons d’Angol, de Concepción, de Lebu, de Temuco et celle de Valdivia. La dispersion des détenus dans de nombreuses enceintes pénitencières, répond à la volonté de les démolir moralement, en cassant le sentiment indien et communautaire de "l’être ensemble" partagé dans leurs groupes ruraux et familiaux, d’où le nom qu’ils se donnent : "communeros".
Les familles demandèrent au fonctionnaire d’arrêter "l’harcèlement physique et psychologique" qui subissent les prisonniers politiques, vu que cet harcèlement est contraire à l’humanité d’un emprisonnement et "ne tient pas compte de leur état actuel de santé". Le fonctionnaire ne donna aucune réponse aux demandes.
REFUS DE L’ALIMENTATION PAR LA VEINE : Dans leur Communiqué, les Familles déclarent inacceptable "le recours de protection récemment approuvé par les Tribunaux de Concepción, de Temuco et de Valdivia" obligeant l’alimentation des indiens grévistes de la faim par la voie veineuse et/ou avec d’autres procédés médicaux.
La Coordination des Familles déclare qu’il s’agit là encore "d’une torture, affectant l’intégrité physique et psychologique" des prisonniers politiques. Ils dénoncent en plus la perquisition d’une des cellules, qui aboutit à l’incommunication du gréviste perquisitionné, incommunication qui empêche d’ores en avant l’évaluation de son état de santé par l’équipe médicale externe à la prison.
En plus ils ont dénoncé que, les avocats de la défense des inculpés détenus en grève de la faim, sont persécutés eux aussi par la police.
La Coordination des Familles a donné sa confiance à Mme. Berna Castro Medina, médecin docteur en psychiatrie, qui a répondu aux activistes mapuche à propos de la médicalisation de la grève de la faim.
En effet, on sait que la Cour d’Appel de Concepción et Temuco confirma la décision des Tribunaux de Concepción, de Temuco et de Valdivia ordonnant l’alimentation médicale des grévistes.
Ceci signifie que les détenus n’auront pas la possibilité de faire prévaloir leur droit à la protestation extrême qu’est la grève de la faim, et qu’ils ont débutée le 12 Juillet pour obtenir justice.
Le Dr. Castro Medina affirma que les détenus n’accepteront pas qu’on leur fasse aucun prélèvement sanguin pour réaliser des examens de laboratoire, car on craint que ce sang soit utilisé pour fabriquer des preuves qui seraient incorporées à des montages de l’accusation. Le médecin affirma qu’au jour d’aujourd’hui, accusateurs et procureurs n’ont pas de preuves, qu’ ils pourraient créer avec le sang prélevé.
Elle ajouta que pour tous les détenus mapuche, l’état n’a pas réussi à présenter des preuves ni à démontrer les charges. Cette accusation dépourvue de fondements sert d’appui aux soupçons manifestés par les groupes de soutien des grévistes de la faim, qui affirment que les prélèvements sanguins répondent à une manœuvre du pouvoir pour "fabriquer des échantillons d’ADN et placer ainsi les détenus là où ils veulent".
Le Dr. Castro Medina a dit "qu’il faut dénoncer ceci aussi" et elle réclame des "garanties" pour éviter que cela n’arrive, car c’est déjà arrivé "pendant les années 80 et même les 90, donc ce ne serait pas la première fois".
A propos du "bâillon de la presse", l’indifférence et le silence qui entourent la grève mapuche de la faim, Mme. Castro Medina souligna l’importance de vaincre le "bâillon" et eu des mots très durs pour "l’inconscience absolue de la classe politique, et principalement de la gauche, qui ne s’est pas mise dans ce processus absolument légitime et juste".
Le Dr. Berna Castro Medina finalisa l’entretien en déclarant : "Nous avons souffert de la répression et avons eu des amis, sur le plan national et international. Ici, aujourd’hui on s’attaque aux Droits de l’Homme. Bien au-delà de notre accord ou désaccord avec la question politique posée par les détenus mapuche, nous sommes ici en train de demander le droit légitime à un jugement juste, ce que nous sommes encore en train de demander pour beaucoup d’autres, n’est pas?. Nous sommes en train de demander vérité et justice... VERITE ET JUSTICE... Cela c’est ce qui me marque le plus. Parce que la presse est dans les mains de l’oligarchie chilienne, de la droite chilienne, mais attention à devenir complices de ces politiques-là."
Jusqu’ici les courageuses opinions du Dr Castro Medina dans le Chili d’aujourd’hui, au milieu d’une démocratie menacée.
©Ximena Gautier Greve. Droits réservés. Reproduction autorisée.