mercredi 15 janvier 2014

JUAN GELMAN




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LE POÈTE ARGENTIN JUAN GELMAN, LAURÉAT DU PRIX CERVANTES EN 2007, EST MORT MARDI 14 JANVIER À 83 ANS À MEXICO.
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LE POÈTE ARGENTIN JUAN GELMAN MEURT À MEXICO



Le poète argentin Juan Gelman, lauréat du prix Cervantes en 2007, est mort mardi 14 janvier à 83 ans à Mexico, où il s'était installé il y a plus de vingt ans, dernière étape d'un long exil forcé après le coup d'Etat de 1976 en Argentine.

« Juan Gelman, poète d'âme mexicaine, poète majeur, est mort. Mes condoléances à ses proches », a écrit sur son compte Twitter le président du Conseil national pour la culture et les arts (Conaculta), Rafael Tovar. Le journal mexicain Milenio, dans lequel le poète tenait une chronique hebdomadaire, a indiqué que Gelman était mort à son domicile, sans préciser les causes du décès.

    Il était considéré comme l'un des plus grands auteurs de langue espagnole, ainsi qu'un inlassable pourfendeur des dictatures d'Amérique latine. Pour son œuvre littéraire – qui comprend notamment les recueils Violon et autres questions et Gotan – il a reçu le prix Cervantes et le prix de la Reine Sophie de poésie ibéro-américaine en 2005, parmi de nombreux autres.
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    JUAN GELMAN ET SA PETITE-FILLE MACARENA GELMAN  À  MONTEVIDEO LE  21 MARS 2012

    DRAME FAMILIAL PENDANT LA DICTATURE ARGENTINE

    L'homme était grand amateur de football, fréquentait les cafés, aimait le billard, les femmes, la musique… Fils d'émigrants ukrainiens, il avait pu, malgré les privations matérielles, s'épanouir dans la lecture, influencé par les classiques de la littérature espagnole – Garcilaso, Quevedo, Gongora, Lope de Vega – et le russe Alexandre Pouchkine.


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    JUAN GELMAN ET SA PETITE-FILLE MACARENA GELMAN  À  MONTEVIDEO LE  21 MARS 2012. PHOTMAGDALENA GUTIERREZ
    Sa vie est marquée par son exil et le drame, pendant la dictature militaire en Argentine (1976-1983), de l'assassinat de son fils Marcelo, 20 ans, et de la disparition de sa belle-fille, Maria Claudia Garcia, âgée à l'époque de 19 ans. Celle-ci est enlevée à Buenos Aires en 1976 et, alors enceinte, emmenée en Uruguay dans le cadre du plan Condor, un programme de répression des opposants à l'échelle internationale, mis en place par les dictatures latino-américaines des années 1970 et 1980. Le bébé, une fille, est donné illégalement à la famille d'un policier uruguayen.

    Gelman n'a jamais récupéré la dépouille de sa belle-fille. Mais son combat de quarante ans pour retrouver sa petite-fille et ainsi obtenir justice dans ce cas emblématique de bébés volés a fini par porter ses fruits en 2000. Après avoir vérifié son identité, la jeune femme décide de reprendre le nom de ses véritables parents. 

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     « SOBRE LA POESÍA  » : LE POÈTE ARGENTIN JUAN GELMAN, LAURÉAT DU PRIX CERVANTES EN 2007, EST MORT MARDI 14 JANVIER À 83 ANS À MEXICO.
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    DAKAR-2014: LE MINISTRE CHILIEN DES SPORTS REJETTE LES CRITIQUES D'ARCHÉOLOGUES




    Plusieurs administrations « ont travaillé avec les organisateurs (ASO/Amaury Sport Organisation) pour préparer le parcours (cette année) et défini les endroits où le rallye ne peut se rendre », a-t-il souligné.

    «  Plus important, a poursuivi le ministre, ces accusations ont été présentées à la justice et la Cour Suprême chilienne les a rejetées vendredi dernier ».

    « Nous sommes convaincus que nous faisons, avec les organisateurs, les meilleurs efforts pour faire du Dakar un événement +eco-friendly+ », a encore déclaré M. Ruiz-Tagle. « Nous avons beaucoup appris et appliquons un contrôle très, très strict de l'environnement ».

    Selon lui, le passage du Dakar a d'ailleurs permis de repérer et de « lister des sites archéologiques importants ».

    Selon le ministre chilien des Sports, le Dakar « génère un intérêt de plus en plus important au Chili ». Sur les plans sportif et économique (avec « 45 millions de dollars de recettes pour l'ensemble des régions traversées par la course »), mais aussi pour l'exposition internationale qu'il donne à ce pays.

    « C'est très important, a-t-il dit. Le Dakar touche de nombreux pays et notre pays est montré dans le monde entier. C'est très important pour l'avenir ».

    « Plus de deux cents sites ont été abîmés par ce rallye automobile, et ce n'est pas nous qui le disons, mais des documents officiels de l'État chilien », avait indiqué le collège des archéologues chiliens dans un communiqué publié dimanche.

    Cette institution et des mouvements écologistes dénoncent le passage des motos, camions, autos et quads du Dakar, qui provoque selon eux d'irréparables dégâts aux géoglyphes antiques (grands dessins symboliques à même le sol) et à des parties du chemin de l'Inca, dans le nord du Chili, y compris dans le désert d'Atacama.

    La course a débuté le 5 janvier à Rosario (Argentine) et s'achèvera le 18 à Valparaiso (Chili).

    mardi 14 janvier 2014

    CHILI : LES FEUX DE FORÊT FONT CRAINDRE LA PROPAGATION DU VIRUS HANTA

    PHOTO BUREAU NATIONAL AUX URGENCES (ONEMI)
    Des feux de forêt qui ont bien du mal à être circonscrits par les pompiers, le Bureau national aux urgences (Onemi) vient de déclarer l’alerte rouge dans la province de Cordillera au vu de l’incendie forestier enregistré dans le secteur de El Peñón, qui a déjà détruit 200 ha de bois et de prairies. Selon l’organisme, l’incendie demeure très actif ce qui justifie le niveau d’alerte rouge, celui-ci sera d’actualité tant que « les conditions le justifieront ».

    La province a rejoint ainsi celle de région Metropolitana, qui se trouve en alerte jaune depuis le 10 janvier en raison des incendies forestiers qui affectent une grande partie du pays. Parmi les plus gros incendies enregistrés ces dernières semaines, celui de Melipilla qui a ravagé près de 15 000 ha ou encore celui de El Maule qui a causé la destruction de 13 400 ha.


    Le virus Hanta risque d’être propagé par les rongeurs qui fuient les zones incendiées

    Le président sortant du Chili, Sebastián Piñera, a affirmé que cette année l’augmentation des feux de forêt était estimée à 66 % (soit 860% d’hectares brûlés en plus) par rapport à l’été précédent. L’alerte sanitaire se justifie par la présence d’une fumée incommodante, mais aussi par le risque d’expansion du virus Hanta, qui a déjà causé la mort de 11 personnes (53 morts enregistrés en 2013). Une situation qui s’explique par le déplacement des populations de rongeurs qui fuient les flammes en se déplaçant dans les zones urbanisées. L’hantavirus est un virus présent dans l’urine, la salive ou les excréments de rongeurs sauvages infectés. Il provoque diverses maladies, dont une maladie pulmonaire rare, mais sérieuse, appelée syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH). Les êtres humains peuvent contracter une infection à hantavirus en inhalant des gouttelettes de salive ou d’urine en suspension dans l’air, ou des poussières d’excréments provenant de rongeurs sauvages infectés. La transmission peut également, mais beaucoup plus rarement, survenir lors d’un contact direct entre une matière contaminée et la peau non intacte (éraflure par exemple), ou encore, par ingestion d’aliments ou d’eau contaminés. Il n’y a pas de transmission interhumaine (d’homme à homme).


    Consignes pour éviter le virus Hanta

    Il n’existe aucun vaccin, traitement ou remède particulier contre l’infection à hantavirus, mais une prise en charge médicale rapide et adaptée (diagnostic microbiologique et administration de soins précoces) favorisent le rétablissement du patient. Les symptômes du SPH se manifestent 1 à 6 semaines après l’exposition, mais le délai moyen est de 2 à 3,5 semaines. Cette maladie est grave, mais ne présente pas de risque majeur dès lors qu’une prise en charge médicale est faite dès les premiers signes de la maladie.

    Le ministre de la Santé a signalé que les rongeurs pouvaient représenter un danger sanitaire, il convient donc de ne pas laisser traîner de la nourriture afin d’éviter de les attirer, de même les déchets doivent être parfaitement enfermés et les espaces clos doivent être aérés « il y a une augmentation de 50 % de la population de rongeurs, de plus l’étude menée actuellement dans la région de La Araucanía souligne que 100 % des femelles attendent les petits, nous nous attendons donc à une augmentation substantielle du nombre de rongeurs », a signalé le sous-secrétaire à la santé publique, Jorge Díaz. Les campeurs estivaux sont appelés à la plus grande vigilance.

    Il y a quelques jours, la capitale Santiago était recouverte d’une épaisse fumée avec la réactivation de l’incendie forestier de Melipilla, des conditions qui affectent grandement la qualité de l’air et s’avèrent particulièrement nocives pour les personnes souffrant d’allergies et de pathologies respiratoires chroniques comme l’asthme. Les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes doivent faire l’objet de toutes les attentions, la première mesure de prudence consiste à éviter de pratiquer une activité physique à l’extérieur.

    Devant l’ampleur des incendies, le Chili en appelle à l’aide étrangère pour venir à bout des flammes, le directeur régional du Conaf, Luis Carrasco a affirmé « nous faisons face avec tous les moyens dont nous dispositions au niveau de la région, plus ceux déployés par les autorités et il se pourrait que nous recevions davantage de soutien ».

    Un support aérien aurait été sollicité pour contrôler et éteindre les incendies, le Brésil devrait envoyer un Twin Otter pour prêter main-forte aux secours qui font tout leur possible pour maîtriser la situation.

    Le président a par ailleurs souligné que les auteurs de ces incendies seraient punis « Ce n’est pas seulement un phénomène naturel, cela implique également la main de l’homme », a déclaré M.Piñera ajoutant «Parallèlement à la mobilisation de tous nos efforts et de notre potentiel pour lutter contre les incendies, nous poursuivrons et feront appliquer toute la rigueur de la loi à ceux qui croient que brûler les forêts ou les maisons de nos compatriotes pour satisfaire leurs desseins ».

    (Aline Timbert)

    lundi 13 janvier 2014

    POLITIQUE – LES « GÓMEZ » DE L’ELYSÉE

    Enfants ou petits-enfants d’immigrés, trois des conseillers de François Hollande se sentent aussi français qu’espagnols. Histoires d’intégrations brillamment réussies.


    «Nous sommes les seuls Espagnols qui murmurent à l’oreille du président », plaisante Paul Jean-Ortiz, conseiller diplomatique et sherpa G8 de François Hollande, petit-fils d’une aristocrate légitimiste madrilène et fils d’un conseiller municipal socialiste de Villarrobledo (province d’Albacete) qui a fui en Algérie au lendemain de la guerre civile espagnole. « Nous formons de loin le meilleur lobby de l’Elysée », s’amuse pour sa part Aquilino Morelle, fils d’émigrés et d’exilés asturiens, diplômé de la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA), conseiller politique et porte-parole du chef de l’Etat pour les affaires intérieures. « Nous sommes la cuadrilla du président », tranche dans un espagnol impeccable Romain Nadal, arrière-petit-fils de Majorquins et de Catalans qui, enfant, passait ses vacances à L’Escurial [village de la communauté autonome de Madrid] et a grandi dans la ville la plus hispanophile de l’Hexagone, Nîmes. Il est aujourd’hui conseiller diplomatique de la présidence et porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

    « Il y a une question que j’aimerais vous poser : parlez-vous espagnol entre vous, dans les couloirs du palais ? 

    CHARLOTTE HERNÁNDEZ
    Seulement lorsque nous voulons que les autres ne comprennent pas ! » La lumière du rare soleil d’octobre entre à flots dans l’immense bureau de Paul Jean-Ortiz (Jean est le patronyme de son grand-père et Ortiz celui de sa grand-mère). Nous sommes à cinquante mètres de l’Elysée, dans ce que l’on pourrait appeler l’aile espagnole de la présidence de la République française. C’est un bel hôtel particulier, plus modeste que le palais. C’est ici que se réunit chaque matin à 8 heures la « cellule diplomatique », qui informe le chef de l’Etat sur l’international. Ici aussi que travaille, dans un bureau tout proche,  le quatrième personnage de ce reportage : la benjamine du groupe, Charlotte Hernández, jeune femme d’origine valencienne dont la grand-mère habitait le village de Casasimarro (province de Cuenca). Après trois ans passés à l’ambassade de Madrid, elle est, du haut de ses 33 ans, l’assistante du plus âgé de l’équipe, Paul Jean-Ortiz, qui a maintenant 56 ans. 

    Pour être très différentes, les histoires de ces quatre serviteurs de l’Etat qui ont débarqué en mai 2012 dans les allées du pouvoir ont aussi des points communs : la misère et la guerre, l’émigration ou l’exil, l’école républicaine et laïque comme moyen d’intégration, le travail acharné, la chance, le talent, la réussite professionnelle et une nostalgie sereine des racines qu’ils ont laissées derrière eux. 

    Jean-Ortiz, Morelle et Hernández, tout comme le ministre de l’Intérieur Manuel Valls (Barcelonais de naissance) ou la candidate à la mairie de Paris Anne Hidalgo (fille préférée du village de San Fernando, dans la province de Cadix), sont, au sein de l’élite politique française, les représentants des dizaines de milliers d’enfants et de petits-enfants d’émigrés et d’exilés espagnols, surnommés les « Gómez français », qui ont quitté leur patrie pauvre et inhospitalière pour se refaire une vie chez le voisin du Nord, plus riche et plus développé. 

    Reconnaissants et parfaitement intégrés dans le pays qui accueillit leurs familles, tous quatre se sentent franco-espagnols et héritiers d’une double culture, bien que quelqu’un comme Morelle, par exemple, ait perdu en chemin son aisance à s’exprimer dans sa langue maternelle – « comme tant d’autres, dit-il, que l’on encourageait à parler français à la maison dans un souci d’intégration ». Au bout de deux heures avec eux, il me paraît évident qu’ils sont aussi franco-espagnols qu’hispano-français. 
    PAUL JEAN-ORTIZ.

    Castillan rouillé. Je commence mon interrogatoire individuel par Paul Jean-Ortiz. Diplomate de carrière, né le 10 mars 1957 à Casablanca (Maroc), licencié de philologie chinoise et ancien militant trotskiste, il a vécu près de vingt ans en Asie (il était en poste en Chine et au Vietnam de 1983 à 2005), a été ministre conseiller de l’ambassade de France à Madrid entre 2005 et 2009, parle couramment le mandarin et, outre ses fonctions de conseiller diplomatique de Hollande, il a été nommé le 17 mai 2012 sherpa (négociateur) pour les sommets du G8. 

    « Mon père était espagnol et ma mère bretonne », raconte-t-il dans un castillan élégant quoique un peu rouillé. « Mon grand-père était français et est allé s’installer en Espagne au XIXe siècle. Il a épousé María Ortiz del Campo, une aristocrate madrilène désargentée, dont les parents, carlistes, s’étaient retrouvés ruinés au lendemain des guerres. A la naissance de mon père, Angel Jean Ortiz, ils ont déménagé à Madrid. Mon père a commencé à militer au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) en 1930. J’ai encore sa carte d’adhérent à la maison. C’était un fidèle d’Indalecio Prieto, et il s’est fait élire maire de Villarrobledo. Il est ensuite devenu juge de paix et, en 1938, il est allé se battre à Madrid. De là, il est parti à Alicante et a quitté le pays par le dernier navire en partance pour Oran, le Stanbrook. Il s’est installé en Algérie, puis est passé au Maroc. Comme il était chimiste, il travaillait pour une maison de parfums. Et il a fini par prendre la tête du Parti socialiste du Maroc.» 

    A Casablanca, le père de Jean-Ortiz s’est marié à une Française : « Il s’est rendu compte qu’il était apatride. Il a pris la nationalité française en 1967 et nous sommes venus habiter en France. J’ai commencé à étudier le chinois par hasard. J’ai milité chez les trotskistes et ensuite je suis entré au Quai d’Orsay…» 

    L’histoire de Romain Nadal, porte-parole et conseiller diplomatique de Hollande, né à Montpellier en 1968, est moins rocambolesque : « Mes parents et mes quatre grands-parents sont français, mais deux de mes arrière-grands-parents étaient des Espagnols qui avaient émigré au début du xxe siècle. Les Nadal viennent de La Seu d’Urgell [en Catalogne] et les Alcover, la branche de mon grand-père maternel, des Baléares. Ils sont venus à Montpellier comme ouvriers agricoles, mais le grand-père de mon père est mort de la grippe espagnole le 11 novembre 1918 – le jour de l’armistice, où la France entière fêtait la victoire. » 

    ROMAIN NADAL
    « Je suis né à Montpellier mais j’ai grandi à Nîmes, poursuit Nadal. Au lycée, j’avais beaucoup de copains espagnols issus de l’émigration économique. Quand j’étais petit, mes parents m’emmenaient aux corridas. Mon père était un passionné de l’Espagne ; il est devenu professeur d’espagnol et a acheté un appartement à L’Escurial, où nous allions passer l’été. C’est comme ça que j’ai pu visiter l’Andalousie, l’Estrémadure et bien d’autres régions. » 

    Aquilino Morelle Suárez (né à Paris en 1962) descend de quatre branches d’Asturiens. Sa famille fut contrainte de quitter l’Espagne à deux reprises : la première fois pour des raisons politiques, et la seconde pour des questions de survie. « Mon père s’appelait Aquilino Morelle Coto, et ma mère Elena Suárez Cimadevilla. Ils sont tous deux décédés, maintenant. Leurs familles venaient de Mieres et de Sama de Langreo. Mon père est arrivé à Paris avec ses parents à l’âge d’un an et demi, et il y est resté de 1922 à 1936. Il avait 14 ans quand ils sont retournés passer des vacances dans les Asturies et qu’ils se sont fait surprendre par le coup d’Etat et le début de la guerre civile », explique-t-il en français. 

    Assimilation totale. « Les frontières ont été bouclées et ils n’ont pas pu rentrer. Du coup, mon père a dû faire trois ans de service militaire. Il a rencontré ma mère et ils se sont mariés. Et, comme il voulait revenir en France, ils se sont établis à Irún. Le temps que les frontières rouvrent, ils avaient déjà quatre filles, et ils sont arrivés vers la fin des années 1950 dans la banlieue parisienne. C’est là que je suis né, ainsi que mes deux cadets. Nous habitions à Belleville, un quartier ouvrier où il y avait beaucoup d’Espagnols, de Portugais et d’Arabes. Mon père était bilingue et travaillait à l’usine Citroën de Nanterre. Ma mère, femme au foyer, s’est toujours sentie déracinée et n’a jamais très bien parlé le français. Ma langue maternelle était l’espagnol, mais nous avons été élevés dans une logique d’assimilation totale, sans nostalgie de l’Espagne, et avec l’idée que nous devions être plus français que les Français, et je me suis dévoué corps et âme à cette idée. » 

    L’école républicaine et laïque a été la pierre angulaire de l’adaptation et du parcours individuel de ces enfants de l’émigration et de l’exil. Cette formation a permis à Jean-Ortiz, Nadal et Morelle de faire des études supérieures et d’entrer dans la fonction publique. Morelle a décroché un diplôme de médecin avant de suivre le cursus de l’Institut d’études politiques (Sciences Po) et d’intégrer la prestigieuse ENA, où il a rencontré Pierre Moscovici, l’actuel ministre de l’Economie. Celui-ci l’a présenté à Lionel Jospin, qui l’a embauché comme conseiller et rédacteur de discours jusqu’au jour fatal du 21 avril 2002, lorsque Jean-Marie le Pen, dirigeant du Front national, a battu le candidat socialiste au premier tour de l’élection présidentielle. 

    AQUILINO MORELLE
    Nadal et Ortiz ont embrassé une carrière diplomatique et ont occupé des postes à responsabilité dans diverses chancelleries et au Quai d’Orsay (avant d’entrer à l’Elysée, Nadal était déjà porte-parole du ministère des Affaires étrangères). Charlotte Hernández a passé le concours de recrutement du ministère des Affaires étrangères il y a dix ans, lorsqu’elle a décidé de mettre à profit ses facilités pour les langues étrangères. Ses racines sont à Casasimarro. « Ma grand-mère est née là-bas, raconte-t-elle. A la fin des années 1950, elle s’est séparée de son mari et est partie à Paris avec ses enfants. » Sa grand-mère et ses oncles ont fini par retourner en Espagne, mais son père est resté : « Il a rencontré ma mère au théâtre où il travaillait et ils n’ont plus bougé d’ici. » 

    Hernández parle un espagnol plus que correct, bien que dans son enfance elle n’ait jamais entendu son père utiliser sa langue maternelle à la maison. « Pour les communautés espagnoles et portugaises de sa génération, il était très important de bien parler français pour mieux s’intégrer, sans pour autant renier ses origines. J’ai appris l’espagnol avec ma grand-mère et mes oncles et en jouant avec les enfants du village quand j’y allais en vacances, deux ou trois fois par an. » 

    Le deuxième point commun de ces quatre Espagnols de France ou Français d’Espagne est leur patron actuel : François Hollande. Aquilino Morelle est celui qui le connaît depuis le plus longtemps et qui a suivi de plus près son parcours politique. « Je suis entré au Parti socialiste en 1993 et j’ai commencé à travailler avec Lionel Jospin, au parti et au gouvernement. C’est là que j’ai fait la connaissance de Hollande. Par la suite, nous avons mené ensemble la campagne qui a débouché sur la victoire de Jospin face à Chirac aux législatives de 1997. Il était le porte-parole de Jospin, et moi son conseiller politique. Après la catastrophe d’avril 2002, nous nous sommes dispersés. Au référendum de 2005 sur la Constitution européenne, j’ai été l’artisan du ‘non’ avec Laurent Fabius, alors que lui défendait le ‘oui’ à la tête du parti. Ça a été un épisode très difficile. » 

    A en croire Morelle, le socialiste Hollande nourrissait des ambitions présidentielles depuis le début de sa carrière politique. « Il a toujours cru en sa bonne étoile, tant au plan personnel que politique, et la tranquillité qu’il dégageait venait de la certitude qu’un jour il triompherait. C’est quelqu’un de très fort, et il peut avoir l’air indécis avant de prendre une décision. Mais, une fois qu’il a décidé, il est très ferme, beaucoup plus fort que Sarkozy, qui se targuait toujours d’être le plus fort. C’est un caractère doux et il a une intelligence très pratique, naturelle et très vive. Il pige tout au quart de tour. » 

    —Miguel Mora

    dimanche 12 janvier 2014

    LE DANGEREUX TOURISME DE L'ANTARCTIQUE

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    Si le continent antarctique est devenu plus accessible, il n'en reste pas moins dangereux.

    Les 52 touristes du bateau russe Akademik Shokalskyi, coincé dans la glace le 24 décembre, ont seulement pu être évacués par hélicoptère le 2 janvier. Ils peuvent témoigner des conditions météo qui ont rendu ce sauvetage très périlleux.

    Le bateau français l'Astrolabe et deux brise-glaces, un australien et un chinois, s'étaient alors déroutés pour venir en aide au navire russe, et le brise-glace chinois, le Xue Long, Dragon des Neiges, est à son tour resté bloqué dans la glace jusqu'au 8 janvier. 

    Ce sauvetage a donc coûté très cher et la question se pose aujourd'hui de savoir « qui va payer ».

    ► à (ré)écouter : Akademik Shokalskyi, après le sauvetage, la polémique


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    Car ce phénomène touristique est récent ; et le Traité sur l'Antarctique, signé en 1959 et entré en vigueur en 1961, n'en fait pas mention. Depuis, deux textes contraignants sur le sujet ont été votés par le comité consultatif. Le premier, voté en 2004, impose aux opérateurs touristiques de couvrir les frais des opérations de sauvetage. Le second, de 2009, interdit aux bateaux transportant plus de 500 passagers, de les débarquer.

    Mais aujourd'hui, faute de ratification par la majorité des pays signataires, aucun n'est encore entré en vigueur. De son côté, l'Organisation maritime internationale travaille sur un Code polaire qui définit les normes de sécurité des navires naviguant dans ces régions. Ce code polaire devrait être adopté cette année.

    vendredi 10 janvier 2014

    CHILI: POLÉMIQUE AUTOUR DU MAILLOT D'UN CLUB DE FOOTBALL



    « Nous sommes un club de sport et nous nous conformons aux avis de ces deux institutions », a-t-il ajouté.

    Le flocage du nouveau maillot de la saison 2014 du club, qui joue depuis près d'un siècle sous les couleurs du drapeau palestinien - blanc, vert et rouge - a remplacé le numéro «1» par la carte de la Palestine d'avant 1948.

    Cette carte, qui inclut l'actuel État d'Israël sans délimiter ses frontières, a indigné l'influente communauté juive du Chili.

    «Nous exigerons que les numéros soient retirés», a déclaré jeudi son président, Gerardo Gorodischer, au quotidien El Mercurio.

    «Que va-t-il se passer vendredi avec les partisans juifs?», lors du match où le CD Palestino affrontera l'Université du Chili, s'est interrogé M. Gorodischer, qualifiant ces nouveaux maillots de «manque de respect de la part du club».

    La Fédération chilienne de football du Chili a confirmé avoir reçu une lettre de la communauté juive, «exprimant son malaise et lui demandant d'en faire part au club palestinien». Cependant, la fédération a expliqué que pour sanctionner le club, il est nécessaire qu'une autre formation du championnat le dénonce, ce qui ne s'est pas encore produit.

    «Nous pourrions appliquer une sanction s'il y avait une faute flagrante, par exemple s'ils avaient écrit «Palestine libre», sur le maillot, mais cette carte a déjà été utilisée plusieurs fois», a indiqué à l'AFP le porte-parole de la fédération Hector Olave.

    «C'est un symbole de notre histoire et de notre culture», a expliqué pour sa part à l'AFP Mauricio Abu-Ghosh, président de la Fédération palestinienne du Chili. «Cette carte, nous l'avons toujours eue, nous la portons toujours accrochée autour du cou», a-t-il ajouté.

    «C'est comme le falafel, les feuilles de vigne ou le dabke (danse palestinienne typique)», a-t-il insisté.

    Le CD Palestino est un petit club de première division fondé en 1920 et qui a remporté deux titres, en 1955 et 1978. L'équipe représente l'importante communauté palestinienne au Chili, une des plus importantes au monde en dehors des pays arabes.

    Simplement appelés initialement «Turcs» par les Chiliens, en raison des passeports émis par l'Empire ottoman lors de leur migration au début du XXe siècle, les descendants de Palestiniens totalisent aujourd'hui quelque 350 000 personnes au Chili. La principale vague d'émigrants, en majorité chrétiens, date des années 1900.