mardi 22 décembre 2015

ANGOULÊME: MAMITA, 100 ANS, CHILIENNE ET MARIÉE À UN GRAND REPORTER DE L'AFP!

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Albert Brun gravit les échelons à l’AFP pour devenir
directeur en Colombie, puis au Pérou. Mamita suit son mari pour se consacrer à ses deux filles nées au Venezuela, puis une troisième, née au Pérou.

Emma Tatincloux-Brun, une de ses filles, installée à Soyaux, se souvient de sa jeunesse en Amérique latine. «Notre père avait une vie mouvementée, il enquêtait souvent sur des sujets sensibles. Il a participé à l’identification de Klaus Barbie, criminel de guerre réfugié en Bolivie. Mais nous avons toujours été préservées et tenues à l’écart.»

Départ précipité

Elle se souvient malgré tout d’un départ précipité du Venezuela vers la Colombie. Mamita a suivi son reporter de mari dans ses affectations successives mais, en 1980, elle décide de se rapprocher de sa fille Emma et vient s’installer à Angoulême.

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Pour le jour de ses cent ans, ses enfants se sont donné rendez-vous à la maison de retraite de Girac, où elle séjourne depuis plusieurs années. Une des filles a fait le voyage d’Argentine pour cette occasion unique.

Un livre a été consacré à la vie d’Albert Brun, écrit par une de ses filles (1).

«Albert Brun, un reporter insaisissable du Cuba Libre d’Hemingway à la capture de Klaus Barbie», d’Alicia Brun-Leonard et Constance d’Epannes de Bechillon, Ed. L’Harmattan, 12,50€. 

samedi 19 décembre 2015

« NOUS IRONS À VALPARAISO »


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      HARDI LES GARS VIRE AU GUINDEAU


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          VALPARAISO, LA MYTHIQUE


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              En ce temps-là, il fallait en effet contourner le cap Horn avant de rejoindre, enfin, ­Valparaiso. C’était un long, très long voyage.
              Au milieu de ce siècle-là, au départ de San Francisco eut lieu la ruée vers l’or en Californie. Valparaiso prit alors de l’importance comme port d’escale pour les navires ­arrivant de l’Atlantique autant que comme port d’exportation de blé et d’autres aliments destinés à la Californie.
              Le Chili, avec Valparaiso comme port ­d’entrée, devint en même temps une terre d’immigration pour des vagues de migrants européens, principalement italiens, ­allemands, anglais et français. Ce sont en premier lieu ces derniers qui contribuèrent à l’expansion de Valparaiso.
              L’âge d’or de la ville allait toutefois prendre fin à partir de 1914, année de la mise en service du canal de Panama, une voie maritime qui eut pour effet de réduire de plus de ­moitié la distance entre New York à San Francisco par rapport à la route empruntant le cap Horn.
              Une ville très colorée
              Les nombreuses collines – on en compte une quarantaine – formant un amphithéâtre naturel face à la baie, devinrent peu à peu autant de quartiers situés au-dessus du port. Dans certaines rues, les maisons d’origine sont encore là, extérieurement revêtues de zinc ou de tôle. Dans tous les styles imaginables, toutes ont en commun d’être peintes de couleurs vives. Cette touche particulière de Valparaiso s’est maintenue à travers les époques.
              Comme si cela ne suffisait pas à affirmer le charme de la cité, le travail des artistes de rue est venu, plus récemment, lui donner une nouvelle touche.
               Artistes de rue à l’œuvre. 
              ARTISTES DE RUE À L’ŒUVRE.
              PHOTO PAUL SIMIER
              Les graffitis figurent partout, sur les murs demeurés nus, sur les marches des escaliers publics, sur toute surface de béton disponible et accessible. L’art de rue se traduit souvent par des œuvres gigantesques occupant ­jusqu’à un pignon de maison complet.
              Bistrots, cafés, restos alternatifs se sont ­développés dans plusieurs de ces rues à flanc de colline. La population étudiante de ­Valparaiso garantit à ces commerces une bonne clientèle.
              Témoins directs de la modernisation que connut la ville à la fin du XIXe siècle, les quinze funiculaires permettant de gagner les quartiers situés dans les collines continuent leur service.
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              LA PLAGE DE VIÑA DEL MAR, STATION BALNÉAIRE SITUÉE PRÈS DE VALPARAISO.

              PHOTO PAUL SIMIER
              La plage de Viña del Mar, station balnéaire située près de Valparaiso.
              Au terme d’une quinzaine de kilomètres, en logeant la baie de Valparaiso, on atteint Viña del Mar. Ville moderne, cette station balnéaire accueille en saison principalement les ­villégiateurs venus de la capitale.

              LE CHILI CRÉE UN SECRÉTARIAT D’ÉTAT AUX DROITS DE L’HOMME

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              PHOTO XIMENA NAVARRO
              Il sera l’organe qui encouragera, coordonnera, les politiques publiques du gouvernement en la matière. L’idée étant de faire respecter les droits de l’homme et les traités internationaux de manière transversale, d’éduquer les fonctionnaires publiques, armée et police comprises, de coordonner des instances de participation et de dialogue avec la société civile.

              Les Chiliens n'ont pas tourné la page Pinochet


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              PHOTO XIMENA NAVARRO
              Quelque 20 % de la population soutient encore ce qu’ils appellent « l’œuvre » de leur général, le général Augusto Pinochet, et minimisent les crimes qu’il a commis. La dictature a fait plus de 3 200 morts et disparus. Elle a torturé plus de 38 000 personnes. C’est donc une avancée très positive, mais les associations de défense des droits de l’homme attendent des faits concrets. Aujourd’hui, après 25 ans de démocratie, près de 1 400 anciens agents de la dictature ont été condamnés par la justice. Les condamnations sont généralement symboliques ou inexistantes. Et quand les coupables terminent en prison, ils séjournent dans une prison de luxe appelée Punta Peuco. Ils conservent leur grade, leur retraite, leurs avantages sociaux. L’armée conserverait encore de nombreuses archives et des secrets qui permettraient à la justice d’avancer, mais elle ne dit mot. Et l’État est aussi complice de silence.

              La Commission nationale sur l'emprisonnement et la torture


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              PHOTO XIMENA NAVARRO
              La Commission Valech a reçu en 2004 les témoignages de près de 40 000 personnes sur les tortures qu’elles avaient subies. Ils renferment des noms de bourreaux, de victimes. Ils permettraient d’apporter énormément d’informations à la justice. Mais le gouvernement de l’époque a décidé de les mettre sous scellé pendant 50 ans. Le temps finalement que tous les témoins de l’époque meurent. Il y a également un problème au niveau de la justice, chaque juge mène son instruction dans son coin et sous réserve de secret, certains accaparent des documents qui serviraient à d’autres juges et à d’autres affaires. Ce nouveau secrétariat aura-t-il le pouvoir et le budget pour faire avancer tout ça ? La question reste en suspens.

              mardi 15 décembre 2015

              ALLENDE, DANS L’INTIMITÉ D’UNE FAMILLE ET DE SES IMAGES

              Car c’est justement d’images manquantes dont il est question dans le beau documentaire de Marcia Tambutti Allende. Plus précisément d’images manquantes de son grand-père, Salvador, que l’on surnommait Chicho dans l’intimité. Pas d’images de lui comme icône politique, comme premier président socialiste élu démocratiquement au Chili en 1970 avant d’être renversé par le coup d’état du général Pinochet en 1973, mais d’images de lui comme grand-père, comme père ou époux, d’images familiales de Salvador Allende.

              Le silence comme un désir de ne pas réveiller certaines souffrances

              L’affiche du film est tirée d’une photo de famille. On y voit en couleur Salvador Allende torse nu, souriant  à un bébé qu’il tient dans les bras. Ce sont ces images, ces souvenirs du quotidien, de la vie privée d’Allende avec les siens que cherche à rassembler sa petite-fille dans son documentaire qui prend la forme d’une enquête de mémoire.

              Comme une enfant curieuse, et parfois insistante, Marcia Tambutti Allende, la quarantaine aujourd’hui, questionne sa mère, sa tante, ses cousins et cousines… Et aussi sa grand-mère de 92 ans, épouse de l’ancien chef d’état, affaiblie mais encore vivante au moment du tournage du documentaire. Les séquences avec elle sont parmi les plus belles du film, tant ses réponses courtes, sa fatigue et son regard lointain en disent long.  « Tous mes souvenirs sont mitigés » dit-elle lorsque sa petite-fille la questionne sur le couple qu’elle formait avec Salvador Allende. Avec elle, mais aussi avec sa cousine Maya, qui a gardé de nombreuses photos de famille sans vouloir les classer ni les partager, Marcia Tambutti Allende découvre que le silence peut aussi correspondre à un geste d’amour, un désir de ne pas réveiller certaines souffrances.

              Retisser des liens intimes

              D’une certaine façon, oui. Mais les secrets de la famille Allende, comme ceux de nombreux Chiliens qui ont subi la dictature de Pinochet avant de s’exiler, ne sont pas tellement des informations ou des événements compromettants.  Ce sont plutôt des traumatismes, des douleurs que l’on enfouit pour ne pas encombrer, en espérant ne pas les transmettre aux générations suivantes.

              Et ce que cherche la réalisatrice d’Allende mon grand-père, c’est autant à reconstituer, à reconstruire un souvenir personnel de son aïeul qu’à retisser des liens intimes avec les membres vivants de sa famille, délestés des non-dits. Face aux réticences et aux tentatives de fuite de sa propre mère qui s’agace de ses questions lancinantes, Marcia Tambutti Allende finit par lancer : « Ce n’est pas seulement Chicho qui m’intéresse. Je veux savoir comment était ma famille avec lui. C’est très différent». Et c’est aussi ce qui rend ce film de quête intime à la fois poignant, et finalement assez universel.

              dimanche 13 décembre 2015

              BANKSY À CALAIS

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              «WE'RE NOT ALL IN THE SAME BOAT» PHOTO BANKSY.  



              DANS LE CENTRE-VILLE DE CALAIS, L’ARTISTE, HABITUÉ À MÊLER HUMOUR ET IRRÉVÉRENCE, MILITANTISME ET POÉSIE DANS UNE CRITIQUE SOUVENT ACIDE DES SOCIÉTÉS OCCIDENTALES, A REPRÉSENTÉ UN PASTICHE DE LA CÉLÈBRE TOILE LE RADEAU DE LA MÉDUSE DU PEINTRE FRANÇAIS GÉRICAULT (1791-1824).

              MAIS À LA PLACE DU NAVIRE L’ARGUS, QUI AVAIT SECOURU LES QUELQUES RESCAPÉS DU NAUFRAGE TRAGIQUE DE LA MÉDUSE, FIGURE UN TRANSBORDEUR SEMBLABLE À CEUX QUI EFFECTUENT QUOTIDIENNEMENT LES LIAISONS TRANSMANCHE VERS L’ANGLETERRE EN RESTANT INACCESSIBLES AUX MIGRANTS. AFP
              Paris Match 

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              LE FILS D'UN MIGRANT SYRIEN
              L’artiste a expliqué son œuvre dans un communiqué: « On nous fait souvent croire que l’immigration est une perte pour les ressources d’un pays, mais Steve Jobs était le fils d’un immigré syrien. Apple est la société qui dégage le plus de bénéfices, et qui paye plus de sept milliards d’impôts, mais cela a pu être le cas seulement parce qu’un homme venu de Homs a pu entrer [aux Etats-Unis].» 

              La deuxième œuvre est un pastiche du «Radeau de la méduse», de Géricault, où Banksy a remplacé le navire l’Argus par les ferries qui traversent la Manche chaque jour.

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              La troisième et dernière réalisation représente un enfant, cheveux au vent, regardant  avec une longue-vue vers les côtes britanniques, un oiseau charognard sur sa longue-vue et une valise à ses pieds. 

              La mairie de Calais a entamé la protection des œuvres de Banksy, qui seront bientôt recouvertes «sans doute avec des plexiglas». À la vente, les réalisations de Banksy peuvent valoir plusieurs centaines de milliers d’euros.© Michel Spingler/AP/SIPA