Araucaria

arbre que les mapuche appellent Pehuen. En France L'Araucaria est connu sous le nom de «désespoir des singes» ou Araucaria du Chili. Nous nous sentons quelque part des singes désespérés, et pour cette raison nous avons voulu garder ce nom

Patagonie, sur la route du bout du monde . . . / . . . Au pied de la cordillère des Andes ou au bord de l'océan Pacifique, la route australe chilienne serpente entre des glaciers millénaires, des forêts vierges et des lacs immenses. Carnet d'un voyage décoiffant. Texte d'Alice Brouard ... / ... Photos Xavier Desmier / Le Figaro Magazine

mardi 9 février 2010

Rafael Mazzuco au Chili




Swimsuit 2010:
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Bodypainting: Soccer WAGS

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BHL et Slavoj Zizek : le débat

Régulièrement, il les présente même comme «une des raisons principales de la perte d'influence de la pensée française dans le monde». Le plus emblématique d'entre eux, Bernard-Henri Lévy qui s'apprête à publier le 10 février «Pièces d'identité» et «De la guerre en philosophie» (Grasset), ne le ménage pas davantage, faisant du combat contre la mouvance de gauche radicale incarnée par Zizek et Badiou l'une de ses priorités. Rencontre animée entre deux authentiques adversaires.
Le Nouvel Observateur. - Slavoj Zizek considère que le rôle de la gauche est aujourd'hui de se poser en adversaire résolu du capitalisme global. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Bruno Levy pour le N. O.
Bernard-Henri Lévy
Bernard-Henri Lévy. - Je crois que c'est en s'exprimant ainsi qu'on précipite la décomposition et la marginalisation de la gauche. Le monde du capitalisme globalisé, c'est le nôtre. Il n'y en a pas d'autre. En tout cas pour le moment. La question n'est donc pas de le rejeter ou non, mais d'entrer résolument dans cette mêlée-là pour agir, combattre sa part de sauvagerie - je pense notamment à celle du capitalisme chinois, le plus barbare et pilleur de ressources qui soit. Quand la gauche a été grande, aux Etats-Unis ou en Europe, c'est quand elle a changé la condition des travailleurs, celle des femmes. C'est à ça que la gauche sert, pas à se replier dans des microbulles intellectuelles pour rêver d'un monde idéal en laissant les hommes s'entre-dévorer.
Bruno Levy pour le N. O.
Slavoj Zizek
Slavoj Zizek. - Soyons clair. Je n'attends nullement une grande révolution anticapitaliste. Qui serait assez stupide pour ça aujourd'hui ? Ce que je dis est très pragmatique. Le lien entre capitalisme et démocratie est partout en train de se rompre au niveau mondial. Le cas chinois est seulement précurseur à cet égard. Car le capitalisme parlementaire démocratique s'avère incapable de traiter un certain nombre de problèmes vitaux pour l'avenir. Le scandale de l'échec de Copenhague l'a montré. On sait que le futur de l'humanité est menacé, mais les Etats jugent urgent d'attendre, alors que, lors de la crise financière, en une semaine à peine, ils s'étaient tous précipités pour sauver le système bancaire. Tout ça montre que seules de nouvelles formes de mobilisation populaire pourront sauver un monde commun que le capitalisme et ses fondés de pouvoir étatiques sont en train de mener au désastre.
B.-H. Lévy. - Eh bien, peut-être suis-je finalement plus à gauche que vous. Pour moi, il n'y a jamais eu de lien nécessaire entre capitalisme et démocratie. Ce qui fait que le premier s'est humanisé, c'est ce truc tout bête qu'on appelle les conquêtes sociales, les luttes syndicales, le travail de la gauche en somme. Raison pour laquelle je suis justement si inquiet quand je vois les tenants de l'idée communiste, ceux qui sont regroupés dans ce collectif que vous venez de publier avec
Badiou (1), s'installer dans une espèce de position de retrait utopique et hautain. Ca ne manque pas d'allure, ce que vous faites. Mais cela revient au bout du compte à ça : on fabrique notre hypothèse communiste dans notre coin, et que le monde se démerde. Pendant ce temps-là, la gauche poursuit sa régression. Elle recule sur le féminisme au nom du droit à la différence culturelle. Elle recule sur l'internationalisme au nom du souverainisme. Elle s'obstine à laisser le drapeau libéral à la droite comme une dépouille, un chien crevé.
S. Zizek. - Vous semblez considérer que seul le libéralisme peut sauver la gauche. Je crois au contraire que seule l'aide fraternelle d'une gauche plus radicale peut à long terme sauver ce à quoi vous tenez : l'universalisme, le féminisme et l'émancipation égalitaire en général. Car la tragédie, aujourd'hui, c'est que la seule force politique majeure qui soit prête à articuler le malaise engendré par la crise du capitalisme, c'est la droite fondamentaliste anti-immigrés. Observez ce qui se passe déjà en Norvège ou aux Pays-Bas. Walter Benjamin a dit une très belle chose à ce sujet : «Chaque fascisme est l'envers d'une révolution ratée.» Eh bien, c'est exactement ce qui nous menace aujourd'hui : la montée des droites identitaires, faute d'une alternative de gauche véritable.
Lire la SUITE...
(1) «L'Idée du communisme», conférence de Londres 2009, Lignes.
➦ La vidéo du débat
N. O. - A l'instant, Bernard-Henri Lévy, vous définissiez la gauche par ses conquêtes sociales, ses luttes parlementaires et syndicales Pourtant, on ne peut pas dire que la «question sociale» ait été très présente dans vos engagements publics, et ce depuis l'origine. En désertant ce terrain, les intellectuels de gauche comme vous n'ont-ils pas justement ouvert un boulevard à la réémergence de ces paradigmes progressistes radicaux que vous déplorez aujourd'hui ?
B.-H. Lévy. - Vous semblez de bonne foi, mais vous vous trompez. Quand, dans «Pièces d'identité», j'écris que la question fondamentale aujourd'hui c'est celle de la nouvelle misère, et que ce qui nous manque c'est un nouveau Coluche, est-ce que je ne m'occupe pas de la question sociale ? Quand, en 2005, au moment de la crise des banlieues, j'ai dit qu'on n'avait pas le droit de faire comme si c'était simplement une fièvre barbare sans signification politique, est-ce que je ne m'en soucie pas ? Est-ce que je n'ai pas dit cent fois, et dans ce livre encore, que la figure de Sartre sur son tonneau à la sortie d'une usine, cette image qui a été moquée par tous les imbéciles, est une figure, somme toute, assez magnifique ? Après, c'est vrai que le temps est compté et qu'on ne peut pas être sur tous les fronts. Et surtout, parler des massacres du Darfour, ou jadis de la guerre en Bosnie, ne me paraît pas moins crucial que de s'occuper des délocalisations.
S. Zizek. - Ces nouvelles formes d'apartheid social que vous pointez à juste titre sont intrinsèquement liées au capitalisme global. Le problème, c'est que, comme la majeure partie de la gauche aujourd'hui, vous continuez à penser que ce fonctionnement ne doit pas être changé mais seulement corrigé. Au fond, votre horizon reste fukuyamiste : un «capitalisme à visage humain» comme formule enfin trouvée de la meilleure société possible.
B.-H. Lévy. - Certainement pas. La théorie de Fukuyama sur «la fin de l'histoire» est une aberration née dans l'euphorie de la chute du mur de Berlin. Maintenant, je n'en suis pas moins inquiet quand je vois renaître une gauche radicale, euphorique, qui nous promet qu'elle n'a peut-être pas aujourd'hui la solution définitive au drame des humains, mais qu'elle l'aura demain. Ca, c'est catastrophique. C'est le passeport pour tous les cauchemars totalitaires. Benjamin, que vous citiez tout à l'heure, a dit une autre chose essentielle. A l'alternative posée par Marx dans les «Thèses sur Feuerbach», transformer ou comprendre le monde, il oppose un troisième terme : réparer le monde. Hé oui. Juste réparer. C'est moins exaltant. Mais il n'y a pas de politique honorable sans cette part de mélancolie. L'idée que le monde est imparfait, qu'il le restera, qu'il faut se battre bien sûr, et de toutes ses forces, pour qu'il le soit un peu moins, mais que le pire advient quand on s'imagine qu'on va le changer à la racine.
Bruno Levy pour le N. O.
Bernard-Henri Lévy et Slavoj Zizek
S. Zizek. - Oui, le monde restera imparfait, mais parfois, quand même, les ruptures radicales s'imposent comme le seul chemin pour éviter sa destruction complète. Je suis un gauchiste tout ce qu'il y a de plus pessimiste, vous savez. Je crois même que le capitalisme autoritaire est hélas l'avenir qui nous attend. Vous faites cependant comme si le seul choix possible face à ça était de s'engager dans la réalité du capitalisme mondial... Ce n'est pas le cas à mes yeux. Non seulement je ne suis pas dans une position de retrait, mais je m'engage même pleinement en faveur des processus réformistes concrets qui vont à rebours de cet avenir catastrophique. Le combat d'Obama pour un système de protection sociale, voilà par exemple un événement de portée mondiale. Cela a perturbé le coeur même de l'idéologie américaine d'une façon extraordinairement positive. Je ne suis pas un adversaire de la démocratie parlementaire, je suis simplement assez lucide pour voir qu'elle ne sera pas de taille à affronter les conséquences du nouvel ordre global.
N. O. - Il y a cinq ans encore, on n'aurait pu imaginer un tel retour en grâce de l'idée communiste chez les intellectuels, ni qu'elle trouve un tel écho chez les plus jeunes. Comment expliquez-vous cette résurgence ?
B.-H. Lévy. - Tout d'abord je dois dire qu'elle m'épouvante. Je suis sidéré de voir des esprits parfois brillants nous refaire ce coup-là, étant donné tout ce que nous savons, tout ce qui a été dit. «Avez-vous déjà giflé un cadavre ?», demandaient les surréalistes. Eh bien voilà. Eux ressuscitent un mort. En même temps, j'ai toujours été convaincu que cette affaire reviendrait. Car, derrière tout ça, il y a des passions profondes - ce que j'appelle les «nombres premiers» de la raison politique. La passion du collectif, par exemple. Celle que Sartre décrit à son retour du stalag : l'ivresse de l'homme qui brusquement se sent faire corps avec une humanité collective. La passion de l'Histoire cassée en deux, aussi. L'idée que le monde est vieux et qu'il est temps de le rajeunir. Ou encore cette terrible volonté de pureté où je vois l'une des origines ultimes du désir totalitaire. C'est ce genre de passions fondamentales qui fait la source éternellement renaissante de l'illusion communiste. Et je la crois très dangereuse, vouée à produire des cataclysmes. Dans un entretien de 1976 que «le Nouvel Observateur» avait publié, Foucault me disait la chose suivante : «La question des âges anciens était : est-ce que la révolution est possible ? La question de l'âge moderne, c'est : est-ce que la révolution est désirable ?» Comme lui, je réponds que non.



S. Zizek. - A la question de savoir pourquoi le communisme intéresse à nouveau aujourd'hui, j'ai une réponse plus modeste. Quelles que soient ses naïvetés, celui-ci tente d'apporter une réponse aux antagonismes catastrophiques bien réels du capitalisme actuel. On peut en citer quelques-uns : la menace d'une destruction écologique globale, la ségrégation croissante entre inclus et exclus dans le monde entier, ou encore l'émergence de technologies biogénétiques qui font de la modification de la nature humaine elle-même une perspective tout à fait réaliste à court terme. Eh bien, cette privatisation, voire cette destruction de tout ce qui nous est commun, cette tentative d'extorsion de la substance même de notre être physique et social, tout cela suscite forcément le désir de voir émerger de nouvelles formes de décision collectives. N'abandonner le futur ni au marché ni à l'Etat, c'est ça, le communisme pour moi.
Propos recueillis par Aude Lancelin

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lundi 8 février 2010

UNE FEMME ÉLUE À LA PRÉSIDENCE DU COSTA RICA

Mme Laura Chinchilla. Photo Visual
Ses deux adversaires ont admis leur défaite dès le premier tour, sans même attendre les résultats définitifs. Elle était alors créditée de 47%, bien au-dessus des 40% nécessaires à une élection.

Une première au Costa Rica
« Merci Costa Rica. Je ne trahirais pas votre confiance », a déclaré Laura Chinchilla, dans un discours adressé à son peuple. Ministre de la Justice et vice-présidente de son mentor et chef de l’état sortant, Oscar Arias, cette politologue de 50 ans avait fait de l’insécurité, de la drogue et de la crise économique, ses principaux thèmes de campagne électorale.
C’est la première fois qu’une femme est élue à la tête du Costa Rica. K.M.

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samedi 6 février 2010

Loblaw cesse de vendre quatre espèces de poissons

Par Annie Morin
La plus grosse chaîne de supermarchés au Canada a annoncé jeudi qu'elle cessait la vente de bar du Chili, d'hoplostète orange, de requin et de raie partout au pays. D'autres noms pourraient s'ajouter au fil d'une évaluation espèce par espèce réalisée en partenariat avec le Fonds mondial pour la nature et des scientifiques de l'Université Dalhousie. Dans cinq supermarchés de Montréal et de Québec, dont les Loblaw de Charlesbourg et de L'Ancienne-Lorette, un «programme d'éducation des consommateurs» sera implanté afin de publiciser les changements. Les clients trouveront ainsi des plateaux vides au comptoir des produits de la mer.

«L'objectif est d'envoyer un signal clair afin de sensibiliser la clientèle et la renseigner sur les produits de source durable qui s'offrent à elle», peut-on lire dans le communiqué de presse diffusé jeudi.

Loblaw a annoncé en mai son intention de s'approvisionner exclusivement en produits marins issus d'une pêche durable d'ici la fin de l'année 2013. L'objectif vaut autant pour les produits frais que congelés ou en conserve, qu'ils soient le produit d'une pêche sauvage ou de l'aquaculture. Tous les sous-produits contenant des poissons, des fruits de mer ou des huiles sont également concernés, qu'il s'agisse de mets préparés, de vitamines ou de nourriture pour les animaux de compagnie.

Beth Hunter, responsable de la campagne Océans pour Greenpeace, accueille très positivement la nouvelle du retrait d'espèces inscrites sur la Liste rouge du groupe écologique. Plusieurs grandes bannières européennes et américaines exigent déjà de leurs fournisseurs qu'ils fassent la preuve que leurs produits marins sont pêchés sans mettre les stocks et l'environnement en péril, mais rien n'avait encore été tenté au Québec.

«On espère toutefois qu'ils vont continuer à enlever des espèces ou à trouver des solutions pour s'approvisionner de façon plus durable, notamment pour les produits de l'aquaculture», souligne la porte-parole de Greenpeace, qui porte une attention particulière à la définition du mot durable.

Mme Hunter espère qu'il y aura un effet d'entraînement, puisque «tous les gros joueurs sont en compétition et se regardent de près dans le secteur» de l'alimentation, fait-elle remarquer. Au printemps dernier, Greenpeace avait publié son premier palmarès canadien des supermarchés, et aucune chaîne n'avait obtenu la note de passage. L'initiative sera répétée dans les prochains mois.

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vendredi 29 janvier 2010

L'Oriflamme : chasse au trésor au large du Chili

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
L'Oriflamme avait un déplacement de 1500 tonnes. Source Oriflama

Pollet et son collègue Pedro Pujante ont fondé à Santiago du Chili, en janvier 2009, l'Institut d'archéologie nautique et subaquatique (Ians). Il s'agit d'une société scientifique de statut privé et sans but lucratif. Elle s'assigne pour objet « l'étude, la conservation, la protection et la diffusion du patrimoine maritime et subaquatique d'Amérique latine ». Pollet, par ailleurs, a pour spécialité ce qu'on appelle « l'archéologie préventive » et a travaillé en France à l'Inrap. Il sait donc, par expérience, que l'on peut s'inquiéter des risques encourus par une épave si celle-ci était fouillée hors du cadre d'un projet scientifique rigoureux.

Une société nommée « Oriflama s.a. » s'intéresse depuis 2001 à l'épave de l'Oroflamme. Elle déclare sur son site Web être patronnée par plusieurs institutions universitaires chiliennes et par l'organisme cubain « Carisub s.a » qui compte « une direction archéologique , un département de recherches et un laboratoire spécialisé dans la conservation des artefacts collectés en milieu marin ».

Cette entreprise, cependant, pourrait nourrir des intentions plus commerciales que scientifiques selon l'archéologue français, puisqu'elle a demandé aux autorités chiliennes une part du trésor de l'Oriflamme, estimé par certains à quelque 30 millions de dollars américains. Un article du Santiago Times du 13 janvier cite Oscar Acuna, le secrétaire général du Conseil des monuments nationaux du Chili, affirmant être prêt à concéder à Oriflama s.a. « 25% de la valeur de leur découverte », tout en rappelant que « l'épave elle-même restait la propriété de l'Etat ».

Trois points à préciser : rendre un élément du patrimoine national aliénable n'est ni dans l'esprit de la loi chilienne, ni dans l'intérêt de la conservation de ce patrimoine ; le gouvernement chilien, par ailleurs, ne s'est pas encore prononcé sur cette affaire. Enfin, affirme Pollet, l'épave elle-même, si elle était l'objet d'une fouille sans projet scientifique avéré, pourrait être endommagée de façon irrémédiable.

Christophe Pollet m'a adressé une tribune libre. Je la publie bien volontiers. Elle raconte une belle et inquiétante histoire. La voici.

Le sort d'un navire échoué il y a près de 230 ans sur la côte sud du Chili, témoignage précieux de l'histoire maritime et de la navigation dans la mer du Sud, suscite l'inquiétude des archéologues chiliens et internationaux.

L'Oriflamme était un vaisseau de ligne de construction française lancé à Toulon en 1743 ; en 1761, après 18 ans de campagnes au sein de la flotte royale méditerranéenne, il est capturé par les Anglais. Sans doute trop vieux pour être incorporé à la Royal Navy, il est réarmé en navire de commerce. Mais en 1763, alors qu'il séjournait en Espagne, il change à nouveau de pavillon, probablement saisi par les autorités hispaniques.

Rebaptisé Nuestra Señora del Buen Consejo y San Leopoldo ou Oriflama, il est cédé à une compagnie privée pour le commerce outre-Atlantique. En 1770, après quelques années de navigation aux Amériques, le navire est affrété pour le Pérou. Alors qu'il passait les côtes du Chili, entre Concepción et Valparaiso, son équipage, probablement décimé par le scorbut, ne parvient pas à faire face à une terrible tempête d'hiver : le Pacifique engloutit le navire, juste en face de l'embouchure des rivières Huenchullami et Mataquito, près du petit village de Curepto, dans un endroit très difficile d'accès.

Les conditions naturelles du site empêchent toutes tentatives de sauvetage, pourtant organisées à grands renforts de moyens par le Vice-roi du Pérou en personne. Le naufrage, qui ne laisse aucun survivant, s'inscrit dès lors dans la mémoire collective de Curepto et du Chili, jusqu'à en façonner la légende.

Au moment de son naufrage, l'Oriflama se dirigeait vers le port du Callao-Lima où il devait livrer une importante cargaison de cristallerie fine d'Espagne et y débarquer quelques passagers, ainsi que leurs effets personnels. Les circonstances du drame, ainsi que la valeur de la cargaison ont généré le mythe du trésor de l'Oriflama, et en ont fait l'une des épaves les plus convoitées par les « chasseurs de trésor », le long de ces côtes du Pacifique.

Le mystère de l'Oriflamme reste entier

Malgré beaucoup d'efforts pour la retrouver, tant à l'époque qu'aujourd'hui, l'épave n'a jamais pu être détectée. De nos jours, elle repose selon toute probabilité sous une importante couche de sédiments fluviaux, la protégeant ainsi de l'action de la mer… et des hommes. Elle constitue aujourd'hui un site archéologique de grand intérêt, témoignage précieux de l'histoire maritime tant sur le plan national qu'international, qu'il convient de préserver et d'étudier de manière scientifique.

Bien que l'archéologie maritime et subaquatique, dans sa pratique, n'en soit qu'à ses débuts au Chili, la loi sur le patrimoine historique et archéologique est claire et très protectrice : tous les monuments historiques et les sites archéologiques sont la propriété de l'État ; il incombe par conséquent à ses services compétents, par l'intermédiaire du Consejo de monumentos nacionales, de régir toute intervention.

De ce fait, les dispositions législatives et réglementaires rendent les vestiges archéologiques inaliénables, sauf dans un cas précis encadré par la loi puisque, en effet, à l'occasion d'une intervention par un opérateur étranger, 25% des vestiges mis au jour peuvent être réclamés et éventuellement cédés par l'État, à condition d'avoir été soumis à une étude scientifique préalable –c'est-à-dire des fouilles archéologiques-, et sous réserve de l'autorisation expresse du CMN.

Or le site du naufrage constitue depuis 2005 la cible d'une société commerciale, Oriflama S.A. qui prétend « sauver » l'épave mais qui compte en fait exploiter son potentiel à des fins lucratives.

En effet, au terme d'une bataille juridique compliquée et après en avoir réclamé la pleine propriété, Oriflama S.A. a déposé en dernier recours une demande de fouilles, s'accompagnant d'une clause leur cédant 25% des objets. Pour ce faire, les responsables de la société Oriflama se sont engagés auprès du CMN à restituer la coque et les 75% restants à un futur musée d'archéologie maritime, susceptible de renforcer le secteur touristique dans la région.

Un projet qui menace les étapes pré-muséologiques

Cependant, ce projet suscite de nombreuses interrogations. Comment s'assurer que les opérations se feront dans des conditions non destructives et scientifiques ? En effet, outre sa valeur patrimoniale, une épave en tant que site archéologique est un document historique dont l'étude requiert de méthodes d'enregistrement rigoureuses, effectuée par des équipes spécifiquement formées

Enregistrement qui a pour objectif de faire progresser notre connaissance sur des thèmes relatifs à la construction navale ou encore le commerce maritime. Extraire des objets du site sans en comprendre leur environnement, c'est se priver délibérément d'une grande partie de cette connaissance. L'étape muséologique, importante car elle permet de partager les découvertes et le savoir acquis avec le public, constitue en soi une étape ultime dans ce processus.

Subsiste alors une autre interrogation de taille : lorsque les opérations seront terminées, comment procéder au « partage » des « découvertes », sur quels critères ? Le patrimoine ne saurait être un bien monnayable, alors que les enjeux sont réels : le potentiel scientifique et muséographique du site est prometteur. Les difficultés technologiques pour étudier l'épave sont elles aussi bien réelles, mais rien qui ne soit insurmontable à toute initiative sérieusement préparée, bénéficiant d'appuis logistiques importants.

En attendant le moment propice, il est indispensable de faire de cette zone une réserve archéologique. En ces temps où l'Unesco vient de célébrer le premier anniversaire de l'entrée en vigueur de la Convention internationale sur la protection du patrimoine culturel subaquatique, document juridique qui a pour but de « protéger les sites archéologiques subaquatiques du monde entier, de lutter contre le pillage et de réglementer la coopération internationale pour leur conservation », il serait souhaitable de ne pas céder aux sirènes du spectaculaire et du profit immédiat, sous peine de revenir à l'ère des Antiquaires, quand l'archéologie servait à enrichir les collections. C'était au XVIIIe siècle, le siècle de l'Oriflama…

Michel Faure

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mardi 26 janvier 2010

Gardez-moi de mes amis…

D'abord l'usure de la coalition de centre gauche qui, sous le nom de « Concertation », gouverne le pays depuis la chute de la dictature, soit plus de vingt ans. Ensuite, le manque de charisme du candidat de cette Concertation, Eduardo Frei, alors que son vainqueur, Sebastian Piñera, est un chef d'entreprise dynamique et un communicant talentueux. Dans une élection qui se joue au second tour à 52 % contre 48 %, de tels éléments peuvent suffire à faire pencher la balance du côté droit.
Mais ce serait oublier que si les 20 % de voix obtenues au premier tour par le troisième homme, Marco Enriquez Onimani, s'étaient bien reportées sur Frei, celui-ci aurait eu de bonnes chances d'être élu. Un tel report aurait dû logiquement se produire puisque ce jeune homme, fils d'un ancien militant d'extrême gauche assassiné peu après le coup d'Etat du général Pinochet, ne pouvait nourrir aucune sympathie pour la famille politique de Sebastian Piñera, qui soutint jadis la dictature. Or, grisé sans doute par son beau score du premier tour, imaginant peut-être qu'il brillerait davantage en qualité d'opposant à Piñera qu'en force d'appui de Frei, Marco Enriquez ne s'est pas désisté clairement pour Frei au second tour. La défaite de ce dernier était alors écrite d'avance.
On s'étonne toujours de tels entorses à la loyauté et à la logique. Elles sont pourtant monnaie courante dans la vie politique. En 2000, George W. Bush ne l'emporte contre Al Gore qu'en raison de l'entêtement de l'écologiste Ralph Nader, lequel prend au candidat démocrate, dont les thèses sont proches des siennes, les quelques points qui vont lui manquer pour être élu. Et l'on se souvient, bien sûr, des 5 % de voix de Chevènement et des 2 % de Christiane Taubira, tous les deux issus de la gauche, qui en 2002 vont manquer à Lionel Jospin pour se qualifier face à Jacques Chirac. Gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge, écrivait Voltaire. On devrait le relire jusqu'au Chili.

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lundi 25 janvier 2010

Invitation à l'exposition «Paysage en transit»



Ce sera l’occasion de partager avec l’artiste son singulier regard sur l’évolution de la ville et de son paysage, marqué par des transformations urbaines propres aux économies émergentes.

L’exposition aura lieu
Jeudi 28 Janvier 2010 à 18h00
dans la galerie d’art et d’architecture de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris - La Villette, et elle sera suivie d’un vin d’honneur .
ENSA Paris La Villette, 144, avenue de Flandre, Paris19.
Métro Crimée ou Corentin Cariou, ligne 7.

Avec la participation de la DIRAC (Direction des affaires culturelles de la chancellerie du gouvernement Chilien). Entrée Libre.

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Diaporama d'Acteón

  • Diaporama Flash

    posted by Acteón at 3/28/2007 09:35:00 AM 0 comments   

    Projet:: rêve, Rubens étendre l’averse du rayon jusqu’au change mais d’abord elle sans sa robe marchera le nom de la couleur laisse sa couleur sans nom là — dans l’arbre son nom est la mise à jour de la brèche se nouera r/R tableaux en grand format 3m de haut, pour des largeurs variables: 2,4,6 mn. Etudes sur carton/ technique mixte: acrylique,sanguine,pierre noir; mare de café. Rêve, Rubens est déjà un poème. "se nouera je vais renforcer l’essor par la récolte exactement répéter l’impatience répéter le grain par le bond"