jeudi 11 février 2010

Sebastian Piñera forme un gouvernement à son image

Sur vingt-deux ministres, seulement quatre viennent de l’Allianza. La plupart sont des hommes d’affaires ou des économistes. C’est pourquoi la gauche s’inquiète de la multiplication des conflits d’intérêt : le pays serait désormais dirigé par ses propres chefs d’entreprise.

Piñera avait promis la formation d’un «cabinet d’union», un peu sur le modèle de celui de Nicolas Sarkozy en France. Il a concrétisé cette promesse en accordant le portefeuille de la défense à Jaime Ravinet, vielle figure de la démocratie-chrétienne, qui l’avait déjà détenu sous un cabinet de gauche. Mais on y retrouve également beaucoup de chefs d’entreprise et d’économistes formés à l’étranger – ainsi sur vingt-deux ministres, treize ont obtenu un diplôme en dehors du pays. Le ministre des Affaires étrangères, Alfredo Moreno, est, par exemple, un ingénieur de formation de 53 ans, homme d’affaires à succès et co-directeur d’une chaîne de grands magasins mais il n’a aucune expérience qui justifie son poste. Sa nomination est sans aucun doute le signe de l’impulsion commerciale internationale que souhaite donner à son pays Sebastian Piñera.
Malgré la polémique née pendant la campagne, le gouvernement comprend également Joaquin Lavin, un économiste-ingénieur de formation et ex-journaliste, mais surtout chef de file de la droite ultra-conservatrice Union démocrate indépendante (UDI) et ex-conseiller du régime d’Augusto Pinochet. Il fut candidat à la présidence de la République en 1999 et 2005 et est membre de l’influente organisation catholique conservatrice Opus Dei. Il sera ministre de l’Education.
Piñera a salué une équipe «de talents et de formations universitaires et professionnelles réelles» mais «dédiée au service publique». Il a justifié cette composition en rappelant qu’il voulait se concentrer sur la croissance économique et la création d’emplois, tout en poursuivant la politique sociale du gouvernement sortant de Michelle Bachelet.