mardi 5 octobre 2010

Michelle Bachelet à Montréal

Cette relation se fortifie encore une fois de plus, ce mardi, parce que Michelle Bachelet, qui est toujours très populaire au Chili, sera à Montréal dans le cadre de sa tournée internationale.
Radio Latina Montréal sera présent pour lui demander de parler de ses nouveaux défis, surtout en matière de droits de femmes dans le monde et sur le rôle de l’ONU dans les pays sud-américains.
De plus, cette semaine, le Jeune conseil de Montréal se réunit à l’hôtel de Ville pour annoncer sa 24e édition. À chaque année, depuis 24 ans, des jeunes âgés entre 16 et 30 ans, se retrouvent à l’hôtel de Ville de Montréal pour représenter les conseillers municipaux pendant une simulation parlementaire.
Ces jeunes politiciens ont la responsabilité de créer des projets de lois et de défendre leurs idées par rapport au développement de la ville de Montréal. La qualité la plus importante de cet événement est la passion que ses jeunes ont pour le débat public et pour l’engagement populaire.
Enfin, l’Halloween arrive à grands pas, et comme d'habitude le Jardin botanique de Montréal nous invite à découvrir l’exposition des citrouilles décorées du 1er au 31 octobre. En participant, vous pourrez avoir la chance de gagner de l’argent pour la citrouille la mieux décorée. On vous invite à y participer.
À la semaine prochaine!
L'équipe de Radio Latina

Communiqué du Collectif de Soutien au Peuple Mapuche (Fr

- Les prisonniers grévistes considèrent totalement insuffisant l'accord avec le gouvernement que 23 de leurs camarades ont signé. Ils respectent leur décision mais déclarent qu'ils iront quant à eux jusqu'aux ultimes conséquences pour obtenir satisfaction aux revendications qui ont été à la base de leur grève de la faim, initiée le 12 juillet dernier.
- Ils déclarent que l'engagement du gouvernement à retirer les plaintes pour terrorisme n'empêchera pas les tribunaux d'appliquer la loi antiterroriste héritée de Pinochet, ni l'utilisation de témoins masqués. Ces pratiques inacceptables sont contraires au Droit International et aux accords que le Chili a signés.
- Les Comuneros d'Angol déclarent : "Indépendamment de notre exigence d'un procès juste où notre innocence sera prouvée, le fond de cette grève de la faim touche à ce que nous espérons pour le futur de notre Peuple Nation Mapuche". En effet, la déclaration d'intention du gouvernement de "réformer" la loi anti-terroriste d'après la Constitution, ne peut que susciter la plus profonde méfiance. Car en même temps que le gouvernement s'efforce de montrer sa "volonté de dialoguer", la violence institutionnelle contre les communautés Mapuche augmente. Différents témoignages récents font état de chantage et de tortures psychologiques exercées, lors de sa visite du 3 octobre, par le ministre de la Santé à l’encontre des grévistes hospitalisés, ainsi que d’une répression systématique des manifestations de solidarité aux prisonniers politiques Mapuche en lutte.

RENFORÇONS NOTRE MOBILISATION !
MANIFESTONS NOTRE SOLIDARITE AUX 14 PRISONNIERS POLITIQUES MAPUCHE QUI POURSUIVENT LEUR GRÈVE DE LA FAIM !
MERCREDI 6 OCTOBRE, à 18h30, devant l’Ambassade du Chili Place Salvador Allende – Paris (M° Latour Maubourg)

Rejoignez le Piquet présent chaque jour devant l’Ambassade du Chili, de 11h à 19h, en solidarité avec les grévistes de la faim-CECT France.

COLLECTIF de SOUTIEN AU PEUPLE MAPUCHE- France
Le Collectif regroupe la Fondation France-Libertés, l’AFAENAC (Association des Familles Adoptives d’Enfants Nés au Chili), le MRAP (Mouvement Contre le Racisme et Pour l’Amitié entre les Peuples), le Collectif pour les Droits de l’Homme au Chili, le Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA Nitassinan), le Comité Éthique Contre la Torture-France, l’Association France Amérique Latine, l’Association des Ex-réfugiés politiques de Fontenay-sous-Bois, l’Association Pueblo, l’Association RELMU Paris, l’Association Terre et Liberté pour Arauco, l’Association Nuevo Concepto Latino, l’Association La Bizikleta, l’Association des ex-prisonniers politiques chiliens – France, le Comité Pérou.

Contact tel. 01 49 12 90 09 – adresse e-mail : libertadarauco@gmail.com

lundi 4 octobre 2010

CE QUE CACHE (AU FOND) LE CAS DES MINEURS

Comme dans une téléréalité

Depuis le 5 août dernier, la vie de ces mineurs chiliens, prisonniers à 700 mètres de fond et miraculeusement indemnes, est suivie au jour le jour par les médias chiliens, mais aussi par des envoyés spéciaux venus du monde entier. Un campement a été dressé autour du puits pour accueillir les familles et recueillir au passage leur témoignage.

Des bisbilles entre une épouse légitime et une maîtresse ? Une naissance ? La nouvelle est immédiatement à la une. Idem quand les mineurs se rebellent pour avoir du vin et du tabac. Comme dans un programme de téléréalité, les travailleurs coincés sous terre ont reçu les conseils d’un coach pour s’exercer.


Quand une catastrophe arrive, comme celle des mineurs, "il faut gommer tout ce qui est original, étrange, et la normaliser", analyse Carlos Ossa, professeur à l’université du Chili. "Le public peut alors reconnaître et s’approprier" leur destin "qui ressemble à la vie quotidienne", explique ce spécialiste de la communication.

Une "exploitation nationaliste"

Comme n’importe quel Chilien, les mineurs auraient donc dû fêter le 18 septembre dernier le bicentenaire de l’indépendance de leur pays. Le président chilien, au pouvoir depuis six mois seulement, en avait fait une affaire personnelle : ils devaient avoir retrouvé l’air libre pour la date anniversaire.

Las, les engins de forage n’ont pas été à la hauteur de ce que Carlos Ossa n’hésite pas à qualifier d’ "exploitation nationaliste". Depuis, c’est comme si "tout un peuple se levait pour sauver ses mineurs", raconte ce spécialiste chilien. Et ce, même si les excavateurs ont été fournis par des entreprises australo-sud-africaines, américaines et canadiennes.

Les machines en question ont été accueillies par des scènes de liesse :

Plus grave, pour Carlos Ossa, en transformant le cas des mineurs en "spectacle d’aventures, avec des héros épiques, on fait disparaître la question de la culpabilité. Personne n’est responsable", résume et déplore ce spécialiste de la communication.

Avant que le puits ne s’effondre, avant que les caméras s’installent, "les mineurs étaient déjà enfermés, par leurs conditions salariales, par cette obligation de descendre au fond" pour gagner leur vie, analyse Carlos Ossa. Que deviendront-ils à leur sortie ? Certaines familles ont annoncé la semaine dernière qu’elles allaient demander des indemnisations.

dimanche 3 octobre 2010

FUTUR TÉLESCOPE EUROPÉEN : DÉCISION IMMINENTE

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Le E-ELT, pour European Extremely Large Telescope, est le futur fer de lance de l’astronomie mondiale, si ce projet est accepté par l’ESO (Observatoire européen austral). Pesant 5000 tonnes, mesurant 42 mètres de diamètre et équipé d’un système d’optique adaptative capable de corriger en temps réel la turbulence atmosphérique, ce projet est un véritable défi technologique. Ainsi, son miroir principal de 42 mètres sera t-il constitué d’un assemblage mosaïque de près de 1000 miroirs ! L’industrie optique sera t-elle capable de produire une telle quantité de miroirs ? Autre défi, l’optique adaptative du télescope, révolutionnaire : il s’agit d’une lame de verre de 2,5 mètre de diamètre et 5 mm d’épaisseur capable de se déformer mille fois par seconde... Si la décision officielle de lancement du télescope géant se fait attendre, l’ESO a déjà choisi le site d’implantation du futur télescope : ce sera le sommet du Cerro Armazones, une montagne de 3000 m du désert d’Atacama, au Chili. Si l’Europe se lance, et si elle tient les délais, le géant optique sera mis en service en 2018.

Chili: la majorité des 34 indiens Mapuche cesse la grève de la faim

Les indiens Mapuche «nous ont annoncé leur décision de cesser immédiatement la grève de la faim», a déclaré le père Ricardo Ezzati, à l'issue d'une réunion entre les porte-parole des grévistes et les ministres de l'Intérieur Rodrigo Hinzpeter, de la Planification Felipe Kast et de la présidence Cristián Larroulet.
La décision d'arrêter la grève de la faim a été prise par 23 indiens sur les 34 poursuivis aux termes d'une loi anti-terroriste datant de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) pour des actes commis lors de manifestations pour réclamer des terres.
Les autres grévistes, informés de l'accord, n'ont pas encore fait connaître leur réponse.
Les premiers grévistes, dispersés entre plusieurs prisons du sud du Chili, avaient cessé de s'alimenter le 12 juillet dernier, avant d'être rejoints par d'autres détenus.
La majorité a accepté de recommencer à s'alimenter après que le gouvernement s'est engagé à retirer les plaintes sur la base de la loi antiterroriste -qui prévoit un triplement des peines par rapport à la loi pénale ordinaire. Les Mapuches seront désormais jugés pour des délits de droit commun et non comme terroristes.
«Le gouvernement n'est pas convaincu que les faits reprochés aux Mapuches puissent continuer à être qualifiés d'actes terroristes», a expliqué le prêtre.
Les Mapuches, notamment poursuivis pour avoir mis feu à des bâtiments ou des machines agricoles, risquaient des peines de prison allant jusqu'à 100 ans.
Principale ethnie chilienne, les Mapuches, concentrés en Araucanie (sud), sont quelque 700 000 sur une population de 17 millions d'habitants.
La frange militante réclame la restitution de terres «ancestrales», un certain degré d'autodétermination, et plus généralement une amélioration des conditions de vie de cette communauté très frappée par la pauvreté.
Le parlement chilien a modifié jeudi différentes dispositions législatives, notamment sur la définition d'un acte terroriste, à l'initiative du président Sebastian Piñera.

vendredi 1 octobre 2010

Le Real Madrid envoie des maillots dédicacés aux mineurs chiliens

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Les maillots portent le message "Courage, mineurs" et ont été remis, avec un album de photos de l'ensemble de l'équipe, au ministre chilien des Mines Laurence Golborne, qui se chargera de les transmettre aux mineurs.
Le Real a publié sur son site des photos de l'entraîneur portugais José Mourinho et des stars de l'équipe, Cristiano Ronaldo, Iker Casillas ou encore Sergio Ramos, en train de signer les maillots, qui ont le numéro 33 au dos.

LUIS SEPULVEDA: « LE PRÉSIDENT CHILIEN, SON MODÈLE, C'EST BERLUSCONI »

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Luis Sepulveda par DANIEL MORDZINSKI 26-04-2010


Venu au Festival de Biarritz présenter son dernier roman « L'ombre de ce que nous avons été », l'écrivain chilien nous a confié ses sentiments amers sur son pays, ou sur le sort réservé aux Mapuche.

La très grande salle du Casino Municipal se révéla trop petite ce jeudi matin pour accueillir les très nombreux spectateurs du Festival d'Amérique Latine de Biarritz venus à la rencontre de l'écrivain chilien Luis Sepulveda, qui y présentait son nouvel ouvrage, "L'ombre de ce que nous avons été".

Situé dans un quartier populaire de Santiago de Chili, le récit s'attache au désir de revanche sur l'Histoire de trois anciens militants de gauche, condamnés à l'exil par le coup d'Etat de Pinochet, qui, trente-cinq ans après, se retrouvent pour participer à une ultime action révolutionnaire.

C'est avec autant d'ironie que de tendresse que l'auteur du "Vieux qui lisait des romans d'amour", des "Roses d'Atacama" ou de "La folie Pinochet" s'est retrouvé en prise avec cet ouvrage qui, contrairement à bien de ses oeuvres, se déroule entièrement au Chili, "mon pays de la mémoire, définitivement différent du pays réel, ce qui interdit tout autant la mélancolie qu'une fin d'exil", a-t-il expliqué.

Aujourd'hui vivant en Espagne, dans les Asturies, Sepulveda a livré quelques clés autant esthétiques que citoyennes qui le poussent à écrire, "le plus beau métier du monde", et le confrontent aux images obsédantes du passé, avec la certitude que "l'humour est l'une des principales armes d'une littérature courageuse".

Repoussant avec énergie la notion d'écrivain engagé ("une invention française qui ne veut rien dire, quand le seul vrai courage est celui d'être un citoyen engagé"), il évoque sa génération, qui vécut "le plus long et le plus merveilleux mai 1968", qui commencença dès 1967 au Chili, et "s'interrompit brutalement en 1973, un 11 septembre, avec le coup d'Etat de Pinochet et la mort du Président Salvador Allende".

"Nous avions mis en marche la capacité d'imaginer un futur différent, dans un moment intense de révolution des idées, et même si nous avons découvert que, sous les pavés, il n'y avait pas de plage, cette période s'est remplie d'utopies à même de reconstruire un monde dévasté par la seconde guerre mondiale, mais qui reproduisait les mêmes conditions d'échec des civilisations", estima-t-il.

Parmi les nombreux spectateurs conquis et ravis, Luis Sepulveda s'adressa plus particulièrement aux nombreux jeunes présents dans la salle.

"Notre dernière utopie aujourd'hui est que nous pensons que vous allez contruire de nouvelles utopies, et poursuivre ces combats que nous n'avons pas pu mener à leurs termes, comme la lutte pour l'égalité de la femme ou l'écologie", leur déclara-t-il.

Une longue, très longue séance de signatures mit fin à cette rencontre, laissant le souvenir précieux d'un nouveau moment d'exception offert par cette 19ème édition du Festival de Biarritz.

Entretien eitb.com avec Luis Sepulveda

La mélancolie, "ce bonheur d'être triste, comme l'a décrit l'écrivain italien Guiseppe Lampedusa", est loin d'être le moteur de la création ou de l'action de Luis Sepulveda, exilé après le coup d'Etat de Pinochet, après avoir été emprisonné et torturé comme nombres de ses compatriotes.

Observateur opiniâtre des bouleversements sociaux et politiques du Chili, il a officié dans le champ créatif du roman, de la nouvelle, du théâtre et du journalisme, "qui devrait être considéré comme un genre littéraire en soi".

Son exil l'a contraint à une existence de "citoyen de 2ème classe, qui a échappé au sort des citoyens de 3ème classe quand, comme en France, on vient vous chercher pour vous renvoyer dans un pays où vous pouvez être tué dès que vous arrivez".

L'élection du nouveau président chilien, Sebastian Piñera, en mars 2010, "une épreuve morale très douloureuse", lui semble l'aboutissement d'un processus démocratique qui n'a jamais eu "le courage de modifier la Constitution chilienne mise en place par Pinochet".

Le maintien notamment de cet "article étrange sur le caractère constitutionnel et inaliénable du développement économique du Chili" est un champ fertile pour que "ceux qui ont su faire fructifier ce mythe de la réussite financière, tel que mis en place par la dictature".

"Le président chilien actuel ne représente absolument rien de la démocratie, si on refuse de la considérer comme un produit économique comme le fait cet homme d'affaires qui est à la tête des principaux médias du pays", estime-t-il, "ce qui fait que Sebastian Piñera, son modèle, c'est Berlusconi, le résultat d'un pacte affairiste qui a usurpé la démocratie au profit d'une sorte de contrat signé par un impresario du succès pour le pays".

La situation vécue par les indigènes Mapuche, au centre sud du pays, est également vécue comme une profonde et odieuse blessure.

"Les demandes légitimes des premiers habitants historiques, en termes d'accès aux terres qui leur appartiennent ou en termes de défense de sa culture millénaire, n'ont pour seule réponse que l'application de lois anti-terroristes, qui les privent de défense, les envoient en prison une cagoule sur la tête, et perpétuent une attitude insupportable et inacceptable vis à vis de ce peuple qui a tant de choses à apprendre à l'humanité entière, notamment en termes de respect de l'environnement", grondera-t-il.
Aujourd'hui, une trentaine d'entre eux sont en grève de la faim depuis près de 80 jours, entrainant un chemin sans retour vers la vie, et ce dans l'indifférence de la société chilienne, "dont la majorité doit accepter qu'on lui rappelle qu'elle est profondément raciste".

Dans un ciel toujours aussi encombré des nuages de colère et d'incompréhension, l'absence d'une presse écrite réellement indépendante et le contrôle des médias audiovisuels participent à son sens d'un même projet politique d'abrutissement des masses, tout comme "le prix des livres, extrêmement élevé, qui ne permet pas aux Chiliens d'avoir accès à d'autres voix que celles autorisées par les gouvernants".

Au Chili, l'amour existe, pourtant, qui a vu plus de 7.000 Chiliens prendre d'assaut le quartier du Salon Pablo Bolivar où, quatre ans auparavant, Luis Sepulveda fut accueilli officiellement pour une rencontre littéraire à Santiago.

Comme beaucoup d'autres avant lui, la marge représentée par la création littéraire, dans laquelle son travail est inscrit, ne pourrait représenter qu'un caillou, guère plus, dans un désert d'indifférence ou de déni, ou dans la chaussure d'un puissant.

L'Histoire du Chili l'a montré, depuis longtemps : ces cailloux mis côte à côte ont parfois constitué une barrière contre laquelle l'ignominie et la vulgarité se sont cassés les dents.