lundi 7 octobre 2019

MERCEDES SOSA - « COMO LA CIGARRA »


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« COMO LA CIGARRA » PAROLES ET MUSIQUE MARÍA ELENA WALSH, 
INTERPRÈTE MERCEDES SOSA

dimanche 6 octobre 2019

QUAND MARGARET THATCHER RÉCONFORTAIT PINOCHET AVEC UNE BOUTEILLE DE SCOTCH


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PINOCHET ET SA FEMME  AVEC THATCHER EN 2000 À SURREY
PHOTO PA
À la fin de l'année 1998, l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet se rend à Londres, pour des examens médicaux. Un mandat d'arrêt international lancé par l'Espagne mène à son arrestation, et il se retrouve assigné en résidence surveillée, dans une banlieue sud de la capitale britannique, à Surrey. Quelques mois plus tard, il reçoit en cadeau une bouteille de whisky raffiné, de la part d'une vieille amie.
Repéré par Léa Polverini
dans The Guardian
Une petite note l'accompagne: «le scotch est une institution britannique qui ne vous laissera jamais tomber». Elle est signée par la première ministre britannique de l'époque, Margaret Thatcher.

L'anecdote, reprise par le Guardian, est d'abord racontée par Charles Moore, qui vient de publier un troisième volume de la biographie de Thatcher. Elle illustre bien la relation privilégiée qu'entretenait Thatcher avec le dictateur, responsable de multiples violations des droits humains.

En 1999, lors la conférence annuelle du Parti conservateur, Thatcher avait déclaré au sujet de la situation de Pinochet: «je ne sais pas quand ni comment cette tragédie se terminera, mais nous nous battrons aussi longtemps qu’il le faudra pour que le sénateur Pinochet soit renvoyé en toute sécurité dans son pays. […] Le peuple britannique croit toujours en la loyauté envers ses amis»; sous les applaudissements fournis du public.


Une injure à la mémoire des Chiliens


Selon la Commission de vérité et de réconciliation chilienne, le régime militaire de Pinochet fut responsable de l'assassinat de 2.279 personnes, et de la torture de 27.255 autres, entre 1973 et 1990.

«Qu'une personnalité britannique soutienne publiquement le dictateur le plus sanglant d'Amérique latine viole la mémoire des milliers de Chiliens tués, emprisonnés et torturés sous la dictature», a déclaré Alicia Lira, la présidente de l'Association pour les proches des personnes exécutées, qui œuvre toujours à faire condamner d'anciens membres du régime pour les crimes commis. Ce mercredi 2 octobre, c'est l'ancien garde du corps du dictateur, Cristián Labbé, qui a été condamné à trois ans de prison pour avoir torturé en 1973 un prisonnier politique.


Bien que Thatcher et Pinochet ne se soient jamais rencontrés quand le second était encore au pouvoir, l'aide et les renseignements fournis à la Grande-Bretagne par le Chili pendant la guerre des Malouines ainsi que les positions farouchement anti-communistes du général lui avaient assuré la reconnaissance et le soutien de la Première ministre.


samedi 5 octobre 2019

« NON » ANNIVERSAIRE

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« NON JUSQU'À LA VICTOIRE »
 « DEHORS PINOCHET » 
« NO LO QUIERO NO » 
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PAROLES ET MUSIQUE ISABEL PARRA 
INTERPRÉTÉ PAR ISABEL, JAVIERA, ET TITA PARRA, 
TATI PENNA ET CECILIA ECHENIQUE

vendredi 4 octobre 2019

IL Y A 10 ANS, MERCEDES SOSA QUITTAIT LA SCÈNE


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PHOTO EDUARDO GROSSMAN

MERCEDES SOSA : 10ème ANNIVERSAIRE DE SA MORT 
2009 –4 OCTOBRE– 2019

Il y a dix ans disparaissait l’une des figures musicales majeures de l’Amérique latine : la chanteuse Mercedes Sosa, reconnue pour sa voix autant que pour ses engagements.


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« COMO LA CIGARRA » PAROLES ET MUSIQUE MARÍA ELENA WALSH, 
INTERPRÈTE MERCEDES SOSA

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mercredi 2 octobre 2019

ANIMAUX MORTS, PÉNURIES D'EAU, AGRICULTEURS EN DIFFICULTÉ... AU CHILI, LA SÉCHERESSE FRAPPE DE PLEIN FOUET


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LE SQUELETTE D'UNE VACHE, DANS UNE ZONE DE LA RÉGION
DE PETORCA, QUI SUBIT DE PLEIN FOUET LA SÉCHERESSE.

PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP 
Le pays d'Amérique du Sud est particulièrement touché par la sécheresse, qui a provoqué la mort de milliers d'animaux. Le président chilien a annoncé un investissement de cinq milliards de dollars pour y faire face.
Par Steve Tenré avec l'AFP et Reuters
LA LIGUA, UNE RIVIÈRE DE LA RÉGION DE VALPARAISO, AU CHILI,
 EST À CE JOUR TOTALEMENT ASSÉCHÉE. À GAUCHE, UNE
IMAGE DATANT DU 10 SEPTEMBRE 2018. À DROITE,
UNE PHOTOGRAPHIE PRISE UN AN PLUS TARD.
STR ET MARTIN BERNETTI / AFP
Des dizaines de milliers d'animaux morts, des fermes familiales au bord du gouffre et près de 600.000 personnes approvisionnées en eau par des camions-citernes. C'est le triste bilan d'une dure sécheresse qui frappe actuellement le centre du Chili, marqué par une décennie de faibles précipitations.

En cette fin d'hiver austral, le plus sec depuis 60 ans, 6 des 16 régions du pays souffrent d'un déficit de pluies. Dans ces régions, pas moins de 106.000 animaux sont morts en raison du manque d'eau et de fourrage, selon le ministère de l'Agriculture. Dans le centre du pays, les chèvres (80.000) ont été les plus touchées par la mortalité, suivies par les bovins (18.000) et les ovins (8000). 


DES VACHES SOUFFRANT DE LA FAIM,
 À COLINA, AU CHILI.
 PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP  
Pour faire face à cette sécheresse qui oblige près de 600.000 citoyens à se fournir en eau auprès de camions-citernes, l'état d'urgence a été déclaré dans cinq régions : celle de Valparaiso, de Coquimbo, de O'Higgins, du Maule et de Santiago. Le président chilien Sebastian Piñera a également annoncé des restrictions d'eau, et s'est engagé à investir 5 milliards de dollars.

Des dizaines de milliers d'animaux morts


UNE VUE AÉRIENNE DE PLANTATIONS D'AVOCATS AUTOUR DE
LA RIVIÈRE LA LIGUA, DANS LA RÉGION DE PETORCA.
PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP 
À Colina, dans la métropole de Santiago, la sécheresse frappe durement les petits éleveurs. Il n'y a plus d'herbes sur les collines ; vaches, chèvres et chevaux errent affamés. «La sécheresse a été désastreuse pour nous», déplore Sandra Aguilar auprès de l'Agence France Presse. Sa famille possédait une centaine de têtes de bétail. Aujourd'hui, la moitié seulement est encore en vie grâce à un filet d'eau fourni par un voisin qui a encore quelques réserves.


UN CHIEN ERRANT, AFFAMÉ, SUR UNE TERRE 
ARIDE DE LA RÉGION DE PETORCA. 
PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP
«La situation est compliquée», reconnaît aussi Javier Maldonado, gouverneur de la province de Chacabuco, où plusieurs communes agricoles sont frappées de plein fouet par la sécheresse. «Nous devons être réaliste, le changement climatique est là pour durer», prévient-il. «Sortir et voir les animaux morts, étendus au sol, c'est triste», confie Erick Hurtado, 23 ans, agriculteur à Petorca, dans la région de Valparaiso, qui a perdu la moitié de ses 60 têtes de bétail.

De multiples pénuries d'eau


AU CHILI, LES ANIMAUX SONT LES PREMIÈRES
VICTIMES DE LA SÉCHERESSE.
PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP
Devant sa maison de la localité de Ligua, près de Valparaiso, Dominga Mondaca, 73 ans, montre à l'AFP les rigoles qui alimentaient jusqu'il y a peu ses plantations de fraises et d'agrumes. «Cela fait plusieurs années que nous n'avions qu'un peu d'eau, mais cette fois, il n'a pas plu», raconte la septuagénaire. Elle n'élève plus de poulets pour garder le peu d'eau qu'elle reçoit pour sa propre consommation et pour le nettoyage. Selon le ministère de l'Agriculture, 37.000 agriculteurs familiaux sont en difficulté dans le centre du pays.


D'après le site chilien The Clinic, 72% de la superficie totale du pays souffre de la sécheresse, ainsi que 38% de la population, soit six millions de personnes.

Moins de neige

CERTAINS AGRICULTEURS S'APPROVISIONNENT
 GRÂCE À L'EAU AMENÉE PAR DES CAMIONS-CITERNES.
PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP
Dans le centre du Chili, il a également moins neigé. En moyenne, les scientifiques prévoient une diminution d'entre 5 et 10% des chutes de neige tous les dix ans dans la quasi-totalité de la Cordillères des Andes, un des principaux réservoirs d'eau du pays.


DANS LA RÉGION DE SANTIAGO, IL NEIGE 
SI PEU QUE LES PISTES DE SKI ONT DÛ FERMER. 
PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP
«La zone centrale du Chili est très dépendante des fontes estivales, de la neige comme des glaciers. Ce qui signifie que si la couverture de neige se réduit, il y a également une réduction de la disponibilité en ressources hydriques», dit à l'AFP Raul Cordero, spécialiste du changement climatique à l'Université de Santiago.


Dans cette région, les faibles chutes de neige ont obligé les principales stations de ski à utiliser de la neige artificielle bien plus tôt et davantage que les années précédentes.


DES CANONS À NEIGE SONT UTILISÉS DANS
LES ANDES, À 30 KILOMÈTRES DE SANTIAGO.
PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP
«Le Chili a vécu comme s'il était un pays doté d'eau en abondance, mais probablement, le changement climatique et le réchauffement mondial ont changé cette situation pour toujours», a déclaré récemment le président chilien, Sebastian Piñera. Pour rappel, le Chili accueillera en décembre la COP25, dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.

mardi 1 octobre 2019

LE CHILI AUTORISE UNE CHASSE AU TRÉSOR SUR L’ÎLE ROBINSON CRUSOÉ, UNE ZONE PROTÉGÉE


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LE CHASSEUR DE TRÉSOR BERNARD KEISER
PHOTO AFP
Le chasseur de trésor Bernard Keiser vient de recevoir l’autorisation des autorités chiliennes de forer le sol de l’île Robinson Crusoé. Si la perspective de trouver un trésor de pirates du XVIIIe s’avère excitante, il faut tout de même savoir que l’île fait partie d’une zone protégée, notamment reconnue par l’UNESCO.

L’île Robinson Crusoé

Le roman Robinson Crusoé (1719) de Daniel Defoe est inspiré d’une histoire vraie. En 1705, le marin écossais Alexander Selkirk a été abandonné sur une île déserte par la corvette britannique des Cinq Ports effectuant un tour du monde. Ce dernier a été finalement découvert par une expédition après quatre ans et douze jours sans la moindre compagnie humaine.

L’île où le marin a été abandonné ne se situe pas dans les Caraïbes, mais plutôt dans l’océan Pacifique. En effet, celle-ci se situe à 667 km au large de la ville de Valparaiso (Chili) dans l’archipel Juan Fernández. Plus précisément, les coordonnées de l’île Robinson Crusoé (ou Más a Tierra) sont 33° 37’S et 78° 50’O.

Selon un article du quotidien argentin La Nacion publié le 24 septembre 2019, le Chili a livré une autorisation spéciale à un certain Bernard Keiser. Cet historien chasseur de trésor néerlandais épluche depuis plus de vingt ans les archives de l’île Robinson Crusoé. Son objectif ? Retrouver un trésor ayant appartenu à des pirates en 1714 censé contenir plusieurs tonnes d’or et de bijoux.

Une zone protégée


L’autorisation accordée par la Corporation nationale forestière implique de creuser le sol au moyen d’un engin de forage. Or, l’autorisation porte sur un terrain de 400 mètres carrés. Il faut savoir que jusqu’à aujourd’hui, Bernard Keiser restait dans la légalité à condition d’utiliser seulement la force humaine dans le cadre de ses recherches. Logiquement, la décision des autorités chiliennes ne plait pas à tout le monde, car la zone est un Parc national depuis 1935. Cette dernière est également  reconnue comme Réserve mondiale de biosphère par l’UNESCO depuis 1977.

Le Conseil chilien des parcs nationaux est quant à lui monté au créneau en rappelant que cette autorisation était contraire à la loi. Dans ce type de zones protégées, il est totalement interdit de déplacer ou d’extraire des couches du sol. Cela concerne aussi la tourbe, l’humus, le sable, le gravier et les autres roches. Il semble donc que les autorités soient passées outre les restrictions concernant cette île.

AU CHILI, LES DÉRIVES DES « MARCHÉS DE L’EAU »

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AU CHILI, L’EXPLOITATION DU MINERAI, COMME DANS CETTE
MINE  DE SAN JAVIER À COPIAPO, DANS LE NORD DU PAYS,
EST L’ACTIVITÉ LA PLUS CAPTATRICE D’EAU.
PHOTO ARIEL MARINKOVIC / AFP
Comme dans beaucoup d’autres pays, l’eau au Chili est un bien public. Mais à l’instar de l’Australie ou de certains États américains, sa gestion est remise entre les mains des propriétaires de « droits d’eau », et les autorités publiques limitent leur ingérence au strict minimum.
Le cadre légal et institutionnel y demeure régulé par le Code de l’eau de 1981, une des réformes néolibérales mises en place par le régime militaire du Général Pinochet – au pouvoir entre 1973 et 1990. Cette législation répond aux principes du marché libre, où le rôle de l’État est réduit au minimum. L’action des pouvoirs publics – au travers de la Direction générale des eaux (DGA) – se borne ainsi à octroyer les « droits d’c » : ces derniers sont toujours associés à un volume d’eau pompée maximum par an (m3/an) et à un débit maximum instantané (l/s ou m3/s). Une fois acquis, ils peuvent être vendus, cédés, sans en informer la DGA. Cette dernière évalue également le niveau des ressources et peut décider de fermer, de façon temporaire ou permanente, des bassins versants et aquifères surexploités.


Les « droits d’eau » sont gérés telle une propriété immobilière, et protégés par la Constitution : acquis à perpétuité par les acheteurs, ils sont transmissibles et libres d’utilisation. Car le Code de l’eau ne définit aucun usage prioritaire dans l’attribution : boire ou se laver n’est pas prioritaire sur une activité économique génératrice de revenus, car le marché, et non l’État, est censé réguler l’allocation efficace – économiquement – de l’eau.

Une approche dont certains auteurs vantent en effet le succès économique : les droits d’eau confèrent une sécurité juridique qui a encouragé les investissements privés. D’un point de vue social et environnemental, pourtant, il apparaît inéquitable.


Un système inéquitable et inefficace


Les droits d’eau sont octroyés à qui en fait la demande, personne physique ou morale. Premier arrivé, premier servi, ce qui favorise les grosses entreprises qui ont les moyens de monter le dossier de demande.

À l’inverse, les petits usagers sont souvent exclus de cet accès. Parfois, c’est qu’ils n’en ont tout simplement pas fait la demande : c’est le cas des populations indigènes. Pour eux, cette ressource est ancestralement associée à la terre, tandis que la législation chilienne en sépare la propriété de celle de l’eau. La démarche administrative est en outre compliquée et coûteuse. Il est aussi fréquent que les petits usagers vendent leurs droits d’eau aux grosses compagnies, en particulier dans les bassins versants et aquifères fermés à de nouveaux droits d’eau – sous déclaration de restriction.

Lorsqu'un aquifère est sous déclaration de restriction, les usagers doivent en théorie former un comité de gestion de l’aquifère. Mais le conseil d’administration du comité étant formé au prorata des droits d’eaux, ceux qui en possèdent le plus détiennent davantage de voix. Dans le cas de la Pampa del Tamarugal, au nord du pays, les agriculteurs ont ainsi été exclus du conseil d’administration dominé par la grande compagnie minière et la compagnie d’eau potable.


Des ressources en eau mal évaluées


Le système apparaît donc particulièrement préjudiciable pour la population, en particulier dans les zones arides du nord du Chili où l’extraction minière consomme une importante quantité d’eau dans certains bassins.

Son fonctionnement repose sur la connaissance et l’évaluation de la variabilité des ressources en eau, qui sont estimées par la DGA via un réseau hydrométrique et piézométrique – ensemble de stations qui mesurent en continu différentes variables telles que la précipitation, le débit des cours d’eau ou le niveau des nappes d’eau souterraine. Or ce réseau présente de grandes déficiences, tant au niveau de la couverture géographique – il ne tient pas compte de toutes les réserves d’eau – que de la représentativité et de la qualité des données.


CAPTURE D'ÉCRAN
Pourtant, les études financées par la DGA pour estimer la disponibilité de la ressource sont toutes réalisées sur la base de ces données et tirent parfois des conclusions contradictoires. Lorsque c'est le cas, les acteurs utilisent l’étude qui leur convient le plus. Y compris l’État, qui n’hésite pas à apporter son soutien aux projets d’exploitation minière à grande échelle… sous couvert de stimuler la croissance économique.

En outre, l’attribution des droits d’eau en unité de débit (volume par unité de temps), la méconnaissance des transactions entre propriétaires de droits d’eau, et la faible capacité de contrôle des extractions ne permettent pas de connaître la véritable demande en eau, ni l’usage réel qui en est fait.


Le cas de la Pampa del Tamarugal


Le Code de l’eau met à disposition de la DGA quelques outils de « gestion » de crise, en particulier la déclaration de pénurie (pour les eaux superficielles) ou de restriction-interdiction (dans le cas des eaux souterraines) qui correspondent à un arrêt, définitif ou temporaire, de l’octroi de nouveaux droits d’eau. Mais les évaluations étant critiquables, ces décisions sont souvent fondées sur des informations erronées.

Dans l’extrême nord du Chili, l’étude du cas de la Pampa del Tamarugal a montré que la restriction de l’aquifère, déclarée en 2009, était injustifiée. Les travaux récents révèlent en effet une baisse du niveau de l’eau souterraine non généralisée et très modérée par rapport à l’épaisseur aquifère.

Les calculs présentés par la DGA pour justifier la déclaration de restriction comportent par ailleurs de nombreux biais : entre autres, l’absence de prise en compte de la recharge dans l’estimation de la disponibilité, des erreurs et incertitudes sur les termes du bilan des eaux souterraines, en particulier les extractions. La prise de décision s’est donc faite sur la base de données très incertaines.


Conflits et marché des droits d’eau


Par conséquent, le nombre de conflits sur l’eau n’a cessé d’augmenter ces dernières années. L’octroi de droits à qui en fait la demande sans une connaissance précise des ressources en eau a conduit à la surexploitation de certains aquifères, ainsi qu'à la déclaration de restriction dans plus d’une centaine d'entre eux.

Ceux-ci sont concentrés dans le nord aride et semi-aride du Chili. L’activité minière (cuivre dans la Cordillère des Andes, nitrate et lithium dans le désert d’Atacama), très demandeuse en eau pour transformer le minerai, exerce une pression permanente sur les propriétaires de droits, particulièrement les agriculteurs.


Conversation France

@FR_Conversation
Comment faire face à la surexploitation des eaux souterraines ? http://bit.ly/2G6CzCa 


CAPTURE D'ÉCRAN
Un marché se crée alors autour de ces titres, qui se vendent à un coût exorbitant – un litre par seconde coûte entre 80 et 100 000 dollars américains. Dans le cas de la vallée de La Ligua, de Copiapo et de la Pampa del Tamarugal, des calculs très contestables ont été utilisés pour justifier la déclaration d’une restriction de l’aquifère au bénéfice de gros acteurs économiques, qui s’en servent pour éliminer leurs concurrents.

Bien que les estimations officielles du débit disponible aient démontré qu’aucun nouveau droit supplémentaire ne pouvait être émis, elles n’ont pas remis en cause les droits existants et ont permis de valider de nouvelles demandes.

La nécessité d’un processus participatif


CAPTURE D'ÉCRAN
L’analyse des actions mises en œuvres par les différents acteurs (mines, compagnie d’approvisionnement en eau potable, agriculteurs, peuples autochtones) a mis en lumière que chacun poursuivait une stratégie propre, notamment en utilisant la problématique de la gestion de l’eau et de l’information disponible (ou non) à ses propres fins.

La génération d’information scientifique a posteriori n’a cependant pas pu rompre ce statu quo. Par conséquent, de nombreux petits usagers demeurent exclus de l’accès à l’eau et de sa gestion.

La mise en place d’un processus participatif de gestion de l’aquifère – aujourd’hui demandée par les agriculteurs et peuples autochtones – sur la base d’information scientifique validée, permettrait d’aborder la question de la quantité d’eau à extraire de l’aquifère.


De cette façon, il serait possible de définir un volume d’extraction « souhaitable », en fonction de différents scénarios de développement. Pour atteindre cet objectif, il sera nécessaire de rétablir la confiance entre l’État et les grandes entreprises d’une part, ainsi qu’entre l’État et les peuples autochtones d’autre part, mais également de procéder à un changement de la législation chilienne.