samedi 3 octobre 2009

Forage géothermique arrêté au nord après craintes environnementales

Prospections géothermiques à "El Tatio" nord du Chili. Photo TATIO ORG

La mesure a été décidée après l'émergence inexpliquée, il y a deux semaines, d'une colonne permanente de vapeur de plus de 60 mètres de haut, pendant les travaux d'exploration réalisés par l'entreprise Geometrica del Norte, détenue majoritairement par le groupe d'énergie italien Enel.

Le groupe avait entamé ses forages en profondeur en juillet 2008, dans un secteur de ravin, afin d'évaluer le potentiel géothermique de la zone, à 4 km environ du champ de geysers du volcan El Tatio à 4000 m d'altitude, qui attirent chaque année plus de 100.000 touristes.

La Commission régionale de l'Environnement (Corema) a été saisie par des élus locaux, notamment de la région d'Antofagasta (1.200 km au nord de Santiago), dénonçant les dégâts collatéraux des forages, avec le bruit et les vibrations, sur la faune locale, notamment les vigognes, un type de lama.

L'entreprise foreuse s'est défendue en assurant avoir pris toutes les précautions environnementales requises.

Mais la Corema, en prononçant la "paralysie indéfinie" des forages, a enjoint l'entreprise de tout mettre en oeuvre pour contrôler et atténuer le phénomène créé, et lui a donné un délai de deux semaines pour présenter des arguments qui pourraient justifier une reprise du programme.

L'ÉTAT DE SANTÉ DE MERCEDES SOSA S'EST AGGRAVÉ

 

"L'état de Mme (Sosa) s'est aggravé, c'est la conséquence d'une plus grande dégradation de ses fonctions organiques. Le pronostic est toujours réservé et elle se trouve en coma pharmaceutique", dit le rapport de la clinique de La Trinidad, où est entrée la chanteuse il y a 11 jours.

Victor Heredia, l'un des amis de la chanteuse, a rappelé qu'elle avait vécu des "situations très compliquées dans sa vie, comme les exils, les retours, les angoisses".

Militante communiste, elle s'était exilée en Europe sous la dictature militaire en Argentine (1976-1983).

La chanteuse avait été hospitalisée en mars souffrant d'une pneumonie et de déshydratation.

Ses problèmes de santé l'avaient empêché de participer au lancement d'un double album intitulé "Cantora" ("Chanteuse"), composé de nombreux duos avec des vedettes de la musique espagnole et latino-américaine (Joan Manuel Serrat, Luis Alberto Spinetta, Caetano Veloso, Shakira).

Surnommée "La Negra", la chanteuse est devenue au fil de 40 ans de carrière et de 40 albums une figure de la chanson populaire en Argentine et en Amérique latine.

mardi 29 septembre 2009

Pose de la première antenne pour ALMA

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Dépose de l'antenne submillimétrique sur son socle, sur le site d'ALMA, dans le désert de l'Atacama au Chili Photo (ESO)

A 5.000 mètres d’altitude, sur un plateau très venté où l’oxygène se fait rare, la première des 66 antennes prévues de l’observatoire ALMA (Atacama Large Millimeter-submillimeter Array) a été installée dans les Andes chiliennes. Un transporteur spécial construit en Allemagne a porté l’antenne de 100 tonnes depuis la base des opérations à 3.000 mètres d’altitude jusqu’au plateau de Chajnantor, 2.000 mètres plus haut, rapporte l’Observatoire Européen Austral (ESO), le partenaire européen du projet.

ALMA est un projet international, un projet astronomique dans tous les sens du terme, puisqu’il vise à construire un réseau de 66 antennes de 12 et 7 mètres de diamètre qui observeront l’univers dans des longueurs d’ondes millimétriques et submillimétriques. Situées au-delà de l’infrarouge, ces longueurs d’ondes permettent d’étudier le rayonnement émis par un univers froid -nuages moléculaires dans l’univers proche ou toutes premières galaxies dans l’univers très lointain.

Les premières observations devraient commencer courant 2011 après un premier réseau réduit de trois antennes raccordées.

A 5.000 mètres d’altitude, les antennes vont subir des vents violents et des écarts de températures (de +20°C à -20°C). Malgré tout ces objets high tech doivent conserver un degré extrême de précision. Leurs surfaces réfléchissantes ont une précision inférieure à 25 micromètres, précise l’ESO, soit plus fine qu’un cheveu humain.

La première de ces antennes submillimétriques a été livrée par le Japon. Le transporteur (photo ci-contre), roulant à petite vitesse, a mis sept heures pour parcourir les 28 kilomètres qui séparent la base du plateau de Chajnantor. Une fois là-haut, l’antenne a été déposée sur un socle de béton à quelques millimètres près.

Les conditions de travail sont très dures à cette altitude. L’air contient moitié moins d’oxygène qu’au niveau de la mer et personne ne monte sur le site sans être préalablement soumis à un examen médical (lire ALMA, le chantier de tous les records). Il est d’ailleurs prévu qu’il ne sera pas possible aux techniciens de travailler plus d 6 heures d’affilée sur le site d’ALMA. Le reste des équipes se trouve au camp de base à 3.000 mètres.

dimanche 27 septembre 2009

La Ciudad de los Fotografos

Photos Alvaro Hoppe, Ana González, Claudio Pérez, Helen Hughes, Ines Pulido, Jorge Ianiszewski , José Duran , Kena Lorenzini , Luís Navarro , Percy Lam

Pour eux, photographier était une pratique de la liberté, un moyen de pouvoir continuer à vivre. Leurs clichés servant de preuves aux témoignages des victimes de la dictature.

Elles ont été fondamentales pour permettre l'ouverture des procès en justice. Certains de ces photographes ont été brutalement réprimés, d'autres assassinés... mais la plupart ont survécu.

Sept pays sud-américains signent l'acte de naissance de la Banque du Sud

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Deuxième sommet Amérique du Sud-Afrique (ASA) à Porlamar, l'île de Margarita, Venezuela.
Photo José Manuel de la Maza

Les présidents de ces sept pays --Venezuela, du Brésil, Bolivie, Equateur, Argentine, Uruguay et Paraguay-- ont paraphé le document au soir de la première journée du deuxième sommet Amérique du Sud-Afrique (ASA), qui s'achève dimanche à Porlamar, principale ville de l'île de Margarita (nord-est du Venezuela).
Selon le président vénézuélien Hugo Chavez, le capital total de l'établissement sera de 20 milliards de dollars (14 milliards d'euros).
Les grands pays --Argentine, Brésil, Venezuela-- contribueront davantage que les quatre plus petits.
Le siège de la banque se trouvera à Caracas, mais elle aura aussi deux succursales à Buenos Aires et en Bolivie, a précisé la présidente argentine Cristina Kirchner.
Aucune date n'a en revanche été donnée pour sa mise en route.
"Je crois que c'est très important. Mieux vaut tard que jamais. En fait, cela n'a pas été si long que ça pour un organisme de ce type", s'est-elle félicitée.
Le 9 décembre 2007, les sept pays concernés avaient annoncé le lancement de ce projet présenté comme une riposte latino-américaine au Fonds monétaire international (FMI).
Cette banque destinée à financer des projets de développement dans la région devait voir le jour en 2008, mais la signature de l'acte de création officielle par les présidents a été sans cesse repoussée en raison de désaccords persistants sur certains détails du document.
La présidente du Chili, Michelle Bachelet, a assisté comme observateur à la signature. Elle a affirmé que son pays pourrait "bientôt" rejoindre le projet.
En 2007, les précurseurs avaient déclaré espérer obtenir à terme l'adhésion des cinq autres pays de la région: Chili, Pérou, Colombie, Surinam et Guyana.
M. Chavez a profité du sommet ASA pour proposer à ses homologues africains de créer un établissement financier birégional.
"A l'avenir, nous allons créer une structure de financement (rassemblant la Banque du Sud et une banque similaire africaine): la banque Sud-Sud ou la banque de l'ASA. J'ai déjà le nom: la +Bancasa+", a détaillé le dirigeant socialiste.

L’AMÉRICAIN QUI ACHÈTE LA PATAGONIE, AU NOM DE L’ÉCOLOGIE

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Véritable philanthrope, il veut faire de ces 300.000 hectares de forêts et montagnes, un réservoir de vie pour la faune et la flore. Plus de 70 espèces d’oiseaux, de mammifères disparus ailleurs, ont été répertoriés, comme par exemple le pudus, le plus petit cerf du monde qui mesure 40 centimètres de haut. Ce parc n’est qu’une part de son engagement dans la bataille écologique menée avec d’autres militants dans le monde : Douglas Tompkins est devenu un allié des organisations de défense de la nature.

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Mais au Chili, cette «philanthropie écologique» fait polémique : même s’il a promis de céder ses réserves naturelles au gouvernement, une fois qu’elles seront viables, ses opposants l’accusent d’avoir profité des faiblesses du pays pour s’en approprier les richesses. Ils lui reprochent d’empêcher le développement industriel de leur pays. Reste à attendre de voir ce que donnera ce parc protégé puisque les effets ne seront visibles qu’à long terme.

vendredi 25 septembre 2009

Dans la jungle de Calais avec les migrants expulsés par la police

Nous étions témoins depuis des mois de l'arbitraire policier à Calais, de l'usage systématique de l'intimidation, du gaz et des matraques. Nous avons constaté l'absurdité du système Dublin II qui balance les migrants d'un pays à l'autre comme des balles de ping-pong parce qu'aucun d'entre ces pays n'est en mesure d'assumer leurs demandes d'asile.

Nous avons noté à quel point le danger incarné par les passeurs n'est qu'un épouvantail agité pour légitimer la répression à l'égard des migrants. Nous avons surtout vu combien ces migrants nous ressemblent et ne cherchent qu'à se construire, n'importe où, un avenir décent et paisible, combien les clichés véhiculés contre eux tombent comme des feuilles à leur contact, lorsqu'on prend la peine de leur serrer la main, d'échanger avec eux un thé et de comprendre les causes et les conditions terribles de leur exil. Lorsque nous avons appris la décision du gouvernement de fermer la jungle de Sangatte (Eric besson, le 16 septembre 2009), nous étions donc légitimement en colère.

Nous étions une petite dizaine à partir à trois heures pour tenter l'impossible, à savoir protéger les migrants de la violence attendue des policiers. Nous avons constaté à notre arrivée que plus de 150 migrants étaient rassemblés autour de feux de camps, avec des banderoles en anglais et en pachto, exprimant leur envie de rester et d'être respectés, soutenus par de nombreux militants, dans une atmosphère pesante, dans l'attente de la destruction.

Panique et encerclement

A 7h30, nous avons vu les premiers fourgons arriver puis les policiers prendre position autour de la jungle pour bloquer tous les accès, au point que de nombreux Calaisiens ne pouvaient plus circuler à proximité de la zone des Dunes. Lorsque les policiers ont commencé à investir les lieux, une véritable panique s'est emparée des migrants. Après que certains ont essayé de fuir, la plupart s'est alors rassemblée. Notre premier réflexe, avec les autres militants présents, a été d'encercler les migrants avec des cordes et des banderoles afin de les protéger, ce qui n'était que symbolique face à l'horrible et implacable détermination de l'Etat.

Nous avons tous des souvenirs en commun avec ces migrants, nous avions à ce moment à l'esprit les moments passés avec eux. Nous avions dans notre dos des gosses de quinze ou seize ans accrochés à nous, effrayés et en larmes, pendant que les policiers essayaient de nous désolidariser. Après qu'ils ont arraché notre corde, nous avons formé une chaine humaine que les policiers ont rompu en nous tirant par les bras, les épaules, la tête, tout ce qu'ils pouvaient attraper.

Face à la violence toujours plus appuyée des policiers, la détresse des migrants allait crescendo et nous ressentions face à ça un sentiment de haine et de rage nous faisant oublier toute crainte des risques physiques ou juridiques, ce qui nous a permis à peu de tenir tête durant près de vingt-cinq minutes face à la répression, ceux de nous qui étaient dégagés revenant pour continuer de résister.
C'est l'Europe qui les insulte

Les policiers arrachaient les migrants au groupe, trainant certains d'entre eux sur le sol, qui nous regardaient implorant et apeurés. Ces regards étaient insoutenables pour nous qui auparavant y avions vu l'espoir, lorsque ces mêmes garçons nous racontaient leurs rêves et ambitions pour l'avenir. Dans cette rafle, les migrants ont été considérés et traités comme du gibier, déshumanisés et humiliés pour longtemps. Eux aussi ne risquent pas d'oublier ce qu'on leur a infligé ce matin. C'est l'Europe qui les a insultés dans leur dignité.

Tandis que la population du quartier se réjouit du « succès » de l'opération, nous déplorons que migrants et militants aient été l'objet d'un spectacle organisé pour les médias et l'opinion, dans le but de mettre en scène une mascarade politique visant à faire croire à une résolution du problème, alors qu'il ne s'agit que d'une triste opération de communication du gouvernement et de l'Union européenne.

Les journalistes ont été expulsés avec la même violence et une caméra a été détruite lorsque les policiers ont commencé à perdre patience face à l'opposition soutenue des migrants et militants. Les migrants essayaient eux aussi de résister, mais étaient davantage la cible des policiers lorsqu'ils tentaient de maintenir les lignes avec nous.

Nous posons la question : qu'est-ce que les autorités ont à craindre de la présence des journalistes ? Pourquoi les ont-ils éloignés ? Nous soupçonnons l'Etat de chercher à cacher au public sa façon d'agir et ses méthodes pour « résoudre » la question des migrants.

Nous tenons à dire que nous n'oublierons pas certaines images de violences et de détresse, qui renforcent notre détermination et notre mépris pour ce système qui génère chaque jour plus d'injustice. Ce que nous ressentons désormais, c'est l'étendue de notre impuissance et un dégoût prononcé pour les politiques actuelles.

Il est plus que temps de poser autrement la question des frontières, afin que chacun comprenne que la fermeture n'est ni une solution, ni un moyen démocratique de résoudre la catastrophe économique que nous vivons tous à cause du capitalisme. La crise n'est pas le fait des étrangers, légaux ou non, elle est partie intégrante d'un système qui se sert du chômage et des licenciements comme d'une variable d'ajustement pour une machine bancale.

Nous nous battons quotidiennement contre les politiques d'immigration actuelles, car elles ne sont que l'expression d'un individualisme insupportable et malheureusement ordinaire qui tend à faire de l'étranger un intrus responsable de tous les maux de capitalisme. La stigmatisation d'une population, si elle est suivie de mesures législatives et policières à son encontre (prise d'empreintes, fichage systématique, contrôle au faciès, dénis de droits élémentaires, mise en place de polices spécifiques, arrestations groupées et rafles…) ne peut aboutir qu'à la barbarie.

Ce qu'il s'est passé à Calais ce matin n'est pas une conséquence, mais un précédent. L'Europe n'en est ni à son premier ni à son dernier coup-bas…