mercredi 20 octobre 2010

Chili. Des cadeaux pour les 33 hommes sauvés de la mine

Celui-ci avait déjà remis à chaque famille un chèque de 5 millions de pesos (7 600 €). Il a réuni mardi soir les mineurs dans la station balnéaire de Caldera, au Chili, pour un dîner. Quelque 300 personnes, en comptant les mineurs et leurs proches, ont assisté au repas, au cours duquel M. Farkas a annoncé offrir une moto à chaque mineur, et une maison à deux d’entre eux. Enfin, le mécène a invité chaque mineur et leur compagne à passer un week-end dans un bungalow sur la côte chilienne, champagne à la clef.

Un mineur chilien remercie David Villa pour son soutien

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Le joueur de football David Villa est très sollicité par ses innombrables fans et admiratrices, ici à Valencia, Espagne le 3 November 2008. Photo Graham Fellows chez Flickr
«Je voudrais remercier Barcelone et Villa pour leur soutien. Villa était en contact permanent avec ma fille», a ajouté Lobos qui avait joué pour plusieurs clubs chiliens entre 1982 et 1995. Il faisait aussi partie de l'équipe du Chili qualifiée pour les jeux Olympiques de Los Angeles en 1984.
Lobos, 53 ans, et 32 de ses condisciples ont été remontés à la surface sains et saufs mercredi après avoir passé plus de neuf semaines à 700 m sous terre.
Villa, originaire d'une région de mineurs en Espagne, s'est dit «heureux» jeudi du sauvetage des 33 mineurs chiliens. «Je l'ai vécu dans l'incertitude. Le dispositif de sauvetage avait l'air parfait, mais il peut toujours y avoir des complications», a ajouté David Villa dont le père et le grand-père étaient des mineurs.

mardi 19 octobre 2010

Visite du Président Sebastián Piñera (19 au 21 octobre 2010)

Sebastián Piñera est reçu demain par le président du Sénat. Le président de la République le recevra pour un déjeuner de travail mercredi 20 octobre. Le président du Chili s’entretiendra également avec le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale, avant des échanges avec la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
Le chef de l’État chilien visitera l’École polytechnique, où lui sera présenté le plateau de Saclay, rencontrera les chefs d’entreprises français au Medef international, et donnera une conférence à l’Institut d’études politiques de Paris. Il se rendra également à l’Unesco et à l’OCDE.
Une amitié de longue date lie la France au Chili, qui a trouvé une nouvelle illustration dans les marques de solidarité et l’aide immédiatement apportée par la France à la suite du terrible séisme qui a touché le Chili le 27 février 2010. La France et le Chili partagent les mêmes valeurs et de fortes convergences sur la scène internationale : défense des droits de l’Homme, promotion du droit international et des instances multilatérales, lutte contre le changement climatique et défense de la biodiversité et combat contre la pauvreté et les inégalités.
La France souhaite intensifier ses échanges économiques avec le Chili, qui a fait son entrée en janvier 2010 à l’OCDE. Nous souhaitons également consolider l’excellent partenariat scientifique et la coopération en matière d’enseignement supérieur qui nous lient au Chili.
Le déplacement du président chilien intervient quelques jours après le remarquable sauvetage des 33 mineurs de la mine de San José à Copiapo dont la France s’était réjouie.

lundi 18 octobre 2010

Chili : une capsule pour le secours aux mineurs sera exposée à l'Expo universelle de Shanghai

La Capsule Fenix I sera envoyée en Chine et Fenix II, qui a été utilisée pour sauver les mineurs, sera placée sur la place Ciudadania de Santiago, capitale du Chili, alors que Fenix III sera exposée à Copiapo, une ville dans le nord du Chili, où se situe la mine de San José, a indiqué Rodrigo Hinzpeter à une télévision locale.
Les trois capsules, construites par la marine chilienne, ont été fabriquées pour hisser les mineurs à travers un tunnel de 67 cm de diamètre.
Les 33 mineurs ont été pris au piège à près de 700 mètres sous terre depuis le 5 août quand la mine de San José s'est effondré. Ils ont été tous sauvés avec succès le 11 octobre après 69 jours d'épreuve.

samedi 16 octobre 2010

Chili : un chef-d'oeuvre de relations publiques

Une sensibilité nouvelle
Lyrique, jouant d'une sensibilité ouvriériste qu'on ne lui connaissait pas, ce président de droite, élu de justesse début 2010, a dénoncé les conditions de travail des mineurs, vitupéré les compagnies minières, et affirmé que le Chili ne sera plus jamais le même pays, après cette odyssée des 33 mineurs « qui nous ont servi une leçon de vie »...
La gestion des attentes du public a été magistrale. On a commencé par dire que ça pourrait prendre jusqu'à trois ou quatre mois pour les délivrer – peut-être jusqu'à Noël! – de façon à faire baisser l'impatience et les attentes. Or, entre le moment où on apprend que les mineurs ont survécu à l'effondrement de leur mine – le 22 août – et leur spectaculaire libération, il s'est écoulé sept semaines.
Tout au long de ces semaines, Piñera ne ménage pas ses efforts. Il mobilise un état-major de crise. Multiplie les déclarations encourageantes... mais sans jamais promettre la lune, ni le succès assuré à 100 %. Dès le lendemain de l'éboulement, le 6 août, il dit : « Mon gouvernement fera tout ce qui est humainement possible » pour les ramener à la surface. Et lorsqu'on a qu'on a le premier signe de vie des mineurs, c'est lui qui, devant les caméras, brandit le message manuscrit remonté par une sonde jusqu'à la surface.
Et puis dans les jours qui suivent, lui, l'homme de droite, le milliardaire capitaliste élu par 51 % des voix – la moitié bourgeoise et conservatrice du pays – il approuve le renvoi des responsables de la mine, condamne les employeurs négligents, dit qu'il instaurera et fera appliquer des réglementations plus strictes. Il bloque une subvention de 10 millions de dollars pour la compagnie propriétaire de la mine.
Il fait pression en faveur d'un sauvetage plus rapide – mais toujours discrètement, sans le dire trop fort. Il recherche l'aide de l'étranger – la NASA est allée prodiguer ses conseils, le Canada a fourni une aide logistique – sans pour autant perdre le crédit de toute l'opération.
Un pays plus uni
Une crise admirablement jouée... qui lui permet aujourd'hui d'affirmer que le Chili en sort plus uni que jamais. Ce qui est sans doute vrai.
Tout ce drame, avec sa conclusion bouleversante, a été vécu à l'unisson par tous les Chiliens. Dans un pays qui, depuis longtemps, est politiquement coupé en deux. Un pays où, jusqu'à récemment, une moitié de la population détestait la mémoire d'Augusto Pinochet, le dictateur, mais où l'autre moitié la chérissait... et ne voulait rien savoir de Salvador Allende, le grand symbole de la gauche, évincé violemment par Pinochet en 1973.
Issu, de par sa famille, des réseaux pinochétistes proches de l'ancien dictateur, Piñera a mis à profit cette crise pour tenir un discours social qu'on avait rarement entendu à droite. Pour marquer des points sur le plan politique, bien entendu. Mais aussi, on peut le dire, pour unifier vraiment le pays, et tirer d'un tel drame un bénéfice pour la nation. Pour que la gauche et la droite, au Chili, ne soient plus des ennemis, mais plutôt des adversaires, voire des partenaires.
Malgré une économie à deux vitesses que nous a dramatiquement rappelée ce drame des mineurs de l'Atacama, le Chili de Sebastian Piñera a voulu nous montrer qu'il appartient désormais au premier monde. Avec cette opération menée de main de maître, techniquement et politiquement, il suscite aujourd'hui l'admiration dans le monde entier.
Le mot de la fin au cinéaste américain Michael Moore, ébahi par ce qu'il a vu : « La prochaine fois que nous aurons un problème d'écoulement dans le Golfe du Mexique..., on appellera au Chili! »

mercredi 13 octobre 2010

Au Chili, "c'est un rêve qui devient réalité"

C'est la fin du calvaire pour les trente-trois mineurs chiliens et leurs familles. Vers 23 h 15 mardi soir (4 h 15 à Paris), la nacelle métallique "Phoenix 2" est descendue dans le puits de plus de 600 mètres de long, avec à son bord un secouriste. L'opération "San Lorenzo" – le saint patron des mineurs – est lancée.
A MINUIT DIX, PREMIERS CRIS DE JOIE
Lilian Gómez affirme que son époux, Mario, est sans aucun doute "serein", comme à son habitude. Wilson Avalos, oncle de Florencio et Renan Avalos, veut en finir avec "cette angoisse de ne pas pouvoir lever un petit doigt pour faire sortir notre famille, les trente-trois". Maria Silva, la maman des deux frères prisonniers, supporte nerveusement l'attente : "Je suis heureuse de revenir à la vie, mais très anxieuse, un peu à fleur de peau…"
Partout, les caméras internationales s'amassent autour des quelques familles qui ne sont pas allées s'abriter dans la grande tente réservée. A minuit dix, un cri de joie soulève l'assistance : les écrans géants montrent Florencio Avalos, 31 ans, premier mineur à poser les pieds à la surface, embrassant sa femme et ses deux enfants, qui l'attendaient dans une zone réservée en compagnie du président chilien Piñera et des chefs des opérations de secours. Dans la nuit glaciale du désert d'Atacama, des ballons aux couleurs du drapeau chilien s'envolent, les klaxons s'affolent et les bouteilles de champagne sont ouvertes.
"TOUT EST ALLÉ TRÈS VITE"
Une vague de "Chi-Chi-Chi-Le-Le-Le, los mineros de Chile" traverse la foule. "Le sauvetage a commencé plus tard que prévu, mais une fois le processus mis en route, tout est allé très vite ! C'est un événement incroyable, mais maintenant on va attendre la fin et soutenir les autres", confie l'oncle Alberto, grand gaillard aux yeux humides.
Pendant que le président Piñera prononce un discours sur l'exemplarité des trente-trois mineurs, retransmis sur les écrans géants du Camp Espoir, la nacelle grillagée, peinte en bleu et rouge – les couleurs du Chili – redescend dans les entrailles de la mine. Mario Sepulveda, animateur du groupe des trente-trois, sera le deuxième à sortir. Son frère explique : "Nous sommes très émus, mais nous attendons que les trente-trois soient sortis pour vraiment être sereins."
Les mineurs ont été divisés en trois groupes déterminant l'ordre de sortie, "les plus habiles", prêts à tester la capsule et à s'adapter en cas de problème, puis "les plus faibles", âgés ou malades, et enfin "les plus forts".
Les télévisions chiliennes retransmettent ensuite la sortie en fanfare du "clown" Mario, criant déjà et embrassant toute l'équipe de sauvetage. Vers 2 heures du matin, ce sera au tour de Juan Illanes, 51 ans, de revenir sur terre. "Au début, nous étions un peu angoissés, car la capsule semblait mettre beaucoup de temps à remonter. Maintenant, nous sommes surtout émus et nous espérons que tout se passera au mieux pour les autres", raconte son frère Daniel.
"FAIRE LA FÊTE ET PROFITER DE LA VIE"
A 3 heures, c'est le jeune Bolivien Carlos Mamani, seul étranger de la troupe des trente-trois, qui peut enfin enlacer son épouse, Veronica. Au Camp Espoir, son beau-père, Johnny Quispe, entouré de nombreux membres de la famille venus spécialement pour l'occasion, affirme que Carlos va désormais "profiter de la vie", et qu'il va falloir "faire la fête, avec les familles des trente-trois mineurs". D'ailleurs, vers 3 heures du matin, une délicieuse odeur d'"asado" – sorte de barbecue, dégusté par les Chiliens pour toutes les petites et grandes occasions – commence à envahir les lieux...
Nombreux sont ceux qui attendent encore, patiemment, inlassablement, avec cette détermination présente depuis le début. Alberto Segovia, frère du mineur Dario, voit les choses avec philosophie : "Notre frère va sortir en vingtième position. Mais c'est un frère qui va renaître !" Sa sœur Maria, surnommée "la mairesse du Camp" pour ses qualités d'écoute et d'organisation, crie haut et fort : "Nous allons lutter jusqu'au bout !"
De son côté, Gaston Henriquez explique : "Même si mon frère José sera dans les derniers à sortir, nous serons émus de la même manière à chaque nouvelle sortie. Nous sommes tous dans la même histoire, nous attendons pour chaque famille, parce que nous avons lutté tous ensemble pour la même chose." Et d'ajouter : "Aujourd'hui, toutes nos espérances s'accomplissent, c'est un rêve qui devient réalité." En attendant, il reste encore de longues heures avant que les trente-trois et les secouristes soient tous remontés à la surface. A 7 heures du matin (midi heure française), seulement huit mineurs avaient retrouvé leurs familles et la terre ferme du désert d'Atacama.
Lucie de la Héronnière

Invitation : La littérature chilienne actuelle

Mais beaucoup de Chiliens ont décidé de rester en exil et forment aujourd’hui une diaspora qui complique toute référence à une « identité chilienne » et a fortiori à une « littérature chilienne ». Dans ces conditions, peut-on parler d’une littérature chilienne ? Que reste-t-il de chilien à un auteur qui, comme beaucoup d’exilés, a dû apprendre à vivre dans une nouvelle langue et a fini par l’adopter ?
Voilà autant de questions que ce débat sur la littérature chilienne se propose d’approfondir. Alejandro Zambra, dont le dernier roman La vie privée des arbres vient d’être traduit en français, s’entretiendra avec Bernardo Toro un écrivain chilien de France dont le dernier roman De fils à fils écrit directement en français est paru cette année.

Singularités de la littérature chilienne actuelle

Rencontre avec Bernardo Toro et Alejandro Zambra

animée par Vivian Nichet-Baux

le lundi 18 octobre à 18h30

à La Maison de l’Amérique Latine

217, bd. Saint-Germain 75007 Paris Métro : Rue du Bac Tél. 01 49 54 75 00