jeudi 14 mai 2009

Gaspar Galaz, star sans paillettes de l'astronomie

Gaspar Galaz a fait sa thèse en France. S' il entretien toujours des liens scientifiques avec l'Europe, pour l'observation du ciel, le centre du monde, c'est "clairement" le Chili.

Quand il est parti faire son doctorat à l'Institut d’Astrophysique de Paris, en 1993, il n’y avait pas d’équivalent au Chili, dans sa matière, l’astrophysique. Gaspar Galaz se souvient de son impatience d’alors à sortir de son pays pour connaître autre chose: « il existe des doctorats en astronomie au Chili, depuis 2003 seulement. Mais même si cela avait été possible à Santiago, je crois que je serai parti quand même ». Il avait donc le choix entre l’Europe et les États-Unis. Il fera finalement les deux, dans cet ordre, avant de revenir au Chili, devenu depuis le centre du monde en astronomie.
En 1993 à 25 ans, il rejoint donc l’Institut d’astrophysique de Paris après un DEA à Meudon, très en pointe à l’époque, motivé de surcroît par une bourse de l’Ambassade de France. Il choisit en outre comme directrice de thèse, une brillante chercheuse ; Valérie de Lapparent spécialiste mondiale de l'étude des galaxies et de leur répartition à grande échelle, avec qui les liens tant professionnels qu’amicaux se maintiennent depuis.

De la France aux étoiles

Ses études secondaires au collège « la Girouette » de Santiago, créé et dirigé par des Français, l’avaient familiarisé avec la langue, mais pas avec les Français eux-mêmes, qu’il a trouvé "bien fascinants", autant que râleurs, une fois à Paris. Ce qui ne l’a pas empêché de garder un souvenir profond de son séjour très studieux, à peine agrémenté de quelques voyages. Lui qui, dès 12 ans, en visitant l’observatoire cerro Tololo, près de la Serena avait décidé de devenir astronome, aura véritablement accompagné le développement de la discipline au Chili. D’abord sa thèse en France, adaptant une méthode statistique de classification, jusqu’alors utilisée qu’en biologie et en sciences sociales … aux galaxies. Le système est toujours en vigueur aujourd’hui. En 1999-2000, il monte avec Valérie de Lapparent un projet franco-chilien ECOS de recherche. Et depuis a multiplié les publications. « Depuis 4-5 ans, avec le développement des observatoires et des radiotélescopes au Chili dont Alma, le futur de l’astronomie est au Chili » se réjouit-il. Et d’avancer les caractéristiques géographiques : pureté du ciel, situation dans l’hémisphère sud , le tout dans un contexte de mondialisation, aussi de la science. Signe des temps, ce sont désormais les Français qui viennent au Chili faire leur thèse.
S.R