jeudi 5 juillet 2012

QUATRE CRIMES VIEUX DE 28 ANS : PATRICIO SOBARZO ET SES CAMARADES

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PRÉSENTÉS COMME UN AFFRONTEMENT ENTRE DES « TERRORISTES » ARMÉS ET LES AGENTS DE LA CNI, LES MEURTRES DU PROFESSEUR PATRICIO SOBARZO ET SES CAMARADES ÉTAIENT DES EXÉCUTIONS SOMMAIRES, PARMI TANT D’AUTRES PERPÉTRÉES PAR L’APPAREIL DE TERREUR DE LA DICTATURE DE PINOCHET.
Sorti en voiture pour trouver un médecin accompagné d’Enzo Muñoz Arévalo, ils se sont arrêtés près d’une cabine téléphonique, sur un axe routier au sud-ouest de Santiago. Patricio Sobarzo est descendu du véhicule et traversé la route pour aller téléphoner, lorsque sont arrivés en nombre et à bord de plusieurs voitures des agents en civil fortement armés. C’était la Brigade Verte de la CNI, sous les ordres d’Álvaro Corbalán Castilla.


D’une première rafale ils ont tué aussitôt le conducteur de l'automobile, Enzo Muñoz, militant communiste et ferme opposant à la dictature. Par la violence des impacts, son corps a été projeté par la portière hors de la voiture et il est tombé en travers de la chaussée. En même temps, Patricio Sobarzo a été capturé aux abords de la cabine, violemment frappé et forcé de monter dans un des véhicules des agents de la CNI. Il a été ensuite amené plus au sud vers un endroit inhabité, où il a été assassiné froidement.


ANA DELGADO TAPIA, INGÉNIEUR
AGRONOME, MILITANTE COMMUNISTE
ASSASSINÉE PAR LA CNI LE 2 JUILLET
1984 À SANTIAGO

Aux fracas de la fusillade, les militants qui se trouvaient à la clinique clandestine ont quitté les lieux et ont tenté de franchir le dispositif de chasse à l’homme déployé par les sbires de Pinochet. Deux autres personnes ont été arrêtées cette nuit aux abords de la maison et conduites au quartier Borgoño de la CNI, où elles ont été brutalement torturées : Ana Delgado Tapia, ingénieur agronome, militante communiste, et Juan Manuel Varas Silva, mécanicien, militant du MIR.

JUAN VARAS SILVA, MÉCANICIEN
DU MIR ASSASSINÉ LE 2 JUILLET
1984 PARA LA CNI À SANTIAGO
On les a sortis au petit matin du siège de la CNI de Borgoño et amenés vers le sud, et aux alentours de la commune de San Joaquín, les deux détenus ont été lâchement assassinés par les sbires.

Sept autres personnes ont été capturées par la police politique de Pinochet dans les heures qui ont suivi, accusées de terrorisme et subversion.

La version officielle de la dictature, largement relayée par la presse, a parlé alors  d’un affrontement entre les services de sécurité et des terroristes, armés et dangereux. Quoique cette version n’ait jamais convaincu personne, puisqu’on savait que la police secrète de Pinochet procédait à des assassinats massifs fréquents et à l’extermination pure et simple des opposants politiques, il a fallu attendre 28 ans pour que la justice rétablisse la vérité.

Le 9 avril 2012, un juge a condamné 5 agents de la CNI pour les meurtres de Patricio Sobarzo, Enzo Muñoz Arévalo, Ana Delgado Tapia et Juan Varas Silva, le 2 juillet 1984 à Santiago.

ÁLVARO CORBÁLAN CASTILLA, ANCIEN
OFFICIER DE L’ARMÉE, RESPONSABLE DE
PLUSIEURS MASSACRES ET OPÉRATIONS
D’EXTERMINATION SOUS LA DICTATURE.
IL GARDE UN PUISSANT RÉSEAU
D’INFLUENCES ET UN VÉRITABLE
POUVOIR OCCULTE, QU’IL EXERCE
DEPUIS PUNTA PEUCO, SA PRISON
« 5 ETOILES ».
Álvaro Federico Julio Corbalán Castilla, officier de l’armée responsable de très nombreux crimes, et qui purge déjà plusieurs autres peines, a été condamné à 15 ans de prison.

Hernán Antonio Vásquez Villegas et Reimer Eduardo Kohlitz Fell ont été condamnés à 6 ans de prison.

Juan Eduardo Rubilar Ottone et Jorge Eduardo Hernández ont été condamnés à 3 ans et un jour.