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vendredi 4 janvier 2019

BRÉSIL « LES GARÇONS S’HABILLENT EN BLEU, LES FILLES EN ROSE »


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DAMARES ALVES, LE 6 DÉCEMBRE 2018 À BRASILIA.
PHOTO VALTER CAMPANATO 
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre Damares Alves, le poing levé, lançant ce slogan coutumier des mouvements traditionnalistes en marge de son intronisation.
Le Monde avec l'AFP
CITÉ DES SCIENCES ET DE L'INDUSTRIE
L’heure était à la fête pour les nouveaux membres du gouvernement de Jair Bolsonaro, mercredi 2 janvier au soir, à Brasilia. En marge de son intronisation, la nouvelle ministre de la femme, de la famille et des droits de l’homme, Damares Alves, a célébré sa nomination, entourée de partisans enthousiastes. Une vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, la montre le poing levé, lançant un slogan coutumier des mouvements traditionnalistes opposés à ce qu’ils nomment « la théorie du genre ». « Attention, attention. C’est une nouvelle ère au Brésil : les garçons s’habillent en bleu et les filles en rose », y scande-t-elle, reprise par les gens qui l’entourent.

« LES GARÇONS S’HABILLENT EN BLEU, LES FILLES EN ROSE »
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Cette vidéo de la nouvelle ministre est rapidement devenue virale au Brésil, d’autant que Mme Alves, 54 ans, est l’une des deux seules femmes du gouvernement. Le nouveau président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, est en outre coutumier des dérapages machistes ou homophobes. Celui qui l’a emporté avec 55,13 % des votes avait notamment déclaré, lors de sa campagne, qu’il promettait le « lance-flammes » pour les ouvrages de Paulo Freire, pédagogue connu pour son travail pour l’alphabétisation des pauvres, et avait fustigé le « marxisme » comme la « sexualisation précoce » des enfants à l’école.

Appel à manifestation

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnalités ont aussitôt publié des photos où elles posent avec des vêtements bleus pour les femmes et roses pour les hommes. Les hashtags #rosaeazul (« rose et bleu ») et #cornaotemgenero (« la couleur n’est pas le genre ») sont devenus en quelques heures parmi les plus utilisés sur Twitter au Brésil. Un groupe sur Facebook a lancé un appel à la manifestation « de femmes en bleu, d’hommes en rose ou de la couleur qu’on veut » dimanche, sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro.

Damares Alves a réagi aux critiques, affirmant qu’il s’agissait d’une « métaphore contre la théorie du genre », auquel le président Bolsonaro est très hostile. Avant de préciser que « garçons et filles peuvent s’habiller en bleu, en rose, de toutes les couleurs, comme ils se sentent le mieux ».

Avocate de formation, résolument contre l’avortement, Damares Alves avait affirmé lors de son discours d’intronisation que l’« État est laïc » mais qu’elle-même était « terriblement chrétienne ». Elle a en revanche affirmé que son ministère aurait bien pour mission de veiller à ce que les droits de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre et assimilée soient assurés. 
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