jeudi 7 octobre 2010

LE NOBEL DE LITTÉRATURE ATTRIBUÉ AU PÉRUVIEN VARGAS LLOSA

Né le 28 mars 1936 à Arequipa (Pérou), l'auteur de "La Ville et les chiens" et de "Conversation à 'La Cathédrale'" est le premier écrivain latino-américain couronné par le Nobel de littérature depuis son attribution au Mexicain Octavio Paz en 1990. Le Colombien Gabriel Garcia Marquez l'avait reçu en 1982.

Vargas Llosa, dont la renommée internationale remonte au milieu des années 1960, a beaucoup puisé dans son expérience du Pérou des deux décennies précédentes.

Pour "La Ville et les chiens", il s'est notamment inspiré de son passage dans une école militaire durant son adolescence. Sa critique des intolérances religieuses et militaires est illustrée par le roman "Pantaléon et les visiteuses".

DE LA GAUCHE A LA DROITE LIBÉRALE

Le romancier s'est aussi attelé à des thèmes transnationaux comme l'épopée socio-politique de Canudos, située dans le Brésil de la fin du XIXème siècle, dont il a tiré en 1982 "La Guerre de la fin du monde", ambitieux roman qui rencontra un large succès en Amérique latine et ailleurs.

Tenté par le communisme dans sa jeunesse mais déçu par la révolution cubaine, Vargas Llosa s'en détournera ensuite. Il ira poursuivre des études à Madrid avant de s'installer à Paris au début des années 1960.

En 1990, il est candidat de centre-droit à la présidence péruvienne et milite pour un programme néo-libéral. Il sera battu par Alberto Fujimori, lequel devra ultérieurement fuir le pays et sera jugé coupable d'une série de délits.

Figure du "boom" littéraire latino-américain des années 1960 et 1970, qui produisit ce qu'on a nommé le "réalisme magique", Vargas Llosa a enseigné ou donné des conférences dans des universités d'Amérique latine, des Etats-Unis et d'Europe.

Le comité note qu'il est aussi un essayiste et un journaliste réputé. On lui doit en particulier "L'Orgie perpétuelle (Flaubert et Madame Bovary)", "Le Langage de la passion. Chronique de la fin du siècle" et une autobiographie, "Le Poisson dans l'eau".

mercredi 6 octobre 2010

Discrimination sociale

Toute la richesse que le cuivre et l'or du Chili produisent va dans les mains d'une cinquantaine de familles les plus aisées. Car on ne voit pas les retombées de ces richesses pour la société chilienne. Par exemple, dans le système de santé publique, avant de demander une consultation, les Chiliens doivent s'acquitter du montant de cette consultation. Le prix d'une journée passée à l'hôpital s'élève à mille euros. Ce pourquoi les gens qui se font opérer restent endettés à vie envers les hôpitaux et cliniques.
Ce système qui a été instauré depuis l'époque de Pinochet n'a pas été modifié. Les femmes chiliennes qui n'ont pas cotisé dans l'assurance vieillesse reçoivent cent euros par mois et on ne tient pas compte des enfants qu'elles ont élevés.
Le système d'éducation chilien, instauré aussi à l'époque de Pinochet, a été complètement privatisé. Ainsi, chaque famille doit payer les droits d'inscription de son enfant à partir de l'école primaire. Les enseignants doivent respecter un programme national, mais ils sont engagés pour l'année scolaire et leur contrat n'est renouvelé que si l'établissement a un nombre suffisant d'élèves. C'est pourquoi chaque professeur doit changer d'établissement tous les ans. Dans ces conditions, l'éducation est devenue une marchandise comme un autre, car n'importe quelle personne qui possède des locaux, des tables et des chaises peut créer un établissement d'enseignement... Et à ce titre recevoir une allocation de l'État, en fonction du nombre d'élèves inscrits.
Dans la réalité, les écoles situées dans les banlieues défavorisées n'ont aucun équipement scolaire, les classes sont pléthoriques : soixante élèves par classe.

A l'ONU, Michelle Bachelet veut s'attaquer aux violences contre les femmes

"Il y a des problèmes urgents et il y a des problèmes importants. (...) Je dirais que les violences contre les femmes, les violences domestiques, sont urgentes", a-t-elle dit à la presse, en marge d'un gala durant lequel elle a reçu "Le prix du courage au féminin", décerné par Radio-Canada et Reporters sans frontières (RSF).
Créée l'année dernière par RSF et la radio-télévision publique Radio-Canada, cette distinction avait jusqu'à présent été remis uniquement à l'ex-otage franco-colombienne des FARC, Ingrid Betancourt. Bien qu'absente de la soirée, cette dernière a fait remettre à Mme Bachelet son livre très personnel intitulé "Même le silence a une fin".
Pour l'ancienne chef d'Etat, promue secrétaire général adjoint de l'ONU en septembre, la violence contre les femmes n'existe pas uniquement dans les pays en voie de développement, mais aussi dans les pays développés.
"Dans plusieurs pays on mutile le sexe des filles, ou on les marie de force à des hommes plus âgés: c'est de la violence contre les femmes", a déclaré Mme Bachelet, 59 ans, qui a quitté la présidence du Chili en mars.
"Mais il y aussi de la violence contre les femmes dans des zones de conflits, comme on vient de le voir en République démocratique du Congo avec les cas de viols massifs", a-t-elle souligné, disant vouloir faire en sorte que "de telles choses" ne se produisent plus.
"Ce ne sera pas facile car la violence domestique a pour origine plein de facteurs différents", a-t-elle concédé.
ONU Femmes, qui doit commencer à fonctionner le 1er janvier 2011, rassemble sous sa coupe les activités de plusieurs organes déjà existants concernant les droits des femmes.
Ainsi la Division pour l'avancement des femmes (DAW), fondée en 1946, l'Institut international de recherche et de formation pour l'avancement des femmes (Instraw, 1976), le Fonds de développement des Nations unies pour les femmes (Unifem, 1976) et le Bureau du conseiller spécial pour la parité des sexes et la promotion des femmes (Osagi, 1997) seront fusionnés dans la nouvelle entité.
"Le gros défi d'ONU Femmes sera d'un côté d'identifier les enjeux cruciaux, et de l'autre d'essayer de mobiliser les ressources qui vont avec", a-t-elle ajouté, expliquant vouloir s'appuyer sur les organisations de femmes à travers la planète.
A cinq ans de la date butoir des objectifs du millénaire pour le développement (OMD), programme phare fixé en 2000 par l'ONU, l'ex-dirigeante socialiste modérée a souligné que "les pires (OMD) sont ceux en liens avec l'égalité des sexes".
Mais en créant cette nouvelle agence onusienne, la communauté internationale "a décidé de donner une importance politique" à cette question, a estimé Mme Bachelet.

mardi 5 octobre 2010

Gironde : Concert de soutien avec le Chili

Les fonds récoltés à l’occasion de cette soirée seront destinés à la reconstruction d’un Centre Culturel dans le village de Cobquecura détruit à 90% par cette catastrophe.
Les groupes Guaka, 0800, The Hyènes, Eiffel et Bertrand Cantat ont répondu à l’appel de la communauté Chilienne de Gironde ( représentée par SOS CHILI) pour cette soirée de solidarité.
En aucun cas le groupe Noir Désir ne se produira au cours de ce concert.
Venez nombreux et pour les bonnes raisons.
Communiqué commun du Krakatoa, de la Communauté Chilienne de Gironde, Guaka, 0800, The Hyènes, Eiffel et Bertrand Cantat.

L'AFFICHE DE LA HONTE

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Les Chiliens ont un rapport spécial à leur hymne national. Il est appris à l’école et il est de tous les actes civiques et célébrations patriotiques. Il chante les gloires militaires et la vaillance des soldats, et signale clairement que personne n’oubliera jamais leurs noms. .. C’est le thème aussi de ce 1° Exercice national de la Mémoire collective.


A’est une sombre galerie, réunissant les pires tortionnaires des années Pinochet, des officiers responsables de centaines d’assassinats, disparitions forcées et des plus atroces supplices contre des citoyens de tous âges, y compris des enfants.

Plusieurs d’entre eux sont réclamés aujourd’hui par des tribunaux en Espagne et en France, en Italie et ailleurs.

Aux moments où le clan militaire et la droite Pinochetiste –très active au sein du gouvernement Piñera–, l’église et bien entendu l’armée envisagent diverses manœuvres pour faire libérer des tortionnaires, plusieurs réponses citoyennes ont vu le jour face au déni de justice qui se prépare.

Celle-ci en est une, qui montre sans ambages les noms et les visages des génocidaires, et rappelle ainsi que leurs crimes sont imprescriptibles, que leur libération serait intolérable pour la communauté nationale, et un affront aux milliers de morts et leur mémoire.
Guy Desmurs

Marina Silva, toutes griffes dehors

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De gauche à droite, Dilma Rousseff, Marina Silva et José Serra, dimanche 27-05-2010 lors d'une rencontre avec entrepreneurs. Photo Reuters
Mais contrainte d’avaler les couleuvres qu’ont été l’extension des cultures transgéniques dans la forêt amazonienne et la poursuite de l’ouverture de chantiers d’infrastructures avec force abattages d’arbres, elle finira par claquer la porte du gouvernement, puis du PT, en total désaccord.
L’Amazonie, c’est le combat de Marina Silva. Originaire d’Acre, elle est issue d’une famille de seringueiros, ces ouvriers chargés de recueillir le latex. Analphabète jusqu’à seize ans, elle découvre le marxisme à l’université, entreprend des études d’histoire et adhère au Parti communiste révolutionnaire pendant la dictature militaire. Mais c’est surtout aux côtés de Chico Mendes, le martyr de la cause amazonienne assassiné en 1988, que Marina Silva s’affirme dans l’action syndicale, s’ouvre à la défense de l’environnement et finalement à la cause écologique. Élue, elle deviendra aussi sénatrice.
D’aspect frêle, elle est une personnalité complexe, stricte et conservatrice sur le plan social. Pratiquante religieuse fervente, elle est opposée à l’avortement et s’est déclarée favorable à l’enseignement du créationnisme à l’école. Cette doctrine est fondée sur la croyance que la vie, la terre et l’univers ont été créés par Dieu et obéit à une lecture très fondamentaliste de la Bible.
La «féline d’Amazonie», qui ne laisse donc pas de surprendre, n’a pour l’heure donné aucune consigne pour le second tour. Une chose est sûre, elle ne s’en laissera pas compter.
B. D.

LES MINEURS CHILIENS POURRAIENT ÊTRE ÉVACUÉS D'ICI LA MI-OCTOBRE

Trente-trois mineurs bouclent ce mardi deux mois bloqués à 700 mètres sous terre dans une mine du Chili, une épreuve sans précédent, comme l'opération de secours qui déjà finalise les préparatifs du "Jour J" de leur remontée en surface, d'ici la fin du mois.

"J'espère pouvoir les sauver avant de partir en Europe", le vendredi 15 octobre pour une tournée en Allemagne, France et Grande-Bretagne, a déclaré le président Sebastian Piñera lundi à plusieurs radios.

L'ingénieur en chef coordonnant les travaux, Andrés Sougarret, a toutefois tempéré ses espoirs, en affirmant lundi qu'"aucun élément à ce jour ne permet d'avancer la date de sortie avant le 15 octobre".

Quoi qu'il en soit, l'ambiance à la mine San José a déjà résolument changé, dans un mélange de sérénité et d'impatience, depuis que le ministre des Mines Laurence Golborne a annoncé vendredi que les 33 mineurs sortiraient dans la "deuxième quinzaine d'octobre" au lieu de début novembre, grâce à l'avance des trois puits de secours en cours de percement.

Le plus avancé, dit "Plan B", se trouvait lundi à 166 m des hommes sous terre.

"On est heureux, très contents des progrès", a commenté à l'AFP Nelly Bugueno, mère du mineur Victor Zamora.

"Maintenant, on voudrait que tout s'accélère", a-t-elle ajouté, avant d'aller discuter par téléphone avec son fils quelques minutes.

Sur place, des barbecues ont été dressés près des tentes des familles des mineurs, leurs enfants rient aux pitreries d'un clown bénévole et de nombreux journalistes errent sous la chaleur du désert d'Atacama (nord) entre les briefings détendus des secouristes.

Ce calme ambiant contraste avec l'angoisse d'il y a deux mois.

Dans les jours suivant l'éboulement souterrain qui a bloqué les "33" le 5 août", des familles interpellaient les autorités sur l'absence de résultat des recherches et les patrons de la mine sur l'insécurité, tandis qu'un ministre en larmes concédait que les chances de trouver les mineurs vivants étaient "faibles".

Ils ont été retrouvés vivants par une sonde au bout de 17 jours dans leur galerie. Et sont depuis au coeur d'un spectaculaire dispositif logistique, médical, psychologique, de sauvetage et de suivi.

Rien que samedi, les "33" ont ainsi reçu "un total de 107 lettres de leurs proches et 27 paquets", selon la préfecture locale d'Atacama: des plats préparés, des vidéos, des exercices de gymnastique et des cadeaux divers du bout du monde (dernièrement, des maillots dédicacés du Real Madrid).

En surface, des héliports sont en construction -deux pistes de 50X50 m- pour permettre le transfert en douze minutes si nécessaire des mineurs, une fois remontés, à l'hôpital le plus proche à Copiapo.

Les ingénieurs testent aussi l'étroite nacelle métallique qui hissera un à un les mineurs, en la passant et repassant avec l'aide d'une grue à travers les tubes métalliques qui formeront l'armature des puits d'évacuation.

Chaque jour quelques modules préfabriqués de plus arrivent par camion: il s'agit des premiers "sas" médicaux des 33 mineurs pour leur réacclimatation à la surface.

D'abord l'hôpital de campagne, qui comprendra une salle de "triage", où le mineur sera aussitôt ausculté par du personnel médical et recevra si nécessaire de premiers antibiotiques ou sérums. Puis l'espace d'observation/repos, où il pourra avoir un premier contact avec un nombre restreint de proches, avant de s'envoler pour Copiapo pour une batterie d'examens médicaux poussés.

Car après des mois livrés à eux-mêmes, les 33 vivront de premières heures à l'air libre strictement pré-programmées.