PATRICIO MANNS LORS DE L'HOMMAGE À VIOLETA PARRA
AU THÉÂTRE COLÓN DE BUENOS AIRES
CAPTURE D'ÉCRAN
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« CUANDO ME ACUERDO DE MI PAIS », TEXTE MUSIQUE PATRICIO MANNS, PARU DANS L'ALBUM « CANCION SIN LIMITES » ENREGISTRÉ ET DISTRIBUÉ PAR MOVIEPLAY 17.1271/0 - MADRID 1977 SOUS LICENCE DICAP
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QUATRE-VINGTIÈME ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DE PATRICIO MANNS
Ivan Patricio Eugenio Manns de Folliot, dit Patricio Manns, né le 3 août 1937 à Nacimiento, commune de la région du Biobío dans le sud du Chili, fête ses 80 ans cette année. Concerts, hommages, livres, initiatives privées, le Chili lui rend hommage tout azimut. L'œuvre du génial auteur-compositeur-interprète est considérable. Sa puissance émotionnelle reverdie et nous permet de jouir de ses beaux livres et belles musiques, comme un palimpseste de nos vies.
Romancier et poète, Patricio Manns a reçu les plus hautes distinctions littéraires et rencontre un succès populaire en Amérique latine où il est également célébré comme le prince de la ballade en tant qu'auteur, chanteur, compositeur. Cette célébrité s'étend aujourd'hui à tous les continents, dans la lignée d'un Pablo Neruda.
PATRICIO MANNS : Auteur, compositeur, écrivain chilien. Il à publié en France «Cavalier Seul», chez Phébus, «Quatre saisons en Patagonie» chez Gallimard. «VIOLETA PARRA La guitare indocile», chez Les Editions du CERF.
PATRICIO MANNS ET INTI ILLIMANI (TEXTE PATRICIO MANNS / MUSIQUE HORACIO SALINAS), « EL EQUIPAJE DEL DESTIERRO», PARU DANS L'ALBUM « CON LA RAZÓN Y LA FUERZA »
ENREGISTRÉ À ROME (ITALIE) EN 1982, DISTRIBUÉ PAR MOVIEPLAY 17.3380/0 - MADRID 1982
CHILI: DES ÉLUES DES PARTIS SOCIALISTE ET COMMUNISTE
MANIFESTENT LEUR SATISFACTION APRÈS L'APPROBATION
DE LA LOI AUTORISANT L'AVORTEMENT THÉRAPEUTIQUE,
LE 2 AOÛT 2017. PHOTO RODRIGO GARRIDO
Le parlement chilien a approuvé aujourd'hui un projet de loi de dépénalisation de l'avortement thérapeutique, qui doit maintenant, à la demande de l'opposition, être soumis au Tribunal constitutionnel avant de pouvoir être promulgué.
Le Sénat a approuvé par 22 voix contre 13 un texte établi par une commission mixte qui avait été chargée d'établir une version acceptable par les deux chambres du parlement. La Chambre des députés avait approuvé le même texte quelques heures plus tôt.
LA DROITE A SAISI LE TRIBUNAL CONSTITUTIONNEL, JUGEANT LA LÉGALISATION PARTIELLE DE L’AVORTEMENT CONTRAIRE AU « DROIT À LA VIE ». CELUI-CI DOIT SE PRONONCER SUR LA RECEVABILITÉ DU RECOURS CE 8 AOÛT 2017.
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MANIFESTATION POUR LE DROIT
À L'AVORTEMENT LE 25 JUILLET 2017 AU CHILI PHOTO MARTIN BERNETTI
Une fois promulguée, la nouvelle législation, initiative de la présidente chilienne Michelle Bachelet, autorisera l'avortement pour les femmes dont la vie est en danger, qui ont été violées ou si le foetus est jugé non viable.
« Aujourd’hui, nous les femmes avons récupéré un droit essentiel que nous n’aurions jamais dû perdre : celui de prendre des décisions lorsque nous vivons des moments de douleur. »
Le vote a été salué par les parlementaires du camp présidentiel, les ministres et les associations favorables à cette mesure qui permet l'avortement thérapeutique alors qu'il était interdit au Chili depuis plus de 20 ans.
Mais le texte doit encore franchir une étape avant sa promulgation par la présidente: les parlementaires de l'opposition conservatrice ont réclamé hier que le Tribunal constitutionnel se prononce sur ce sujet, car ils estiment que le texte porte atteinte au principe du droit à la vie qui figure dans la Constitution.
« Cela me fait de la peine que des parlementaires recourent au Tribunal constitutionnel et que ce soient dix personnes qui décident sur ce que nous avons discuté ici depuis plus de deux ans », a déclaré la sénatrice socialiste Isabel Allende.
Une promesse de campagne de la présidente Bachelet
DES MILITANTES BRANDISSANT DES PANCARTES SOUTENANT LA DÉPÉNALISATION DE L'AVORTEMENT PARTICIPENT À UNE MANIFESTATION À SANTIAGO, LE 25 JUILLET DERNIER. PHOTO MARTIN BERNETTI
Depuis vingt-huit ans, les gouvernements démocratiques qui se sont succédé au pouvoir ne s’étaient guère préoccupés de traiter le sujet face à l’opposition farouche de la puissante Eglise catholique chilienne et au machisme, encore très prégnant dans les esprits. C’était, en revanche, une promesse de campagne de Michelle Bachelet, une femme divorcée, qui a élevé seule ses enfants et se dit agnostique.
PLUSIEURS MOIS DE DÉBATS HOULEUX ONT ÉTÉ NÉCESSAIRES, SOUVENT INTERROMPUS PAR DES INSULTES PROFÉRÉES PAR DES ACTIVISTES RELIGIEUX ET DES GROUPES CONSERVATEURS, QUI CONSIDÈRENT L’AVORTEMENT COMME UN ASSASSINAT, ET QUI ONT ÉTÉ EXPULSÉS PAR LA POLICE. SELON UNE ENQUÊTE RÉCENTE, 71 % DES CHILIENS SONT FAVORABLES À LA LOI. MAIS SEULEMENT 15 % SONT FAVORABLES À UNE LIBÉRALISATION TOTALE DE L’IVG.
Sauf si le Tribunal constitutionnel annule la procédure, le Chili ne fait désormais plus partie des quelque vingt pays qui interdisent encore totalement l’IVG : le Salvador, le Nicaragua, le Suriname, Haïti et la République dominicaine sur le continent américain; les Philippines et les îles Palaos en Asie Océanie ; le Sénégal, la Guinée-Bissau, le Gabon, le Congo, Madagascar, Djibouti et la Mauritanie en Afrique ; Malte, Andorre, le Vatican et Saint-Marin en Europe. En Amérique latine, la liberté d’avorter sur demande de la femme, sans avoir à donner de justification, existe seulement à Cuba depuis 1965, dans la ville de Mexico depuis 2007 et en Uruguay depuis 2012.
Lorsque le coup d’État du général Pinochet, en 1973, a installé la dictature au Chili, la vie de Paz Errazuriz, 29 ans à l’époque, a totalement basculé. Pour ne pas avoir d’ennuis, elle a dû faire disparaître tous les livres et les souvenirs auxquels elle tenait. Sa maison a été fouillée par des soldats armés jusqu’aux dents. Elle ne pouvait plus sortir à cause des multiples couvre-feux, ses amis ont fui le pays, d’autres ont disparu. « C’était un choc, j’ai vu combien le Chili était divisé. Il a fallu apprendre à vivre dans le danger, à communiquer autrement », raconte cette femme de 73 ans, d’une voix douce et déterminée.
PAZ ERRÁZURIZ. UNE POÉTIQUE DE L'HUMAIN RENCONTRES D’ARLES DU 03 JUILLET AU 24 SEPTEMBRE 2017 HORS LES MURS
Sans ces événements historiques, la jeune femme, photographe autodidacte, n’aurait peut-être pas choisi une telle carrière. Son œuvre documentaire, centrée sur la société chilienne, qui fait l’objet d’une rétrospective aux Rencontres d’Arles jusqu’au 24 septembre, a été façonnée par la politique – même si cela n’est pas forcément visible au premier regard. « J’ai appris à m’exprimer par des métaphores, car c’est un langage que les militaires ne comprennent pas », explique Paz Errazuriz.
PAZ ERRÁZURIZ - SIN TITRE SÉRIE TANGO 1986
D’abord confinée chez elle avec ses enfants à cause de la dictature, elle commence par photographier les choses à sa portée… en l’occurrence sa poule, Amalia! Celle-ci deviendra l’héroïne d’un livre pour enfants. Puis elle s’enhardit à sortir, et c’est par ses choix de sujets que la photographe mène sa propre résistance. Photographe de portraits le jour, elle a une double vie et mène un travail personnel en parallèle sur des communautés marginalisées. Des êtres qui ne rentrent pas dans le moule, exclus, voire opprimés par le régime : pauvres, prostituées, boxeurs, gens du cirque, aliénés, aveugles… Des « minorités » qui, pour elles, « sont au centre, pas à la marge », dit-elle.
Paz Errazuriz, photographe : « J’ai appris à m’exprimer par des métaphores, c’est un langage que les militaires ne comprennent pas »
Avec d’autres photographes, elle va créer une association, publier des livres, exposer à l’étranger et parfois même au Chili. Sa première exposition, « Les Dormeurs », en 1980, est ainsi consacrée aux sans-abri assoupis par terre ou sur les bancs dans sa ville de Santiago. Des images répétitives et étranges, à prendre à la fois au premier et au second degré. « J’ai parcouru la ville, et il y avait des gens qui dormaient partout. C’était l’image de mon monde : personne ne voulait ouvrir les yeux sur la réalité. Je voulais montrer ce nuage qui était tombé sur mon pays, j’ai pris ces gens comme des symboles. »
PAZ ERRÁZURIZ MISS PIGGY II, SANTIAGO, SÉRIE LE CIRQUE, 1984
La rétrospective, à Arles, est labyrinthique, et la circulation tortueuse ne met pas en valeur les différentes séries de Paz Errazuriz. Toutes ont en commun la proximité qu’on sent entre la photographe et les modèles : pas de misérabilisme ni de poses sophistiquées, juste de l’empathie, et le regard franc que plonge le sujet droit dans vos yeux, sans s’excuser de ce qu’il est.
À chaque fois, Paz Errazuriz a passé beaucoup de temps avec ses modèles pour gagner leur confiance. En particulier un groupe de prostitués travestis, qu’elle a photographiés dans une série intitulée La Pomme d’Adam, devenue plus tard une pièce de théâtre.
On y découvre la vie quotidienne sans fard d’un groupe soudé par sa différence : dans la rue en habits d’hommes, à la maison en train de se maquiller ou de s’habiller en femme, dans les soirées et les bars miteux… « Je suis devenue l’amie d’une femme dont les deux enfants étaient travestis. J’ai travaillé cinq ans avec eux, j’ai vraiment pénétré ce monde… C’était un groupe doublement puni sous la dictature militaire, ils ont été persécutés par le régime et envoyés hors de Santiago. Tous, sauf un, sont morts du sida. » Mais elle se souvient aussi de cette collaboration photographique comme d’un moment heureux : « Ils adoraient se montrer, et être photographiés ! Même s’ils trouvaient que le noir et blanc de mes photos était triste, ils ajoutaient des rubans et des fleurs sur les tirages. »
La photographe a aussi beaucoup travaillé sur les femmes : celles qui résistaient au régime et au machisme en manifestant dans la rue, mais aussi celles de l’ombre, qu’elles fussent institutrices, religieuses, fermières, à travers une série de portraits de femmes simples et fortes.
Et elle a photographié les corps vieillissant, à sa manière frontale, en faisant poser des couples âgés, qui s’offrent sans pudeur, avec leurs chairs pendantes, à son objectif. « Je voulais me préparer, regarder mon corps changer… Chaque série de mes photographies est un chapitre de ma vie. A travers les autres, je me suis découverte moi-même. C’est toujours mon autoportrait que je fais, un miroir. » Elle corrige : « Ou plutôt deux miroirs, une réflexion jusqu’à l’infini. »