dimanche 31 décembre 2017

AU PÉROU, 230 AUTEURS SIGNENT UN MANIFESTE CONTRE LA GRÂCE DE L’EX-PRÉSIDENT FUJIMORI


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UN MANNEQUIN À L’EFFIGIE D’ALBERTO FUJIMORI,
EN TENUE D’HÔPITAL.
PHOTO GUADALUPE PARDO
Ils s’élèvent contre une décision qu’ils qualifient « d’illégale et d’irrresponsable » : plus de 230 écrivains péruviens, dont le Prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa, ont signé samedi 30 décembre un manifeste contre la grâce de l’ex-président Alberto Fujimori. Intitulé « Pour la dignité du Pérou et contre la grâce », le texte rappelle que « Fujimori a été condamné pour violation des droits de l’homme et corruption » et qu’il a été « responsable d’un coup d’État ».
« LE PARDON EST UNE INSULTE, ASSASSIN », 
EST-IL ÉCRIT SUR CETTE BANDEROLE.  
M. FUJIMORI A DEMANDÉ « PARDON », 
LE 26 DÉCEMBRE, POUR LES ACTES COMMIS 
PAR SON GOUVERNEMENT ENTRE 1990 ET 2000.
PHOTO  MARTIN MEIJA
 Le Monde.fr avec l'AFP

L’ex-chef de l’État péruvien (1990-2000), qui purgeait une peine de 25 ans pour corruption et crimes contre l’Humanité, a été gracié le 24 décembre par l’actuel président Pedro Pablo Kuczynski, ce qui suscite une vive controverse dans le pays.

Les auteurs du manifeste critiquent « la conduite illégale et irresponsable du président Kuczynski qui, la nuit du 24 décembre (...) a accordé le droit de grâce à un criminel ».

DES MANIFESTANTS ONT BRANDI LES PORTAITS
DE VICTIMES DU GOUVERNEMENT D’ALBERTO FUJIMORI.
PHOTO GUADALUPE PARDO
M. Fujimori a été condamné en 2009 pour corruption et crimes contre l’humanité pour avoir commandité l’assassinat de 25 personnes aux mains d’un escadron de la mort durant la guerre contre les guérilleros du Sentier lumineux (extrême gauche maoïst

« Peu d’égard pour la dignité »

DE NOMBREUX MANIFESTANTS EXIGENT LA DÉMISSION
DE L’ACTUEL CHEF DE L’ÉTAT, AUQUEL ILS REPROCHENT
D’AVOIR NÉGOCIÉ CETTE GRÂCE À DES FINS POLITIQUES
PHOTO GUADALUPE PARDO
Les signataires, parmi lesquels figurent Mario Vargas Llosa, Alfredo Bryce Echeñique, Aida Alonso ou Alonso Cueto, estiment que la grâce accordée à l’ancien dirigeant montre « peu d’égard pour la dignité, l’égalité devant la loi et le devoir de mémoire » et soulignent qu’il n’est « un secret pour personne que Fujimori ne souffre d’aucune maladie dégénérative ou terminale ».

À LIMA, LE 28 DÉCEMBRE 2017. 
PHOTO GUADALUPE PARDO
M. Fujimori avait été hospitalisé dans une clinique la veille de sa grâce « humanitaire » et il y restera encore plusieurs jours, a indiqué vendredi son médecin personnel.

La décision du président a provoqué des manifestations de Péruviens, qui accusent le président Kuczynski d’avoir négocié cette mesure en échange de son maintien au pouvoir avec le soutien du mouvement politique fondé par M. Fujimori.

DEPUIS 2007, ALBERTO FUJIMORI PURGEAIT UNE
PEINE DE VINGT-CINQ ANS DE PRISON POUR
CORRUPTION ET CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ.
PHOTO MARTIN MEIJA
« La grâce de Fujimori a été un cataclysme moral et politique pour notre société » et de nombreux auteurs ont ressenti « l’impératif moral de s’exprimer et de protester », a confié à l’Agence France-Presse l’écrivain et journaliste Alfredo Pita, signataire du manifeste.

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