jeudi 21 mars 2019

CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE LA DRAMATURGE ISIDORA AGUIRRE



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ISIDORA AGUIRRE

 1919  - 22 MARS - 2019
 CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE 
LA DRAMATURGE ISIDORA AGUIRRE

ISIDORA AGUIRRE
Au milieu du XXème siècle, l’œuvre d’Isidora Aguirre Tupper amène une importante rénovation du théâtre chilien, alors marqué par le réalisme. Elle est l’une des principales figures de la Génération de 57, qui se distingue par son théâtre au réalisme psychologique, dont la dramaturgie s’appuie sur les revendications populaires et la critique des institutions bourgeoises.

Pour aborder le monde des plus défavorisés et les conflits sociaux, sa production dramatique reprend trois modèles formels : la comédie, la comédie musicale et le drame social. Son théâtre cherche non seulement à créer une conscience dans les couches moyennes de la société, mais aussi à toucher les classes populaires. 

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Elle parvient à conjuguer préoccupations sociales et popularité en faisant appel à des personnages historiques et à des ressources folkloriques. Invitée par Marta Brunet* à prendre en charge la rubrique enfants du magazine Familia (« Famille »), elle commence sa carrière littéraire à 15 ans. Ses premiers textes sont recueillis dans Ocho cuentos (« Huit nouvelles », 1938), suivis du roman Wai Kii (1948). Elle fait ensuite des études de cinéma à Paris, avant des études de dramaturgie, de 1951 à 1953. Ses premières pièces sont une critique, comique, de l’univers des privilégiés. Comme dans Dos más dos son cinco (« Deux et deux font cinq », 1957), ou avec les spectacles Los locos años veinte (« Les folles années vingt », 1974) et La dama del canasto (« La dame au panier », 1965). 

Dans ces opérettes métisses, elle dévoile les utopies compensatoires qui permettent aux couches les plus défavorisées et à la classe moyenne de surmonter le choc de la modernisation. Plus tard, elle développera la question de la marginalité sociale et se rapprochera du documentaire. 

L’auteure se réapproprie le théâtre épique brechtien avec une langue et une esthétique populaires, comme dans Población Esperanza (« Localité Espérance », 1959), écrite avec Manuel Rojas, Los papeleros (« les papetiers », 1963) et Los que van quedando en el camino (« Ceux qui restent sur le chemin », 1969). Son œuvre la plus célèbre, La pérgola de las flores (« La pergola des fleurs », 1960), est représentée de nombreuses fois et adaptée. Inspirée d’événements réels, elle met en scène un groupe de fleuristes qui s’opposent à un projet d’urbanisation de Santiago pour conserver leurs stands. 

I. Aguirre reprend des épisodes historiques qui révèlent des traits de l’identité chilienne mais surtout l’origine des inégalités et des structures d’oppression. C’est le cas dans ¡Lautaro!, epopeya del pueblo mapuche (« Lautaro !, épopée du peuple mapuche », 1982), où elle met en scène la lutte de cette ethnie pendant la conquête espagnole et répond à la promulgation d’une nouvelle loi indigène ; ou encore dans Retablo de Yumbel (« Retable de Yumbel », 1986), écrite sur commande par les familles de 19 détenus disparus pendant la dictature militaire. I. Aguirre a également publié des œuvres narratives.

Macarena ORTÚZAR VERGARA
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