mardi 22 décembre 2009

Chili: une loi va systématiser le don d'organes, sauf refus préalable

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
«Devenir un donneur est probablement votre seule chance d’aller en elle». Source Tijuana
Selon la loi, qui doit être promulguée en janvier, les cliniques et hôpitaux du Chili pourront disposer des organes d'un citoyen majeur déclaré en état de mort cérébrale, à moins qu'il ait au préalable formellement notifié son refus auprès du registre civil.
"Cette loi va garantir que dans le cas d'un enfant, d'un homme ou d'une femme en attente de greffe, toutes les conditions soient réunies pour que la greffe puisse se faire sans obstacles", a expliqué à la presse mardi le ministre de la Santé, Alvaro Erazo.
La loi entend réparer la faible proportion de dons au Chili: neuf donneurs pour un million de personnes, selon le ministère. Plus de 1.800 patients sont en attente de greffe, pour seulement 300 greffes réalisées chaque année.
Le Parlement a été encouragé à légiférer par le cas d'un enfant de 11 ans qui a ému le pays. Début 2009, le garçonnet a attendu une greffe de coeur pendant 93 jours. Finalement doté d'un coeur artificiel, il est décédé 15 jours après.

Dessins de Philippe Geluck

Selon les spécialistes du don d'organe, il ne faut pas s'attendre à un changement du jour au lendemain, avant tout faute de capacité médicale en infrastructures et en personnel, pour répondre à la demande.
"La législation contribue à une clarté accrue du processus, mais si les centres de santé ne mettent pas en place la partie médicale, le nombre de greffes n'augmentera pas", a déclaré à l'AFP le directeur de la Corporation des Greffes, Ernesto Palm.
En outre, même si la loi fait "de chacun un donneur", une partie du corps médical considère que l'avis de la famille restera déterminant si elle décide de s'opposer au don d'organe de leur proche décédé.