mercredi 19 février 2014

« GLORIA » : PORTRAIT D'UNE PASSIONNÉE QUI VACILLE, SANS CHUTER

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Avec ses enfants qui ont quitté le nid et un divorce pour alimenter ses regrets, Gloria aurait toutes les raisons de se laisser aller. Mais, déterminée à conjurer le sort, elle noue des contacts tous azimuts, dans d'improbables ateliers de rire ou des cours de gym. Le soir venu, c'est dans les dancings de Santiago du Chili qu'elle s'offre à la possibilité renouvelée de l'amour. Il lui tombe dessus en la personne du discret Rodolfo. Mais leur passion va connaître bien des tumultes.

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PAULINA GARCIA, UNE « TOOTSIE » DU CHILI

Gloria, c'est Paulina Garcia. De tous les plans, elle compose, sur le fil ténu des émotions, un personnage vulnérable et passionné. Avec ses lunettes colorées qui lui mangent le visage, cette « Tootsie » du Chili, pathétique dans sa quête de la passion, se révèle touchante. Il fallait bien toute la conviction et l'investissement de la comédienne pour nous attacher cette femme à l'équilibre vacillant, inspirée de la Gloria de Cassavetes et des héroïnes « borderline » interprétées par Gena Rowlands.

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RODOLFO ET GLORIA

D'autant que Gloria ne fait rien pour gagner nos faveurs, et encore moins celles de son amant, à qui elle n'épargne aucune humiliation. Agacée que Rodolfo ne s'affranchisse pas de l'emprise de son ex-femme et de sa fille, Gloria le met au défi, avec de plus en plus de virulence. La romance se grippe, entraînant le film du côté de la comédie grinçante. Elle s'insinue dans un récit qui s'en tient de bout en bout à l'enregistrement.

C'est là la limite de cette fiction minimaliste qui tarde à poser ses enjeux. De l'empilement de séquences banales, Sebastian Lelio tire, certes, un profit sociologique, mais cette accumulation s'apparente souvent au remplissage. Ce n'est que dans ses ultimes circonvolutions que le film nous emporte. A travers le spectacle cru et pitoyable d'une femme qui part en vrille, Sebastian Lelio élabore un récit de reconstruction, où le désir de contrecarrer le temps qui passe se mue en vanité.

LA BANDE-ANNONCE


Film chilien de Sebastian Lelio avec Paulina Garcia, Sergio Hernandez, Marcial Tagle (1 h 50).


Sur le Web : gloriamovie.com et www.advitamdistribution.com/gloria




lundi 17 février 2014

AU SIÈGE DE L'UNICEF À SANTIAGO : FIN DE LA GRÉVE DE LA FAIM EN DEMANDE D’ATTENTION POUR L'ENFANCE VULNÉRABLE

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LE MÉDECIN PSYCHIATRE RODRIGO PAZ, NEUROLOGUE EXPERT EN PSYCHOLOGIE ENFANTINE ET FONDATEUR DE SOFINI, ASSOCIATION DE DÉFENSE DES ENFANTS CRÉÉ PAR DES PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ INTERVENANT DANS LE MILIEU DE L’ENFANCE DÉMUNIE.
«Pendant ces 8 jours, notre cri d´alarme pour les enfants les plus fragiles a été affiché dans une banderole sur la façade du siège de l'Unicef : « S.O.S. L'ÉTAT DU CHILI ASSASSINE NOS ENFANTS », a remarqué le médecin psychiatre Rodrigo Paz, porte-parole du groupe.

Il a ajouté que par cette action forte, ils ont montré au Chili et ailleurs que le manque de ressources attribuées au Sename fait des ravages chez les enfants, qui reçoivent un traitement « misérable ».

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SENAME, ADMINISTRATION DÉPENDANTE DU
MINISTÈRE DE LA JUSTICE.  S’OCCUPE DES
MINEURS ENVOYÉS  PAR LES «  TRIBUNAUX
DES FAMILLES » OU JUGES POUR MINEURS.
CE SERVICE GÈRE DES LOCAUX ET CENTRES
D'ACCUEIL EN PARTENARIAT AVEC UN GRAND
RÉSEAU DE PRESTATAIRES PRIVÉS.
Rodrigo Paz signale que la mort d'enfants par manque de soins, montre que l'État chilien ne fournit pas assez de ressources pour embaucher le personnel nécessaire aux soins des plus vulnérables.

Il a déclaré aussi que le groupe aura recours aux tribunaux internationaux pour dénoncer l'expulsion violente qu'ils ont subie jeudi matin. 

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fonds  des  nations unies  pour l'enfance.
son  but principal  est  la protection des
droits des enfants, et d’aider à satisfaire
leurs besoins essentiels.  l’unicef est
présent dans 191  pays  à  travers des
programmes et des comités nationaux,
et travaille au chili depuis plus de 55 ans.


Le praticien a indiqué que les trois personnes en grève de la faim ont veillé à tout moment à l’intégrité de l’immeuble et des installations du bâtiment.

La manifestation dans la capitale a été également suivie dans les villes de Valparaiso, Puerto Montt, Arica et Los Angeles.



vendredi 14 février 2014

53 EX-AGENTS DE LA DINA INCULPÉS POUR MASSACRE DE LA DIRECTION CLANDESTINE DU PARTI COMMUNISTE EN 1976

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MANUEL CONTRERAS EN 2005, LORS D'UN PROCÈS À SANTIAGO DU CHILI.  PHOTO  MARTIN BERNETTI
Comme des centaines d’autres prisonniers politiques au Chili, leurs cadavres ont disparu ensuite. Ce n’est qu’en 2012, et après onze ans d’expertises qu’il a été possible d’identifier quatre des disparus, dans des vestiges osseux récupérés en 1987 au fond d'une mine désaffectée à l’ouest de Santiago, dans la zone de Cuesta Barriga.

La longue procédure pénale pour l’enlèvement, tortures et le massacre de la 2ème direction clandestine du PC avance ainsi d’une étape, dans l’attente d’un verdict de première instance.

Le juge a aussi demandé à la Cour d’obtenir de l'Australie l'extradition de l’ancienne « secrétaire » de Manuel Contreras, Adriana Rivas González, agente de la Brigade « Lautaro » accusée aussi dans ce dossier, et sur qui pèse un ordre de capture internationale.

L’Association des familles des détenus disparus a manifesté son scepticisme face à la possibilité réelle de faire justice, en considérant surtout les bénéfices récents de grâce et de mise en liberté partielle récemment accordés aux bourreaux condamnés pour crimes de lèse humanité sous la dictature, notamment ceux de « l’affaire des égorgés ».

Des découvertes et révélations relativement récentes, ― en regard de l’ancienneté du dossier ―, ont permis de connaître au sein de la DINA les agissements de la « Brigade Lautaro » et ses unités « Mehuín » et « Delfín », sous les ordres directes du colonel Manuel Contreras et issues essentiellement de la troupe chargée de sa sécurité rapprochée. Ces unités ultra secrètes avaient la mission prioritaire de pourchasser les militants communistes, d'arrêter et d’annihiler physiquement leurs dirigeants dans le but de désarticuler le parti.


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Des nombreuses femmes, recrutées dans les forces armées et la police ont participé dans ces véritables opérations d’extermination. En effet, malgré qu’elles figurent souvent dans le rôle prétendu de secrétaires du directeur de la DINA, ces agentes ont participé directement des razzias de la « Brigade Lautaro », et ont pris part aussi dans les horribles tortures et la froide exécution des victimes.

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ADRIANA ELCIRA RIVAS GONZALEZ, EX AGENT DE LA DINA, MEMBRE DE LA BRIGADE LAUTARO, L’UNITÉ SECRÈTE D’EXTERMINATION CONSTITUÉE PAR LA GARDE RAPPROCHÉE DU GÉNÉRAL MANUEL CONTRERAS, RESPONSABLE DE TRÈS NOMBREUX CRIMES. ELLE A ÉCHAPPÉE A LA JUSTICE CHILIENNE EN 2010 ET HABITE EN AUSTRALIE.

C’est le cas d’Adriana Rivas González, dont la demande d’extradition a été faite à l’Australie, de Berta Jiménez, Celinda Aspe et Gladys Calderón, surnommée « docteur Hoffmann », qui administrait des injections létales aux prisonniers en fin de parcours.

La « Brigade Lautaro », la plus nombreuse et la plus secrète de la DINA, était aussi celle qui comptait le plus d’effectif féminin dans ses rangs, et sur les 52 accusés récemment par le tribunal chilien, onze sont des femmes tortionnaires.

mardi 11 février 2014

CLAIRE DUHAMEL, UNE BELLE VIE

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CLAIRE DUHAMEL
Elle était comédienne. Elle avait beaucoup tourné dans sa jeunesse, avec Yves Ciampi, Alain Resnais, François Truffaut. Mathieu Amalric l'avait convaincue de revenir à la fin des années 90.


Dès 1948, en effet, elle débute dans Le Droit de l'enfant et elle est à l'affiche en 1951 d'un film alors célébrissime, Un grand patron d'Yves Ciampi, avec Pierre Fresnay.


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AFFICHE DU FILM  «DOMICILE CONJUGAL»

Citons aussi Rue du Havre de Jean-Jacques Vierne.
Avec Alain Resnais qui adorait son esprit, sa vivacité, sa beauté radieusej, elle joue dans La Guerre est finie (1966) et dans Je t'aime, je t'aime (1968).

Mais c'est avec François Truffaut qu'elle devient très connue : elle compose les mamans dans Baisers volés et dans Domicile conjugal (70).

C'est Mathieu Amalric qui lui aura offert son dernier rôle dans Mange ta soupe (97).

Dans Baisers volés (DR) Madame Darbon, la maman de Claude Jade.

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CLAIRE DUHAMEL JOUANT MADAME DARBON DANS «BAISERS VOLÉS»
Mais c'est au théâtre que cette femme au radieux sourire avait trouvé son univers, jouant sous la direction de nombreux metteurs en scène dans des registres très divers : Salacrou, Marivaux, Brecht, Molière, Ionesco. Mais c'est avec Antoine Bourseiller et Jean-Louis Barrault, en particulier qu'elle avait trouvé sa plus profonde famille d'esprit. 

Ce dernier l'avait choisie comme administratrice du Théâtre des Nations en 1971. Elle suivit la compagnie Renaud-Barrault, devenant son administratrice-secrétaire générale de 1972 à 1982, les années Orsay.

Attachée culturelle à Santiago du Chili dans les années sombres de la dictature, elle avait été un recours pour de nombreux artistes et notamment Andres Perez Araya, qui abait obtenu une bourse pour venir en France, avait intégré le Théâtre du Soleil y interprétant de grands rôles (Chou En-Laï, Khieu Samphan, Gandhi) avant de retrouver son pays et d'y faire un travail éblouissant.  Cet artiste militant et ultrasensible s'est éteint brutalement en 2002.

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CLAIRE DUHAMEL
De retour en France en 1986, Claire Duhamel fut chargée de missions pour le Festival d'Automne et pour les Francophonies, ainsi que dans le cadre du Bicentenaire de la Révolution française, aidant toujours également son cher Théâtre du Soleil et animant ensuite l'ARTA.

Une grande figure du monde de la culture et du théâtre en particulier. C'est à sa famille que l'on pense aujourd'hui. La vie de Claire Duhamel aura été une vie très remplie, au service des autres, mais sa vie ne fut pas épargnée par les drames.

Les obsèques de Claire Duhamel ont lieu mardi.


vendredi 7 février 2014

CHILI : LE VATICAN ENQUÊTE SUR UN ÉVÊQUE ACCUSÉ DE PÉDOPHILIE

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IMAGE ILLUSTRANT LA LUTTE CONTRE LES ABUS SEXUELS
«C'est l'évêque de San Felipe en personne, Cristián Contreras, qui a exprimé le désir que le Saint Siège enquête sur la véracité de dénonciations dont il a fait l'objet faisant état d'atteintes graves présumées contre la morale et ses obligations » religieuses, indique un communiqué de l'évêché de San Felipe, publié par la Conférence Episcopale du Chili.


Dénonciation par trois prêtres
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LE PRÊTRE MARIANO LABARCA 
Mgr Contreras a qualifié ces dénonciations de «complètement infondées » et assure être victime d'une vengeance de ses pairs. Sur la radio locale Aconcagua, l'évêque a voulu s'expliquer :

« On me fait payer le fait que je n'ai pas hésité à poursuivre des prêtres qui ont réellement commis des abus et qui ont été condamnés »

L'affaire a été révélée par le Centre d'Investigations Journalistiques (Ciper) qui a précisé que l'Archevêché avait reçu des dénonciations de la part de trois prêtres accusant l'évêque d'avoir commis des abus sexuels, en particulier sur un adolescent de 15 ans.

La Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), instance du Vatican chargée de superviser ces cas, a envoyé deux émissaires mexicains au Chili pour mener l'enquête, selon le Ciper.

L'enquête vise également le prêtre chilien Mariano Labarca, ex-supérieur de l'ordre des Mercédaires, dont fait également partie Mgr Contreras, et qui a été sommé par le Vatican de quitter ses fonctions à l'église de San Pedro Nolasco à Bogota, en Colombie, en mai 2013 en raison d'allégations d'abus sexuels.

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GRAVURE GUSTAVE DORÉ. MARC  10,13-15
Critiques de l'ONU

Mercredi le Vatican a été sévèrement dénoncé par l'ONU pour sa politique face aux abus sexuels du clergé.

Le Comité des Droits de l'enfant des Nations unies a notamment souligné "sa profonde préoccupation quant aux abus sexuels d'enfants par des membres de l'Église catholique placés sous l'autorité du Saint-Siège, avec des religieux impliqués dans l'abus de dizaines de milliers d'enfants dans le monde".

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DESSIN D'ARCADIO 
Une vingtaine de religieux ont fait l'objet de procédures ou ont été associés à des cas d'abus sexuels présumés ces dernières années au Chili, dont cinq ont été condamnés.

En octobre 2012, le Vatican avait accepté la démission de Mgr Marco Antonio Órdenes Fernández, évêque de Iquique (Chili), qui était soupçonné d'abus sexuels sur des adolescents.

jeudi 6 février 2014

A BORDEAUX, POUR CÉLÉBRER LA PREMIÈRE ABOLITION DE L'ESCLAVAGE

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DÉCRET N.° 2262 DE LA CONVENTION
NATIONALE, QUI ABOLIT L'ESCLAVAGE
Un acte politique fort, aussi, dans cette ville qui peine à regarder avec lucidité son passé de port négrier, important noeud du commerce triangulaire qui a façonné le monde atlantique et bouleversé le cours de l'histoire européenne. Prenant la parole, le président de la Fondation du Mémorial, Karfa Diallo, a rappelé que « La France et l'Europe se sont acclimatées à l'inhumanité de l'esclavage, pendant quatre siècles ». Puis il a rendu hommage aux hommes de l'an II, « à ceux, esclaves et abolitionnistes, qui s'élevèrent contre l'infâme commerce ». Après que les participants eurent jeté des fleurs là même d'où parti la première expédition négrière répertoriée, en 1672, l'assistance s'est retrouvée au Centre des congrès, pour une soirée consacrée à ce 16 pluviose qui fut sans aucun doute un moment clé de la Révolution française.

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JEAN-BAPTISTE BELLEY, DÉPUTÉ DE
SAINT DOMINIQUE À LA CONVENTION. 
La projection de « La liberté générale », second volet d'une trilogie documentaire écrite par l'historien Marcel Dorigny et réalisée par Didier Rotten, a ouvert les débats. Ce film retrace la parenthèse qui sépare cette première abolition du rétablissement de l'esclavage par Napoléon, en 1802. Autour de la table ronde qui a suivi, Karfa Diallo, Marcel Dorigny, Daniel Voguet, président de l'association
« LA LIBERTÉ GÉNÉRALE, CHRONIQUES
DE LA PREMIÈRE ABOLITION DE
L'ESCLAVAGE 1794-1802 », DIDIER ROTEN,
MARCEL DORIGNY, BERNARD GAINOT
EUROPE FRANCE  
 des descendants d'esclaves noirs et leurs amis (ADEN) et Lydia Samarbaksh, responsable des relations internationales du PCF, ont insisté sur la nécessité de perpétuer la mémoire de cette première abolition. « Malgré les intérêts puissants et le lobby des colons qui s'y sont opposés, travaillant en coulisses à le défaire, le décret de Pluviose constitue une rupture. Cette abolition ne prévoyait pas d'indemnisation des colons », a rappelé l'historien. L'avocat Daniel Voguet est longuement revenu, de son côté, sur « le bouleversement du monde induit par la colonisation des Amériques, l'extermination des Indiens et la déportation d'esclaves noirs ». La traite esclavagiste a « façonné un nouveau système économique » et servi de matrice à « l'idéologie raciste ravalant des êtres humains au rang de biens meubles », a-t-il exposé.

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« MOI LIBRE AUSSI. »1794,  PAR LOUIS DARCIS
Tirant l'alarme sur la mise en cause des principes républicains dont la France est aujourd'hui le théâtre, Lydia Samarbaksh a revendiqué, pour aujourd'hui,  l'héritage révolutionnaire et rébublicain des hommes de l'an II. « La droite la plus haineuse a repris la rue, avec des mots d'ordre racistes. Cette déferlante tétanise le reste du pays. Ils sont minoritaires mais dominent idéologiquement en raison du brouillage des repères » entretenu par l'équipe au pouvoir, a-t-elle exposé, avant d'aborder la question de la « dette politique et économique » contractée par la France auprès de ses ex-colonies. Tout au long du débat, c'est bien la question de la lutte contre le racisme qui a affleuré. « Le racisme va puiser loin dans l'histoire sombre de notre pays, avec sa politique coloniale, ses racines, pour grandir sur le terreau de la misère, de la peur du lendemain », avait résumé, en préambule, le secrétaire fédéral du PCF, Sébastien Laborde. D'où l'importance de cette commémoration qui « adresse un message aux vivants ».

mercredi 5 février 2014

VIOLETA PARRA CHILIENNE DE VIE

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GILBERT FAVRE (À GAUCHE) AVEC VIOLETA PARRA ET JEAN-PIERRE FAVRE DANS UN VILLAGE ENTRE PARIS ET GENÈVE EN 1961.

« Elle n'était pas facile à vivre, surtout pour ses amoureux »

Son fils aîné, Angel Parra, lui aussi chanteur, est exilé politique à Paris depuis 1974. Il se souvient de la dernière fois qu’il a vu sa mère : « Trois jours avant son suicide, je suis allé la voir dans son chapiteau, sur les hauteurs de Santiago [NDLR : où elle animait un centre culturel]. Le soleil était haut, elle venait de se laver les cheveux avec des herbes. Il y avait comme un halo de lumière autour d’elle. » Dans le film biographique réalisé par le Chilien Andrés Wood, la vie de Violeta est racontée sous son angle le plus sombre. L’actrice et chanteuse chilienne Francisca Gavilan y incarne une Violeta malheureuse, mère endeuillée, épouse délaissée, artiste torturée qui finit par se tuer d’une balle dans la tête à l’âge de 49 ans. « Malgré tout, ma mère a eu une vie heureuse, intense. Elle se levait à 5 heures du matin et elle composait à la guitare. Ça m’empêchait de dormir mais c’était très beau. Elle était assez stricte, pas facile à vivre, surtout pour ses amoureux ! » 

Enfant, Angel Parra devient l’assistant de sa mère, il la suit sur les routes. « On travaillait dans le cirque de ma tante. C’était un autre monde. Le seul moyen d’expression était la musique. » En 1954, Violeta abandonne enfants et mari pour partir en Pologne, invitée d’un festival des jeunesses communistes. Elle restera deux ans en Europe. Une absence d’autant plus cruelle que sa fille de 6 mois, restée au Chili sous la surveillance d’Angel, meurt brutalement d’une méningite. Violeta multiplie les formes d’expression : peinture, poésie, tapisserie. A Paris, elle est exposée au musée du Louvre au début des années 60. Elle vit alors avec un anthropologue suisse, Gilbert Favre, pour qui elle écrit ses plus belles chansons d’amour. «Un jour, il en a eu marre des flûtes en bois, des Indiens, du Chili et il a envoyé balader tout le monde. » Cette rupture provoque le geste désespéré et la mort de Violeta.


Mais le Chili n’a pas oublié. Aujourd’hui, restent deux magnifiques chansons composées à Paris : « Que vivan los estudiantes » et « Arauco tiene una pena », les préférées d’Angel. « Ma mère n’était pas Jeanne d’Arc. Son engagement était dans la vie quotidienne. Son travail de compilation des mélodies et des textes de la culture populaire chilienne est un acte politique. » Une mémoire et un héritage portés par les enfants d’Angel, devenus des musiciens célèbres au Chili. En 2012, dans les rues de Santiago, ce sont les chansons de Violeta que les étudiants reprennent lors des manifestations. Le plus beau des hommages.