mercredi 26 février 2014

LE MONDE DE LA MUSIQUE EST EN DEUIL

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LE 8 MAI 2010 LE  BERKLEE COLLEGE OF MUSIC DE BOSTON, AUX ÉTATS-UNIS  A OCTROYÉ À PACO DE LUCÍA LE TITRE DE DOCTEUR HONORIS CAUSA. PHOTO EFE

VERS LA MUSIQUE ÉRUDITE 
Parallèlement à son association avec Al Di Meola et John McLaughlin, Paco de Lucía mélange le flamenco avec la musique indienne, la salsa, la bossa-nova, la musique arabe. Il adapte ainsi plusieurs thèmes du compositeur espagnol Manuel de Falla et, quelques années plus tard, il enregistre l'œuvre majeure de Joaquín Rodrigo, le Concerto d'Aranjuez.
Il entraîne un genre populaire, le flamenco, vers la musique dite « érudite ». Doctor honoris causa de l’université de Cadix et du Berklee College of Music, il avait reçu en 2004 le prix Prince des Asturies des arts, l'une des plus hautes distinctions espagnoles. Paco de Lucía, soulignait la Fondation Prince des Asturies, « a dépassé les frontières et les styles, pour devenir un musicien de dimension universelle. A partir de la guitare flamenco, il a aussi exploré le répertoire classique espagnol, d'Isaac Albeniz à Manuel de Falla, l'émotion de la bossa-nova et du jazz». VÉRONIQUE MORTAIGNE 




[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]         

LE GUITARISTE PACO DE LUCÍA, EN 1978
PHOTO MARISA FLÓREZ
«Le décès du guitariste représente «une perte irréparable pour le monde de la culture, pour l'Andalousie», a déclaré le maire d'Algeciras, José Ignacio Landaluce, cité par des médias. «La mort de Paco de Lucia transforme le génie en légende. Son héritage restera pour toujours, de même que la tendresse qu'il a toujours éprouvée pour sa terre», ajoute le maire dans un communiqué. La ville a décrété un deuil officiel.

Paco de Lucia était né le 21 décembre 1947 dans cette ville d'Andalousie de la région de Cadix, avant de devenir un guitariste mondialement connu, qui a su moderniser le flamenco traditionnel en l'associant avec le jazz et en puisant son inspiration dans divers horizons musicaux.


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
LE GUITARISTE PACO DE LUCÍA, DANS LE TEATRO REAL (THÉÂTRE ROYAL) DE MADRID, LORS DU JOUR DU FLAMENCO EN 2010. BALLESTEROS (EFE)

En 2004, il avait reçu le prix Prince des Asturies des Arts, l'une des plus hautes distinctions espagnoles. «Considéré comme le plus universel des artistes flamenco, son style a fait école parmi les plus jeunes générations et son art est devenu un des meilleurs ambassadeurs de la culture espagnole à travers le monde», avait souligné le jury.


DOCTOR HONORIS CAUSA DE L’UNIVERSITÉ DE CADIX EN 2007. 


Paco de Lucia, soulignait la Fondation Prince des Asturies, «a dépassé les frontières et les styles pour devenir un musicien de dimension universelle. A partir de la guitare flamenco, il a aussi exploré le répertoire classique espagnol, d'Isaac Albeniz à Manuel de Falla, l'émotion de la bossa nova et du jazz». «Tout ce qui peut s'exprimer avec les six cordes de la guitare est entre ses mains», ajoutait le jury.


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
PACO DE LUCÍA Y CAMARÓN DE LA ISLA DANS UNE IMAGE DE LA PREMIÈRE ÉTAPE DE LEUR COLLABORATION PHOTO PEPE LAMARCA (QUIPOS PRESS)

Malgré la célébrité, le guitariste était toujours resté discret, habitué à monter sur scène dans une tenue d'une grande sobriété, en pantalon noir, chemise blanche et veste noire. Il avait notamment contribué au succès de la voix légendaire du flamenco espagnol, Camaron de la Isla, qui a enregistré avec lui ses neuf premiers albums.

mardi 25 février 2014

MICHELLE BACHELET, PRÉSIDENTE DU CHILI: SYMBOLE FÉMINISTE OU CACHE-SEXE LATINO-AMÉRICAIN?

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

PEINTURE DU DÉBUT DU 19ÈME SIÈCLE DE MANUELA SAENZ , L'AMANTE DE SIMÓN BOLÍVAR , QUI MOURUT DANS LA PAUVRETÉ AU COURS D'UNE ÉPIDÉMIE DE DIPHTÉRIE EN 1856 . PHOTO JOSÉ CARUCI / AP

Il y a proportionnellement plus de femmes chefs d'Etat en Amérique latine qu'en Europe ou en Amérique du Nord. De quoi dépoussiérer l'image d'Epinal d'un «continent» de machistes barbus à la virilité agressive et discriminatoire. Reste à vérifier si l'arbre Bachelet ne cache pas une forêt de malentendus.

VIOLETA BARRIOS DE CHAMORRO RÉPUBLIQUE DU NICARAGUA DE 1990 À 1996
PHOTO PHOTO EL NUEVO DIARIO
Michelle Bachelet a en effet déjà occupé le fauteuil de premier magistrat du Chili de 2006 à 2010. D'autres femmes latinoaméricaines l'avaient précédée, Violeta Chamorro au Nicaragua, et Mireya Moscoso à Panama dans la période récente. Mais derrière le rideau des présidentes, trouve-t-on beaucoup de femmes, siégeant dans les Assemblées parlementaires? Les femmes latino-américaines participent-elles de façon paritaire à la vie politique de leurs pays?

MIREYA ELISA MOSCOSO RODRÍGUEZ DE ARIAS PRÉSIDENTE DU PANAMA DE 1999  À 2004  

La statistique, elle existe, a été publiée en 2012 par la CEPAL, la Commission économique des nations unies en Amérique latine. Elle confirme le rapport de forces constaté aux sommets de l'Etat. 23% des députés et sénateurs latino-américains sont de sexe féminin. C'est un tout petit peu plus qu'en Europe (20,5%), nettement mieux que dans les pays arabes (13,5%), mais beaucoup moins que chez les Scandinaves (42,3%). Il y a là effectivement matière à comparer et à méditer.


PORTRAIT DE ANTONIA SANTOS  GOUACHE DE ROBERTO PÁRAMO TIRADO (1910)

L'Amérique latine a depuis longtemps honoré ses «mères courage». Certaines comme la péruvienne Manuela Saénz Aizpurru ont partagé les combats de l'indépendance, avec Simon Bolivar. Ici et là, les femmes victimes du colonisateur, comme la colombienne María Antonia Santos, ont leur place dans les livres d'histoire nationale. D'autres à l'image d'Adela Velarde Pérez, «Adelita», femme soldat mexicaine, a laissé un nom et un chant symbolisant la Révolution. Les combattantes des dernières années du millénaire passé, Rigoberta Menchu, et les Mères argentines de la Place de mai ont sans doute perpétué et actualisé l'aura des vierges consolatrices , vénérées du sanctuaire mexicain de Guadalupe, au nord, à ceux brésilien de l'Aparecida et de Lujan en Argentine. Leurs combats ont forcé, puis entrebâillé les portes du pouvoir. Michelle Bachelet a en a incontestablement bénéficié.
ADELA VELARDE PÉREZ, PLUS CONNUE COMME «ADELITA»  INFIRMIÈRE ET ACTIVISTE DE LA RÉVOLUTION MEXICAINE, NÉE LE 8 SEPTEMBRE 1900, DANS LA VILLE JUÁREZ, CHIHUAHUA ET DÉCÉDÉE  EN 1971 AUX ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE. 
Il reste malgré tout encore bien des interrogations. Beaucoup de femmes latino-américaines sont victimes de violences. Les viols et assassinats ont défrayé la chronique policière ces dernières années au Mexique et en Amérique centrale. Ciudad Juárez, particulièrement concernée en est devenue le symbole. Un symbole qui a fait l'objet de mobilisations nombreuses au Mexique ayant bénéficié de soutiens internationaux. La directrice de l'ONU femmes pour l'Amérique latine, Moni Pizani, l'a dénoncé. Elle a considéré «scandaleuse», l'impunité accordée aux auteurs de ces crimes, au Mexique comme ailleurs en Amérique latine.

Selon les Nations unies, il y aurait eu en 2011 dans huit pays de la région 1139 homicides de femmes. Et seuls 10% des auteurs de ces crimes auraient été mis en examen. Le Haut Commissariat de l'ONU pour les droits humains et l'ONU femmes travaillent actuellement à la mise en forme d'un protocole visant à réduire les morts violentes de femmes en raison de leur genre en Amérique latine.


La violence culturelle, héritage cultuel, reste et de loin un point sensible. Les interdits transmis pendant plusieurs siècles par l'Eglise catholique, sont aujourd'hui relayés par les nouvelles religions évangélistes et pentecôtistes. L'une et les autres ont jusqu'ici donné de la voix avec succès, mobilisant efficacement leurs affiliés à chaque consultation électorale. La maîtrise de leur corps par les femmes, le droit à interrompre volontairement leur grossesse, n'est pas ou peu reconnu. Avec comme conséquence la mort de milliers de femmes condamnées à des avortements clandestins. Le taux des interruptions de grossesse pratiquées dans ces conditions était en 2008 selon la revue médicale, The Lancet, de 32/1000 en Amérique latine. Il était à la même époque, selon la même source de 12/1000 en Europe de l'ouest. Dans cinq pays, le Chili, le Honduras, le Nicaragua, la République Dominicaine, le Salvador, l'interdiction est absolue. Les contrevenantes et ceux qui les auraient aidées sont passibles de longues peines d'emprisonnement.

D'autres Etats posent aux femmes des conditions vérifiées par des tiers, médecins ou juges. Ces conditions concernent la vie des mères en Bolivie, Guatemala, Haïti, Surinam. Elles peuvent dans certains pays, l'Argentine, le Brésil, la Colombie, l'Equateur, avorter après un viol, ou une grave anomalie du fœtus. Un pays, l'Uruguay, et au Mexique la capitale fédérale, reconnaissent seuls le libre arbitre des femmes en la matière. La Cour interaméricaine des droits humains réagissant à la situation dramatique d'une jeune fille violée et enceinte d'un bébé atteint de malformations graves a interpellé le 29 mai 2013 les interdits sur l'IVG en vigueur au Salvador.

« BASTA (ASSEZ, ÇA SUFFIT) DES ROSAIRES DANS NOS OVAIRES ! »

Les évolutions sont donc réelles, mais très lentes et paradoxales. Elles sont indépendantes des orientations sociales et idéologiques des gouvernants. Leur gêne et leur tendance à esquiver les débats portant sur ces questions constituent un dénominateur commun inavoué. Augusto Pinochet, le dictateur chilien, avait fait inscrire dans le code sanitaire, l'interdiction de l'avortement. Au tournant du millénaire, le Pérou autoritaire d'Alberto Fujimori avait résolu le problème en amont, en pratiquant la stérilisation forcée et à grande échelle des femmes les plus pauvres. Daniel Ortega, responsable historique du Front sandiniste de libération nationale, pour être réélu président a passé un accord en 2006 avec l'épiscopat catholique et fait voter l'abolition de la loi d'interruption de grossesse en vigueur au Nicaragua depuis 1893. La candidate écologiste aux présidentielles de 2010 au Brésil, Marina Silva, conformément à ses engagements évangélistes s'était prononcée, à titre personnel, contre toute libéralisation. Dilma Rousseff, élue cette année là, au nom du PT, considérée ouverte au changement, s'était tue. Tout en se déclarant favorable à un débat de société, le chef de l'Etat bolivien, Evo Morales, a déclaré le 19 juillet 2013, qu'à titre personnel, il «considérait que l'avortement était un délit».

L'Amérique latine est un sous-continent encore très religieux. Le pape argentin élu en 2013 est au cœur de cette réalité porteuse de contradictions. Sensible au désarroi matériel des plus pauvres, évêque de Buenos Aires, il n'a pas hésité à donner de la voix contre toute évolution annoncée sur l'IVG et les lois concernant les minorités sexuelles. Il est sur ce point en accord avec le président progressiste de l'Equateur Rafael Correa, qui d'ailleurs a été l'un des premiers à visiter le Souverain Pontife au Vatican. «La Constitution», désormais, a-t-il indiqué le 27 mai 2013, «reconnaît l'union de fait entre deux personnes de même sexe. (..) Elle condamne l'homophobie. (..) Mais nous nous sommes rendu compte que cela ouvrait la voie à une stratégie pour obtenir le droit de mariage entre personnes de même sexe. J'ai toujours dit que je n'étais pas d'accord. Et ensuite il y a l'adoption. Sincèrement je pense que les enfants doivent être adoptés par des familles traditionnelles. (..) Pour l'immense majorité le mariage gay des questions comme le mariage gay, l'identité de genre, ne sont pas prioritaires».

Pourtant l'indépendance des juges, l'un des acquis du retour de la démocratie, est en train de faire bouger les lignes, dans plusieurs pays, comme le Brésil et la Colombie. Michelle Bachelet, encore candidate à la présidence du Chili, mettant en avant ses responsabilités antérieures concernant les droits des femmes à l'ONU, a prudemment annoncé une évolution: «le monde a avancé, a-t-elle déclaré, je pense qu'au Chili aussi la famille a changé».

samedi 22 février 2014

PIERRE DUBOIS, UN PRÊTRE FRANÇAIS AU CHILI. 50 ANS AU SERVICE DU MONDE OUVRIER

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LE PRÊTRE PIERRE DUBOIS S'INTERPOSE ENTRE LES POLICIERS ANTI-ÉMEUTE ET DES MANIFESTANTS, POUR EMPÊCHER LES FORCES DE RÉPRESSION D’ENTRER DANS LE QUARTIER PAUVRE DE LA VICTORIA, QUI MANIFESTE SON OPPOSITION À LA DICTATURE D’AUGUSTO PINOCHET. CETTE IMAGE CAPTÉE LE 27 MARS 1984 AU CHILI A FAIT LE TOUR DU MONDE. PHOTO INÉS PAULINO  
Il est intéressant de constater que Dubois n’a pas été concerné par les évolutions plus radicales du catholicisme au Chili, notamment au début des années 1970 : ni les partis politiques chrétiens de gauche (MAPU, Izquierda Cristiana), ni le mouvement Cristianos por el Socialismo, ni la théologie de la libération ne sont mentionnés dans ses « Circulaires». Mais il va suivre son propre chemin de «radicalisation», notamment pendant les années 1980, quand la répression du régime dictatorial du général Pinochet s’acharne contre les habitants de la población La Victoria, dont il était devenu le curé, avec l’aide d’un autre prêtre français, André Jarlan. Les deux Fidei donum sont des partisans convaincus de la résistance antisystémique non violente ; selon une formule d’André Jarlan que son ami Dubois citait souvent, « On n’arrête pas le capitalisme par un fleuve de sang, mais en coupant le fleuve d’argent qui l’alimente ». La tentative des deux prêtres de protéger les habitants contre la répression conduira, en 1984, à l’assassinat, par les carabiniers, d’André Jarlan, et, en 1986, à l’expulsion de Pierre Dubois du Chili. Ces événements dramatiques auront un impact considérable en France, mais cet aspect est peu documenté dans le livre. À ce moment, Dubois donnera un interview au journal La vie mutualiste (décembre 1986), qui reprend, à sa manière, certains thèmes de la théologie de la libération : « Notre action a nécessairement des conséquences politiques. Mon but, c’est de rendre le peuple solidaire, qu’il ne soit pas à genoux en attendant l’aumône, mais debout et prenant la responsabilité de son destin ».

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LE PRÊTRE PIERRE DUBOIS. LE 27 MARS 1984 AU CHILI. PHOTO INÉS PAULINO  

Après la fin de la dictature, Pierre Dubois revient au Chili (1990) où il est reçu avec enthousiasme par ses paroissiens de La Victoria. Le Président (socialiste) Ricardo Lagos lui attribue la nationalité chilienne en 2001.

Le livre est enrichi par divers documents du Comité épiscopal France Amérique Latine (CEFAL) et par un intéressant album de photos, où l’on voit la foule devant la cathédrale au moment des obsèques d’André Jarlan, des policiers effaçant un mural populaire en hommage à André Jarlan à La Victoria, Pierre Dubois s’interposant entre les carabiniers et les manifestants (il sera tabassé et arrêté par la police), ainsi que... Jean Paul II reçu par le général Pinochet lors de sa visite au Chili (1987).

vendredi 21 février 2014

L'«ONCLE SIMÓN». TONADA DE LUNA LLENA


[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]
 « TONADA DE LUNA LLENA » : PAROLES ET MUSIQUE DE SIMÓN DÍAZ, DANS UNE INTERPRÉTATION DE CAETANO VELOSO  
 DURÉE : 00:04:38

    L'«ONCLE SIMÓN». LA VACA MARIPOSA


    [ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]
     « LA VACA MARIPOSA » : PAROLES ET MUSIQUE SIMÓN DÍAZ.
     DURÉE : 00:02:36 

      LE VENEZUELA PLEURE SON «ONCLE SIMÓN»



      PLACIDO DOMINGO INTERPRÈTE « CABALLO VIEJO » EN COMPAGNIE DE SON COMPOSITEUR SIMON DIAZ ET DE L'ORCHESTRE SYMPHONIQUE JUVÉNILE DE VÉNÉZUÉLA, DANS LE THÉÂTRE TERESA CARREÑO DE CARACAS

      Assu de la tradition llanera (rurale), Díaz était
      SIMÓN NARCISO DÍAZ MÁRQUEZ
      devenu célèbre dès les années 50 avec ses émissions de radio qui mêlaient chants du terroir et histoires drôles. Seul avec son cuatro (petite guitare à quatre cordes), il fait connaître les tonadas que chantent les éleveurs à leur bétail. 










      [ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]

      « TONADA DE LUNA LLENA » : PAROLES ET MUSIQUE DE SIMÓN DÍAZ, DANS UNE INTERPRÉTATION DE CAETANO VELOSO  
       DURÉE : 00:04:38

      SIMÓN DÍAZ ET CAETANO VELOSO

      Son personnage de Tío Simón (Oncle Simon) dans les émissions de télé pour enfants le rend encore plus populaire. En avril 2006, Devendra Banhart confiait à Libération: « Il ne se passe pas une journée sans que j’écoute Simón Díaz. C’est mon narcotique. Il a changé ma vie, il a rempli un espace magique en moi.» 

      jeudi 20 février 2014

      QUATRE RÉSISTANTS CHOISIS PAR M. HOLLANDE POUR ENTRER AU PANTHÉON

      GERMAINE TILLION, ETHNOLOGUE ET RÉSISTANTE
      Tout en respectant la stricte parité, le groupe d'entrants se révèle sans surprise en ouvrant le sanctuaire national de la montagne Sainte-Geneviève à des figures symboliques assez peu connues du grand public, majoritairement des intellectuels, qui tous ont en commun d'avoir lutté contre le nazisme et la collaboration.

      « UN CHOIX NORMAL »

      GENEVIÈVE DE GAULLE, 20 NOVEMBRE 1998.
      PHOTO JEREMY BEMBARON
      Ni la Révolution française ni la Grande Guerre ne figurent à ce palmarès. De même sont écartées certaines figures peut-être moins fédératrices ou plus à gauche, comme la chanteuse noire, résistante et tiers-mondiste Joséphine Baker ou les vingt-deux résistants communistes fusillés du groupe Manouchian. Pour l'historien Vincent Duclert, la présence renforcée des femmes était attendue, «même si les entrantes n'étaient pas connues pour leur féminisme. Mais on est sur la bonne voie ». Pour lui, «honorer la Résistance et les luttes d'avant ou d'après est une bonne idée par les temps qui courent».

      Un « choix de synthèse », estime l'historien Pierre
      PIERRE BROSSOLETTE 
      Nora. Caractéristique de François Hollande, dit-il. « Un choix normal », renchérit l'écrivain et philosophe Régis Debray qui avait plaidé pour Joséphine Baker, car « cette sirène des rues » aurait pu « nous aider à dégeler les urnes et les statues, à mettre un peu de turbulence et de soleil dans cette crypte froide et tristement guindée ». Selon l'éditorialiste néoconservateur américain et francophile Christopher Caldwell, « la deuxième guerre mondiale est donc le dernier sujet sur lequel les Français peuvent faire consensus».

       JEAN ZAY, MINISTRE FUSILLÉ PAR LA MILICE
      La procédure adoptée pour dégager des lauréats peut être jugée moins classique que le résultat. En effet pour la première fois dans l'histoire des panthéonisations qui, depuis 1958, relève de la seule volonté présidentielle, François Hollande avait confié à Philippe Bélaval, président du Centre des monuments historiques, le soin de rédiger un rapport sur le thème (« Pour faire entrer le peuple au Panthéon », remis le 10 octobre 2013) et de lui faire des suggestions.