vendredi 14 février 2014

53 EX-AGENTS DE LA DINA INCULPÉS POUR MASSACRE DE LA DIRECTION CLANDESTINE DU PARTI COMMUNISTE EN 1976

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MANUEL CONTRERAS EN 2005, LORS D'UN PROCÈS À SANTIAGO DU CHILI.  PHOTO  MARTIN BERNETTI
Comme des centaines d’autres prisonniers politiques au Chili, leurs cadavres ont disparu ensuite. Ce n’est qu’en 2012, et après onze ans d’expertises qu’il a été possible d’identifier quatre des disparus, dans des vestiges osseux récupérés en 1987 au fond d'une mine désaffectée à l’ouest de Santiago, dans la zone de Cuesta Barriga.

La longue procédure pénale pour l’enlèvement, tortures et le massacre de la 2ème direction clandestine du PC avance ainsi d’une étape, dans l’attente d’un verdict de première instance.

Le juge a aussi demandé à la Cour d’obtenir de l'Australie l'extradition de l’ancienne « secrétaire » de Manuel Contreras, Adriana Rivas González, agente de la Brigade « Lautaro » accusée aussi dans ce dossier, et sur qui pèse un ordre de capture internationale.

L’Association des familles des détenus disparus a manifesté son scepticisme face à la possibilité réelle de faire justice, en considérant surtout les bénéfices récents de grâce et de mise en liberté partielle récemment accordés aux bourreaux condamnés pour crimes de lèse humanité sous la dictature, notamment ceux de « l’affaire des égorgés ».

Des découvertes et révélations relativement récentes, ― en regard de l’ancienneté du dossier ―, ont permis de connaître au sein de la DINA les agissements de la « Brigade Lautaro » et ses unités « Mehuín » et « Delfín », sous les ordres directes du colonel Manuel Contreras et issues essentiellement de la troupe chargée de sa sécurité rapprochée. Ces unités ultra secrètes avaient la mission prioritaire de pourchasser les militants communistes, d'arrêter et d’annihiler physiquement leurs dirigeants dans le but de désarticuler le parti.


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Des nombreuses femmes, recrutées dans les forces armées et la police ont participé dans ces véritables opérations d’extermination. En effet, malgré qu’elles figurent souvent dans le rôle prétendu de secrétaires du directeur de la DINA, ces agentes ont participé directement des razzias de la « Brigade Lautaro », et ont pris part aussi dans les horribles tortures et la froide exécution des victimes.

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ADRIANA ELCIRA RIVAS GONZALEZ, EX AGENT DE LA DINA, MEMBRE DE LA BRIGADE LAUTARO, L’UNITÉ SECRÈTE D’EXTERMINATION CONSTITUÉE PAR LA GARDE RAPPROCHÉE DU GÉNÉRAL MANUEL CONTRERAS, RESPONSABLE DE TRÈS NOMBREUX CRIMES. ELLE A ÉCHAPPÉE A LA JUSTICE CHILIENNE EN 2010 ET HABITE EN AUSTRALIE.

C’est le cas d’Adriana Rivas González, dont la demande d’extradition a été faite à l’Australie, de Berta Jiménez, Celinda Aspe et Gladys Calderón, surnommée « docteur Hoffmann », qui administrait des injections létales aux prisonniers en fin de parcours.

La « Brigade Lautaro », la plus nombreuse et la plus secrète de la DINA, était aussi celle qui comptait le plus d’effectif féminin dans ses rangs, et sur les 52 accusés récemment par le tribunal chilien, onze sont des femmes tortionnaires.

mardi 11 février 2014

CLAIRE DUHAMEL, UNE BELLE VIE

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CLAIRE DUHAMEL
Elle était comédienne. Elle avait beaucoup tourné dans sa jeunesse, avec Yves Ciampi, Alain Resnais, François Truffaut. Mathieu Amalric l'avait convaincue de revenir à la fin des années 90.


Dès 1948, en effet, elle débute dans Le Droit de l'enfant et elle est à l'affiche en 1951 d'un film alors célébrissime, Un grand patron d'Yves Ciampi, avec Pierre Fresnay.


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AFFICHE DU FILM  «DOMICILE CONJUGAL»

Citons aussi Rue du Havre de Jean-Jacques Vierne.
Avec Alain Resnais qui adorait son esprit, sa vivacité, sa beauté radieusej, elle joue dans La Guerre est finie (1966) et dans Je t'aime, je t'aime (1968).

Mais c'est avec François Truffaut qu'elle devient très connue : elle compose les mamans dans Baisers volés et dans Domicile conjugal (70).

C'est Mathieu Amalric qui lui aura offert son dernier rôle dans Mange ta soupe (97).

Dans Baisers volés (DR) Madame Darbon, la maman de Claude Jade.

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CLAIRE DUHAMEL JOUANT MADAME DARBON DANS «BAISERS VOLÉS»
Mais c'est au théâtre que cette femme au radieux sourire avait trouvé son univers, jouant sous la direction de nombreux metteurs en scène dans des registres très divers : Salacrou, Marivaux, Brecht, Molière, Ionesco. Mais c'est avec Antoine Bourseiller et Jean-Louis Barrault, en particulier qu'elle avait trouvé sa plus profonde famille d'esprit. 

Ce dernier l'avait choisie comme administratrice du Théâtre des Nations en 1971. Elle suivit la compagnie Renaud-Barrault, devenant son administratrice-secrétaire générale de 1972 à 1982, les années Orsay.

Attachée culturelle à Santiago du Chili dans les années sombres de la dictature, elle avait été un recours pour de nombreux artistes et notamment Andres Perez Araya, qui abait obtenu une bourse pour venir en France, avait intégré le Théâtre du Soleil y interprétant de grands rôles (Chou En-Laï, Khieu Samphan, Gandhi) avant de retrouver son pays et d'y faire un travail éblouissant.  Cet artiste militant et ultrasensible s'est éteint brutalement en 2002.

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CLAIRE DUHAMEL
De retour en France en 1986, Claire Duhamel fut chargée de missions pour le Festival d'Automne et pour les Francophonies, ainsi que dans le cadre du Bicentenaire de la Révolution française, aidant toujours également son cher Théâtre du Soleil et animant ensuite l'ARTA.

Une grande figure du monde de la culture et du théâtre en particulier. C'est à sa famille que l'on pense aujourd'hui. La vie de Claire Duhamel aura été une vie très remplie, au service des autres, mais sa vie ne fut pas épargnée par les drames.

Les obsèques de Claire Duhamel ont lieu mardi.


vendredi 7 février 2014

CHILI : LE VATICAN ENQUÊTE SUR UN ÉVÊQUE ACCUSÉ DE PÉDOPHILIE

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IMAGE ILLUSTRANT LA LUTTE CONTRE LES ABUS SEXUELS
«C'est l'évêque de San Felipe en personne, Cristián Contreras, qui a exprimé le désir que le Saint Siège enquête sur la véracité de dénonciations dont il a fait l'objet faisant état d'atteintes graves présumées contre la morale et ses obligations » religieuses, indique un communiqué de l'évêché de San Felipe, publié par la Conférence Episcopale du Chili.


Dénonciation par trois prêtres
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LE PRÊTRE MARIANO LABARCA 
Mgr Contreras a qualifié ces dénonciations de «complètement infondées » et assure être victime d'une vengeance de ses pairs. Sur la radio locale Aconcagua, l'évêque a voulu s'expliquer :

« On me fait payer le fait que je n'ai pas hésité à poursuivre des prêtres qui ont réellement commis des abus et qui ont été condamnés »

L'affaire a été révélée par le Centre d'Investigations Journalistiques (Ciper) qui a précisé que l'Archevêché avait reçu des dénonciations de la part de trois prêtres accusant l'évêque d'avoir commis des abus sexuels, en particulier sur un adolescent de 15 ans.

La Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), instance du Vatican chargée de superviser ces cas, a envoyé deux émissaires mexicains au Chili pour mener l'enquête, selon le Ciper.

L'enquête vise également le prêtre chilien Mariano Labarca, ex-supérieur de l'ordre des Mercédaires, dont fait également partie Mgr Contreras, et qui a été sommé par le Vatican de quitter ses fonctions à l'église de San Pedro Nolasco à Bogota, en Colombie, en mai 2013 en raison d'allégations d'abus sexuels.

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GRAVURE GUSTAVE DORÉ. MARC  10,13-15
Critiques de l'ONU

Mercredi le Vatican a été sévèrement dénoncé par l'ONU pour sa politique face aux abus sexuels du clergé.

Le Comité des Droits de l'enfant des Nations unies a notamment souligné "sa profonde préoccupation quant aux abus sexuels d'enfants par des membres de l'Église catholique placés sous l'autorité du Saint-Siège, avec des religieux impliqués dans l'abus de dizaines de milliers d'enfants dans le monde".

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DESSIN D'ARCADIO 
Une vingtaine de religieux ont fait l'objet de procédures ou ont été associés à des cas d'abus sexuels présumés ces dernières années au Chili, dont cinq ont été condamnés.

En octobre 2012, le Vatican avait accepté la démission de Mgr Marco Antonio Órdenes Fernández, évêque de Iquique (Chili), qui était soupçonné d'abus sexuels sur des adolescents.

jeudi 6 février 2014

A BORDEAUX, POUR CÉLÉBRER LA PREMIÈRE ABOLITION DE L'ESCLAVAGE

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DÉCRET N.° 2262 DE LA CONVENTION
NATIONALE, QUI ABOLIT L'ESCLAVAGE
Un acte politique fort, aussi, dans cette ville qui peine à regarder avec lucidité son passé de port négrier, important noeud du commerce triangulaire qui a façonné le monde atlantique et bouleversé le cours de l'histoire européenne. Prenant la parole, le président de la Fondation du Mémorial, Karfa Diallo, a rappelé que « La France et l'Europe se sont acclimatées à l'inhumanité de l'esclavage, pendant quatre siècles ». Puis il a rendu hommage aux hommes de l'an II, « à ceux, esclaves et abolitionnistes, qui s'élevèrent contre l'infâme commerce ». Après que les participants eurent jeté des fleurs là même d'où parti la première expédition négrière répertoriée, en 1672, l'assistance s'est retrouvée au Centre des congrès, pour une soirée consacrée à ce 16 pluviose qui fut sans aucun doute un moment clé de la Révolution française.

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JEAN-BAPTISTE BELLEY, DÉPUTÉ DE
SAINT DOMINIQUE À LA CONVENTION. 
La projection de « La liberté générale », second volet d'une trilogie documentaire écrite par l'historien Marcel Dorigny et réalisée par Didier Rotten, a ouvert les débats. Ce film retrace la parenthèse qui sépare cette première abolition du rétablissement de l'esclavage par Napoléon, en 1802. Autour de la table ronde qui a suivi, Karfa Diallo, Marcel Dorigny, Daniel Voguet, président de l'association
« LA LIBERTÉ GÉNÉRALE, CHRONIQUES
DE LA PREMIÈRE ABOLITION DE
L'ESCLAVAGE 1794-1802 », DIDIER ROTEN,
MARCEL DORIGNY, BERNARD GAINOT
EUROPE FRANCE  
 des descendants d'esclaves noirs et leurs amis (ADEN) et Lydia Samarbaksh, responsable des relations internationales du PCF, ont insisté sur la nécessité de perpétuer la mémoire de cette première abolition. « Malgré les intérêts puissants et le lobby des colons qui s'y sont opposés, travaillant en coulisses à le défaire, le décret de Pluviose constitue une rupture. Cette abolition ne prévoyait pas d'indemnisation des colons », a rappelé l'historien. L'avocat Daniel Voguet est longuement revenu, de son côté, sur « le bouleversement du monde induit par la colonisation des Amériques, l'extermination des Indiens et la déportation d'esclaves noirs ». La traite esclavagiste a « façonné un nouveau système économique » et servi de matrice à « l'idéologie raciste ravalant des êtres humains au rang de biens meubles », a-t-il exposé.

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« MOI LIBRE AUSSI. »1794,  PAR LOUIS DARCIS
Tirant l'alarme sur la mise en cause des principes républicains dont la France est aujourd'hui le théâtre, Lydia Samarbaksh a revendiqué, pour aujourd'hui,  l'héritage révolutionnaire et rébublicain des hommes de l'an II. « La droite la plus haineuse a repris la rue, avec des mots d'ordre racistes. Cette déferlante tétanise le reste du pays. Ils sont minoritaires mais dominent idéologiquement en raison du brouillage des repères » entretenu par l'équipe au pouvoir, a-t-elle exposé, avant d'aborder la question de la « dette politique et économique » contractée par la France auprès de ses ex-colonies. Tout au long du débat, c'est bien la question de la lutte contre le racisme qui a affleuré. « Le racisme va puiser loin dans l'histoire sombre de notre pays, avec sa politique coloniale, ses racines, pour grandir sur le terreau de la misère, de la peur du lendemain », avait résumé, en préambule, le secrétaire fédéral du PCF, Sébastien Laborde. D'où l'importance de cette commémoration qui « adresse un message aux vivants ».

mercredi 5 février 2014

VIOLETA PARRA CHILIENNE DE VIE

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GILBERT FAVRE (À GAUCHE) AVEC VIOLETA PARRA ET JEAN-PIERRE FAVRE DANS UN VILLAGE ENTRE PARIS ET GENÈVE EN 1961.

« Elle n'était pas facile à vivre, surtout pour ses amoureux »

Son fils aîné, Angel Parra, lui aussi chanteur, est exilé politique à Paris depuis 1974. Il se souvient de la dernière fois qu’il a vu sa mère : « Trois jours avant son suicide, je suis allé la voir dans son chapiteau, sur les hauteurs de Santiago [NDLR : où elle animait un centre culturel]. Le soleil était haut, elle venait de se laver les cheveux avec des herbes. Il y avait comme un halo de lumière autour d’elle. » Dans le film biographique réalisé par le Chilien Andrés Wood, la vie de Violeta est racontée sous son angle le plus sombre. L’actrice et chanteuse chilienne Francisca Gavilan y incarne une Violeta malheureuse, mère endeuillée, épouse délaissée, artiste torturée qui finit par se tuer d’une balle dans la tête à l’âge de 49 ans. « Malgré tout, ma mère a eu une vie heureuse, intense. Elle se levait à 5 heures du matin et elle composait à la guitare. Ça m’empêchait de dormir mais c’était très beau. Elle était assez stricte, pas facile à vivre, surtout pour ses amoureux ! » 

Enfant, Angel Parra devient l’assistant de sa mère, il la suit sur les routes. « On travaillait dans le cirque de ma tante. C’était un autre monde. Le seul moyen d’expression était la musique. » En 1954, Violeta abandonne enfants et mari pour partir en Pologne, invitée d’un festival des jeunesses communistes. Elle restera deux ans en Europe. Une absence d’autant plus cruelle que sa fille de 6 mois, restée au Chili sous la surveillance d’Angel, meurt brutalement d’une méningite. Violeta multiplie les formes d’expression : peinture, poésie, tapisserie. A Paris, elle est exposée au musée du Louvre au début des années 60. Elle vit alors avec un anthropologue suisse, Gilbert Favre, pour qui elle écrit ses plus belles chansons d’amour. «Un jour, il en a eu marre des flûtes en bois, des Indiens, du Chili et il a envoyé balader tout le monde. » Cette rupture provoque le geste désespéré et la mort de Violeta.


Mais le Chili n’a pas oublié. Aujourd’hui, restent deux magnifiques chansons composées à Paris : « Que vivan los estudiantes » et « Arauco tiene una pena », les préférées d’Angel. « Ma mère n’était pas Jeanne d’Arc. Son engagement était dans la vie quotidienne. Son travail de compilation des mélodies et des textes de la culture populaire chilienne est un acte politique. » Une mémoire et un héritage portés par les enfants d’Angel, devenus des musiciens célèbres au Chili. En 2012, dans les rues de Santiago, ce sont les chansons de Violeta que les étudiants reprennent lors des manifestations. Le plus beau des hommages.

vendredi 31 janvier 2014

CHILI: LE GÉNÉRAL SERGIO JIMÉNEZ, INCULPÉ POUR L'ASSASSINAT DU PROFESSEUR LEOPOLDO BENÍTEZ

LEOPOLDO BENÍTEZ HERRERA 
Quarante ans après l’assassinat de Leopoldo Raúl Benítez Herrera, un juge a inculpé le responsable présumé. Le juge Hernán Crisosto a mis en accusation le géneral retraité Sergio Jiménez Albornoz pour la mort de Leopoldo Benítez le 17 septembre 1973.


Le magistrat de la Cour d'Appel de Santiago chargé de l’affaire, Hernán Crisosto, a dicté une mise en accusation pour l'homicide qualifié de Leopoldo Benítez Herrera, assassiné le 17 septembre 1973.

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LE PROFESSEUR LEOPOLDO BENÍTEZ HERRERA
Le jugement indique que « dans le cadre d'une répression sélective des sympathisants du gouvernement déchu, un groupe d'effectifs appartenant à l'École de Sous-officiers de Carabiniers, à l'époque "Centre de Perfectionnement des Sous-officiers", sous le commandement d'un officier, procéda à la perquisition du domicile et  à la capture de Leopoldo Benítez, contre  son gré, dans un autocar de Carabiniers ».

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L'ANCIEN  GÉNÉRAL  CHILIEN 
SERGIO JIMÉNEZ ALBORNOZ, 
ACCUSÉ  DE  L'HOMICIDE DE 
LEOPOLDO BENÍTEZ HERRERA 

Le 24 septembre 1973, le corps sans vie de Benítez Herrera fut trouvé par des parents, dans le service Médico-légal de Santiago. Selon le rapport d'autopsie,  la mort avait été causée par « des blessures multiples par balle ».

Conformément à l'expertise de la Cour, ces faits «sont constitutifs du délit d'Homicide Qualifié sur la personne de Leopoldo Raúl Benítez Herrera, prévu et sanctionné dans le cadre de l'article 391 N° 1° du Code Pénal, en vigueur au moment des faits, qui prouve que des tiers lui ont donné la mort par traîtrise, en l'abandonnant sur la voie publique ».

ARRESTATION DE MARIE EMMANUELLE VERHOEVEN À HAMBOURG

Lors de son passage au Nicaragua en 1984, où elle était représentante d'une ONG française soutenant les mouvements de libération d'Amérique latine, Marie Verhoeven aurait fait la connaissance de plusieurs combattants chiliens et se serait liée d'amitié avec les hommes qui ont constitué plus tard l'hiérarchie du FPMR, scindé du Pc en 1987. Arrivée au Chili en 1985, Mme Verhoeven se serait mis en couple avec un officier du FPMR, et c’est dans sa maison de la rue Brasil, à Santiago, que se réunissait la direction nationale du Front en 1986 et 87.

Selon la police d’investigations chilienne, PDI, sous le nom de guerre de « commandante Ana », Marie Verhoeven faisait partie de la direction nationale du FPMR quand Jaime Guzmán a été assassiné, le 1er avril 1991. Elle était alors le numéro 6 dans l’organigramme du FPMR, chargée d'intelligence et ensuite porte-parole. D’après l’enquête, elle aurait aidé les auteurs de l'attentat dans leur fuite.

Et pourtant, les anciens militants de l’appareil armé ne reconnaissent pas Marie Verhoeven comme une des siens, démentent qu’elle ait eu des responsabilités et l’identifient tout au plus comme une sympathisante qui aurait approché quelques dirigeants par ses contacts personnels avec l’un d’eux. Elle aurait alors eu accès à des renseignements sensibles qu’elle aurait pu transmettre aux autorités de l’époque. 

Le rôle précis de Mme Verhoeven demeure très ambigu, car des officiers de la PDI en charge de l’enquête ont déclaré qu’elle aurait été depuis début des années 90 une informatrice des services d'intelligence de la naissante démocratie. Certains proches du dossier ont laissé entendre qu’elle aurait été exfiltrée avec l’aide des policiers chiliens. Marie Verhoeven avait quitté le Chili en 1995 et elle est réapparue en 2010 à Nantes, ville du nord de la France. 

Le ministère public d’Hambourg est maintenant dans l’attente de la demande formelle d’extradition du Chili de l’hypothétique ancienne combattante.

Complice objective du sanglant putsch de 1973 et à la fois héritière de la longue dictature, la droite politique chilienne, pour laquelle le sénateur assassiné est une sorte de martyr, met un point d’honneur à la capture des coupables du meurtre et en a fait un objectif politique. Elle cherche aussi à démontrer l’amateurisme et les erreurs de son adversaire politique —la Concertation, la coalition du centre-gauche—, dans la gestion de la sécurité publique et la neutralisation des ex-combattants. Elle s’attend même à prouver des accointances coupables entre les responsables de la Concertation en poste à l’époque et les anciens militants des groupes armés qu’ils devaient désarticuler.

Plusieurs responsables de l’UDI, le parti de Guzmán, sont aujourd’hui, et encore pour quelques semaines, ministres ou occupent des postes de responsabilité à l’exécutif. Andrés Chadwick Piñera, ministre de l'intérieur —qui est au Chili le premier ministre—, cousin du président, ancien collaborateur de Pinochet, avocat, dirigeant du parti UDI et disciple de Jaime Guzmán, est par ailleurs associé et copropriétaire du cabinet d’avocats chargé des intérêts de la famille du sénateur Jaime Guzmán, partie civile du dossier.

Cette configuration singulière suffirait peut-être dans d’autres latitudes à constituer un flagrant conflit d’intérêts, et le seul fait qu’un membre du gouvernement prenne partie d’un dossier concernant son cabinet d’avocats soulèverait sûrement des questions sur de l’indépendance et l’impartialité de la justice.

La procédure judiciaire et administrative qui vient d’être entamée entre Santiago et Hambourg suit maintenant son cours, et elle va sans doute durer plusieurs semaines.