dimanche 27 septembre 2009

L’AMÉRICAIN QUI ACHÈTE LA PATAGONIE, AU NOM DE L’ÉCOLOGIE

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Véritable philanthrope, il veut faire de ces 300.000 hectares de forêts et montagnes, un réservoir de vie pour la faune et la flore. Plus de 70 espèces d’oiseaux, de mammifères disparus ailleurs, ont été répertoriés, comme par exemple le pudus, le plus petit cerf du monde qui mesure 40 centimètres de haut. Ce parc n’est qu’une part de son engagement dans la bataille écologique menée avec d’autres militants dans le monde : Douglas Tompkins est devenu un allié des organisations de défense de la nature.

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Mais au Chili, cette «philanthropie écologique» fait polémique : même s’il a promis de céder ses réserves naturelles au gouvernement, une fois qu’elles seront viables, ses opposants l’accusent d’avoir profité des faiblesses du pays pour s’en approprier les richesses. Ils lui reprochent d’empêcher le développement industriel de leur pays. Reste à attendre de voir ce que donnera ce parc protégé puisque les effets ne seront visibles qu’à long terme.

vendredi 25 septembre 2009

Dans la jungle de Calais avec les migrants expulsés par la police

Nous étions témoins depuis des mois de l'arbitraire policier à Calais, de l'usage systématique de l'intimidation, du gaz et des matraques. Nous avons constaté l'absurdité du système Dublin II qui balance les migrants d'un pays à l'autre comme des balles de ping-pong parce qu'aucun d'entre ces pays n'est en mesure d'assumer leurs demandes d'asile.

Nous avons noté à quel point le danger incarné par les passeurs n'est qu'un épouvantail agité pour légitimer la répression à l'égard des migrants. Nous avons surtout vu combien ces migrants nous ressemblent et ne cherchent qu'à se construire, n'importe où, un avenir décent et paisible, combien les clichés véhiculés contre eux tombent comme des feuilles à leur contact, lorsqu'on prend la peine de leur serrer la main, d'échanger avec eux un thé et de comprendre les causes et les conditions terribles de leur exil. Lorsque nous avons appris la décision du gouvernement de fermer la jungle de Sangatte (Eric besson, le 16 septembre 2009), nous étions donc légitimement en colère.

Nous étions une petite dizaine à partir à trois heures pour tenter l'impossible, à savoir protéger les migrants de la violence attendue des policiers. Nous avons constaté à notre arrivée que plus de 150 migrants étaient rassemblés autour de feux de camps, avec des banderoles en anglais et en pachto, exprimant leur envie de rester et d'être respectés, soutenus par de nombreux militants, dans une atmosphère pesante, dans l'attente de la destruction.

Panique et encerclement

A 7h30, nous avons vu les premiers fourgons arriver puis les policiers prendre position autour de la jungle pour bloquer tous les accès, au point que de nombreux Calaisiens ne pouvaient plus circuler à proximité de la zone des Dunes. Lorsque les policiers ont commencé à investir les lieux, une véritable panique s'est emparée des migrants. Après que certains ont essayé de fuir, la plupart s'est alors rassemblée. Notre premier réflexe, avec les autres militants présents, a été d'encercler les migrants avec des cordes et des banderoles afin de les protéger, ce qui n'était que symbolique face à l'horrible et implacable détermination de l'Etat.

Nous avons tous des souvenirs en commun avec ces migrants, nous avions à ce moment à l'esprit les moments passés avec eux. Nous avions dans notre dos des gosses de quinze ou seize ans accrochés à nous, effrayés et en larmes, pendant que les policiers essayaient de nous désolidariser. Après qu'ils ont arraché notre corde, nous avons formé une chaine humaine que les policiers ont rompu en nous tirant par les bras, les épaules, la tête, tout ce qu'ils pouvaient attraper.

Face à la violence toujours plus appuyée des policiers, la détresse des migrants allait crescendo et nous ressentions face à ça un sentiment de haine et de rage nous faisant oublier toute crainte des risques physiques ou juridiques, ce qui nous a permis à peu de tenir tête durant près de vingt-cinq minutes face à la répression, ceux de nous qui étaient dégagés revenant pour continuer de résister.
C'est l'Europe qui les insulte

Les policiers arrachaient les migrants au groupe, trainant certains d'entre eux sur le sol, qui nous regardaient implorant et apeurés. Ces regards étaient insoutenables pour nous qui auparavant y avions vu l'espoir, lorsque ces mêmes garçons nous racontaient leurs rêves et ambitions pour l'avenir. Dans cette rafle, les migrants ont été considérés et traités comme du gibier, déshumanisés et humiliés pour longtemps. Eux aussi ne risquent pas d'oublier ce qu'on leur a infligé ce matin. C'est l'Europe qui les a insultés dans leur dignité.

Tandis que la population du quartier se réjouit du « succès » de l'opération, nous déplorons que migrants et militants aient été l'objet d'un spectacle organisé pour les médias et l'opinion, dans le but de mettre en scène une mascarade politique visant à faire croire à une résolution du problème, alors qu'il ne s'agit que d'une triste opération de communication du gouvernement et de l'Union européenne.

Les journalistes ont été expulsés avec la même violence et une caméra a été détruite lorsque les policiers ont commencé à perdre patience face à l'opposition soutenue des migrants et militants. Les migrants essayaient eux aussi de résister, mais étaient davantage la cible des policiers lorsqu'ils tentaient de maintenir les lignes avec nous.

Nous posons la question : qu'est-ce que les autorités ont à craindre de la présence des journalistes ? Pourquoi les ont-ils éloignés ? Nous soupçonnons l'Etat de chercher à cacher au public sa façon d'agir et ses méthodes pour « résoudre » la question des migrants.

Nous tenons à dire que nous n'oublierons pas certaines images de violences et de détresse, qui renforcent notre détermination et notre mépris pour ce système qui génère chaque jour plus d'injustice. Ce que nous ressentons désormais, c'est l'étendue de notre impuissance et un dégoût prononcé pour les politiques actuelles.

Il est plus que temps de poser autrement la question des frontières, afin que chacun comprenne que la fermeture n'est ni une solution, ni un moyen démocratique de résoudre la catastrophe économique que nous vivons tous à cause du capitalisme. La crise n'est pas le fait des étrangers, légaux ou non, elle est partie intégrante d'un système qui se sert du chômage et des licenciements comme d'une variable d'ajustement pour une machine bancale.

Nous nous battons quotidiennement contre les politiques d'immigration actuelles, car elles ne sont que l'expression d'un individualisme insupportable et malheureusement ordinaire qui tend à faire de l'étranger un intrus responsable de tous les maux de capitalisme. La stigmatisation d'une population, si elle est suivie de mesures législatives et policières à son encontre (prise d'empreintes, fichage systématique, contrôle au faciès, dénis de droits élémentaires, mise en place de polices spécifiques, arrestations groupées et rafles…) ne peut aboutir qu'à la barbarie.

Ce qu'il s'est passé à Calais ce matin n'est pas une conséquence, mais un précédent. L'Europe n'en est ni à son premier ni à son dernier coup-bas…

Un auteur venu du Chili

Il a connu les années noires de la dictature, les camps du général Pinochet mais, comme il l'écrit lui-même, « il ne peint pas pour oublier mais pour se donner du bonheur et le partager ». Parmi les livres qu'il présentait, l'un d'eux relate son enfance dans les rues de Santiago, il dit que « la vie des autres n'était pas plus belle que la sienne ». Les photos de ses peintures apportent une vie supplémentaire pleine de « couleurs éprises de liberté ». Dans le second livre, il parle et présente les créations de vingt autres artistes poètes.

Petite affluence

Présent également, Marcel Pajot, artiste peintre, était venu exposer des dessins originaux qui illustraient les livres de Pierre Gonthier, écrivain et poète de Bergerac. Jacques Saraben présentait de magnifiques photos. Les autres auteurs ont apporté également des ouvrages variés et de qualité.

La fréquentation du salon a peut-être souffert de la présence de manifestations importantes le même jour, mais c'est avec un public intéressé que les auteurs ont favorisé les échanges. Ils étaient également unanimes pour dire leur plaisir d'avoir passé une agréable journée, reconnaître la parfaite organisation et l'accueil chaleureux, grâce à James Cabirol organisateur de cette manifestation, avec le concours de la municipalité et l'aide des bénévoles et des amis.

Martine Pauchet

mercredi 23 septembre 2009

CHILI: DÉBAT TÉLÉVISÉ POUR LES CANDIDATS PRÉSIDENTIELS, MAIS APRÈS LA SÉRIE

Sebastian Piñera, le candidat de droite favori des sondages, son principal rival l'ex-président Eduardo Frei, candidat du centre-gauche, l'outsider indépendant (ex-socialiste) Marco Enriquez-Ominami et deux candidats mineurs de gauche doivent débattre pendant 90 minutes sur la télévision publique.

Le débat, qui sera sans doute le seul avant le premier tour du 13 décembre, est programmé à 22H40 locales, heure tardive qui doit beaucoup au mystère autour d'"Elisa", héroïne malheureuse du feuilleton qui captive les Chiliens quatre soirs par semaine depuis avril, et se dénouera en novembre.

Cette série dramatique, centrée autour de la disparition et du meurtre d'une jeune fille fugueuse de la bonne société chilienne, bat des records d'audience, et les épisodes sont résumés et commentés le lendemain dans plusieurs quotidiens et sur internet.

Après "Elisa", les candidats débattront en quatre temps, répondant à des questions de journalistes, puis d'électeurs par internet, présentant ensuite leur programme, avant une discussion entre eux pour finir.

Pinera, un entrepreneur milliardaire de 59 ans, battu par la socialiste Michelle Bachelet en 2005, est cette fois favori des sondages pour mettre un terme à l'hégémonie du centre-gauche, dont une coalition gouverne à Santiago depuis la fin de la dictature il y a 20 ans.

mardi 22 septembre 2009

Trop alcoolisée, la Fête nationale a fait 29 mort au Chili

Le bilan, supérieur d'un mort par rapport à l'an passé, tient en majorité à des accidents de la circulation impliquant des conducteurs ou piétons sous l'emprise de l'alcool.

Les Fiestas patrias -qui célèbrent non l'indépendance en 1818, mais la réunion de la Première Junte nationale du Chili en 1810- sont chaque année l'occasion de banquets et de barbecues arrosés, dressés dans les parcs de villes et villages du Chili. (belga/cb)

lundi 21 septembre 2009

Un 11 septembre agité

“Le 11 septembre 2009 est l’un des plus violents que le pays ait jamais connus”, rapporte El Mercurio de Santiago. Selon les déclarations de la police et des services de renseignements, beaucoup d’armes à feu ont été utilisées par les manifestants. Le ministre de l’Intérieur a critiqué la présence de mineurs parmi eux. Il a également accusé des mouvements anarchistes et les trafiquants de drogue de profiter des événements pour semer le désordre.

Lors de la cérémonie traditionnelle au palais présidentiel, la présidente Michelle Bachelet (socialiste) a rappelé son engagement à continuer l’œuvre d’Allende, en insistant sur la consolidation des valeurs démocratiques, le développement économique et la justice sociale. Le chef de l’Etat a terminé son discours, en citant les derniers mots qu’Allende avait adressés aux Chiliens : “Vive le Chili, vive le peuple, vive les travailleurs !”

Le quotidien chilien La Nación relève que le discours de la présidente en fin de mandat est exactement à l’opposé de celui tenu par la droite. A trois mois de l’élection présidentielle, le candidat conservateur Sebastián Piñera, favori dans les sondages, a invité les Chiliens à “oublier le passé et [à] regarder vers le futur avec optimisme”. Un discours qui cherche à démarquer cette nouvelle droite, plus proche du milieu des affaires que de l’héritage politique de la dictature d’Augusto Pinochet. “Si les Chiliens veulent vraiment voter pour la droite, ils devront effectivement avoir la mémoire courte. Son candidat s’est en effet entouré d’anciens collaborateurs du régime militaire coupable de nombreuses violations des droits de l’homme”, rappelle La Nación.

Ce cuivre qui valait de l’or pour l’armée

La présidente du Chili, Michelle Bachelet, vient de signer un projet de loi visant à abroger la loi sur le cuivre, héritée de la dictature militaire d’Augusto Pinochet (1973-1990). Grâce à cette loi promulguée en 1976, l’achat d’armes en était venu à occuper une place privilégiée dans les dépenses de l’Etat chilien car, selon ses dispositions, les forces armées se voyaient réserver chaque année 10 % des recettes de la société d’Etat CODELCO, premier producteur mondial de cuivre, afin de se procurer du matériel. Pour la première fois depuis le retour de la démocratie, en 1990, ce régime spécial pourrait changer. Le budget de la défense serait soumis à une négociation parlementaire comme celui de n’importe quel autre ministère. “On en finit ainsi avec une zone de non-transparence pour le Congrès”, a souligné la présidence en signant le projet de loi, qui doit être soumis aux députés dans les prochains jours.

L’abrogation de la loi sur le cuivre aura deux effets immédiats. D’une part, elle assurera une meilleure transparence en matière de dépenses militaires. “Une fois le projet de loi adopté, nous aurons un système de financement moderne pour la défense nationale”, a assuré Michelle Bachelet. D’autre part, en ce qui concerne l’acquisition d’armes, les militaires n’auront plus un budget qui augmente automatiquement, au gré des possibles envolées des cours du cuivre.

Le nouveau montant qui sera destiné aux achats d’armes n’est pas encore défini. Toutefois, il est clair que cette somme sera désormais négociée. Compte tenu des variations des cours de ce minerai durant les dernières années, les militaires chiliens ont reçu en moyenne plus de 1 milliard de dollars [688 millions d’euros] par an pour l’achat et l’entretien de leur matériel de guerre. Depuis que la présidente socialiste a pris ses fonctions, en mars 2006, l’armée a reçu au total 4,2 milliards de dollars.

Au-delà du nouveau cadre juridique, il est peu probable que la somme allouée à l’armée diminue de manière importante. Les militaires cherchent à tout prix à éviter de revenir aux seuils de dépenses d’avant le coup d’Etat de 1973, à l’époque où celles-ci étaient faibles. L’armée aurait exercé des pressions pour parer à cette éventualité.

La popularité de la présidente est au sommet

En outre, au Chili, il existe une deuxième loi de la dictature destinée à garantir les ressources de l’armée. Ce texte stipule que, pour les frais de fonctionnement et les salaires – donc pour tout ce qui n’est pas achats et entretien de l’armement –, l’enveloppe budgétaire ne peut être inférieure à ce qu’elle a été en 1989, la dernière année de la dictature. Résultat, l’initiative présidentielle prévoit certaines garanties. Au minimum, le prochain plan de financement pour l’armée sera étalé sur douze années, mais avec des cycles de quatre ans correspondant aux mandats présidentiels, afin de permettre des réévaluations périodiques des priorités. Le gouvernement a d’ores et déjà négocié avec les militaires. “La planification stratégique sur douze ans, avec un financement revu tous les quatre ans, nous paraît une bonne chose”, assure Oscar Izurieta, commandant en chef de l’armée chilienne. C’est en juin 2006, trois mois après la formation de son gouvernement, que la présidente a manifesté pour la première fois son intention de modifier cette loi. A ce moment-là, elle n’avait pas obtenu de consensus. A en croire la presse locale, les différends sur les frontières maritimes avec le Pérou auraient ensuite empêché de trouver le moment propice. Le mandat de Michelle Bachelet prend fin dans quelques mois. L’élection présidentielle a lieu en décembre, et la droite est favorite. Toutefois, la popularité de la présidente n’a jamais été aussi forte. Avec 73 % d’opinions favorables, elle dispose du plus haut score jamais atteint dans l’histoire chilienne par un président. Voilà pourquoi Michelle Bachelet a estimé que le moment était venu de lancer cette initiative.