mercredi 6 février 2019

ENVIRONNEMENT. LA COLONISATION DU CONTINENT AMÉRICAIN APRÈS 1492 AURAIT PERTURBÉ LE CLIMAT


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UNE BAISSE DE DIOXYDE DE CARBONE GÉNÉRÉE PAR UN GÉNOCIDE
Une nouvelle étude suggère que le massacre, durant près d’un siècle, de millions d’Amérindiens par les colons européens aurait indirectement contribué au refroidissement de la Terre.
CAPTURE D'ÉCRAN 
Le génocide des peuples indigènes des Amériques a conduit à l’abandon de tant de terres défrichées que le stockage terrestre du carbone qui en résulte, a eu un impact mesurable à la fois sur le CO2 atmosphérique et sur les températures de l’air à la surface du globe.” Telle est la conclusion de l’étude menée par Alexander Koch et ses collègues de l’University College London (UCL), publiée dans l’édition de mars 2019 de la revue Quaternary Science Reviews.

Les chercheurs ont examiné toutes les données auxquelles ils ont pu avoir accès pour estimer le nombre de personnes qui vivaient aux Amériques avant le premier contact avec les Européens en 1492 et le nombre de décès suite aux massacres mais aussi aux épidémies qu’ont apportées les colons, entre 1500 et 1600. Les scientifiques ont également calculé les surfaces de terres cultivées par les civilisations autochtones et celles qui ont été abandonnées. Celles-ci représenteraient “[une] superficie de l’ordre de 56 millions d’hectares, proche de la taille d’un pays moderne comme la France”, note le site BBC News.

L’étude montre l’impact de l’activité humaine

Puis les scientifiques ont évalué l’impact de la reprise de ces terres par la forêt et la savane sur les quantités de CO2 dans l’atmosphère. La revégétalisation aurait ainsi permis de capter le dioxyde de carbone de l’atmosphère (et donc d’en retirer une partie) et par conséquent de contribuer au refroidissement de la Terre, entrée dans une période connue sous le nom de “petit âge de glace”. La baisse du CO2 dans l’atmosphère est corroborée par les archives disponibles dans les carottes de glace de l’Antarctique, souligne BBC News.

Pour Ed Hawkins, professeur de science du climat à l’université de Reading, qui n’a pas participé à l’étude:
Cette nouvelle étude démontre que la baisse de CO2 est en partie imputable à la colonisation des Amériques et à l’effondrement de la population autochtone qui en a résulté, ce qui a permis la repousse de la végétation naturelle. Cela démontre que les activités humaines ont eu une incidence sur le climat bien avant le début de la révolution industrielle.”
Quant à Chris Brierley, coauteur, il estime que cette étude est utile dans la mesure où “elle montre ce que la reforestation peut faire”. “Mais en même temps, ce type de réduction [de la quantité de dioxyde de carbone] ne représente peut-être que deux années d’émission de combustibles fossiles au taux actuel”, précise-t-il.