mercredi 20 octobre 2010

Chili: la mine dément avoir été avertie par les 33 d'un risque sous terre

"Aucun d'entre nous, responsables des opérations de la mine à ce moment-là, n'a reçu de commentaire sur des bruits ou explosions inhabituelles (dans la mine) de la part de travailleurs ou du chef de quart", ont affirmé des responsables du groupe chilien San Esteban dans un communiqué.
"La permission d'abandonner la mine en raison d'un risque présumé ne nous a pas davantage été demandée", ajoute le communiqué signé du directeur des opérations, Carlos Pinilla, et du gérant de la mine, Pedro Simunovic.
Certains des 33 mineurs, dont le chef de quart Luis Urzua, étaient entendus mercredi par un procureur de Copiapo (nord), dans le cadre d'une enquête judiciaire en cours sur l'éboulement du 5 août à la suite duquel les mineurs se sont retrouvés bloqués à 700 mètres de profondeur.
Une enquête parlementaire et une enquête administrative ont également été ouvertes.
Les responsables opérationnels de la mine d'or et de cuivre de San José, située à 800 km au nord de Santiago, avaient été directement mis en cause mardi par un député, Carlos Vilches, membre de la commission d'enquête sur l'accident, s'appuyant sur le témoignage d'un des "33", Juan Illanes.
"Il m'a dit que le matin de l'accident, ils ont commencé à signaler des problèmes, parce que des bruits importants, profonds, résonnaient dans la mine (...) Ils ont demandé à sortir, mais on ne leur a pas donné l'autorisation", a déclaré M. Vilches à l'AFP.
Au moins deux mineurs cités dans la presse ont confirmé que "la mine faisait du bruit", signe d'instabilité du sous-sol, et que le chef des opérations "savait très bien ce qu'il se passait" à l'intérieur.
"Aucun d'entre nous n'avait le moindre indice pouvant laisser penser qu'une catastrophe pouvait survenir", affirme mercredi la direction de San Esteban, pour qui l'éboulement était "imprévisible".